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Le piège du mirage interventionniste

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Extrait des Archives : publié le 30 septembre 2013
959 mots - Temps de lecture : 2 - 3 minutes
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Rubrique : Fondamental

 

 

 

 

Les gouvernements de droite comme de gauche tiennent toujours le même discours : Nous pouvons être complémentaire voire faire mieux que les marchés ! Tous les arguments interventionnistes reposent sur la même base. Les marchés sont jugés inefficaces à rendre un service universel de qualité.


L’argumentaire interventionniste critique le raisonnement économique selon lequel les profits et les pertes inciteraient toujours les entreprises à étendre leur production au maximum. Au contraire, cette incitation ne suffit pas et nombre de consommateurs se voient ainsi « exclus » du marché. Il faut alors les « intégrer » par le biais de l’action non-économique, celle qui fait fi des profits et les pertes.[1]


Ceci révèle une profonde incompréhension du calcul des profits et pertes et de ce qu’il révèle aux entrepreneurs. Un profit ne se réduit pas au calcul d’un excédant sur les coûts de production. Quand un profit est comparé à son coût d’opportunité – c’est-à-dire, au gain alternatif que l’entrepreneur aurait pu réalisé s’il avait utilisé ses ressources à la réalisation d’un autre investissement –  il peut signaler l’importance sociale de la production réalisée par l’entrepreneur. Le fait qu’il  obtienne un profit supérieur à ce que toute alternative aurait pu lui apporter, signifie que les consommateurs l’ont choisi et ont donc mis à sa disposition des ressources supplémentaires l’incitant à rester sur cette voie et même encore d’aller plus loin. Si le profit n’est pas supérieur aux alternatives, le signal est clair. L’entrepreneur a réussi à récupérer un peu plus que le capital qu’il a investi, mais il aurait pu faire mieux pour la société en investissant ailleurs. La prochaine fois, il n’aura peut-être pas autant de chance face à ses concurrents plus attentifs aux signaux du marché, c’est-à-dire, aux consommateurs.


Une perte représente donc deux choses. Elle est un signal de l’erreur d’appréciation des besoins sociaux par l’entrepreneur. Elle est aussi un transfert effectif de capital. En infligeant une perte à un producteur, les consommateurs transfèrent le capital « perdu » par celui-ci à un producteur plus soucieux de leurs besoins.


Il est à remarquer que l’importance sociale donnée aux biens et services ne se traduit pas nécessairement par des prix élevés, mais plutôt par des recettes élevées par rapport aux coûts de production. Ainsi, quand l’utilité sociale de certains biens s’avère primordiale pour les individus, ils attirent un nombre colossal de consommateurs, parfois pendant des millénaires. Ce faisant, les profits accumulés au fil du temps vont permettre d’améliorer la productivité de la structure de production ces biens. C’est ainsi que des denrées de base comme les céréales, le sucre, le sel, et les viandes peuvent aujourd’hui être obtenues à très bon marché.


La production des biens considérés comme « superflus » confirme l’explication ci-dessus. Si ces biens ne sont produits qu’en quantités limitées ou pour des niches des consommateurs, c’est parce que leur importance sociale, leurs recettes, ne provient que d’un nombre limité de consommateurs au sein de la société. Leur coût de production, souvent élevé, se traduit par des prix élevés pour les consommateurs. Ces prix doivent en fait être plus élevés afin d’indiquerleur plus grande importance sociale par rapport à ces produits qui attirent la très grande majorité des consommateurs. Si la niche des consommateurs veut s’assurer un accès à ces produits « superflus », ils doivent en fait payer le prix fort pour leurs préférences.


Cette description met en évidence un élément auquel nous sommes confrontés en permanence, à savoir la rareté des ressources par rapport à nos besoins. Les producteurs sont sans cesse confrontés à cette rareté des biens qui ont des usages alternatifs. L’usage qu’ils donnent aux ressources dont ils disposent n’est que le résultat d’une estimation des profits et pertes que les consommateurs seraient prêts à leur infliger. Rien d’étonnant donc à ce que la plus grosse partie du capital productif mondial soit investie dans la production de nourriture, de vêtements et de logements.


L’absence de signaux de profits et de pertes ne rend pas impossible la production de biens et de services pour la société. Néanmoins, il est difficile de concevoir comment le fait de produire à perte peut permettre de consolider la richesse sociale. La production à perte implique une réduction du capital productif à chaque exercice. En conséquence, la cadence de production se réduit jusqu’à néant. Ceci n’est pas idéologique ou théorique, c’est la réalité de la production.


Nos dirigeants interventionnistes se trouvent donc face à deux pièges. Le premier consiste à vouloir augmenter les résultats positifs du marché. Ceci conduit à réduire ces mêmes résultats et éventuellement à éliminer tout surplus par manque de capitaux. Le deuxième consiste à souhaiter se substituer au marché pour faire mieux. La qualité du produit final fournit par l’État peut bien être supérieure à celle produite sur le marché, il n’empêche que progressivement, le capital nécessaire au maintien de cette qualité disparaît. Arrive un moment où elle devra forcément baisser jusqu’à atteindre des niveaux de qualité plus bas que ceux qui auraient pu être atteints par le marché.


L’interventionnisme n’est rien d’autre qu’un mirage, une illusion. Mieux vaut s’attacher à la réalité. Elle n’est pas toujours belle, mais elle ne ment jamais.


 

 



[1] Évidemment, il est indéniable qu’un certain nombre de personnes – du fait de leur handicap ou pathologie (e.g. ceux atteints des maladies orphelines) –  peut avoir des difficultés à s’intégrer par leurs propres forces au marché. Cependant, ces personnes représentent un nombre tellement marginal par rapport à la population dans son ensemble que toute mesure publique visant à leur assurer un minimum décent ne représenterait jamais qu’un effort fiscal assez limité de la dite population. Ceux qui nous concernent ici sont surtout les individus en bonne santé qui peuvent très bien chercher des alternatives à leur situation « d’exclusion ».

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Gabriel A. Giménez-Roche est professeur et responsable du département économie du Groupe ESC Troyes et maître de conférences à Sciences Po Paris. Son domaine de recherche est l'analyse économique de l'entrepreneuriat et son contexte socio-institutionnel. Il est également chercheur associé de l’Institut économique Molinari.
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Le problème avec les gouvernants c'est d'abord qu'ils n'ont pas la formation suffisante pour décrypter les réalités de l'économie d'une nation et qu'ensuite en termes de profits, ce qui les intéresse est leur profit personnel et leur réélection. Pour le reste, fume !
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Le problème dans notre système vient surtout de ce que les qualités requises pour se faire élire ne sont pas les mêmes qui sont nécessaires pour etre un bon dirigeant
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Hercule - 30/09/2013 à 13:36 GMT
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