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Les choses qui arrivent

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Publié le 15 juin 2017
751 mots - Temps de lecture : 1 - 3 minutes
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Rubrique : Editorial du Jour

Alors que nos politiciens s’enfoncent de plus en plus profondément dans la jungle juridique à la recherche des fantômes de la collusion avec la Russie, plus personne ne prête oreille à la force la plus dangereuse de la vie américaine : la financiarisation incontestable de l’économie.  

Une financiarisation se produit quand ceux qui sont au pouvoir « créent » des sommes colossales de « monnaie » à partir de rien – en émettant des prêts, autrement dit de la dette – et tirent des profits incroyables des bulles sur les actifs, des arbitrages des taux d’intérêt et de toutes les autres opportunités d’escroquerie que leur offre ce capital artificiel. C’est là une sorte de tour de magie qui a pu concentrer des monuments de richesse entre les mains de quelques-uns, alors même que le reste de la population croule sous les obligations d’un avenir qui leur a été volé.

Cette financiarisation s’est manifestée de bien des manières, au travers notamment de la rénovation de New York City (et plus particulièrement de Brooklyn). Elle n’a pas été organisée parce que la génération X a soudainement ressenti de la répulsion envers les quartiers ennuyeux dans lesquels elle a grandi, ainsi qu’un désir subit de cocktails colorés. Elle a eu lieu parce que la financiarisation a concentré d’immenses richesses dans le peu d’endroits où ces activités ont été entreprises – pas seulement à New York, mais aussi à San Francisco, Washington et Boston – et qui pouvaient désormais se permettre cuisines et bières artisanales.

Ce capital a en grande partie été extrait du pillage des actifs du reste des Etats-Unis où la financiarisation est restée absente, de ces régions restées dans l’oubli, tout comme ceux qui y vivent. Cette dynamique est bien évidemment responsable du phénomène Donald Trump, l’essence distillée de toutes ces tourmentes économiques et de la colère qu’elles ont fait naître. Les habitants de l’Ohio, de l’Indiana et du Wisconsin se sont retrouvés à tenir un sac vide, et n’ont pas manqué de réaliser ce qui leur était arrivé, bien qu’ils n’avaient aucune idée de la manière dont y répondre, si ce n’est en tentant d’échapper à la douleur de leurs vies gâchées avec l’aide de puissantes drogues.

C’est alors qu’un champion s’est présenté à eux, et leur a promis de redonner vie au bonheur d’avant-guerre, aux années de bien-être – bien que le monde entier ait beaucoup changé depuis. Et ces pauvres poissons ont mordu à l’hameçon. N’oublions pas non plus que son adversaire – la très avare Hillary, avec ses centaines de millions de dollars mal acquis – était l’avatar de cette financiarisation qui a ruiné leurs vies. Avant même qu’elle ne tourne le regard vers eux et les qualifie de « panier de gens déplorables ».

Et voilà que les promesses pathétiques du président Trump, toutes ces histoires de grandeur retrouvée des Etats-Unis, se défont alors même que l’économie financiarisée entre dans sa phase terminale. Les richesses accumulées – notamment par les portefeuilles sur les actions et obligations et les investissements sur l’immobilier – feront bientôt face à un processus que nous qualifierons peut-être un jour de découverte de prix venue tout droit des Enfers, et qui en révèlera la véritable valeur : zéro. Les dettes monstrueuses accumulées par les individus, les corporations et les sociétés souveraines deviendront soudainement manifestement impayables, et les titres qu’elles représentent disparaîtront dans le vortex de l’espace-temps que dépeignent les films de momies et d’astronautes. Tout à coup, les avatars de cette richesse accumulée verront leurs vies bouleversées, comme l’ont été celles des déplorables buveurs de Budweiser et abuseurs d’OxyContin des terrains vagues de notre utopie ruinée, pour ne devenir rien de plus que de la boue jaunâtre, s’écoulant dans le sens des aiguilles d’une montre dans la cuvette de l’Histoire.

Personne ne prête attention à cette catastrophe pourtant si proche – ou du moins personne n’en parle. Et si la possibilité de tout cela occupe ne serait-ce qu’un coin de leur esprit, il n’en est pas moins qu’ils ne sachent pas comment y préparer la populace, ou que faire pour y remédier. La vérité, c’est que les sociétés répondent dans l’urgence à des crises telles que l’effondrement imminent de notre économie financiarisée, et très souvent de manière désordonnée. Je suppose que nous devrons nous contenter de regarder se jouer ce spectacle nauséabond. Jusque-là, le mélodrame de la collusion avec la Russie devrait nous garder occupés – et il s’avèrera certainement bien plus divertissant que Wonder Woman ou le dernier film de Tom Cruise.

 

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James Howard Kunstler est un journaliste qui a travaillé pour de nombreux journaux, dont Rolling Stones Magazine. Dans son dernier livre, The Long Emergency, il décrit les changements auxquels la société américaine devra faire face au cours du 21° siècle. Il envisage un futur prochain fait de crises sociales à répétition, la fin de la Surburbia et du modèle économique associé et une guerre mondiale pour les ressources en énergie. Il prédit la déconstruction des empires européens et américains et pense que, lorsque les convulsions seront terminées, le monde reviendra à un modèle décentralisé et local.
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