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Les conséquences économiques de la traçabilité de l’or envisagée par WWF
Publié le 02 mai 2012
586 mots - Temps de lecture : 1 - 2 minutes
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Mots clés associés :   Liquidités | L'or | Traçabilité | Wwf |

 

 

 

 

Le billet précédent a présenté la campagne lancée par le bureau français du World Wide Fund (WWF) pour soutenir la traçabilité de l’or, dans l’objectif de lutter contre l’orpaillage illégal et de limiter ses conséquences environnementales (mises en évidence dans un autre billet). Comme il a déjà été démontré, les qualités intrinsèques de l’or rendent ce métal précieux recyclable à l’infini. La transformation des objets en or ne peut donc pas être suivie avec précision. Non seulement une telle initiative ne changerait rien au problème de l’orpaillage illégal (qu’elle cherche à résoudre), mais son application entraînerait, en outre, des effets secondaires importants sur le plan économique, que ce billet s’efforce précisément de souligner.

 

En premier lieu, il est fondamental de rappeler que l’or, en plus du fait d’être une matière première fondamentale dans nombre de secteurs industriels, joue un rôle économique important. Pendant des siècles, il a été sélectionné avec l’argent comme le moyen d’échange de prédilection, au détriment d’autres biens. Actuellement, alors que les gouvernements imposent l’usage du papier comme monnaie, l’or reste encore et toujours la matière première qui inspire le plus de confiance aux particuliers qui souhaitent protéger leur épargne contre l’augmentation systématique des prix, conséquence inévitable  de l’injection massive de liquidités sur les marchés.

 

L’épargne convertie en or est mieux protégée contre l’inflation, mais aussi contre la taxation et la confiscation. En effet taxer ou confisquer l’or est relativement plus compliqué que taxer ou confisquer d’autres titres de propriété, comme les propriétés immobilières qui sont visibles et parfaitement identifiables dès lors que les cadastres sont gérés par des institutions publiques.

 

Parce que l’or est moins facilement repérable que l’immobilier, la menace de taxation ou de confiscation pèse actuellement davantage sur les biens immobiliers que sur les produits aurifères. Par exemple, lorsque l’État décide d’augmenter les taxes sur l’immobilier, les propriétaires n’ont d’autre alternative que celle de vendre (ce qui impose le paiement d’autres taxes), tandis que si l’État décidait d’imposer des taxes sur l’or, ses possesseurs peuvent encore le cacher et le déclarer perdu.

 

S’il est relativement facile de transformer, transférer ou cacher l’or par rapport à des biens immobiliers, c’est précisément parce que les titres de propriété aurifères ne sont pas encore formellement répertoriés par une quelconque organisation publique.

 

En revanche, si une traçabilité de l’or était véritablement imposée, elle donnerait à l’État une photographie plus exacte des titres de propriété aurifères. La traçabilité passerait par l’introduction d’un poinçon légal sur tous les produits en or, conditionnant ainsi la légalisation des ventes d’un tel certificat. Une telle opération ne ferait que donner des indices plus précis sur les possesseurs, facilitant ainsi la taxation de la possession des objets en or et même leur confiscation.

 

Pour les raisons techniques mises en avant dans le billet précédent, le poinçon ne peut pas constituer un indicateur fiable pour la provenance des objets en or, mais il peut cependant donner des indices importants sur leurs propriétaires. Il est donc intéressant de noter que la mise en place d’une traçabilité de l’or ne résoudrait pas les problèmes environnementaux liés à l’orpaillage, mais faciliterait tout au plus la tâche des dirigeants des États, toujours à la recherche de nouveaux moyens pour financer des programmes aussi dispendieux que populistes. Cela se ferait bien évidement au détriment des simples citoyens, puisque la traçabilité de l’or  abolirait l’un des derniers refuges possibles pour l’épargne individuelle.

 

Le prochain billet dans cette série exposera d’autres solutions envisageables, plus efficaces que la traçabilité de l’or, pour résoudre les problèmes environnementaux provoqués par l’orpaillage.

 

 

 

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Marian Eabrasu

Marian Eabrasu est professeur d’économie et d’éthique à l’ESC-Troyes. Il a été chercheur à l’International Centre for Economic Research (Turin, Italie) et à l’institut Ludwig von Mises (Auburn, Etats Unis). Il est l'auteur de nombreux articles publiés dans des revues à comité de lecture comme La Revue Française de Science Politique, Quarterly Journal of Austrian Economics, Business and Society, etc. Son dernier article publié en 2012 dans Raisons Politiques s'intitule "Les états de la définition wébérienne de l'Etat"
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