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Les débuts historiques de l'École économique autrichienne (2)

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Extrait des Archives : publié le 01 juillet 2012
5951 mots - Temps de lecture : 14 - 23 minutes
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Ce texte a été publié pour la première fois en 1962 dans sa traduction espagnole – El Establecimiento Histórico de la Escuela Austriaca de Economía. La version anglaise ne fut publiée qu'en 1969 sous le titre The Historical Setting of the Austrian School of Economics par Arlington House. Et il existe une traduction italienne datant de 1992 – La Collocazione Storica della Scuola Austriaca di Economia. Nous publions ici la première partie du texte dont la traduction française a été réalisée par Hervé de Quengo.

II. Le conflit avec l'École historique allemande

 

 

1. Le rejet allemand de l'économie classique

 

          L'hostilité que les enseignements de la théorie économique classique rencontra sur le continent européen fut principalement causée par des préjugés politiques. L'économie politique, telle qu'elle avait été développée par plusieurs générations de penseurs anglais, brillamment exposée par Hume et Adam Smith et perfectionnée par Ricardo, fut le résultat le plus remarquable de la philosophie des Lumières. C'était le coeur de la doctrine libérale, qui visait à établir le gouvernement représentatif et l'égalité de tous devant la loi. Il n'était pas surprenant qu'elle fut repoussée par ceux dont les privilèges étaient attaqués. Leur tendance naturelle à rejeter l'économie était considérablement renforcée en Allemagne par l'esprit nationaliste montant. Le rejet borné de la civilisation occidentale – que ce soit la philosophie, la science, la doctrine et les institutions politiques, l'art et la littérature –, qui conduisit en fin de compte au nazisme, trouve ses origines dans la critique véhémente de l'économie politique britannique.

 

          Il ne faut cependant pas oublier qu'il y avait aussi d'autres raisons à cette révolte contre l'économe politique. Cette nouvelle branche de la connaissance soulevait des problèmes épistémologiques et philosophiques auxquels les savants ne trouvaient pas de réponse satisfaisante. Elle ne pouvait pas être intégrée dans le système traditionnel d'épistémologie et de méthodologie. La tendance empiriste qui domine la philosophie occidentale suggérait de considérer l'économie comme une science expérimentale, à l'instar de la physique et de la biologie. L'idée même qu'une discipline traitant de problèmes « pratiques » comme ceux des prix et des salaires puisse avoir un caractère épistémologique différent de celui des autres disciplines portant aussi sur des sujets pratiques, était au-delà des possibilités de compréhension de l'époque. Mais, d'un autre côté, seuls les positivistes les plus doctrinaires n'arrivaient pas à comprendre qu'il était impossible d'entreprendre des expériences dans le domaine que l'économie essaye d'expliquer.

 

          Nous n'avons pas à traiter ici de la situation telle qu'elle s'est développée à l'époque du néo-positivisme ou de l'hyper-positivisme du vingtième siècle. Aujourd'hui, partout dans le monde mais avant tout aux États-Unis, des nuées de statisticiens se consacrent dans des instituts à ce que les gens appellent « la recherche économique ». Ils rassemblent des chiffres fournis par le gouvernement et par diverses entreprises, les réarrangent, les ajustent et les reproduisent, calculent des moyennes et tracent des graphiques. Ils présument qu'ils « mesurent » de ce fait le « comportement » de l'humanité et qu'il n'y a pas de différence notable entre leurs méthodes de recherche et celles appliquées dans les laboratoires de recherche en physique, en chimie ou en biologie. Ils regardent avec pitié et mépris les économistes qui, ainsi qu'ils le disent, sont comme les botanistes de « l'antiquité » et comptent sur « de nombreuses réflexions spéculatives » au lieu de compter sur les « expériences »[5].

 

          Mais chez les économistes de la première partie du dix-neuvième siècle, ce contresens quant aux fondements des sciences de l'action humaine n'allait pas aussi loin. Leurs tentatives de traiter des questions épistémologiques de l'économie se soldèrent, bien entendu, par un échec total. Rétrospectivement, nous pouvons pourtant dire que cette frustration était une étape nécessaire sur la route conduisant à une solution plus satisfaisante du problème. Ce fut le traitement avorté de John Stuart Mill au sujet des méthodes des sciences morales qui montra de manière involontaire la futilité de tous les arguments avancés en faveur de l'interprétation empiriste de la nature de l'économie.

 

          Quand les Allemands commencèrent à étudier les travaux des économistes classiques britanniques, ils acceptaient sans aucun problème l'hypothèse selon laquelle la théorie économique découlait de l'expérience. Mais cette simple explication ne pouvait satisfaire ceux qui étaient en désaccord avec les conclusions auxquelles, à partir de la doctrine classique, on devait aboutir quant à l'action politique. Ils soulevèrent rapidement des questions: l'expérience à partir de laquelle les auteurs britanniques ont déduit leurs théorèmes n'est-elle pas différente de celle à laquelle est confronté un auteur allemand? L'économie britannique n'est-elle pas défectueuse parce que le matériel duquel elle a été extraite était uniquement en provenance de Grande-Bretagne, et uniquement de la Grande-Bretagne du hanovrien Georges? Après tout, existe-t-il vraiment une science économique valable pour tous les pays, toutes les nations et toutes les époques?

 

          La façon dont répondaient à ces trois questions les auteurs considérant l'économie comme une discipline expérimentale est évidente. Mais une telle réponse équivalait à la négation apodictique de l'économie en tant que telle. L'École historique aurait été cohérente si elle avait rejeté l'idée même de la possibilité d'une science économique et si elle s'était scrupuleusement abstenue de faire la moindre déclaration différant d'un compte rendu sur ce qui s'est passé à un moment donné du passé et en un lieu donné de la terre. Une prévision des effets à attendre d'un événement donné ne peut être faite que sur la base d'une théorie revendiquant une validité générale, et non une simple validité quant à ce qui s'est produit par le passé dans un pays déterminé. L'École historique nie catégoriquement qu'il puisse exister des théorèmes économiques d'une telle validité universelle. Mais cela ne l'empêche pas de recommander ou de condamner – au nom de la science – diverses idées ou mesures nécessairement destinées à modifier les conditions futures.

 

          Il y avait par exemple la doctrine classique concernant les effets de la liberté du commerce et du protectionnisme. Les critiques n'entreprirent pas la tâche (sans espoir) de découvrir quelque syllogisme erroné dans la chaîne de raisonnement de Ricardo. Ils se contentèrent d'affirmer que des solutions « absolues » n'étaient pas concevables sur de tels sujets. Il existe des situations historiques, disaient-ils, où les effets engendrés par la liberté du commerce ou le protectionnisme diffèrent de ceux décrits par la théorie « abstraite » d'auteurs « en chambre ». Pour soutenir leur idée, ils se référaient à divers précédents historiques. Ce faisant, ils négligeaient gaiement de prendre en compte une chose: que les faits historiques, étant toujours le résultat conjoint de l'opération d'une multitude de facteurs, ne peuvent prouver ou réfuter aucun théorème.

 

          Ainsi, l'économie du deuxième Reich, représentée par les professeurs d'université nommés par le gouvernement, dégénéra en un ensemble incohérent, pauvrement assorti, de diverses bribes de connaissance empruntées à l'histoire, à la géographie, à la technologie, au droit et pour partie à la politique, ensemble truffé de remarques réprobatrices sur les erreurs des « abstractions » de l'école classique. La plupart des professeurs faisaient de la propagande plus ou moins ardente dans leurs livres et dans leurs cours en faveur des politiques du gouvernement impérial: conservatisme autoritaire, Sozialpolitik, protectionnisme, armements immenses et nationalisme agressif. Il serait injuste de considérer cette intrusion de la politique dans le domaine de l'économie comme un phénomène spécifiquement allemand. Il était au fond causé par une interprétation épistémologique perverse de la théorie économique, défaut qui ne se limitait pas à l'Allemagne.

 

          Il y a un deuxième facteur qui conduisit l'Allemagne du dix-neuvième siècle en général et les universités allemandes en particulier à regarder d'un mauvais oeil l'économie politique britannique: c'était la préoccupation de cette dernière quant à la richesse et sa relation avec la philosophie utilitariste.

 

          Les définitions alors en vigueur de l'économie politique la décrivaient comme la science traitant de la production et de la distribution de la richesse. Une telle discipline ne pouvait pas être autre chose que méprisable aux yeux des professeurs allemands. Ces derniers s'estimaient être des personnes se sacrifiant pour poursuivre la recherche de la connaissance pure, sans point commun avec tous ces individus triviaux aux buts lucratifs, ne se souciant que de biens terrestres. La seule mention de choses vulgaires comme la richesse et la monnaie était taboue au sein de ceux qui se vantaient de leur haute culture (Bildung). Les professeurs d'économie ne pouvaient conserver leur réputation au sein des cercles de leurs collègues qu'en soulignant que le sujet de leurs études n'était pas les basses préoccupations de l'industrie à la recherche du profit mais la recherche historique, par exemple les nobles exploits des électeurs de Brandebourg et des rois de Prusse.

 

          La question de l'utilitarisme n'était pas moins importante. La philosophie utilitariste n'était pas tolérée dans les universités allemandes. Des deux grands utilitaristes allemands, Ludwig Feuerbach ne réussit jamais à obtenir un poste d'enseignement, tandis que Rudolf von Jhering enseignait le droit romain. Tous les malentendus qui depuis plus de deux mille ans ont été avancés à l'encontre de l'hédonisme et de l'eudémonisme étaient répétés par les professeurs des Staatswissenschaften dans leurs critiques des économistes britanniques[6]. Si rien d'autre n'avait éveillé les suspicions des savants allemands, ils auraient condamné l'économie pour la seule raison que Bentham et les Mill y avait contribué.

 

2. La stérilité de l'Allemagne dans le domaine économique

 

          Les universités allemandes étaient possédées et dirigées par les divers royaumes et grands duchés formant le Reich[7]. Les professeurs étaient des fonctionnaires et, en tant que tels, devaient obéir strictement aux ordres et aux règlements émis par leurs supérieurs, les bureaucrates des ministères de l'Instruction publique. Cette subordination totale et sans condition des universités et de leur enseignement à la suprématie des gouvernements fut remise en question – sans succès – par l'opinion publique libérale allemande lorsqu'en 1837 le roi de Hanovre renvoya sept professeurs de l'Université de Göttingen qui protestaient contre la violation de la constitution par le roi. Les gouvernements ne firent pas attention à la réaction du public. Ils continuèrent à congédier les professeurs dont les doctrines politiques ou religieuses n'étaient pas les leurs. Mais après un certain temps, ils eurent recours à des méthodes plus subtiles et plus efficaces pour transformer les professeurs en soutiens loyaux de la politique officielle. Ils passèrent soigneusement en revue les candidats avant de les nommer. Seuls des hommes sûrs obtenaient les chaires. La question de la liberté de l'enseignement était ainsi reléguée à l'arrière-plan. Les professeurs enseignaient de leur propre chef ce que le gouvernement leur permettait d'enseigner.

 

          La guerre de 1866 mit fin au conflit constitutionnel prussien. Le parti du roi – le Parti conservateur des junkers, mené par Bismarck – triompha du Parti progressiste prussien qui défendait le gouvernement parlementaire, et des autres groupes démocratiques du sud de l'Allemagne. Dans le nouveau cadre politique, tout d'abord du Norddeutscher Bund et, après 1871, du Deutsches Reich, il ne restait plus de place pour les doctrines « étrangères » de l'École de Manchester et du laissez-faire. Les vainqueurs de Königgrätz et de Sedan pensaient n'avoir rien à apprendre d'une « nation de boutiquiers » – la Grande-Bretagne – ou de la France défaite.

 

          Lors du déclenchement de la guerre de 1870, l'un des plus éminents scientifiques allemands, Emil du Bois-Reymond, se vantait que l'Université de Berlin était « la garde intellectuelle de la Maison de Hohenzollern ». Cela ne voulait pas dire grand-chose pour les sciences naturelles, mais avait une signification très claire et précise pour les sciences de l'action humaine. Les titulaires des chaires d'histoire et des Staatswissenschaften (c'est-à-dire des sciences politiques, comprenant tout ce qui se rapporte à l'économie et à la finance) savaient ce que leur souverain attendaient d'eux. Et ils le fournissaient.

 

          De 1882 à 1907, Friedrich Althoff était en charge des questions universitaires au ministère prussien de l'Instruction. Il dirigea les universités comme un dictateur. Comme la Prusse possédait le plus grand nombre de postes de professeurs rémunérés, et offrait donc le champ le plus favorable aux savants ambitieux, les professeurs des autres États allemands, voire ceux de l'Autriche et de la Suisse, aspiraient à s'assurer un poste en Prusse. Althoff pouvait ainsi, en règle générale, leur faire également accepter en fait ses principes et ses idées. Sur tous les sujets relatifs aux sciences sociales et aux disciplines historiques, Althoff faisait entièrement confiance aux conseils de son ami Gustav von Schmoller. Ce dernier avait un flair infaillible pour séparer les torchons des serviettes.

 

          Dans les deuxième et troisième quarts du dix-neuvième siècle, certains professeurs allemands firent des contributions valables à la théorie économique. Il est vrai que les plus remarquables contributions de cette période, celles de Thünen et de Gossen, n'étaient pas l'oeuvre de professeurs mais d'hommes n'occupant aucun poste d'enseignement. Toutefois, les livres des professeurs Hermann, Mangoldt et Knies resteront dans l'histoire de la pensée économique. Mais après 1866, les hommes qui entraient dans la carrière universitaire n'avaient que mépris pour « les abstractions sans vie ». Ils publièrent des études historiques, traitant de préférence des conditions de travail dans un passé récent. Nombre d'entre eux étaient fermement convaincus que la tâche principale des économistes était d'aider le « peuple » dans sa guerre de libération contre les « exploiteurs », et que les dirigeants du peuple, choisis par Dieu, étaient les dynasties, en particulier les Hohenzollern.

 

3. La querelle des méthodes

 

          Dans Untersuchungen, Menger rejetait les idées épistémologiques qui sous-tendaient les écrits de l'École historique. Schmoller publia une critique plutôt méprisante de ce livre. Menger réagit en 1884 avec un pamphlet, Die Irrtümer des Historismus in der Deutschen Nationalökonomie [Les Erreurs de l'historicisme dans l'économie allemande]. Les diverses publications que cette controverse engendrèrent sont connues sous le nom de Methodenstreit, la querelle des méthodes.

 

          Cette querelle des méthodes ne contribua que peu à clarifier les problèmes en jeu. Menger subissait trop l'emprise de l'empirisme de John Stuart Mill pour laisser son propre point de vue aboutir à la totalité de ses conséquences logiques. Schmoller et ses disciples, engagés dans la défense d'une position intenable, ne se rendirent même pas compte du sujet de la controverse.

 

          Le terme de querelle des méthodes est bien entendu trompeur. Car la question n'était pas de découvrir la procédure la plus appropriée pour traiter des problèmes communément considérés comme problèmes économiques. Le sujet du débat était fondamentalement de savoir s'il pouvait exister une science, autre que l'histoire, traitant des différents aspects de l'action humaine.

 

          Il y avait, en premier lieu, le déterminisme matérialiste radical, philosophie presque universellement admise dans l'Allemagne de l'époque par les physiciens, les chimistes et les biologistes, bien que ce ne fut jamais expressément et clairement formulé. Selon ces personnes, les idées, volontés et actions humaines sont la conséquence d'événements physiques et chimiques que les sciences naturelles décriront un jour de la même façon qu'elles décrivent aujourd'hui l'apparition d'un composé chimique à partir d'une combinaison de plusieurs ingrédients. Ils préconisaient l'expérimentation dans des laboratoires de biologie et de physiologie comme constituant la seule route pouvant conduire à cette réalisation scientifique.

 

          Schmoller et ses disciples rejetaient de façon véhémente cette philosophie, non parce qu'ils étaient conscients de ses défauts, mais parce qu'elle était incompatible avec les principes religieux du gouvernement prussien. Ils lui préféraient en fait une doctrine qui différait peu du positivisme de Comte, qu'ils dénonçaient officiellement, bien sûr, en raison de son athéisme et de son origine française. En réalité, le positivisme, interprété de manière raisonnable, doit conduire au déterminisme matérialiste. Mais la plupart des partisans de Comte n'étaient pas carrés à cet égard. Leurs discussions n'écartaient pas toujours la possibilité que les lois de la physique sociale (i.e. la sociologie), dont l'établissement représentait à leurs yeux le but le plus élevé de la science, puissent être découvertes par ce qu'ils appelaient une méthode plus « scientifique » de traitement du matériel assemblé par les procédures traditionnelles des historiens. Ce fut cette position qu'embrassa Schmoller à propos de l'économie. Il accusait sans cesse les économistes d'avoir tiré des conclusions prématurées à partir d'un matériel quantitativement insuffisant. Selon lui, ce qu'il fallait faire, afin de remplacer les généralisations hâtives des économistes britanniques « en chambre » par une science réaliste de l'économie, c'était davantage de statistiques, d'histoire, d'accumulation de « matériel ». À partir des résultats de telles recherches, les économiste du futur, assurait-il, pourront un jour développer de nouvelles idées par « induction ».

 

          Les idées de Schmoller étaient tellement embrouillées qu'il ne voyait pas l'incompatibilité de sa propre doctrine épistémologique avec le rejet de l'attaque positiviste à l'encontre de l'histoire. Il ne comprenait pas le gouffre qui séparait ses idées de celles des philosophes allemands qui avaient démoli les idées du positivisme quant à l'usage et au traitement de l'histoire – tout d'abord Dilthey, puis plus tard Windelband, Rickert et Max Weber. Dans le même article où il critiquait les Grundsätze de Menger, il faisait aussi le compte rendu du premier livre important de Dilthey, son Einleitung in die Geisteswissenschaften. Mais il ne put saisir le fait que la teneur de la doctrine de Dilthey était l'annihilation de la thèse fondamentale de sa propre épistémologie, à savoir que certaines lois du développement social pourraient être tirées de l'expérience historique.

 

4. Les aspects politiques de la querelle des méthodes

 

          La philosophie britannique du libre-échange triompha au dix-neuvième siècle dans les pays de l'Europe occidentale et orientale. Elle démolit l'idéologie peu solide de l'État-providence souverain et autoritaire (landesfürstlicher Wohlfahrtsstaat), qui guidait les politiques des principautés allemandes du dix-huitième siècle. Les points culminants de sa liberté du commerce furent les tarifs douaniers de la Zollverein de 1865 et le Code du commerce de 1969 (Gewerbeordnung) pour le territoire du Norddeutscher Bund (et ultérieurement du Deutsches Reich). Mais rapidement, le gouvernement de Bismarck se mit à inaugurer sa Sozialpolitik, système de mesures interventionnistes telles que la législation du travail, la sécurité sociale, les positions prosyndicales, la taxation progressive, les tarifs protectionnistes, les cartels et le dumping[8].

Si l'on essaie de réfuter la critique dévastatrice faite par l'économie à l'encontre de la possibilité de tous ces projets interventionnistes, on est forcé de nier l'existence même – pour ne pas parler des prétentions épistémologiques – de la science économique ainsi que de la praxéologie. C'est ce qu'ont toujours fait les champions de l'autoritarisme, de l'omnipotence gouvernementale et des politiques de « bien-être ». Ils accusent l'économie d'être « abstraite » et préconisent un mode « expressif » (anschaulich) pour traiter des problèmes en jeu. Ils soulignent que les questions de ce domaine sont trop compliquées pour être décrites avec des formules et des théorèmes. Ils affirment que les diverses nations et les diverses races sont si différentes entre elles que leurs actions ne peuvent pas être comprises par une théorie uniforme: il faudrait autant de théories économiques qu'il y a de nations et de races. D'autres ajoutent que même au sein d'une même nation ou d'une même race, l'action économique est différente aux diverses époques de l'histoire. Ces objections et d'autres similaires, souvent incompatibles entre elles, sont avancées afin de discréditer l'économie en tant que telle.

          En fait, l'économie disparut totalement des universités de l'Empire allemand. Il resta un unique épigone de l'économie classique à l'Université de Bonn, Heinrich Dietzel, qui n'avait toutefois jamais réussi à comprendre ce que signifiait la théorie subjectiviste de la valeur. Dans toutes les autres universités les enseignants désiraient ridiculiser l'économie et les économistes. Il n'est pas nécessaire de s'étendre sur ce qui fut offert pour remplacer l'économie à Berlin, Munich et dans d'autres universités du Reich. Personne ne se soucie aujourd'hui de tout ce que purent écrire Gustav von Schmoller, Adolf Wagner, Lujo Brentano et de nombreux adeptes dans leurs volumineux livres et revues.

          L'importance politique des travaux de l'École historique consistait en réalité en ce qu'elle rendit l'Allemagne mûre pour des idées qui, une fois acceptées, rendirent populaires au sein du peuple allemand toutes ces politiques désastreuses qui se terminèrent par de grandes catastrophes. L'impérialisme agressif qui aboutit par deux fois à la guerre et à la défaite, l'inflation illimitée du début des années 1920, la Zwangswirtschaft (économie contrôlée) et toutes les horreurs du régime nazi furent accomplis par des politiciens ayant agi comme le leur avaient enseigné les champions de l'École historique.

          Schmoller, ses amis et ses disciples préconisaient ce qu'on a appelé le socialisme d'État, à savoir un système socialiste – planificateur – dans lequel la direction principale seraient aux mains de l'aristocratie des junkers. C'est ce type de socialisme que Bismarck et ses successeurs cherchaient à atteindre. La timide opposition qu'ils rencontrèrent de la part d'un petit groupe d'hommes d'affaires fut négligeable, non pas tant en raison du fait que ces opposants n'étaient pas nombreux que parce que leurs tentatives manquaient de support idéologique. Il ne restait plus de penseurs libéraux en Allemagne. La seule résistance qui fut offerte au parti du socialisme d'État vint du parti marxiste des sociaux-démocrates. Tout comme les socialistes de Schmoller – les socialistes de la chaire (Kathedersozialisten) – les marxistes prônaient le socialisme. La seule différence entre les deux groupes portait sur le choix de ceux qui devaient diriger le bureau suprême de planification: les junkers, les professeurs et la bureaucratie de la Prusse des Hohenzollern, ou les membres du comité directeur du Parti social-démocrate et des syndicats qui leurs étaient affiliés.

          Les seuls adversaires sérieux que l'École de Schmoller eut ainsi à combattre en Allemagne furent les marxistes. Dans cette controverse, ces derniers prirent rapidement le dessus. Car ils avaient au moins un corps de doctrine, aussi faux et contradictoire fût-il, alors que les enseignements de l'École historique constituaient plutôt la négation de toute théorie. À la recherche d'un minimum de soutien théorique, l'École de Schmoller commença petit à petit à emprunter au fonds intellectuel des marxistes. Pour finir, Schmoller avalisa lui-même en grande partie la doctrine marxiste de la lutte des classes et de l'imprégnation « idéologique » de toute réflexion par l'appartenance de classe du penseur. L'un de ses amis et collègues professeurs, Wilhelm Lexis, développa une théorie de l'intérêt qu'Engels décrivit comme paraphrase de la théorie marxiste de l'exploitation[9]. L'une des conséquences des écrits des champions de la Sozialpolitik fut que l'épithète « bourgeois » (bürgerlich) acquit dans la langue allemande une connotation chargée d'opprobre.

          La défaite cuisante de la Première Guerre mondiale fit voler en éclat le prestige des princes, aristocrates et bureaucrates allemands. Les adeptes de l'École historique et de la Sozialpolitik transférèrent leur loyauté à divers groupes dissidents, parmi lesquels le Parti national-socialiste ouvrier allemand, les nazis, finit par émerger.

          La ligne droite qui conduit des travaux de l'École historique au nazisme ne peut pas être montrée en esquissant l'évolution de l'un des fondateurs de cette école, car les protagonistes de l'époque de la querelle des méthodes moururent avant la défaite de 1918 et l'ascension d'Hitler. Mais la vie du personnage le plus important de la deuxième génération de cette école illustre toutes les phases de l'économie universitaire allemande dans la période séparant Bismarck d'Hitler.

          Werner Sombart était de loin le plus doué des étudiants de Schmoller. Il n'avait que vingt-cinq ans lorsque son maître, en pleine querelle des méthodes, lui confia le travail de faire la critique et d'anéantir le livre de Wieser,Der natürliche Wert. Le fidèle disciple condamna le livre comme « spécieux de bout en bout »[10]. Vingt ans plus tard, Sombart se vantait d'avoir consacré une bonne partie de sa vie à se battre pour Marx[11]. Quand la guerre éclata en 1914, Sombart publia un ouvrage, Händler und Helden (Marchands et héros)[12]. Dans celui-ci, il rejetait, dans une langue grossière et ordurière, tout ce qui était britannique ou anglo-saxon, mais par-dessus tout la philosophie et l'économie britanniques, comme manifestation d'une mentalité de sales intermédiaires. Après la guerre, Sombart révisa son livre sur le socialisme. Avant la guerre, neuf éditions en avaient été publiées[13]. Alors que les éditions d'avant-guerre faisaient l'éloge du marxisme, la dixième édition l'attaquait de manière fanatique, particulièrement en raison de son caractère « prolétarien » et de son manque de patriotisme et de nationalisme. Quelques années plus tard, Sombart essaya de réactualiser la querelle des méthodes avec un volume plein d'invectives à l'encontre des économistes dont il était incapable de comprendre la pensée[14]. Puis, quand les nazis prirent le pouvoir, il couronna une carrière littéraire de quarante-cinq ans par un livre sur le socialisme allemand. L'idée directrice de cet ouvrage était que le Führer prenait ses ordres auprès de Dieu, le Führer suprême de l'univers, et que le Führertum était une révélation permanente[15].

          Telle était la progression de l'économie universitaire allemande depuis la glorification par Schmoller des électeurs et des rois de Hohenzollern jusqu'à la canonisation d'Adolf Hitler par Sombart.
 

5. Le libéralisme des économistes autrichiens


          Platon rêvait d'un tyran bienveillant qui confierait au sage philosophe le pouvoir d'établir le système social parfait. Les Lumières ne mettaient pas leurs espoirs dans l'émergence plus ou moins accidentelle de dirigeants bien intentionnés et de sages prévoyants. Leur optimisme quant à l'avenir de l'humanité se fondait sur le double confiance en la bonté de l'homme et en son esprit rationnel. Par le passé, une minorité de scélérats – rois malhonnêtes, prêtres sacrilèges, nobles corrompus – étaient capables de faire le mal. Mais désormais – d'après la doctrine des Lumières – comme l'homme est devenu conscient du pouvoir de sa raison et un retour aux ténèbres et aux défauts des époques révolues n'est plus à craindre. Chaque nouvelle génération ajoutera quelque chose au bien accompli par ses ancêtres. L'humanité est ainsi à l'aube d'une marche continue vers une condition meilleure. Progresser régulièrement est la nature de l'homme. Il est inutile de se plaindre de la prétendue volupté perdue d'un âge d'or fabuleux. L'état idéal de la société est devant nous, pas derrière.

          La plupart des politiciens libéraux, progressistes et démocrates du dix-neuvième siècle préconisant le gouvernement représentatif et le suffrage universel étaient guidés par une solide confiance en l'infaillibilité de l'esprit rationnel de l'homme ordinaire. À leurs yeux, les majorités ne pouvaient pas se tromper. Les idées en provenance du peuple et approuvées par les électeurs ne pouvaient pas ne pas être bénéfiques à la communauté.

          Il est important de comprendre que les arguments en faveur du gouvernement représentatif mis en avant par le petit groupe des philosophes libéraux étaient assez différents et ne faisaient aucune référence à une prétendue infaillibilité des majorités. Hume avait souligné qu'un gouvernement se fonde toujours sur l'opinion publique. À long terme, l'opinion du plus grand nombre l'emporte toujours. Un gouvernement qui n'est pas soutenu par l'opinion de la majorité doit tôt ou tard perdre le pouvoir: s'il n'abdique pas, il est violemment renversé par la majorité. Les peuples ont en définitive le pouvoir de mettre à leur tête ceux qui sont disposés à diriger selon les principes que la majorité considère comme adéquats. Il n'existe pas sur le long terme de gouvernement impopulaire maintenant un système que le grand nombre condamne comme injuste. La justification du gouvernement représentatif n'est pas que les majorités sont semblables à Dieu et infaillibles; c'est la volonté de permettre par des méthodes pacifiques l'ajustement finalement inévitable du système politique et des hommes qui le dirigent à l'idéologie de la majorité. Les horreurs de la révolution et de la guerre civile peuvent être évitées si un gouvernement impopulaire peut être facilement délogé lors de l'élection suivante.

          Les libéraux authentiques étaient convaincus que l'économie de marché, seul système économique garantissant une amélioration continue du bien-être matériel de l'humanité, ne peut fonctionner que dans une atmosphère de paix non troublée. Ils prônaient un gouvernement de représentants élus par le peuple parce qu'ils considéraient comme certain que seul ce système préserverait durablement la paix à la fois à l'intérieur du pays et dans les affaires internationales.

          Ce qui séparait ces vrais libéraux des radicaux autoproclamés et partisans du culte aveugle de la majorité, c'était qu'ils fondaient leur optimisme quant à l'avenir de l'humanité non pas sur la confiance mystique en l'infaillibilité des majorités mais sur la conviction que le pouvoir d'un argument logique solide est irrésistible. Il voyaient bien que les hommes ordinaires, dans leur immense majorité, étaient à la fois trop obtus et trop nonchalants pour suivre et comprendre de longues chaînes de raisonnement. Mais ils espéraient que ces masses, précisément en raison de leur mentalité obtuse et nonchalante, ne pourraient pas s'empêcher de souscrire aux idées que les intellectuels leur apporteraient. Du jugement correct d'une minorité cultivée et de sa capacité à persuader la majorité, les grands leaders du mouvement libéral du dix-neuvième siècle attendaient une amélioration continue des affaires humaines.

          Il y avait à cet égard un accord total entre Carl Menger et ses deux partisans les plus anciens, Wieser et Böhm-Bawerk. Dans les papiers non publiés de Menger, le professeur Hayek a découvert une note qui dit: « Il n'y a pas de meilleur moyen pour démontrer l'absurdité d'un mode de raisonnement que de le laisser suivre son cours jusqu'au bout. » Les trois économistes aimaient se référer à l'argument de Spinoza figurant dans le premier livre de son Éthique, qui se termine par la fameuse formule: « Sane sicut lux se ipsam et tenebras manifestat, sic veritas norma sui et falsi » [« En réalité, tout comme la lumière se définit elle-même et définit les ténèbres, la vérité représente sa propre norme et celle de la fausseté »]. Ils regardaient avec calme la propagande véhémente à la fois de l'École historique et du marxisme. Ils étaient pleinement convaincus que les dogmes logiquement indéfendables de ces factions seraient en fin de compte rejetés par tous les hommes raisonnables précisément en raison de leur absurdité, et que les masses des hommes ordinaires suivraient nécessairement l'exemple des intellectuels[16].

          La sagesse de ce mode de raisonnement doit se voir dans le soin mis à éviter la pratique populaire de jouer la carte d'une prétendue psychologie contre le raisonnement logique. Il est vrai que les erreurs de raisonnement sont souvent causées par la prédisposition des individus à préférer une conclusion erronée à une conclusion correcte. Il y a même une foule de gens que leurs affections empêchent tout simplement de raisonner sereinement. Mais il y a un long chemin entre l'établissement de ces faits et les doctrines enseignées ces derniers temps sous le nom de « sociologie de la connaissance ». La pensée et le raisonnement humains, la science et la technique humaines sont les produits d'un processus social dans la mesure où le penseur individuel se trouve face à la fois aux réussites et aux erreurs de ses prédécesseurs et entretient avec eux une discussion virtuelle en les approuvant ou en les désapprouvant. Il est possible pour l'histoire des idées de rendre compréhensibles les erreurs d'un individu tout comme ses exploits en analysant les conditions dans lesquelles il vivait et travaillait. Ce n'est qu'en ce sens qu'il est acceptable de se référer à ce qu'on appelle l'esprit d'une époque, d'une nation, d'un milieu. Mais c'est un raisonnement circulaire si l'on essaie d'expliquer l'émergence d'une idée, encore plus de la justifier, en se référant à l'environnement de son auteur. Les idées surgissent toujours de l'esprit d'un individu et l'histoire ne peut pas dire plus sur elles que le fait qu'elles sont nées à un moment donné chez un individu précis. Il n'y a pas d'autre excuse à la pensée erronée d'un homme que celle qu'un gouvernement autrichien énonça à propos du cas d'un général vaincu: personne n'est responsable du fait de ne pas être un génie. La psychologie peut nous aider à expliquer pourquoi un homme s'est trompé dans son raisonnement. Mais aucune explication ne peut convertir cette erreur en vérité.

          Les économistes autrichiens rejetaient sans réserve le relativisme logique sous-entendu dans les enseignements de l'École historique prussienne ou allemande. En réponse aux déclarations de Schmoller et de ses partisans, ils maintenaient qu'il existait un corpus de théorèmes économiques valables pour toute action humaine, indépendamment de tout lieu et de toute époque, des caractéristiques nationales et raciales des agents, ainsi que des idéologies religieuses, philosophiques et éthiques.

          On ne peut pas surestimer la grandeur du service que ces trois économistes autrichiens ont rendu en défendant la cause de l'économie contre la critique creuse de l'historicisme. Ils ne déduisirent de leurs convictions épistémologiques aucun optimisme concernant l'évolution future de l'humanité. Quoi que l'on puisse dire en faveur de la pensée logique et correcte, cela ne prouve pas que les générations à venir surpasseront leurs aïeux dans leurs efforts et réussites intellectuels. L'histoire montre que des périodes de fabuleuses réalisations mentales furent à maintes et maintes reprises suivies de périodes de déclin et de retour en arrière. Nous ne savons pas si la génération suivante engendrera des individus capables de prendre la suite des génies qui ont rendu les derniers siècles si glorieux. Nous ne savons rien quant aux conditions biologiques qui permettent à un homme de faire un pas en avant dans la marche du progrès intellectuel. Nous ne pouvons pas écarter l'hypothèse qu'il y ait des limites à l'ascension intellectuelle future de l'homme. Et nous ne savons certainement pas s'il n'existe pas dans cette ascension un point au-delà duquel les leaders intellectuels ne réussiront plus à convaincre les masses et à leur faire suivre leur exemple.

          La conclusion tirée de ces prémisses par les économistes autrichiens était que, s'il était du devoir d'un esprit pionnier de faire tout ce que ses facultés lui permettent de réaliser, il ne lui incombe pas de faire de la propagande en faveur de ses idées, encore moins d'utiliser des méthodes douteuses afin de rendre ses réflexions acceptables au peuple. Ils ne se souciaient pas de la circulation de leurs écrits. Menger ne publia pas de deuxième édition de ses fameux Grundsätze, bien que le livre fut depuis longtemps épuisé, que des exemplaires d'occasion étaient vendus à des prix élevés et que l'éditeur le pressait sans cesse d'accepter.

          La principale et unique préoccupation des économistes autrichiens était de contribuer au progrès de l'économie. Ils n'essayèrent jamais de gagner le soutien de quiconque par des moyens autres que les pouvoirs de persuasion développés dans leurs livres et leurs articles. Ils regardaient avec indifférence le fait que les universités des pays de langue allemande, et même de nombreuses universités autrichiennes, étaient hostiles à l'économie en tant que telle et encore plus aux nouvelles doctrines économiques du subjectivisme.


5. Cf. Arthur Burns, The Frontiers of Economic Knowledge (Princeton University Press, 1954), p. 189.
6. Plus tard, des arguments similaires furent employés pour discréditer le pragmatisme. La maxime de William James selon laquelle la méthode pragmatique vise à faire ressortir de chaque mot « sa valeur sonnante et trébuchante » (Pragmatism, 1907, p. 53) fut citée pour caractériser la bassesse de la « philosophie du dollar ».
7. Le Reich lui-même ne possédait et ne dirigeait que l'Université de Strasbourg. Les trois cités-républiques allemandes n'avaient à cette époque pas d'université.

8. Cf. Mises, Omipotent Government [Le gouvernement omnipotent] (Yale University Press, 1944 et éditions ultérieures), pp. 149 et suivantes.

9. Cf. l'analyse plus détaillée figurant dans Mises, Kritik des Interventionismus (Iéna, 1929), pp. 92 et suivantes.

10. Cf. le Jahrbuch de Schmoller, vol. 13 (1889), pp. 1488-1490.

11. Cf. Sombart, Das Lebenswerk von Karl Marx (Iéna, 1909), p. 3.

12. Cf. Sombart, Händler und Helden (Munich, 1915).

13. Cf. Sombart, Der proletarische Sozialismus, 10ème éd. (Iéna, 1924)., 2 vol.

14. Cf. Sombart, Die drei Nationalökonomien (Munich, 1930).

15. Cf. Sombart, Deustcher Sozialismus (Charlottenburg, 1934), p. 213. (Dans l'édition américaine: A New Social Philosophy, traduite et éditée par K.F. Geiser, Princeton, 1937, p. 149). Les écrits de Sombart furent appréciés à l'étranger. Ainsi, par exemple, il fut élu en 1929 comme membre honoraire de l'American Economic Association.

16. Il est nécessaire d'ajouter que Menger, Böhm-Bawerk et Wieser regardaient avec le plus grand pessimisme l'avenir politique de l'Empire autrichien. Mais ce problème ne peut pas être traité dans cet essai.
 

 

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Ludwig von Mises (1881 - 1973) est un économiste majeur de l'école autrichienne d'économie. Il expose dans son magnum opus, L'Action humaine, les positions épistémologiques et méthodologiques qui caractérisent l'école autrichienne : conception subjective de la valeur, individualisme méthodologique et praxéologie. Son nom reste également attaché à la critique théorique du socialisme, que Mises considère voué irrémédiablement à l'échec en raison de l'absence des mécanismes de fixation des prix par le marché. Friedrich Hayek, Murray Rothbard et Israel Kirzner comptent parmi ses élèves les plus éminents.
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