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Le Victoria

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Extrait des Archives : publié le 15 janvier 2013
2814 mots - Temps de lecture : 7 - 11 minutes
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Le Victoria, présenté sur un socle en acrylique

 

Depuis le tout début, le mystère plane sur l’histoire de la découverte de cette pierre précieuse qui pesait à l’état brut 457,5 anciens carats. Egalement appelée ‘Imperial’ ou ‘Great White’, elle est restée le plus gros diamant de crystal octahédrique d’origine Sud-Africaine jusqu’en 1896, date à laquelle un diamant de 503,25 anciens carats fut découvert à la mine De Beers.

 

Des doutes quant à l’origine du diamant ont toujours subsisté. Deux lettres ont été publiées à ce sujet sous le titre ‘A Large Diamond’ dans le London Times. La première, datant du 20 août 1884, précise ce qui suit :

 

‘Cette pierre de couleur bleu-blanc est similaire aux diamants les plus fins issus de la mine Jagersfontein, dont elle est également supposée provenir. L’origine réelle de cette pierre est toutefois quelque peu mystérieuse, et compte tenu de la confidentialité qui semble être de rigueur quant à sa provenance, il n’est pas improbable qu’elle provienne d’une vente ‘illicite’ par un employé de la mine’.

 

‘Selon certaines lois actuellement relatives aux mines de diamants, il est nécessaire pour toute personne de posséder une licence pour pouvoir vendre des pierres précieuses. Malheureusement, la juridiction dans laquelle s’appliquent ces lois n’est que très peu étendue. Ainsi, dans la colonie de Cape, l’achat et la vente de diamants n’est pas règlementée. La mine Jagersfontein, située dans l’Orange Free State, n’est pas au meilleur de sa forme, et je suis certain que ses mineurs pourraient nous conter toute une série d’anecdotes quant au manque cuisant de succès des opérations qui y sont menées. Si cette pierre avait été découverte et vendue de manière parfaitement légitime, le monde des diamants en aurait certainement entendu parler avant sa mise en vente. Il est également assez curieux qu’elle ait été consignée part un établissement de Port Elizabeth’.

 

‘Des rapports indiquent que le diamant a été vendu pour la somme de 15.000 livres et que le syndicat qui le possède aujourd’hui en demande 200.000. Si la pierre que possède le syndicat est bel et bien celle qui nous intéresse ici, il est clair que le prix qu’il demande pour sa vente n’a rien d’une exagération, compte tenu de son caractère unique et extraordinaire’.

 

Voici la lettre qui fut publiée deux jours plus tard :

 

‘Monsieur. J’aimerais prévenir une autre de vos colonnes ne relatant autre chose que pure fiction, bien qu’elles puissent toutefois satisfaire l’appétit curieux du public. J’ai récemment reçu une lettre datée du 30 juin et écrite par mon ami Mr. Allenberg, de Port Elizabeth, qui a lui-même organisé le transport de la pierre vers Londres’.

 

‘Le diamant a été découvert dans une ferme de l’Orange Free State dont le propriétaire Hollandais l’a conservée dans le plus grand secret durant près d’un an par crainte de voir arriver sur ses terres une armée de mineurs et d’être chassé de sa ferme. Finalement, un ami de Mr. Allenberg a observé la pierre et a poussé son propriétaire à la mettre en vente’.

 

‘Il ne fait aucun doute que l’exacte provenance de la pierre devrait être stipulée, mais je n’en ai pas connaissance’.


‘Comme nous le savons tous, elle a été vendue à un syndicat de marchands de diamants de Londres. La vente du diamant n’a fait l’objet d’aucune clause particulière de confidentialité’.

 

‘Le prix de vente du diamant indiqué par le Times est également incorrect’.

 

Malgré le ton affirmatif de cette seconde lettre, les experts continuent encore de douter de l’origine du Victoria. Il est important de noter que bien que la mine Jagersfontein ait produit de nombreuses pierres précieuses de couleur blanche, les diamants octaédriques sont généralement caractéristiques de trois autres mines du Kimberly : De Beers, Kimberly et Dutoitspan.

 

Dans le magazine Science daté du 5 août 1887 a été publié un article intitulé ‘Four Large South African Diamonds’ écrit par George F. Kunz, le géologue distingué responsable de la supervision de la taille du diamant jaune Tiffany. Il se penche tout d’abord sur le Victoria. Conscient des lettres publiées dans le Times, voici ce qu’il écrit :

 

‘Nombreux sont ceux qui pensent que le Victoria a été découvert à la mine Kimberly, en Afrique du Sud. La première fois que les sociétés minières entendirent parler de son existence fut après son arrivée sans encombre à Londres. Il est dit qu’entre les mois de juin et juillet 1884, la pierre aurait été découverte par l’un des agents de sécurité employés par Central Mining Company et travaillant dans les mines Kimberly. Ayant toujours fait son travail et fouillé de nombreuses autres personnes, il a eu le privilège de ne jamais être lui-même soumis à une fouille corporelle et de sortir de la mine avec le diamant. Il a ensuite trouvé le moyen d’entrer en communication avec des acheteurs de diamants de manière illicite. Compte tenu des lois en vigueur à Griqualand West, le commerce de diamants bruts est interdit à toute personne ne possédant pas de licence ou d’autorisation particulière - coûtant 200 dollars -, et d’une garantie d’une valeur de 500 dollars. Tous les achats faits par ces personnes sont également inscrites dans un registre particulier signé chaque semaine par les autorités locales. Le diamant fut tout d’abord vendu pour une somme de 3000 dollars par quatre hommes. Afin de se préparer au transport de la pierre précieuse vers un autre district, ses acheteurs se sont rencontrés un soir et ont commencé à boire et à jouer jusqu’à ce que deux des quatre hommes ne perde leur part du diamant. Les deux autres arrivèrent plus tard à Cape Town, où les lois applicables au commerce du diamant n’étaient pas en vigueur, et vendirent leur pierre pour 19.000 dollars. Habituellement, une taxe de 0,5% était automatiquement prélevée sur les diamants en provenance de la colonie de Cape, mais puisque le Victoria était dit avoir été transporté par l’un des passagers d’un navire postal, il ne fut pas déclaré. Nous retrouvons ensuite le diamant à Londres, faisant grande sensation à Hatton Garden, le célèbre marché aux diamants. Après de longues heures à chercher un riche capitaliste qui puisse se permettre d’acheter une telle pierre, elle fut finalement vendue à huit hommes qui l’achetèrent ensemble pour une somme de 45.000 livres en liquide, sous la condition que s’ils avaient à en disposer, chacun d’entre eux reçoivent un neuvième du profit obtenu’.

 


Le Victoria paraît bleu sur cette photo. Le journaliste qui en est l’auteur dit avoir utilisé un flash verdâtre.

 

Mr. Kunz ajoute également qu’il fut décidé par la suite que la pierre soit taillée en un diamant le plus gros possible plutôt qu’en de nombreuses pierres plus petites. Amsterdam fut désignée comme lieu de taille.

 

Le Victoria fut envoyé à Amsterdam, auprès de la firme de Jacques Metz, où un atelier avait spécialement été élaboré pour l’occasion. Une première partie de la pierre fut coupée pour donner un brillant de 19 anciens carats. La pierre fut ensuite vendue au roi du Portugal. Nous ne savons pas où il se trouve aujourd’hui, bien qu’il soit possible qu’il fasse partie des diamants qui sertissent les joyaux de la Couronne exposés au palais Ajuda, à Lisbonne.

 

La taille de la plus grosse pierre issue du Victoria débuta le 9 avril 1887 sous le regard attentif de la Reine de Hollande. L’opération dura un peu moins d’un an, puisque les processus classiques préliminaires à la taille d’un diamant furent ignorés. La pierre fut polie grâce à un disque de polissage. Il fallut beaucoup de temps pour laisser la pierre refroidir, puisque cette dernière chauffait après à peine une heure de taille. L’homme chargé de la taille du Victoria était Mr. M.B. Barends.


Le diamant fut taillé sous forme rectangulaire et dispose d’un total de 58 facettes. Il mesure 39,5mm de long, 29,25mm de large, et 22,5mm de profondeur. Dans son article, Mr. Kunz note que la forme du Victoria n’est pas parfaitement symétrique et que l’un des rondistes est en réalité assez plat et n’est pas poli, une caractéristique nécessaire au maintien du poids très important de la pierre, qui est de 184,5 anciens carats.

 

Le sixième Nizam d’Hyderabad, Mahbub Ali Khan, acheta le Victoria, qui était dit porter bonheur - une croyance qui le poussa plus tard à refuser une offre de l’Aga Khan. Cet achat représente le début d’un second grand mystère quant à l’histoire du diamant.

 

Lorsque les Britanniques se retirèrent d’Inde en 1947, le subcontinent Indien fut séparé en deux nations : l’Inde et le Pakistan. Le Nizam d’Hyberabad, fils de l’acheteur du Victoria, décida de demeurer indépendant et refusa de joindre l’un ou l’autre de ces pays. Après de longues négociations et l’emploi de la force par l’Inde, Hyberabad accepta d’être annexé à l’Union Indienne en janvier 1950. Plus tard, Hyberabad fut divisé en trois Etats. Le Nizam, le général Mir Osman Ali Khan Bahadur, qui a supporté la cause des Alliés durant la seconde guerre mondiale, se retira à Bombay (aujourd’hui Mumbai) pour vivre la fin de ses jours grâce à une pension versée par le gouvernement Indien. Il est dit que le Nizam était si frugal que ses dépenses personnelles s’élevèrent à seulement 37,5 centimes par jour.

 

Le Nizam plaça sa collection de bijoux – qui valaient à l’époque entre 13 et 15 millions de livres – auprès d’un fond, et en deux groupes distincts : le premier était composé de 40 pièces que le mandataire était autorisé à vendre, et le deuxième était composé d’un plus grand nombre d’objet qui ne pouvaient être vendus à moins que le Nizam n’en fasse la demande ou qu’une calamité ne s’abatte sur sa famille. Nulle part n’est-il fait mention du Victoria. Notons en revanche la présence d’un diamant portant le nom de Jacob sous la deuxième catégorie.

 


 

A plusieurs reprises, le Nizam souffra de grandes difficultés financières puisqu’il devait satisfaire aux besoins de sa famille et de ses dépendants, qui représentaient alors plus d’un millier de personnes. En avril 1951, le Jacob fut mis en vente ainsi que d’autres bijoux lui appartenant. Le ministre d’Etat Indien annonça au Parlement que la somme obtenue de cette vente serait investie en obligations souveraines et utilisée de manière à satisfaire les intérêts d’Hyberabad. A l’époque, le gouvernement Indien commençait à restreindre les exportations de diamants, et beaucoup pensent que le Jacob fut enregistré comme étant un ‘trésor national’. Une fois encore, il n’est nulle part fait mention du Victoria.

 

Cinq ans plus tard, le Jacob, alors entre les mains de la banque centrale Indienne, fut mis en vente. Un revendeur Américain le décrivit comme étant ‘blanc, et non bleu’, et comme ‘le plus brillant des diamants qu’il ait jamais vus’.

 

Après la mort du Nizam en 1967, ses bijoux firent encore une fois la une des journaux. Leurs mandataires désiraient en vendre une partie pour venir en aide à sa famille, alors en difficulté financière. De nombreux millionnaires se rendirent en Inde pour assister à la vente, et des conditions furent établies pour les acheteurs : toute personne désirant examiner un bijou mis en vente était obligé de payer une commission non-remboursable de 100 livres, et personne n’était autorisé à participer aux enchères sans déposer préalablement la somme de 2000 livres qui serait remboursable seulement après que toutes les transactions aient été complétées. Peu importe le prix de vente de chaque bijou, un dixième de cette somme devait être payée immédiatement, et le reste sous dix jours.

 

La mise aux enchères fut suspendue en raison d’un tollé de l’opinion publique. De nombreux Indiens pensaient que, tout comme pour les joyaux de la Couronne Britannique et la collection de bijoux exposée à la Smithsonian Institution à Washington, les bijoux qui avaient appartenu au Nizam d’Hyberabad devaient être considérés comme appartenant à l’héritage national et donc être conservés en Inde.

 

La vente aux enchères fut abandonnée jusqu’en 1993, date à laquelle le gouvernement Indien décida d’acheter la collection. Les deux partis tombèrent finalement d’accord sur un prix et la cour Suprême demanda à ce que le paiement soit versé en une fois, malgré les demandes du gouvernement Indien à régler son dû en six versements.

 

Le gouvernement n’eut d’autre choix que d’accepter cette directive, sans quoi les mandataires auraient pu ouvrir la vente à des acheteurs étrangers.

 

La cours Suprême fixa une date de paiement mais le gouvernement fit appel pour obtenir plus de délais. La chambre basse du Parlement autorisa à ce que soient levés les fonds nécessaires à la finalisation de cet achat, mais ce ne fut pas le cas de la chambre haute. L’impasse fut finalement résolue par la découverte d’une lacune dans les règles de fonctionnement du Parlement qui autorisaient une somme de monnaie à être offerte au département gouvernemental approprié. Tout ce qu’il restait donc à faire était de s’occuper des détails quant à l’accord. Le gouvernement fut forcé de payer son dû avant le 16 janvier 1995, sans quoi la vente aurait été annulée.

 

Le 12 janvier, le gouvernement Indien paya approximativement 70 millions de dollars pour l’obtention des bijoux du Nizam – un total de 137 pièces. Les mandataires ne considéraient pas cette somme comme le meilleur prix qu’ils auraient pu obtenir de cette vente, puisque les bijoux avaient auparavant été évalués à une somme bien plus importante par des commissaires-priseurs internationaux.

 

Il ne fut lors de cette vente pas fait mention d’un diamant du nom de Victoria, Imperial ou Great White. En revanche, on parlait toujours du Jacob, dont le poids varie dans les rapports entre 100, 150, et, plus important encore, 184,5 anciens carats. Ce dernier chiffre équivaut bien entendu au poids du Victoria. Est-il possible qu’un diamant au nom si mondain soit en fait le même qu’un autre diamant au titre si important ? La réponse à cette question nous est apportée par John Lord dans son livre The Maharajahs, publié en 1972 et dans lequel il relate l’histoire étrange d’A.M. Jacob. Alexander Jacob était un Juif Américain arrivé à Simla en 1871, où il devint un commerçant de pierres précieuses. Lord écrit ceci :

 

‘Jacob était très célèbre, depuis Simla jusqu’aux bains à la mode de Homburg, pour ses pouvoirs magiques. Selon les plus naïfs, il avait le pouvoir de marcher sur l’eau. Selon les autres, il était capable de magnétisme et de télépathie. Les Britanniques comme les Indiens pensaient qu’il pratiquait la magie blanche, et beaucoup disaient qu’il était un Juif Arménien, un agent Russe ou encore un agent Britannique. Il est évident qu’il était le plus important commerçant de diamants et d’objets antiques en Inde, et très peu savaient qu’il avait réellement été employé par les services secrets Indiens. Son petit magasin était un panthéon de richesses, brillant de dorures et empli de senteurs d’encens. A l’intérieur, Jacob était assis, l’air pâle, et remplissait son journal de secrets’.

 

Il n’est pas surprenant que Jacob ait inspiré au moins trois caractères de fiction, dont le plus célèbre est Lurgan, l’un des protagonistes du conte Kim écrit par Rudyard Kipling. Ce conte fut publié en 1901, dix ans après les poursuites judiciaires qui mirent fin à l’empire de Jacob. John Lord décrit l’affaire comme suit :

 

‘Jacob avait accepté de vendre au Nizam un diamant célèbre conservé en Angleterre et portant le nom d’Imperial (et plus tard de Jacob) pour la somme de 300.000 livres, dont la moitié devait être payée à l’avance. Jacob déposa le diamant en personne avec seulement le valet du Nizam pour témoin. Lorsqu’il partit, le Nizam lui devait encore la moitié du prix d’achat. Ce que Jacob ne savait pas, c’est que quelqu’un eut vent de cette transaction, et que cet homme fit tout ce qu’il put pour empêcher le Nizam de sombrer dans la banqueroute en se procurant une babiole supplémentaire. Le Nizam décida qu’il ne payerait pas la deuxième moitié de la somme qu’il devait à Jacob, et décida de ne pas lui rendre son diamant non plus. Il le dissimula dans un morceau de tissu taché d’encre qu’il plaça dans un tiroir. Jacob tenta de se défendre en faisant appel à la cour de Calcutta, et bien qu’il gagna le procès, il avait alors déjà perdu toute sa fortune, et ses frais de justice étaient très élevés. Plus aucun prince Indien ne fit affaire avec lui, et il mourut à Bombay sans rien, pas même sa magie’.

 

Sotheby’s évalua la collection de bijoux à 162 millions de dollars, et Christie’s à 135 millions de dollars. Après l’achat des bijoux par le gouvernement Indien en 1995, ils furent exposés à plusieurs reprises, bien que l’exposition la plus connue fût celle du 30 août 2001. Les bijoux furent exposés à Hyberabad, en Inde, aux côtés du diamant Victoria, qui est considéré comme en étant la pièce centrale. L’exposition s’acheva le 30 octobre 2001 avant de rouvrir en février 2002 et de devenir une exposition permanente.

 

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