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Le système bancaire malade de la politique monétaire et de la réglementation bancaire…

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Publié le 02 octobre 2013
1172 mots - Temps de lecture : 2 - 4 minutes
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Rubrique : Editoriaux

 

 

 

 

Malgré l’activisme des principales banques centrales, l’activité économique ne donne pas de signes forts de reprise et le système bancaire semble toujours autant réticent à prêter. Le bilan des principales banques centrales a pourtant en moyenne triplé, l’artillerie lourde a donc été sortie en raison de la sévérité de la crise. Par ailleurs pour éviter qu’une telle crise ne se reproduise, les régulateurs bancaires se sont empressés de réformer à nouveau les Accords de Bâle 2 qui venaient juste d’être mis en place dans la zone Euro lorsque la crise des subprimes s’est produite.  Compte tenu des moyens mobilisés, il est légitime de se demander si tous ces efforts déployés ne sont pas un gaspillage d’énergie.


De quels maux souffre le système bancaire ?

Le système bancaire souffre de trois maux principaux : un excès de liquidité, la centralisation de la gestion monétaire et une réglementation bancaire incohérente.

Nous vivons une période unique en matière monétaire et cela ne facilite pas la compréhension de la situation actuelle ni son évolution future. En effet, depuis l’abandon des accords de Bretton Woods, le système monétaire international repose exclusivement sur un système de papier monnaie. Même si l‘étalon-or était loin d’être parfait, il donnait cependant des signaux lorsque les pressions inflationnistes devenaient fortes. Aujourd’hui, l’offre excessive de monnaie par les principales banques centrales ne se traduit dans les faits ni par la dévaluation des monnaies concernées, ni par une augmentation de l’inflation. 


Une offre de monnaie sans limite…

Pourquoi les monnaies ne voient-elles pas leur valeur se dévaluer ? Parce que les banques centrales qui les produisent sur-émettent de concert. Pourquoi l’indice des prix n’augmente-t-il pas ? Parce que l’excès de liquidité ne vient pas gonfler le portefeuille de prêts de banques. Les banques ne prêtent pas plus ou peu. Par ailleurs, une partie de la liquidité ne se déplacepas au niveau international et ne porte pas forcément sur l’achat de biens et services mais s’investit plus volontiers sur le marché financier. Par ailleurs, l’excès de liquidités se traduit par le maintien de taux d’intérêt quasi-nul, ce qui favorise encore l’investissement financier. C’est pourquoi il semble que le monde de la finance soit devenu fou : malgré des perspectives mitigées pour les entreprises, les principales bourses n’ont jamais réalisé d’aussi bonnes performances depuis le début de la crise. Dans ce contexte, à défaut de prêter, les banques continuent à être active en tant qu’intermédiaire sur le marché financier. Il semblerait que l’on vive dans un monde où l’offre de monnaie n’a plus de limite et sert principalement à refinancer les États alors même que dans les années 80, nombre de conditions avaient été mises en places afin de garantir l’indépendance des banques centrales.


La centralisation de la gestion monétaire rend les crises bancaires systémiques

Le second mal dont souffre le système bancaire est l’existence même de la banque centrale. Évidemment cette proposition peut sembler hors de propos. En réalité pas tant que cela. En effet, l’existence même de la banque centrale créée les conditions pour que les crises bancaires revêtent un caractère systémique. Dans l’opérationnalisation de leur politique monétaire – principalement les opérations d’open market – les banques centrales vont orienter les banques dans leur choix de portefeuille de prêts et de titres dans la mesure où elles vont privilégier ceux qui sont éligibles au titre du refinancement. En conséquence, les banques ont des portefeuilles similaires. En outre, le contrôle des taux d’intérêt à court terme par la banque centrale qui conditionne la courbe de taux impacte directement la valeur économique des établissements bancaires de façon uniforme. Compte tenu de l’homogénéité de la structure des bilans bancaires, dès lors qu’une banque rencontre une difficulté, la probabilité est élevée que d’autres banques subissent le même revers de fortune et le problème prend rapidement une dimension systémique.


Une réglementation bancaire incohérente

L’homogénéité  des bilans bancaires évoquée précédemment est accentuée par l’existence même de la réglementation bancaire qui standardise l’organisation bancaire, la politique de management ainsi que la stratégie  des établissements. A ce titre, les accords de Bâle 2 ont conduit à la mise en place de processus de contrôle interne des risques qui conduisent à l’uniformisation des organigrammes des établissements. Par ailleurs, les recommandations émises par les autorités ont pu conduire à des choix de financement identiques. Ainsi aux USA, la Federal Reserve à l’occasion de la publication du Beige Book début des années 2000 avait estimé que les critères retenus en matière d’évaluation des demandes de prêt, en particulier immobiliers – afin de favoriser l’accession à la propriété – étaient trop conservateurs et qu’il serait de bon ton qu’elles soient plus créatives en la matière sous peine de se voir sanctionner lors de demande d’ouverture de nouvelles agences… Rétrospectivement, les banques se sont montrées très disciplinées et leur créativité a certainement dépassé les espérances des autorités.


Par ailleurs, les accords de Bâle 2 se traduisent principalement par la mise en place d’un ratio de fonds propres pondéré par les risques essentiellement de crédit. Quelque soit la complexité du modèle d’évaluation des risques utilisé pour le calcul, ce type de réglementation conduit inéluctablement à des arbitrages en matière de choix d’actifs afin de minimiser la consommation en fonds propres. Il incite aussi à un arbitrage réglementaire dès lors que le coût réglementaire ne correspond plus au « vrai » coût du risque. En outre, l’existence même de la réglementation pousse à l’innovation comme un moyen de la contourner. L’accélération de la titrisation et sa complexification est à ce titre un exemple emblématique.

Malheureusement Bâle 3 ne revient pas sur les fondamentaux de Bâle 2. Ces nouveaux accords se limitent à rendre plus coûteuse en fonds propres la prise de risque et pénalise plus lourdement la titrisation à ce titre. Le problème de fond n’est pas traité et les mêmes incitations perverses sont toujours présentes.

Enfin, la politique du « too big to fail », qu’elle soit tacite ou pas est sans aucun doute celle dont les effets sont les plus délétères sur le système bancaire.  Un tel soutien est un véritable « pousse au crime » en matière de prise de risque et conduit à la concentration du système bancaire. Il vaut mieux être « too big » et risqué que petit et conservateur, voilà le message en substance de cette politique. On le voit bien aux USA où la diminution du nombre des banques s’est accélérée à l’occasion de la dernière crise. Les grandes banques ont été sauvées alors que les petites qui n’avaient pas forcément pris des risques comparables n’ont pour certaines pas survécu à la crise économique qui a suivi la crise bancaire et financière. Compte tenu de l’impact de la faillite de Lehman Brothers, la politique du « too big to fail » est plus que jamais d’actualité contrairement aux déclarations officielles.


Compte tenu de cette situation, que faudrait-il donc faire pour que le système bancaire se remette de façon durable ? Une solution politiquement incorrecte mais radicale s’impose … libérer les banques de la banque centrale et des autorités bancaires.


A suivre

 

 

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Nathalie Janson est économiste spécialiste de la théorie de la banque libre et de la régulation bancaire. Elle enseigne depuis 10 ans au sein du groupe Rouen Business School ainsi qu’à Sciences-Po. Elle intervient régulièrement dans les médias et sur le net et publie des articles dans des revues scientifiques sur ces mêmes questions
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Que diriez-vous de l'activisme du commissaire européen Michel Barnier qui se vante d'avoir éditer 30 lois européennes en 3 ans, car d'après lui aucun établissement, aucune banque, aucun intervenant, aucun instrument financier ne sera épargner par sa réglementation. Tout sera régulé comme ill 'a dit encore dernièrement. Et si l'ancien ministre français de la pêche (2008-2009) se trompait? Quels recours aurions-nous? Car de Bretton Wood, Bâle I, II et actuellement III et certainement IV à suivre, rien a été résolu et les crises financières sont de plus en plus graves et celle en cours n'en voit pas son dénouement. Et ces banques centrales qui fixent le prix du temps alors que cela devrait le marché? Que dire d'Alan Greenspan et de l'actuel sortant de la FED qui ont confondu augmentation de la masse monétaire et augmentation de la production de richesses? Comment va t-on faire rentrer le dentifrice dans son tube?
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CLAUDE F. - 02/10/2013 à 12:15 GMT
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