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Les mirages de la taxe Tobin
Par Benoit Toussaint - Benoît Toussaint
Publié le 27 octobre 2011
751 mots - Temps de lecture : 1 - 3 minutes
 
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Longtemps décriée, l’idée d’une taxe Tobin fait désormais son chemin afin de calmer la tempête sur la zone euro. Mais le remède pourrait se révéler plus dangereux encore que le mal qui affecte le malade européen.

 

L’idée a été émise au mois d’août par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, lors d’un mini-sommet qui devait calmer les marchés. Le couple franco-allemand avait annoncé « une proposition commune, dès le mois de septembre prochain, de taxe sur les transactions financières », qui pourrait rapporter entre 30 et 50 milliards d’euros par an.  Mais deux jours à peine après ce mini-sommet, les bourses européennes connaissaient une nouvelle journée de chute libre, sur fond de crainte d’une récession aux États-Unis.

 

François Baroin devrait néanmoins défendre l’idée de cette taxe lors du prochain G20 qui se tiendra en novembre sur le sol français, à Cannes. Cette proposition a reçu un soutien de poids le 23 septembre dernier : Une taxe sur les transactions financières n'a pas besoin d'être universelle pour voir le jour, et pourrait rapporter des ressources substantielles, selon un rapport d'étape réalisé par le milliardaire américain Bill Gates pour le G20.

 

L’idée d’un tel impôt n’est pas nouvelle. Théorisée à la fin des années 70 par l’économiste James Tobin, elle était tombée en désuétude à la fin des années 1990. Elle a connu une popularité croissante depuis le début 2000. Mais c’est à l’aune de la crise de 2008 qu’elle a fait un spectaculaire retour sur le devant de la scène publique.

 

Jusqu’à présent, la Suède est le seul pays à avoir mis en place une taxe Tobin « chimiquement pure ». Le 1er janvier 1984, un impôt de 0,5% sur tous les mouvements de capitaux est instauré. Puis, en 1986, le gouvernement décide de doubler cette taxe. Par ailleurs, un impôt sur les stock-options de 2% est introduit.

 

Rapidement, ce train de mesures se transforme en catastrophe pour le marché suédois. Dès 1990, la moitié des opérations sur les actions de la place financière suédoise avaient fui vers Londres. Celles sur les obligations et les dérivés étaient presque réduites à néant. En dépit des estimations qui chiffraient les recettes à près de 1,5 milliards de couronnes, les recettes moyennes de cette taxe n’ont pas dépassé les 50 millions. Au point que le gouvernement a finalement décidé de l’abolir dès 1991.

 

Une mauvaise taxe basée sur un mauvais postulat

 

« La spéculation, voilà l’ennemi », récitent en chœur les responsables politiques de tout bord. Ils oublient cependant que si les États de la zone euro sont mis en difficulté par les marchés, c’est d’abord parce qu’ils ont choisi d’y emprunter massivement pour financer leurs déficits. Ils oublient également que les finances publiques ont été durablement dégradées par des décennies de promesses électorales et de dépenses sociales en constante augmentation. Si la spéculation est ce fléau si souvent décrié, il fallait y réfléchir à deux fois avant de faire appel aux investisseurs. « Mais qu’allaient-ils faire dans cette galère », aurait pu dire Géronte, dans une célèbre pièce de Molière.

 

L’exemple suédois devrait inciter les gouvernants à enterrer l’idée d’une taxe Tobin. D’abord parce qu’elle sera nécessairement suivie d’une augmentation des prix sur le marché et d’une baisse des revenus pour tous : gouvernants, particuliers et investisseurs. Ce qui aura pour effets de faire ralentir l’activité des marchés.

 

« C’est précisément ce qu’on lui demande », se réjouiront sans doute les mouvements altermondialistes. Sauf que ce ralentissement ne manquera pas d’affecter les entreprises et plus généralement la croissance économique. Il ne manquera pas également de rendre plus difficile le financement des États, déjà lourdement endettés, qui seront alors obligés de consentir à des taux d’emprunts plus élevés pour trouver des prêteurs.

 

Surtout, James Tobin lui-même avait prévenu que cet impôt devrait être mondial ou ne pas être. Or les États-Unis, la Chine, le Canada ou encore l’Inde y sont hostiles. Aussi, appliquée à la seule zone euro, la mesure fera le jeu de nos concurrents en éloignant les investisseurs vers d’autres places financières plus clémentes.

 

Déjà bien malmenée, la zone euro aura toutes les chances de s’échouer avec fracas sur les écueils d’une telle taxe. De toute évidence, cette réponse-là n’est pas la bonne. Plus que jamais, le salut de la monnaie européenne se trouve non pas sur les marchés, mais dans les mains des politiques. Eux seuls détiennent les leviers pour résorber le cancer qui affectent nos économies : l’excès de dépenses publiques. Toute la question est de savoir s’ils en auront le courage.

 

 

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CLAUDE F. - 27/10/2011 à 09:00 GMT
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Journaliste en formation au Centre de formation des journalistes (CFJ, promotion 2012). Diplômé d’une Grande Ecole en commerce international, Benoît Toussaint est bloggeur et auteur pour de nombreux sites et webzines sur la toile.
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La politique est le cancer de nos démocraties, puisque toute décision dans l'intérêt général est non conforme aux intérêts particuliers. L'histoire nous a formidablement prouvé la malfaisance de nos souverains, mais l’être humain s’obstine à être un citoyen votant et le politicien le sait.
La taxe Tobin, comme le FESF est un machin pour trouver plus d’argent pour faire des promesses à financer qu’aucun être humain n’oserait envisager. Car en vérité, ce n’est pas de plus de taxe et d’emprunt dont nous avons besoin, mais seulement de vivre avec nos moyens.

Je conclue par cette maxime dont je ne connais pas l’auteur mais que j’aime bien :
Les 3 règles du gouvernement: si ça bouge, le taxer. Si ça continue à bouger, le réglementer. Si ça s'arrête de bouger, le subventionner.
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