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Leonard Read, l’éditeur de Frédéric Bastiat aux États-Unis

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Publié le 12 novembre 2014
1404 mots - Temps de lecture : 3 - 5 minutes
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Rubrique : Fondamental

 

 

 

 

« Si nous aspirons à un objectif tel que celui de faire avancer la liberté individuelle et le libre marché, nous devons recourir à la méthode du pouvoir d'attraction, c'est-à-dire le contraire absolu de la propagande, de l'endoctrinement et des demi-vérités. » Leonard Read, How to advance liberty.

 

Né dans le Michigan en 1898, Leonard E. Read devient entrepreneur puis directeur général de la Chambre de commerce de Los Angeles. Son engagement pour la vérité et les principes de la liberté l'amènent à créer la Foundation for Economic Educationen 1946. Pendant 37 ans, il y travaille sans relâche pour promouvoir et faire progresser la liberté. Il est l’un de ceux qui, à un moment crucial de l'histoire américaine, ont participé au réveil des libertés individuelles et à la défense de la propriété privée. Une pierre angulaire de la pensée de Read, c'est que le libre marché est une institution morale, et pas seulement un moyen efficace de production. De là, le profit ne doit être que la conséquence d’un service rendu à la société. Read est l'auteur de 29 livres et d’une centaine d'essais. Sa vie est un témoignage de la puissance des idées.

 

La Foundation for Economic Education

 

En 1946, Leonard Read fonde la FEE (Foundation for Economic Education) qu’il préside jusqu’à sa mort. La FEE est l’un des plus vieux think-tank libertariens des États-Unis et se consacre à la diffusion des principes de la liberté. La fondation a été créée au bord de l’Hudson, dans un manoir du XIXe siècle, dans le comté de Westchester au nord de New York.

 

Dès le début, parmi les nombreux auteurs qui fréquentent la FEE, se trouvent deux jeunes professeurs de l'Université de Chicago : Milton Friedman et George Stigler, qui tous deux allaient plus tard devenir lauréats du prix Nobel en économie. Leonard Read attire à la FEE des gens comme F.A. Harper, Edmund Opitz, Hans et Marie Sennholz, Paul Poirot, Percy et Bettina Greaves, Dean Russell, George Roche, Israël Kirzner, Robert Anderson ou Gary North. 

 

Le 1er août 1947, il participe à la première réunion de la Société du Mont Pèlerin en Suisse, à l'invitation de Friedrich A. Hayek. En 1956, la FEE reprend la publication d’une revue fondée par A.J. Nock The Freeman : Ideas on Liberty. La FEE joue également un rôle important dans l'édition et la promotion des livres essentiels sur la philosophie de la liberté. Au cours de son histoire, la FEE a publié ou hébergé des conférences données par certains des meilleurs esprits de l'époque, dont Ludwig von Mises, Friedrich A. Hayek, Henry Hazlitt, Milton Friedman, James Buchanan, Vernon Smith, Israel Kirzner, Walter Williams, George Stigler, Frank Chodorov, John Chamberlain, ou William F. Buckley Jr., parmi beaucoup d'autres.

 

Une stratégie novatrice

 

La FEE s’est donnée comme mission d’enseigner les « premiers principes » de la liberté : le caractère sacré de la propriété privée, la liberté individuelle, la primauté du droit, le libre marché, et la supériorité morale du choix individuel et de la responsabilité sur la coercition.

 

Mais la stratégie de Read pour diffuser ses idées est inhabituelle pour l'époque et impensable pour la plupart des think tanks d'aujourd'hui. La FEE n’envoie personne à Washington pour faire pression sur le Congrès. Loin de l'activisme, la fondation est axée exclusivement sur l’enseignement et la pédagogie. Elle organise des séminaires, publie des livres et son magazine The Freeman. Suivant l'exemple d’Albert Jay Nock, Read croit qu'une personne doit se concentrer d'abord sur l'amélioration de la seule partie de la société sur laquelle elle a un véritable contrôle : elle-même. En s’instruisant par l’apprentissage des principes de la liberté, on peut transmettre ces idées à d’autres et peu à peu les propager. La liberté n'est pas quelque chose qui peut être imposée par le haut.

 

En outre, il ne faut pas se contenter d'informer les gens sur les conséquences négatives de l'ingérence du gouvernement ou souligner les dangers du socialisme. Il faut aussi présenter l’alternative positive du libre marché.

 

L’approche peut sembler simple mais elle a eu un impact énorme. Des générations d’étudiants américains ont découvert les principes d’une société libre à travers les publications et les séminaires de la FEE.

 

Leonard Read a toujours été intransigeant dans sa défense de la vérité. Lorsque le juge Howard Pew, un généreux bienfaiteur de la FEE, demande à Read de repenser sa position sur les droits de douane, celui-tient bon. Il va même jusqu'à refuser de publier un article soumis par l'ancien président Herbert Hoover, une connaissance de longue date. En revanche, il permet à Ralph Nader, un activiste de gauche, d’écrire un article critique sur les projets de logement fédéraux.

 

Frédéric Bastiat

 

En 1943, Leonard Read demande à Dean Russell de faire une traduction moderne de La Loi, le célèbre pamphlet de Frédéric Bastiat, l’économiste français du XIXe siècle. Puis il l’envoie aux 3 000 membres de son réseau. En 1950, La Loi est la meilleure vente de la fondation. En 1970, près de 500 000 exemplaires sont déjà écoulés.

 

L’idée principale de Bastiat dans La Loi, c’est de montrer pourquoi et comment la loi est devenue « le champ de bataille de toutes les cupidités », c’est-à-dire une source de privilèges, de rentes de situation et d’arbitraire fiscal. Dès que l’on admet en principe que la loi peut être détournée de sa vraie mission, qu'elle peut violer les propriétés au lieu de les garantir, il s’ensuit nécessairement une lutte des classes, soit pour se défendre contre la spoliation, soit pour l'organiser à son profit.

 

C’est encore Leonard Read qui emploie le mot libertarien pour la première fois en 1947. Il proposait d’utiliser ce terme pour bien se démarquer des « liberals » qui plaidaient pour l’interventionnisme tout en revendiquant la bannière du libéralisme. Aujourd’hui, le terme « libertarien » recouvre deux sens : un sens radical, équivalent à anarcho-capitalisme (Rothbard) et un sens plus large, équivalent au libéralisme classique avec une défense sans concession de l’État minimal et du libre marché. C’est ce second sens que revendiquait Read à la suite de Mises et de Hayek.

 

 « Moi, le crayon »

 

En 1958, Leonard Read écrit dans la revue The Freeman un petit essai devenu très célèbre : I, pencil (« Moi le crayon »). Il commence ainsi : « Je suis un crayon à mine, un crayon ordinaire en bois, familier à tous les garçons et les filles et les adultes qui savent lire et écrire. Il est l'un des objets les plus simples dans la civilisation humaine. Et pourtant pas une seule personne sur cette terre ne sait comment me produire. » Ce texte est une magnifique illustration de la métaphore de la main invisible. Des milliers de personnes qui ne se connaissent pas, qui n’ont pas la même religion ni les mêmes coutumes, réussissent pourtant à se coordonner pour produire cet objet. Leonard Read ajoute « Il y a quelque chose d’encore plus étonnant : c’est l’absence d’un esprit supérieur, de quelqu’un qui dicte ou dirige énergiquement les innombrables actions qui conduisent à son existence. On ne peut pas trouver trace d’une telle personne. À la place, nous trouvons le travail de la Main Invisible. »

 

Et il conclut : « la leçon que je veux enseigner est la suivante : laissez libres toutes les énergies créatrices. Organisez juste la société pour qu’elle agisse en harmonie avec cette leçon. Que l’appareil légal de la société élimine tous les obstacles du mieux qu’il le peut. Permettez à tous ces savoirs créateurs de se répandre librement. Ayez foi dans les hommes et les femmes libres qui répondent à la main invisible. » (I, Pencil, The Freeman, Decembre 1958. Traduction en français par Hervé de Quengo, Moi, le crayon.)

 

Milton Friedman, qui a préfacé la brochure de la FEE diffusant ce texte, s’est souvent servi de cette histoire pour expliquer le « miracle » de la coopération humaine dans une économie de marché, notamment dans son livre et documentaire vidéo « Free to Choose ».

 

Lorsque Leonard E. Read est mort, à l’âge de 84 ans, la FEE a reçu le télégramme suivant du président Ronald Reagan : « Nous partageons votre chagrin à la perte d'un homme animé toute sa vie par le dévouement à nos principes les plus chers. Notre nation et son peuple ont été considérablement enrichis par son dévouement à la cause de la liberté, et les générations à venir puiseront leur inspiration chez Leonard Read. »

 

 

 

 

 

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Damien Theillier est professeur de philosophie. Il est l’auteur de Culture générale (Editions Pearson, 2009), d'un cours de philosophie en ligne (http://cours-de-philosophie.fr), il préside l’Institut Coppet (www.institutcoppet.org).
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