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Les fabricants automobiles s’opposent à la « googlisation » de leurs produits

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Publié le 16 janvier 2015
1207 mots - Temps de lecture : 3 - 4 minutes
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Rubrique : Editoriaux

« Nous déballons le plus beau cadeau que nous aurions jamais pu imaginer », s’est exclamé Google lors de l’inauguration de son premier prototype de voiture sans chauffeur. Il s’agit encore d’un prototype. Mais il a des phares, et tout le reste ! Celui que Google avait présenté en mai dernier n’était qu’une maquette sans équipements de ce genre.

Et pendant que le reste d’entre nous s’adonnera à ce que tout un chacun fait en période de vacances, les employés de Google seront chargés de faire rouler la voiture sur leur circuit d’essai. Ils espèrent la voir rouler sur les routes du nord de la Californie dès le début de l’année.

Nous n’avons que très peu de chances de voir Google devenir un concessionnaire automobile. Google est une compagnie de l’ère de l’information. Son rôle est de vendre des annonces publicitaires et les informations privées qu’elle collecte de diverses manières concernant tout et tout le monde. Elle travaille donc à installer son système d’exploitation et les services qui lui sont associés aux voitures sans chauffeur d’autres fabricants automobiles. Et tous s’y trempent. Ils ont déjà de vraies voitures. Tout ce qui leur reste à faire serait de mettre le système en place. Une tâche facile. Un peu comme faire conduire mémé d’un bout à l’autre de la ville sans écraser personne.

Mais ces voitures ne seront pas prêtes avant plusieurs années. Nos spécialistes des plaintes pour dommages corporels ne savent pas encore comment gérer les accidents qui impliqueraient des voitures sans chauffeur. Et la loi a besoin de déterminer qui en paierait les frais. Google tente de mettre le pied dans la porte en incorporant dans un premier temps son système Android de collecte de données aux voitures de tous les jours.

Google, comme son grand rival Apple, a fait alliance depuis un certain temps avec les fabricants automobiles. Il y a un an, la société annonçait un partenariat avec Audi en vue de construire un tableau de bord et un système audio Android. Six mois plus tard, Apple annonçait un partenariat avec GM, BMW, Mercedes-Benz et Honda en vue de développer un tableau de bord iOS. Pour que ces systèmes puissent fonctionner, leur utilisateur doit les connecter à un smartphone.

Mais le système d’exploitation nouvelle génération de Google, Android M, utilisera le processeur de la voiture et ira bien au-delà du système de tableaux de bord, a rapporté Reuters. Il sera connecté à internet à tout instant et ne nécessitera pas l’utilisation d’un smartphone. Il pourra être vendu en option et gérer les systèmes audio et de navigation. Voilà qui offrirait à Google un accès illimité aux caméras de chaque voiture, à leur localisation GPS, à leur niveau d’essence, leur compteur de vitesse… Allez-vous encore une fois trop vite en zone 30 ?

Google pourrait savoir où vous allez, où vous vous arrêtez, où vous refaites le plein, où vous prenez des passagers, et qui ils sont (leurs smartphones voyagent avec vous). Il y aurait également un système de communication entre voitures, que vous le vouliez ou non. Google aurait donc accès à toutes les données vous concernant.

Les possibilités pour la société de vendre des annonces publicitaires à toutes sortes d’agences seraient infinies. Google, et non les fabricants automobiles, monétiseraient l’automobile. Google viendrait se glisser entre vous et votre voiture.

Voici ce que Google nous en dit : sa voiture réduirait les accidents, diminuerait les émissions de gaz à effets de serre en transportant ses passagers sur les routes les plus efficaces à emprunter, et permettrait aux villes de réduire leurs emplacements de parking. C’est ce que nous a expliqué Jens Redmer, directeur de développement Google pour l’Europe, le Proche Orient et l’Afrique, bien qu’il ait ajouté que cela implique le partage de données avec les fabricants automobiles.

A chaque fois qu’un conducteur aura besoin d’un service quelconque, Google pourra en bénéficier, et non le fabricant automobile. Vous pourriez conduire une BMW, mais Google serait responsable de votre expérience au volant. La différenciation entre les marques et les produits se trouverait diluée. Il n’y aurait pas de grande différence entre conduire une BMW ou une GM, puisque les options qu’utiliseraient les automobilistes ne seraient ni des options BMW ni des options GM, mais des fonctions Google. L’industrie se rapprocherait encore de la marchandisation des voitures, où la seule chose qui les différencie est leur prix. L’industrie tomberait à genoux.

Pour Google et Apple, une voiture n’est qu’un appareil mobile – un moyen d’élargir la portée de leurs systèmes d’exploitations et services. Mais les fabricants automobiles ne voient pas la chose du même œil. En Allemagne, l’industrie automobile est l’un des secteurs les plus cruciaux, puisqu’il implique des milliers de petites et moyennes entreprises qui dépendent des marques automobiles de luxe qui dominent le monde en matière de standards.

Les politiciens allemands s’en sont mêlés, et ont tenté d’empêcher la « googlisation » du sacrosaint produit de fabrication allemande. Ils ne veulent pas voir Google obtenir un autre monopole, celui des systèmes d’exploitation automobiles.

Le ministre allemand de l’économie et de l’énergie, Sigmar Gabriel, a déclaré au directeur de Google, Eric Schmidt, en octobre dernier que l’Union européenne désirait construire sa propre « architecture de données ».

Une déclaration de principe rédigée par le parti d’Angela Merkel, le CDU, précise que « bientôt, la performance des systèmes automobiles digitaux jouera un rôle important dans les décisions d’achat des consommateurs, au même titre que la marque de fabrication des automobiles ». Ce passage à une conduite améliorée par l’internet « offre un immense potentiel aux fabricants et fournisseurs allemands ».

« Nous ne devons sous aucune circonstance laisser notre développement dépendre de sociétés comme Google », a décrété Joachim Pfeiffer, porte-parole du bloc parlementaire du CDU pour les politiques économiques et énergétiques.

Tous perçoivent l’immense potentiel de la génération de données par la conduite. Ce pour quoi ils se battent, c’est la monétisation de cette idée. Et selon Bloomberg, les fabricants automobiles allemands tombent d’accord :

« Les données que nous recueillons sont les nôtres et non celles de Google », a déclaré Rupert Stadler, de chez Audi. Le directeur de Volkswagen, Martin Winterkorn, et le directeur de Daimler, Dieter Zetsche, sont aussi d’accord. « Personne ne touchera à nos systèmes d’exploitation ».

La bataille est donc déclarée entre Google et les fabricants automobiles quant à savoir qui contrôlera vos données personnelles pour les combiner à d’autres, les analyser, les archiver indéfiniment, les distribuer ou les vendre, vous manipuler ou vous pourchasser. Vos données seront monétisées autant que possible. Elles seront partagées, volontairement ou non, avec les gouvernements. Et elles seront –ainsi que votre voiture – la proie des pirates informatiques.

Pour les politiciens et les fabricants automobiles allemands, cette collecte de données excède tout ce que la NSA a pu imaginer et représente une immense opportunité. Le contrôle de ces données en vaut la chandelle. Mais nous savons déjà qui ne possèdera plus nos données : nous-mêmes. Pas question de discuter.

L’internet arrive partout. Dans nos frigos, dans nos réveils, dans nos portes de garage, nos thermostats, nos toilettes… Mais au-delà du battage publicitaire, leur objectif devient clair. Lisez ceci : Goal of Booming ‘Internet of Things': Monitoring, Sensing, Remote Control – Workers First, You Next

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Le système Android étant ouvert je ne vois pas en quoi Google pourrait prétendre à capter quelques données que ce soit ! Tout au contraire ce sont les États qui auront beau jeu après la main-mise sur une ou des variantes Android "propriétaire-propriété d’État" de collecter toutes données y compris sensibles !
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Le système Android étant ouvert je ne vois pas en quoi Google pourrait prétendre à capter quelques données que ce soit ! Tout au contraire ce sont les États qui auront beau jeu après la main-mise sur une ou des variantes Android "propriétaire-propriété d  Lire la suite
zelectron - 16/01/2015 à 15:13 GMT
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