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LES DÉS SONT JETÉS

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Publié le 24 avril 2015
712 mots - Temps de lecture : 1 - 2 minutes
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À force de se rapprocher d’un défaut de remboursement sur sa dette, la Grèce finira tôt ou tard par s’y résoudre : un accord permettant de financer celle-ci devient de plus en plus improbable et les prévisions sur les disponibilités financières du gouvernement sont très variables. Les autorités européennes restent crispées sur des exigences qui ne règleraient rien s’il y était répondu ; elles sont seules à prétendre – et pas nécessairement toutes à croire – que la Grèce pourrait dégager un excédent primaire budgétaire lui permettant de rembourser sa dette. L’acharnement de ces autorités exprime un déni bien ancré, augurant mal de la suite.

Quel choix reste-t-il désormais à la Grèce, si un défaut intervient faute de financement ? Soit de renouer avec la drachme, soit de faire défaut sans abandonner l’euro, car rien ne l’obligera en soi à le faire. Pour être tenu, ce dernier scénario impose cependant l’adoption d’une panoplie de mesures, comprenant un renflouement du système bancaire grec, dont la mise en place doit être préparée. Les autorités communautaires pourraient d’ailleurs contribuer à ce sauvetage afin d’éviter un scénario de sortie de l’euro considéré comme le pire en raison de ses implications aggravées. « Si la crise se précipite, nous entrerons dans des eaux inexplorées » a mis en garde Mario Draghi. Les banques grecques ont d’après Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, reçu à ce jour 110 milliards d’euros d’aide d’urgence (ELA). Cette dette s’ajoute aux 245 milliards d’euros dus par l’État, et dont le remboursement deviendrait très aléatoire. Il y a là également de quoi faire réfléchir les autorités européennes qui sont dans la position d’un banquier ayant soutenu une entreprise au-delà du raisonnable et risquant d’être condamné pour soutien abusif…

Jusqu’au bout, les dirigeants européens se seront fourvoyés vis à vis de la Grèce, le dernier épisode en date étant leur tentative d’imposer leurs quatre volontés. Avec aveuglement, ils ont refusé les portes de sortie dont le gouvernement grec leur a proposé de discuter, parce qu’elles conduisaient à des remises en question inenvisageables. Dans cette logique, ils ont imposé la tenue de négociations en deux temps, afin de repousser celles sur le remboursement de la dette pour la mener à leur avantage, mais le premier obstacle n’a toujours pas été franchi. On pourrait s’acheminer ainsi jusqu’à fin juin, estime l’économiste du FMI chargé de l’Europe Poul Thomsen, ce qui donnerait raison aux Grecs qui réclamaient une seule négociation !

Jouer les matamores n’a cependant pas empêché certains dirigeants européens de laisser échapper par moments un sentiment d’impuissance devant une situation qui leur a continuellement échappé des mains. La donne est nouvelle, les Grecs se sont refusés à jouer le jeu entre gens raisonnables du même monde, et les dirigeants européens n’ont pas de plan B. Faute de mieux, ils continuent d’exhorter le gouvernement grec à adopter des mesures de réformes du travail, de la sécurité sociale et d’austérité sans oser les revendiquer publiquement étant donné leur contribution au spectacle qu’offre déjà la société grecque.

Si la position défendue par le gouvernement grec qui s’inscrit dans le cadre de son mandat se comprend aisément, celle des autorités européennes suscite plus d’interrogations. Pourquoi donc cette intransigeance, ce refus absolu d’envisager une nouvelle restructuration de la dette grecque ? Pourquoi maintenir la fiction d’un remboursement qui ne se fera pas de toute façon ? Sans doute faut-il pour le comprendre distinguer les croyants de ceux qui par tactique feignent de l’être. Les premiers craignent au nom de leur dogme ordo-libéraliste l’effet boule de neige d’une restructuration de la dette grecque, les seconds cherchent les occasions de biaiser sans braver ouvertement une politique qu’ils ont eux-mêmes adoptée et n’hésitent pas à lâcher les Grecs pour coller au gouvernement allemand. Ils sont des ralliés du libéralisme, et érigent en stratégie leurs finasseries tactiques faute de mieux, tous, affiliés à des partis de gouvernement de droite ou de gauche, la différence entre les deux s’estompant, ils sont en capacité de gouverner selon leur pauvre jargon. Mais leur action suscite une désaffection marquée qui se fraye son chemin où elle peut, comme constaté. La crise politique se révèle aussi profonde et s’annonce aussi durable que celle du système financier. Prochain épisode électoral : la fin du bipartisme au Royaume-Uni.

 

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Paul Jorion, sociologue et anthropologue, a travaillé durant les dix dernières années dans le milieu bancaire américain en tant que spécialiste de la formation des prix. Il a publié récemment L’implosion. La finance contre l’économie (Fayard : 2008 )et Vers la crise du capitalisme américain ? (La Découverte : 2007).
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