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Les implications générales du subjectivisme en économie

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Extrait des Archives : publié le 25 avril 2012
3225 mots - Temps de lecture : 8 - 12 minutes
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Chapitre 4 de What Should Economics Do ?(1979, Liberty Press, Indianapolis)

 

Ce chapitre a été initialement présenté lors d’un discours à la conférence sur l’économie subjectiviste, à Dallas, au Texas, en décembre 1976.

 

J’ai souvent dit que les "Autrichiens" semblaient, pour une raison ou pour une autre, avoir plus de succès à communiquer aux étudiants le principe central de l’économie, comparés aux autres écoles, enclaves ou approches. Ce thème comporte deux éléments. D’abord, j’ai soutenu que notre plus important rôle social était celui d’enseigner aux étudiants, plutôt que de servir d’ingénieurs sociaux de substitution. Par ailleurs, mon hypothèse dépend, bien entendu, d’une définition de ce en quoi consiste exactement le principe central le plus important de l’économie. Et ma position est bien claire à ce sujet. Le principe qu’une présentation de l’économie devrait transmettre est celui de la coordination spontanée à laquelle parvient le marché. Le principe central de l’économie n’est pas le processus permettant de faire des économies. Ce n’est pas non plus la maximisation de fonctions objectives soumises à des contraintes : une fois que l’on s’est méthodologiquement enfermé dans le paradigme de maximisation, l’économie devient des mathématiques appliquées ou de l’ingénierie.

 

A ce sujet, laissez-moi vous racontez une histoire. J’ai récemment discuté avec un éminent économiste, qui signalait qu’un de ses collègues avait dit avoir eu plusieurs conversations avec Jimmy Carter, alors candidat à la présidence. Ce collègue lui avait transmis son idée selon laquelle Carter était un "bon analyste des systèmes," et mon ami avait ajouté, plus ou moins après coup, et "par conséquent, un bon économiste." Je lui avais rapidement et très énergiquement répliqué, en disant que rien ne pouvait être plus éloigné du "point de vue économique," convenablement interprété, que celui d’un analyste des systèmes. Ma grande crainte à propos de Carter est justement qu’il est, en réalité, un bon analyste des systèmes sans la plus faible compréhension du principe de l’ordre spontané. Je dois ajouter, au crédit de mon ami, que, lorsque je lui ai fait remarquer ce point, il considéra immédiatement ma distinction comme pertinente. Mais, à mon avis, il faut considérer comme un indice du degré élevé de dégradation auquel notre discipline est parvenue, le fait que nous puissions si rapidement et si naturellement glisser vers le paradigme maximiser.

 

Ou peut-être que "l’économie" doit-elle rester dans ce paradigme. On pourrait offrir des arguments à ce sujet sur des bases étymologiques. Je devrais peut-être suggérer ici que nous avons besoin d’étudier et de promulguer quelque chose d’autre que "l’économie."

 

Mais assez de méthodologie générale, bien que je ne vais pas m’en éloigner beaucoup de toute façon. Pour revenir plus précisément à l’économie subjectiviste," mon hypothèse est que ce type de théorie économique doit favoriser une meilleure compréhension de la coordination spontanée. J’ai néanmoins besoin de soutenir cette hypothèse par une argumentation convaincante. Pourquoi le subjectiviste apprend-il et accepte-t-il le principe de l’ordre spontané plus facilement que l’objectiviste ? C’est parce que ce qu’il cherche à expliquer et à comprendre est différent. Le subjectiviste n’essaie pas d’expliquer, de façon positive ou normative, l’allocation des ressources rares parmi les différents usages possibles. Son objet n’est pas non plus décrit de façon adéquate comme une théorie des prix. Ce qu’il cherche à expliquer, c’est l’échange, conçu au sens le plus large. Sa théorie est une "théorie de l’échange," comme je l’ai soutenu à plusieurs reprises, mais une théorie de l’échange de tout ce que les personnes évaluent. Les aspects positifs de cette théorie prennent la forme de prédictions sur les propriétés des positions d’équilibre, potentiellement observables, au point de vue du comportement, au travers de l’échange entre les parties. Le subjectiviste prédit aussi, à nouveau de manière positive, que les interférences avec le commerce ou l’échange doivent créer des occasions d’échanger qui resteront non consommées, et que l’existence de telles occasions doit nécessairement se refléter dans des problèmes de mise en application. Le subjectiviste n’est pas prêt à accepter ce qui est peut-être le sophisme le plus sophistiqué de la théorie économique, à savoir la notion selon laquelle, parce que certaines relations sont valables à l’équilibre, les interférences forcées destinées à implanter ces relations seraient en fait désirables. Dans des exemples de ce sophisme comme "salaire égal pour travail égal," même l’une des étoiles du firmament subjectiviste, le professeur Hayek, a perdu son chemin.

 

Mais laissez-moi être clair, et équitable. Je ne suis pas en train de présenter une créature imaginaire, appelée économie objectiviste, dans le simple but de dire que son objet doive nécessairement et à coup sûr conduire à l’ignorance et à la confusion, et que le subjectiviste possède la seule clef vers la sagesse. (Je peux m’étendre un peu là-dessus. Il me semble que l’un des dangers de l’approche subjectiviste, particulièrement dans sa variante purement autrichienne, est la tendance à former une chapelle, où le converti parle uniquement à d’autres convertis, en retirant délibérément l’acceptation libre et ouverte des notions subjectivistes par le monde environnant.) Une compréhension et une appréciation du principe d’ordre (ou de coordination) spontané peut sortir des citadelles mêmes de l’objectivisme, et c’est souvent le cas. Après tout, Adam Smith n’était pas subjectiviste. Ce que je veux dire, c’est que pour autant que le subjectivisme tend à concentrer son attention sur les interactions entre les personnes et à s’éloigner du "problème économique," une compréhension du principe d’ordre est facilitée plutôt que retardée. Le maximisateur postérieur à Robbins doit apprendre le principe de l’ordre malgré son paradigme analytique et non à cause lui.

 

A ce point, je devrais réinstaller le professeur Hayek à la place qu’il mérite selon moi, en acceptant pleinement sa critique du "scientisme," une critique également faite par mon propre professeur, Frank Knight. Hayek et Knight ont été très critiques à propos de toutes les tentatives de faire de l’économie une discipline analogue aux sciences naturelles. L’économie est, ou peut-être, scientifique dans un sens qui est selon moi unique. Le principe d’ordre spontané est un principe scientifique, en ceci qu’il peut être aisément séparé d’un contenu normatif. Toutefois, à moins de rester dans le paradigme de l’échange, nous perdons le principe légitimement scientifique et nous nous jetons à la place dans les implications scientistes qui émergent directement du paradigme de la maximisation. Les économistes se retrouvent à mesurer des coûts et des bénéfices sociaux, avec un petit peu de toutes sortes d’autres choses.

 

De plus, bien entendu, pour autant que des quantités puissent être mesurées, indépendamment du comportement de choix et donc objectivement, il doit exister une "solution" objectivement déterminée à tout problème posé. Il y a une certaine allocation "optimale" des ressources économiques, définies selon les unités physiques de ressources situées dans le temps et dans l’espace. Rappelons-nous ici que le professeur Tjallings Koopmans a reçu un Prix Nobel en économie, pas en ingénierie. Il l’a eu en raison de ses efforts qui ont commencé par l’étude de l’allocation optimale d’un ensemble de pétroliers transportant du pétrole sur l’océan atlantique au cours de la Seconde Guerre Mondiale, les variables étant les bateaux, les distances, les lieux portuaires, les barils de pétrole et, bien sûr, un ensemble de prix fictifs. (En ce qui me concerne, je pense avoir été un subjectiviste confirmé bien avant de m’en rendre compte, parce que je me rappelle avoir pensé, en 1946, lorsque Koopmans donnait un cours à ce sujet à l’Université de Chicago, qu’il n’y avait absolument aucun contenu économique dans ce qu’il faisait, tout au moins au sens où je concevais, et conçois encore, l’objet de notre matière.) Il doit aussi exister un ensemble de prix d’équilibre qui sont objectivement calculables, au moins conceptuellement, et de fait, nous avons vu le professeur Herbert Scarf, de Yale, essayer de trouver des moyens de calculer des prix d’équilibre, effort qui apparaît au subjectiviste comme un exercice absurde.

 

Pour autant qu’il existe des allocations ou des imputations objectivement déterminées et physiquement descriptibles qui puissent être évaluées par un critère d’efficacité ou d’optimisation, le marché se réduit nécessairement à un mécanisme institutionnel parmi beaucoup d’autres dont les opérations peuvent être comparées entre elles. Le marché devient "l’analogue d’une machine à calculer," un "mécanisme," qui pourrait ou non faire mieux que les choix alternatifs en termes de critères de performance pouvant être rendus objectifs. A ce niveau, la distinction entre le marché et l’économie centralisée planifiée se fait purement en fonction de performances comparées. A ce stade, il y a un principe (ou une idée) subtil mais vital que l’objectiviste tend à négliger. La performance économique ne peut être conçue qu’avec des valeurs : mais comment déterminer ces valeurs ? Par les prix, mais les prix n’émergent que dans des marchés. Ils n’ont aucun sens dans un contexte sans marché. Ainsi, le marché peut difficilement être comparé en termes de performance avec une institution non marchande. En ce sens, c’est tout le critère d’efficacité tel que traditionnellement appliqué aux économies socialistes qui ne veut rien dire.

 

Le débat des années 1930 entre Mises d’un côté et Lange, Lerner et Dickinson de l’autre, n’a jamais été convenablement fondé. De la façon dont on a habituellement interprété ce débat, la possibilité conceptuelle du socialisme de marché a été reliée au potentiel d’information de l’autorité de planification centrale, problème qu’une procédure itérative serait supposée résoudre. Mais ce n’est pas la question centrale. Comme j’ai essayé d’en discuter dans mon petit livre Cost and Choice [1], la question n’est pas simplement celle de l’information. La question clef est l’interdépendance critique entre le choix sur le marché en lui-même et le contenu d’information de ce processus, qui ne peut être révélé que lorsque le processus est autorisé à se produire. Je vais essayer de l’expliquer avec un exemple. Ceci me semble un point extrêmement important, mais je ne suis pas certain du tout de la façon dont il faudrait le présenter ici. Supposons que nous considérions une allocation de pommes et d’oranges entre deux personnes, A et B, qui sont loin de nous, disons à Tombouctou. Si nous connaissons leurs fonctions d’utilité, ainsi que leurs possessions initiales des deux articles, nous pouvons définir "l’allocation efficace" de pommes et d’oranges, allocation qui serait, bien sûr, équivalente à celle qui serait obtenue par le résultat de l’échange volontaire entre A et B. Mais nous ne pouvons pas, en tant qu’observateurs externes, connaître les fonctions d’utilité parce que de telles fonctions n’existent pas, et ne peuvent pas exister, indépendamment de l’action de choix de A et de B au cours du processus d’échange lui-même. Ce qui veut dire que même si nous pouvions établir une communication verbale parfaite entre A et B, ils ne pourraient pas "mettre par écrit" leurs fonctions d’utilité dans un quelconque sens opérationnel. Nous pouvons, si nous le désirons, postuler des fonctions d’utilité pour les deux personnes, comme nous étant données ou comme nous les imaginons pour eux, et nous pourrions définir l’efficacité à partir de ces fonctions postulées. Mais ceci reviendrait à un exercice vide car il n’aurait que peu de relations, voire aucune, entre l’efficacité ainsi définie et celle que pourrait générer un processus d’échange réel. (Bien que je ne puisse pas approfondir le sujet, il existe une affinité entre ma critique des procédures orthodoxes de la théorie économique et la critique radicale de type marxiste, faite par Gintis et d’autres, qui se focalise sur l’hypothèse de préférences invariables.)

 

Des considérations telles que celles soulignées dans l’exemple ci-dessus ont même conduit mon collègue Robert Staaf à désespérer de l’usage des courbes d’indifférence. [Tout comme Rothbard, bien entendu. Cf. "Vers une reconstruction de la théorie de l’utilité et du bien-être", in Economistes et Charlatan (Les Belles Lettres, 1991), traduction de "Towards a Reconstruction of Utility and Welfare Economics" in The Logic of Action One (Edward Elgar, 1997). Pour une défense des courbes d’indifférence, voir le cours de Bertrand Lemennicier sur son site. NdT] Je ne vais pas aussi loin, mais je peux reconnaître le problème pédagogique. Les constructions de fonctions d’utilité et de courbes d’indifférence peuvent être utiles pour présenter ou illustrer la rationalité sous-jacente du processus d’échange volontaire, sous réserve que ces constructions soient comprises en termes strictement subjectifs : comme des constructions qui ne peuvent pas, par leur nature, être communiquées aux observateurs indépendamment du processus d’échange au sein duquel elles émergent.

 

En un sens, dire que les personnes "agissent comme si elles maximisaient une fonction d’utilité soumise à des contraintes" rend les choses confuses dès le départ, car cette terminologie tend par elle-même à suggérer que les fonctions d’utilité existent indépendamment du processus de choix et d’action. Il est mieux, à ce niveau de discussion, de dire simplement que les personnes choisissent parmi les possibilités alternatives quand elles se présentent, et qu’il y a, heureusement, assez de cohérence dans leur comportement pour nous permettre de faire certaines prédictions sur les changements concernant les conséquences faisant suite à des changements sur les choix alternatifs. A ce stade, les Autrichiens stricts peuvent commencer un débat avec moi et, ce qui est plus important, avec ceux qui insistent sur une corroboration empirique des principes élémentaires du comportement humain au cours des processus d’échange volontaire. Un tel débat m’a toujours semblé d’une importance uniquement indirecte. Comme Frank Knight avait l’habitude de le dire, la plupart des travaux empirique en économie ne font que "prouver que l’eau coule de haut en bas," une proposition que les Autrichiens remettront rarement en question.

 

Indirectement, cependant, et en termes de coûts d’opportunité, le débat empirique/non-empirique est important. Le jeune économiste ambitieux qui devient un expert de l’empirisme sacrifie nécessairement un temps pouvant servir à s’entraîner à apprendre plus sur le processus auquel il applique ses outils techniques soigneusement polis. Cette absence d’entraînement des économistes modernes commence à se montrer sous de nombreuses formes, la moindre n’étant pas l’ennui mortel qui domine des départements entiers de nombreuses universités et écoles.

 

Je voudrais dire quelque chose sur les relations entre l’économie subjectiviste et l’économie mathématique. Le principe central et important avancé par le paradigme subjectiviste est celui d’ordre spontané, comme je l’ai déjà énoncé plusieurs fois. Les fondations théoriques peuvent ici être facilement mathématisées. Mais les mathématiques nécessaires ne sont pas celles de la maximisation de fonctions objectives soumises à des contraintes. L’économiste enclin aux mathématiques qui cherche à mettre toute analyse sous cette forme fait déjà fausse route : il risque d’embrouiller à la fois lui-même et ses étudiants. Les mathématiques nécessaires sont celles de l’équilibre général, convenablement compris, de la recherche de solutions de systèmes d’équations simultanées, des solutions émergeant de l’interdépendance des variables décrites dans le système complet d’équations. Pour cette raison, je ne vois aucune difficulté à permettre au théoricien de l’équilibre général d’effectuer son travail à côté de son confrère subjectiviste et non mathématicien, sous réserve qu’il ne commette pas l’erreur de donner d’une façon ou d’une autre, même à un niveau conceptuel, une signification objective à ses constructions purement imaginaires.

 

Je suis peut-être encore plus favorable à ce type de pensée que propose la théorie des jeux, et particulièrement dans son développement de concepts de solution applicable à des jeux à plusieurs personnes. Presque par nécessité, le théoricien des jeux est conduit à penser au processus d’interaction qui produit un résultat au travers du comportement de nombreux participants, chacun agissant indépendamment des autres. La théorie des jeux prend un mauvais chemin, cependant, quand l’importance se détourne vers le problème normatif de définir les stratégies optimales de joueurs ou de coalition de joueurs particuliers, même pour des jeux contre la nature et même pour une coalition comportant tout le monde.

 

J’ai suggéré que le principe d’ordre spontané est "scientifique" au sens qu’il comprend une argumentation logiquement cohérente. Mais l’économiste qui considère que son principal rôle est celui d’enseigner ce principe aux étudiants doit-il plaider coupable quand on l’accuse d’imposer une idéologie ? La réponse est oui, dans un certain sens. Adam Smith offrait une vision alternative de la façon dont pouvait fonctionner une économie. Il était nécessaire de fournir cette vision avant de pouvoir supprimer les œillères mercantilistes. L’effort de Smith était subversif, dans un sens assez littéral, mené contre l’ordre existant et l’ensemble des attitudes qui soutenaient cet ordre. Je ne vois aucune raison pour laquelle notre tâche en 1976 serait en quoi que ce soit différente de celle de 1776. Nous devons offrir une vision du processus économique qui n’est pas naturelle pour la façon de penser de l’homme ordinaire. Et la foi dans l’efficacité du processus de coordination spontanée provient d’une compréhension profonde. Seuls les économistes sont équipés pour la transmettre.

 

Milton Friedman, un ami dont j’admire grandement les travaux, s’oppose à l’approche subjectiviste-autrichienne principalement pour la raison qu’elle implique une conversion plutôt qu’une conviction graduelle sous le poids d’arguments logiques et de tests empiriques. Cette objection est en partie basée sur les tendances observables à évoluer vers des chapelles, que j’ai noté plus haut. De manière plus importante, toutefois, l’objection de Friedman semble être basée sur ce que je considère comme une notion naïve de la façon dont les personnes changent de paradigmes. Certes, il doit exister un lien entre l’évidence empirique accumulée et les changements de paradigmes, mais il n’est pas aussi direct que Friedman semble le penser. Je pense cependant que nous devons tous admettre que les motifs sont mystérieux et pourraient bien varier d’une personne à une autre. Pour ma part, je ne m’oppose pas aux implications "prédicatrices" de l’économie subjectiviste, bien que je comprenne les dangers de celle-ci et les avantages d’une position comme celle de Friedman.

 

Malheureusement, la plupart des économistes modernes n’ont aucune idée de ce qu’ils font ou même de ce qu’ils sont supposées faire dans l’idéal. Je défie qui que ce soit d’entre vous de choisir un sujet quelconque dans un journal économique quelconque et de vous convaincre, ainsi que moi, qu’un papier choisi au hasard aura une productivité sociale plus grande que zéro. La plupart des économistes modernes font ce que les autres économistes font, en vivant d’une forme de rémunération qui ne résisterait pas à un examen minutieux et critique. Les enseignants devront faire attention quand le public de contribuables constatera que le roi est véritablement nu.

 

Je pense que je sais ce que je fais, et je pense que la plupart de ceux qui choisissent une variante de l’économie subjectiviste autrichienne savent ce qu’ils font. De plus je pense que nos efforts sont socialement productifs, et grandement. Je suppose que tout ceci se réduit finalement à une admonestation à garder la foi, que nous l’appelions faire de l’économie, de l’économie subjectiviste, de l’économie autrichienne ou quelque chose d’autre. L’ensemble des idées et des attitudes qui émergent d’une compréhension du principe d’ordre spontané peut être transmis. Nous pouvons participer au jeu en développant une "philosophie publique" voulant dire quelque chose, même si ceci se réduit actuellement tout juste à jouer un rôle subversif au sein de la pensée dominante, qui conçoit l’économie comme un chaos si elle n’est pas soumise à un contrôle collectif. Rappelons-nous deux choses : Adam Smith n’avait pas l’idée qu’il travaillait, en fait, pour mettre en œuvre une révolution dans la pensée et dans la politique économiques au cours du demi-siècle suivant 1776 ; et le même Adam Smith a observé de façon mémorable : "Il y a beaucoup de ruines dans une nation." Gardez la foi.

 

Note

 

[1]Cost and Choice: An Inquiry in Economic Theory (Chicago: Markham Publishing Co., 1969)

 

Traduction :  Hervé de Quengo

 

 

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