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Cours Or & Argent en

Les Français contre l’idée d’un revenu universel…

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Publié le 04 novembre 2016
1578 mots - Temps de lecture : 3 - 6 minutes
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Rubrique : Editoriaux

Le chômage est devenu endémique, pour ne pas dire « épidémique », ce qui provoque des réactions épidermiques, qui sont rarement bonnes conseillères, mâtinées d’une once (copieuse) de démagogie.

Du coup, on voit fleurir de plus en plus d’hommes politiques en mal de popularité proposer le « revenu de vie », le « revenu universel », le « revenu de base », avec pour tous, au-delà des appellations « marketing », le même concept, à savoir être payé à ne rien faire !!

Bonne idée ? Mauvaise idée ? Sur ce sujet-là, il va être très difficile de répondre par oui ou par non car le débat et la situation sont complexes. Essayons ensemble de réfléchir à ce sujet en dehors de tout prisme idéologique, ce qui est terriblement difficile pour chacune et chacun de nous, moi le premier !!

Face au chômage, le même échec partout dans le monde !

Oui, partout. Que vous soyez au Royaume-Uni, aux USA, en France ou en Espagne, le constat est le même. Cruel. Le chômage monte. La population sans emploi s’accroît.

Alors ici, on nous dit qu’il faut plus de socialisme quand la dépense publique est équivalente à 57 % du PIB, ce qui revient à dire que l’État ponctionne presque 60 % de toute création de richesse.

Aux USA, on vous dira qu’il faut encore plus de libéralisme et de flexibilité… Bref, en fait on s’en fiche, quel que soit le système, la réalité c’est que rien ne marche contre le chômage et que cela marchera de moins en moins parce que partout, ce qui explique le chômage mais qui est nié aussi bien par les économistes que par les politiques tient en 3 facteurs :

– la mondialisation qui consiste à faire produire là-bas à bas coût pour vendre ici à haut-prix ;

– la robotisation/mécanisation qui n’est pas nouvelle mais exponentielle et qui, au fur et à mesure que nos capacités techniques progressent, remplacent de plus en plus d’emplois ;

– l’informatisation qui n’a pas encore donné, loin de là, toutes ses capacités destructrices d’emplois.

Enfin, tous ces éléments rentrant en résonnance, ils s’accumulent et créent des possibilités inégalées dans l’histoire humaine. Les camions automatiques et sans chauffeur, à mi-chemin entre les robots intelligents et l’informatique bardée de capteurs, en sont l’illustration parfaite.

Face à ça, il n’y a aucune réponse, uniquement l’inéluctable obsolescence du travail humain !

Et c’est parce qu’il n’y a aucune réponse que certains proposent le revenu universel.

Aussi séduisant soit-il, il est, à mon sens, une chimère économique très dangereuse, ce qui ne veut pas dire qu’il ne va pas falloir trouver des solutions.

Pourquoi ? Parce qu’il implique effectivement une forme d’assistanat ou plus précisément le fait de ne pas travailler. Or travailler c’est avant tout créer de la richesse. Si personne ne travaille, il n’y aura, assez rapidement, plus aucune création de richesse et donc plus grand-chose ni à taxer ni à partager.

Vous me direz alors, « oui mais les robots vont travailler à notre place… et se charger de produire de la richesse ». Sauf que cela impliquerait que les robots produisent tout de manière totalement autonome et assurent les évolutions, les inventions, et la progression.

S’ils ne le faisaient pas, cela voudrait dire que le monde ne changerait plus, qu’il n’y aurait plus d’évolution, ce serait la fin des temps en quelques sortes.

Ou alors, cela impliquerait que l’essentiel des masses serait juste en train de survivre avec un salaire de misère de type minima sociaux comme c’est le cas actuellement tandis qu’une petite minorité aurait tout et encore plus. C’est d’ailleurs plutôt ce vers quoi nous allons et ce à quoi nous assistons.

Dans un tel cas, le revenu de base n’est là que pour faire de nous tous des assistés benêts, silencieux, obéissants et attendant leur pitance quotidienne bien sagement lobotomisés par les « télécrans » à la Orwell.

Les Français sont sceptiques.

D’après cet article du Figaro, « le revenu universel ne serait ni une « bonne » ni une « juste » mesure pour une majorité de Français, qui estiment qu’il créerait une société d' »assistés », selon un sondage Odoxa publié jeudi, réalisé pour BFM Business, Challenges et Aviva assurances. À la question « que pensez-vous du revenu universel, qui consisterait à attribuer à tous les Français, sans condition de ressource et qu’ils travaillent ou non un revenu à vie compris entre 500 et 1 000 euros par mois », 59 % estiment que ce ne serait pas une « bonne » mesure, 62 % qu’elle ne serait pas « juste » et 67 % pas « réaliste ».

Pour 64 % des personnes interrogées, le revenu universel à vie « créerait une société d’assistés ». Et 62 % jugent que cette mesure éventuelle aurait un coût « exorbitant » pour la société. Cette mesure, sur la table de plusieurs candidats à la présidentielle à gauche et à droite, mais sous des formes diverses, est perçue par 60 % des Français comme provenant de la gauche, selon ce sondage.

64 % des personnes interrogées considèrent qu’une telle mesure « incitera les Français à ne plus travailler et à se contenter de leur revenu universel ». Parallèlement, 85 % pensent qu’eux-mêmes travailleront « tout de même pour gagner plus d’argent parce qu’ils ne s’imaginent pas ne pas travailler »…

Bon ce sondage est plutôt de provenance libérale, mais pourtant je pense qu’il est relativement juste, car pour tous, il est inconcevable de gagner de l’argent à ne rien faire, d’être payé pour ne pas travailler, bref, ce « paradis » ressemble plus à l’enfer communiste qui ne fait envie à pas grand monde et certainement pas aux générations comme la mienne qui ont vécu même jeune l’effondrement du mur de Berlin et vu la défaite de l’idéologie communiste dans les faits.

L’absence d’incitations positives produit inévitablement un appauvrissement généralisé ; peu importe vos bons sentiments ou votre générosité, si tout se vaut alors plus rien n’a de valeur…

Il va donc falloir trouver autre chose que le revenu de base qui ne sera donc au mieux qu’un RSA nouvelle formule, au pire, l’avènement d’une nouvelle société collectiviste qui finira elle aussi dans les affres de l’histoire.

Pour trouver la solution, il faut donc se demander quel est le problème et le problème c’est la création de richesse et sa répartition.

Qui crée la richesse et comment va-t-on la répartir ? Doit-on faire évoluer notre conception de la création de richesse ? Doit-on surtout poursuivre dans ce modèle d’hyperconsommation où il est évident que l’homme devient obsolète ou penser au contraire un monde différent où l’on va se réapproprier nos territoires, réduire notre empreinte environnementale, utiliser les technologies pour l’homme et pour la planète et aussi pour aller dans l’espace, vers de nouveaux horizons ?

Bref, nous sommes à un moment charnière de notre histoire. Produire sans cesse plus n’a aucun intérêt et nous sommes en train de nous autodétruire. Ce n’est donc pas le revenu de base qu’il faut penser, c’est la société toute entière qu’il faut réinventer à commencer par notre rôle à tous.

Nous quittons ici le champ pur de l’économie pour rentrer dans celui de la philosophie et de la Politique avec un grand P. Nous avons besoin d’un projet collectif, d’une vision de notre futur et d’un chemin pour nous y rendre. C’est cette absence qui fait cruellement défaut à nos sociétés et à notre civilisation.

Un autre monde est non seulement possible mais surtout souhaitable. Et c’est tous les postulats et les paradigmes qu’il faut changer. La production n’a tout simplement plus de valeur, et d’ailleurs même la valeur d’usage ne nous apporte plus aucun plaisir.

L’erreur est de vouloir panser le système ancien et d’oublier de penser un système nouveau. La solution c’est notre imagination.

Imaginez un monde où nous mettrions, Russes comme Américains, tout notre argent pour conquérir l’espace et ses ressources plutôt qu’à dépenser comme les USA 900 milliards de dollars par an dans leurs guerres !

Imaginez un monde où tous les produits seraient éco-conçus ?

Imaginez un monde où le savoir et la connaissance seraient la vertu la plus élevée et sans réforme de l’orthographe à la « bachibouzouk et mille milliards de mille sabords » qui ne vise qu’un nivellement terrible vers le bas, alors que la connaissance EST notre avenir. N’oubliez pas que la connaissance est un jeu à somme positive. Si vous me vendez quelque chose à 10 euros, alors je m’appauvris de 10 euros. Si vous partagez une connaissance avec moi, je l’ai toujours et vous aussi !!

Imaginez un monde où les villes reculeraient, où elles seraient sans pollution ou presque !

Imaginez une agriculture totalement nouvelle nécessitant soit dit en passant beaucoup plus d’intervention humaine !

Imaginez la technologie, le savoir, la connaissance au service de l’humain et de la planète pour un développement harmonieux…

Ce n’est là que quelques exemples ! Nous pourrions parfaitement tout redéfinir et changer de cadre.

Ce qui est certain c’est qu’il n’y a aucune fatalité.

Ce qui est certain c’est que notre système productiviste actuel est à bout de souffle et insoutenable.

Ce qui est certain c’est que nous n’imaginerons rien avant qu’il ne se soit effondré car personne ne veut abandonner ses petits privilèges et autres rentes.

Ce qui est certain, c’est que nous connaîtrons probablement le chaos avant d’entamer une nouvelle renaissance.

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

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Charles Sannat est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires Il a exercé les fonction de directeur des études économiques de la société Aucoffre.com de 2012 à 2015, et créé le Contrarien Matin un site de « décryptage quotidien, sans concession, humoristique et sarcastique de l’actualité économique ». Il a fondé en Septembre 2015 le site Insolentiae.com et se consacre depuis pleinement à ce nouveau projet éditorial.
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Mon "petit garagiste" a eu un stagiaire il y a qqs temps déjà qui n'est venu effectuer que le lundi matin et le vendredi après-midi de sa semaine de stage. Le vendredi am parce que son prof passait chez l'artisan. Ce garçon de 17 ans a été très clair: "Mes parents sont au chômage tous les deux, ils gagnent très bien leur vie comme ça, je ne vois pas pourquoi j'irai travailler."
Je n'invente rien, ça existe.
Que vive la France!
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"Le travail est l'aliment des âmes nobles."
Sénèque. Philosophe et homme d'état Romain. 4avt JC/65ap JC.
Et voilà où en sommes avec cet génération "mes sont au chômage y a pas de problèmes, les autres (contribuable)ils vont travaillé pour moi et je les en***de" halala quel beau progré que nous avons réalisés
Je viens de perdre mon commentaire, alors je vais être plus direct.
Un Revenu universel de 500 € par mois à 39 millions de foyers fiscaux, cela représente une dépense annuelle de 234 Milliards d'euros. C'est la première question que doit se poser un économiste avant d'aborder un tel sujet.
Nous savons que de cette somme devront être déduites des allocations du type RSA etc
La deuxième question que nous connaissons tous est comment financer une telle dépense ? L'Etat a deux moyens l'impôt et la dette. L'impôt sur le revenu 2016 est de l'ordre de 72 milliards (prévision loi de finances 2017), alors que cette loi de finances prévoit que seuls 46 % des Français payeront cet impôt. Pour la dette, c'est le même principe que l’impôt mais en pire, car le contribuable s’appelle en l’état primaire un épargnant qui va confier son épargne à l’état et lui exiger un taux d’intérêt qui sera payé finalement par le contribuable qu’il est ! J’ai bien du mal à suivre l’épargnant-contribuable-français dans cette phase (mais ça marche depuis tellement longtemps que je suis stupéfait), en raisonnement flat cela voudrait dire que l’état va prélever annuellement de l’ordre de 24 milliards d’euros (taux d’emprunt à 1 %) dans la poche du contribuable français pour financer une telle mesure. Il faut arrêter le délire du revenu universel ?
Le problème évoqué dans l’article et dans d’autres précédemment du même auteur est l’absence de vue pour créer des emplois qui nous dit-il ne seront pas au rendez-vous.
On va déjà éliminer le problème de la substitution de la robotique-informatique-numérique, car si la substitution des machines dans la production à l’être humain se dessine il faudra bien écouler la production, sinon pourquoi ? Je pense pour ma part, pour avoir été entrepreneur toute ma vie, que l’état doit cesser de vouloir créer des emplois sans d’ailleurs savoir lesquels (écouter donc les prétendants à l’élection présidentielle vous serez tout de suite édifier) et parallèlement taxer les créateurs de richesses et in fine d’emplois. Laisser les entrepreneurs entreprendre, ils savent mieux le faire que quiconque car depuis 40 ans que la France subit des plans pour l’emploi cela ne marche pas. A chacun selon ses compétences et comme les politiciens n’en ont aucune sinon que de mentir…
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@ Claude F.
Effectivement. Ce n'est pas à l'état de créer des emplois mais à l'individu de base de créer son propre job et d'embaucher un voisin ou le beau-frère. Moins il y a d'état, mieux le pays se porte. Chacun ses compétences.
Le malheur de c'est que personne n'a expliqué à nos politiques qu'ils ne servent à rien sauf à nous mettre dans la m****. Tous les plans d'embauche etc qu'ils ont créés et qui ont systématiquement foiré n'ont été que des paravents pour justifier leur places.
Verser 500 à 24 millions de foyers coûte, en moyenne, 500 à chaque foyer. Tout simple. L'Etat n'a d'autre ressources que les poches de ses "protégés".
Sauf à vendre les bijoux de famille aux multinationales apatrides, dans ce cas on peut effectivement se chauffer deux hivers.
Comme dirait ma mère-grand le revenu universel c'est donner de la confiture aux cochons...
mais on doit par ailleurs assurer les soins & l'éducation vraiment gratuitement, ainsi que la nourrriture & un hébergement de base à tous les Français qui en ont le besoin. Ce qui est très loin d'être le cas actuellement... Ce sera financièrement possible quand la France cessera de théoriser sur ce qui devrait être fait dans les autres pays, surtout les dictatures lointaines qui ne nous ont jamais rien fait ni demandé, vers qui on exporte notre concept de pseudo-démocratie, à base de tapis de bombes et autres ingérences ruineuses. De plus ça nous éviterait de devoir accueillir leurs migrants & leurs terroristes...
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Bonjour,

désolé de vous contredire, mais je penses que si vous posez la bonne question, je différe légérement sur la réponse.
Il est probable que la production de biens et de services répétitif va descendre à 5-7% de la population active pour encadrer les robots, mettre les chaines en place et faire des améliorations.
Par contre le besoin de personnes plus qualifiées pour créer des amélioration techniques va inciter à se reformer durant la vie, il va y avoir un immense marché de la formation continue et la carrière se fera probablement de 25 à 80 ans mais avec des années d'interruption pour reformation, elever ses enfants, et propbablement se ressourcer. C'est cela qu'il faut rendre viable en permettant à chacun de lisser ses revennus durant sa vie.
La recherche doit devennir un gros secteur probablement au sein de boîtes de consulting ou de machines outils qui ensuite s'en servirons ensuite comme argument de vente vers le secteur matériel.
La formation va exploser.
Le secteur du vivre ensemble devrait aussi connaitre un boom (Pas laisser des gens hors marché et apporter du support)

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À tite collectif, on peut rebondir.
Mais à titre individuel, on ne sait pas traverser une transition d'une ou deux générations. Surtout si les tortures matérielles freinent la natalité.
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