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Le piège de la répudiation

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Publié le 29 mai 2012
791 mots - Temps de lecture : 1 - 3 minutes
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Rubrique : Editoriaux

 

 

 

 

De temps à autre, des voix s’élèvent pour proposer la répudiation partielle ou totale de la dette souveraine. Certains invoquent l’impossibilité pour un pays d’augmenter encore la fiscalité – comme s’il s’agissait de la seule façon de réduire les déficits publics. D’autres considèrent illégitime la dette publique elle-même. Peu importent ces positions in fine car  une répudiation de la dette n’est pas une mince affaire, ni pour la population ni pour les créanciers d’un pays. Ces deux groupes de personnes sont d’ailleurs souvent difficiles à distinguer l’un de l’autre.


Ayant déjà traité des conséquences des défauts sur la réputation d’un pays sur les marchés financiers, je me concentrerai ici sur les effets qu’aurait une répudiation de la dette française sur le public concerné. Ma position n’est pas de me faire l’avocat du paiement de la dette. Il est plutôt question de montrer que loin de nuire uniquement aux banques et aux riches, une répudiation de la dette affectera aussi la classe moyenne – plus spécifiquement les épargnants français et étrangers.


La dette publique est avant tout le symptôme d’un déséquilibre  structurel des comptes publics. A un moment donné, les déficits publics se sont enchaînés et les intérêts accumulés ont renforcé l’accumulation de la dette. En France, ce tournant a été atteint au début des années 1980[1] lorsque les timides réformes de libéralisation de l’économie, initiées à la fin des années 1970, ont été arrêtées. Depuis 1981, l’État français n’a plus jamais cessé d’accroître ses largesses, en particulier sociales à tel point que les dépenses sociales sont aujourd’hui le principal poste des dépenses publiques.


La répudiation de la dette souveraine est le résultat d’une décision unilatérale du pays débiteur. Il décide de ne plus rembourser une partie ou la totalité de sa dette. Comme pour un moratoire, les motifs déclarés et expliqués d’une répudiation peuvent assurer à un pays une plus ou moins grande clémence de la part des créanciers. Il faut pour cela convaincre ces derniers et les futurs investisseurs de deux choses. La première est de bien leur faire entendre que le niveau de dettes est insupportable et qu’elles sont donc pratiquement impossible à rembourser dans les conditions actuelles, à moyen comme à long terme. La seconde est de les convaincre de l’engagement solide du pays à entamer des réformes. Dans ce cas, le pays qui répudie sa dette garde une chance de ne pas être ostracisé par les marchés financiers (les créanciers).


Les investisseurs du passé ne sont pas nécessairement les investisseurs du futur. Un pays fortement endetté peut répudier une partie de sa dette sans trop entacher sa réputation s’il procède à des réformes structurelles qui déboucheront sur un processus de croissance attractif pour les investisseurs.


Reste qu’il est très difficile de manœuvrer de telle sorte que la  répudiation n’entraîne pas une perte de réputation durable. S’il est vrai que 57% de la dette publique française est détenue par des non-résidents[2], la majorité de ses détenteurs sont des fonds mutuels de placement gérés par des institutions financières ou des compagnies d’assurance, comme attesté par l’étude portant sur les détenteurs de la dette publique française élaborée par Thomson-Reuters[3]. Autrement dit, les principaux investisseurs dans la dette publique française sont des petits et moyens épargnants (parmi les détenteurs résidents en France, 53,49% sont des compagnies d’assurance et OPCVM). Les banques françaises ne représentent que 15% de la détention totale de la dette et les grandes fortunes ont  plutôt tendance à se composer un patrimoine d’actions et de biens immobiliers[4].


Une répudiation de la dette publique française aurait donc tendance à affecter plus négativement les détenteurs d’assurances-vie, les acheteurs de parts de SICAV (Société d’Investissement à Capital Variable) et FCP (Fonds Commun de Placement), les assurés de complémentaires santé et retraite. La classe moyenne serait donc certainement bien plus affectée que les « riches » par une répudiation de la dette française.




Inutile d’envisager une répudiation qui viserait à « épargner » la classe moyenne car  les titres de dette publique ne sont pas nominaux mais au porteur. En outre, ces titres sont aussi négociables sur les marchés monétaires et obligataires et changent donc de main de façon régulière et anonyme. De surcroît, une répudiation de la dette détenue par des non-résidents en affectant les épargnants étrangers peut provoquer des représailles des pays principalement concernés.




En conclusion, la dette publique est avant tout un piège pour la population du pays qui l’accumule. Il ne peut pas y avoir de répudiation sans dommage collatéraux lourds à l’égard de celle-ci. Autrement dit, la solution supposément simple  au problème de la dette est au mieux une solution simpliste !


 

 



[1] La série des soldes budgétaires de l’Etat français est disponible ici.

[4] Agence France Trésor, 2012.

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Gabriel A. Giménez-Roche est professeur et responsable du département économie du Groupe ESC Troyes et maître de conférences à Sciences Po Paris. Son domaine de recherche est l'analyse économique de l'entrepreneuriat et son contexte socio-institutionnel. Il est également chercheur associé de l’Institut économique Molinari.
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Si vous voulez expliquer qu'il n'y a pas de solution facile à une crise de la dette, je pense que vous ne trouverez ici que des oreilles bienveillantes, bien naif celui qui peut croire le contraire...
Maintenant il ne faut pas tenter de me faire pleurer sur les petits investisseurs, investir n'est pas une question de taille de votre fortune, ca correspond à un rendement et un risque, risque qui n'est JAMAIS négligeable. Quand vous prenez un risque il faut l'assumer.
De plus ces gens de la classe moyenne auraient selon moi beaucoup moins avantage à voir leur pays s'enfoncer dans la récession interminable "à la grecque" et voir leurs jobs partir en fumée que de pouvoir toucher leurs interets sur la dette. Mais le vrai problème n'est-il pas qu'en cas de défaut ce sont les banques de ces memes petits investisseurs qui pourraient s'écrouler, emportant dans leur tombe les économies de leurs clients ?

J'ai bien peur que Libertador n'ait raison, il y a de la matière à réformer dans la structure étatique mais il semble difficile d'y arriver avant que la situation dégénère...
Exact, il faut arrêter de réfléchir à des nouvelles hausses d'impôts mais commencer à réduire les dépenses ! Pourquoi a t-on autant de députés, de sénateurs, de conseillers généraux et régionaux ? Pourquoi ce mille feuille de l'état avec ces fonctions mal définies ? etc... à quand une vraie réforme ? Il est vrai qu'elle entraînera une hausse du chômage des spécialistes de l'élection mais quelle est leur valeur ajoutée ?
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Ben , c'est pourtant simple ,la dette c'est la rente des banquiers .
Alors , une gestion imbécile , des dépenses somptuaires , un train de vie indécent des parasites de l'état ,ne font que satisfaire les affaires des banksters depuis les lois rotshildiennes du 3 janvier 1973 , l'article 105 du traité de Maastricht et 123 du traité de Lisbonne qui permettent aux banquiers de prêter contre intérêt de l'argent qu'ils inventent d'un trait de plume .

Faut être aveugle pour ne pas le remarquer , et il n'y aura pas de réformes car c'est grâce à la complicité active des traitres des gouvernements successifs , de gauche comme de droite que ces lois parfaitement anticonstitutionnelles ont créée une dette odieuse qui est légalement injustifiable donc à répudier sans aucune espèce d'hésitation.

Car nul ne peut être astreint à un engagement frauduleux.
Voir :
http://www.fauxmonnayeurs.org/articles.php?lng=fr&pg=4

Le reste , c'est du bavardage d'universitaire certes érudit et agréable à lire .

Pratiquement on peut aussi remarquer que la dette , qui n'a pas servi à la réalisation d'investissements productifs, issue d'une création monétaire ex nihilo privée , flanquée d'un taux d’intérêt supérieur à la croissance est techniquement irrécouvrable.
D'où la mort annoncée de toute l'économie après vampirisation des biens des nations par les banksters.

Qu'on ne me parle pas des petit'zinvestisseurs qui ont acheté de la dette d'état en deuxième main et qui pourraient être ruinés ,l'état garantira leurs biens sur les biens personnels des banquiers primo acquéreurs , principaux bénéficiaires et de très loin et surtout responsables de l'arnaque.
Car qui possède les 1800 milliards de dette de la France ?
Certainement pas les 99% de la population.
Pratiquement c'est un secret gardé par l'Agence France Trésor qui gère les OAT.
Alors , pourquoi ce secret dans un monde libéral de transparence et d’efficience des marchés , de génie autorégulateur ?
Hein ?
Les titulaires sont les familles régnantes par corruption de la démocratie interposée.

Il faut choisir : ce sera l'euthanasie du banquier ou celle de la société civile , il n'y a pas d'autre alternative .

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Il me semble que votre question contient la réponse. Ceux qui font les lois sont extrèmement nombreux, et ce sont précisément eux qui tirent les marrons du feu du système.

Le système implosera avant qu'il ne soit réformé.
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Dernier commentaire publié pour cet article
Si vous voulez expliquer qu'il n'y a pas de solution facile à une crise de la dette, je pense que vous ne trouverez ici que des oreilles bienveillantes, bien naif celui qui peut croire le contraire... Maintenant il ne faut pas tenter de me faire pleurer  Lire la suite
Pierre Hosteins - 18/09/2012 à 11:20 GMT
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