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Les mauvais combats des artisans du bâtiment (2ème partie)

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Publié le 30 octobre 2013
608 mots - Temps de lecture : 1 - 2 minutes
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Rubrique : Editoriaux

 

 

 

 

Après avoir abordé la question de l’augmentation de la TVA dans le bâtiment dans un précédent article, abordons maintenant, la question des auto-entrepreneurs.


Selon les artisans du bâtiment, les auto-entrepreneurs leur font une « concurrence déloyale » car ils ne sont pas soumis à la TVA et paient des charges réduites.


Rappelons, tout d’abord, que le statut d’auto-entrepreneur a été créé avec deux objectifs : réduire le « travail au noir » d’une part, et permettre à des individus qui ont une activité (salariée notamment) de compléter leurs revenus par une autre activité professionnelle d’autre part. Pour cela, les formalités de création sont simplifiées, ainsi que les déclarations et paiements des cotisations sociales et impôts.


La formule a eu un succès dès sa création en 2008. À ce jour, selon les derniers chiffres disponibles, près de 900 000 personnes ont choisi l’auto-entreprise, même si seulement environ 400 000 déclarent du chiffre d’affaires.


Ajoutons que le chiffre d’affaires mensuel moyen déclaré par ceux qui ont réellement une activité était de 1 055 € au premier trimestre 2013. Parmi ceux-ci, seuls 7,6 % ont déclaré plus de 2 000 € de chiffre d’affaires mensuel.


La CAPEB ne conteste pas le bien-fondé du statut d’auto-entrepreneur en général. Non, ce qu’elle souhaite c’est sa disparition pure et simple dans le secteur du bâtiment. Une idée reprise par sa confédération, l’UPA (Union professionnelle artisanale), qui entend interdire l’auto-entreprise dans l’artisanat.


Les arguments des artisans du bâtiment n’ont que peu de consistance. En effet, avec environ 1 000 € de chiffre d’affaires moyen par mois, l’auto-entrepreneur est sous le smic net (environ 1 120 €). Même s’il semble que ce chiffre soit légèrement plus élevé dans le secteur de la construction (autour de 1 310 €), cela reste faible. Et n’oublions pas que le chiffre d’affaires, à lui seul, ne préjuge pas des revenus tirés de l’activité d’auto-entrepreneur : il faut considérer les coûts engagés, qui peuvent être assez élevés dans le bâtiment.


Dans un rapport d’avril 2013, l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales) et l’IGF (Inspection générale des finances) tordent définitivement le cou à cette idée de « concurrence déloyale » en indiquant que les 67 000 auto-entrepreneurs actifs dans la construction génèrent un chiffre d’affaires de 47,5 millions d’euros , soit 0,7 % du chiffre d’affaires des entreprises du bâtiment de moins de 20 salariés.


Les deux inspections générales affirment même « qu’il est probable que les auto-entreprises se positionnent de manière préférentielle sur des micromarchés délaissés par les autres entreprises ou sur lesquels elles font des profits limités ; il n’y a pas de redondance, mais plutôt complémentarité avec les autres régimes ».


Bref, en deux mots comme en cent, les auto-entreprises ne concurrencent pas vraiment les artisans. Pourquoi, dans ce cas, demander leur suppression ?


On peut voir dans cette requête une manifestation de l’aversion française pour la concurrence (lire l’article de Laurent Weill dans Les Echos). Certains pensent que les artisans craignent de devoir s’expliquer davantage sur leurs tarifs et d’abandonner quelque facturation « au noir » ! Peu importe, après tout.


Mais quel serait le bon combat ?


Ce pourrait être celui de Jean-Pierre Gorges, le député-maire de Chartres, qui propose d’étendre le régime des auto-entrepreneurs aux artisans. Selon le député, cela « permettrait à cette profession de mieux exister, de générer de la valeur ajoutée et donc de la croissance. Les artisans sont étranglés, ils ont largement besoin de cette mesure».


Bref, la simplification et l’extension des « avantages » de l’auto-entreprise à tous. On se demande pourquoi cette idée n’est pas venue aux organisations professionnelles.


Au fait, qu’en pensent la CAPEB, l’UPA et la FFB ?

 

 

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Les artisans ne sont pas auto-entrepreneurs parcequ'ils sont trop gros pour cela.
Ils jalousent donc les petits parceque ceux-ci facturent moins.

Et si effectivement leur rentabilité est meilleure, qu'attendent les gros pour réduire la voilure, et travailler moins pour gagner autant ??
Mais c'est ce que font beaucoup d'artisans et de PME, en réduisant la voilure et en sélectionnant les chantiers et les clients pour travailler avec une equipe des plus réduites. Certainement une des causes de l'aggravation du chomage.
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Oui, j'ai écrit "micro entrepreneurs", c'est un lapsus, je voulais écrire "auto entrepreneurs". Mille excuses !
Mon commentaire N°2 après mon commentaire N°1 qui a fait suite au premier article.
Je concois qu'un artisan puisse rouspéter après les micro entrepreneurs, mais ce n'est qu'au vu de la simplification du statut de ces derniers face au système qui étrangle les premiers.
De mon expérience d'ex-artisan je peux dire formellement que des tas de petits travaux demandés par des clients ne peuvent pas être exécuté sauf à des tarifs prohibitifs. Si le papy du coin vous demande de venir raboter le dessous de sa porte d'entrée qui coince, en tant qu'artisan ce sera entre 100 et 150€ compte tenu du temps de travail, même a priori minime (encore que !), du déplacement, sortir le matériel, tout remballer et au revoir. En plus, vous avez "bouffé" une demi journée pour rien. J'ai refusé quantité de petits boulots comme ça parce que non rentables. Quand on a des charges à payer, il faut des chantiers "qui payent", c'est une réalité économique pure et dure !
Alors les auto-entrepreneurs font ces petits boulots maintenant légalement. Et ce n'est pas si grave que ça s'ils trichent sur leur chiffre car ils en déclarent malgré tout un peu, mais surtout ils ont une existence légale, ils ont un statut social, ils sont intégrés dans la société et ça, c'est encore plus important que tout le reste.
Quant à la conclusion de l'article, il est évident que petits artisans et autre petits commercants devraient avoir leur liberté de cotisation à la carte. Mais là, ce serait le début de la fin du social qui se nourrit sur les producteurs de richesses et par enchaînement la fin de l'état providence à terme !
En allant plus loin, je dirais qu'il ne s'agit pas de politique à long terme pour le bien-être, le respect et le développement des entrepreneurs qui sont pourtant le moteur de la société. Il s'agit d'une politique protégeant un modèle de société favorisant l'élection et la réélection de gens qui ne souhaitent pas que ça bouge pour des raisons évidement plus personnelles que nationales.
L'état de nos TPE et PME est très révélateur. Et le bateau France sombre bel et bien !
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Bonjour, vous n'avez pas tord ... mais se pose le pb des charges pour les tpe-Artisans et des réductions fiscales pour les très grandes entreprises ( nous en avons deja parlé ailleurs) il faut un ré-équilibrage avec moins de niches fiscales ( pour ceux qui savent nicher, avec l'aide de fiscalistes nicher c'est facile ) ... et tout cela passe par des économies de l'état: moins de fonctionnaires... alors il pourrait y avoir moins de charges pour les tpe-artisans sans sacrifier leur couverture sociale
Enfin laissez les fonctionnaires créer semble être utile : si ils profitent de leur temps libre pour créer une boite, et créer des emplois ( c'est vrai que c'est + facile quand on a un salaire garanti , on peut avoir moins peur du risque ) cela dérange qui à part les socialistes et leur jalousie compulsive ?
Bonne journée à vous
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Bonjour, vous n'avez pas tord ... mais se pose le pb des charges pour les tpe-Artisans et des réductions fiscales pour les très grandes entreprises ( nous en avons deja parlé ailleurs) il faut un ré-équilibrage avec moins de niches fiscales ( pour ceux q  Lire la suite
fromagerp - 31/10/2013 à 07:24 GMT
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