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Les multiples faillites du Keynésianisme

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Extrait des Archives : publié le 05 septembre 2011
1295 mots - Temps de lecture : 3 - 5 minutes
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A l’exception des partisans Keynésiens les plus dévoués, il est évident aux yeux de tous que le ‘stimulus’ prôné par Keynes n’est jamais parvenu à ses fins. La combinaison des dépenses faites par le Congrès, de l’état actuel du marché immobilier, des tentatives de sauvetage d’entreprises en péril par le recours à l’injection de monnaie, et de l’impression monétaire se chiffrant à des trillions de dollars n’a en rien été bénéfique à l’économie des Etats-Unis.

En réalité, tous ces efforts ont empêché l’ajustement des forces économiques au monde moderne. Toutes les ressources ayant été consommées par le biais de ce stimulus proviennent du secteur privé, du simple fait que le gouvernement ne possède pas ses propres ressources. Tout ce qu’il fait doit donc provenir de producteurs privés, ou des citoyens en général.

Je trouve fastidieux que nous ayons encore une fois à apprendre cette leçon à nos dépends, alors qu’il y a tout juste 38 ans nous faisions l’expérience d’un premier effondrement de l’idéologie Keynésienne. Cependant, la situation était alors quelque peu différente. Les opérations de stimulus menées par le gouvernement étaient supposées être en accord avec un modèle d’action fixe basé sur un compromis entre taux d’inflation et taux de chômage. Si le taux de chômage connaissait une trop forte hausse du fait d’une croissance économique en déclin, l’action gouvernementale appropriée aurait du être la suivante : relancer l’économie avant de se soucier des coûts.

L’objectif d’une telle procédure était de recourir au Keynésianisme selon sa définition la plus simplifiée en évitant tout un fatras législatif. Les Keynésiens ont longtemps critiqué les expérimentations en politiques contre-cycliques de Roosevelt comme n’étant ni assez réfléchies ni scientifiquement administrées pour justifier le fait que ses opérations n’ont pas rencontré le succès avancé. Grâce à la nouvelle théorie Keynésienne d’après-guerre, tout aurait du selon eux se passer pour le mieux.

En 1971, Richard Nixon abolissait les derniers vestiges de l‘étalon or, délivrant le dollar de toute relation avec le métal physique, lui permettant de flotter tel un cerf-volant – auquel on aurait peut-être coupé les ficelles. Ceci était supposé être en parfaite conformité avec l’idéologie Keynésienne. Plus aucune chaîne. Plus de relique barbare. Plus de limitations en termes d’opérations gouvernementales. Le gouvernement se voyait ainsi en mesure de mettre en place un équilibre parfait entre inflation et taux de chômage. Tout ceci aurait presque un air de Nirvana!

Gardez à l’esprit que ceci était une proposition vérifiable. Si un compromis avait pu être géré par le gouvernement, nous ne verrions pas par exemple d’augmentation du taux de chômage dans le même temps qu’une augmentation du taux d’inflation. Nous n’avions encore jamais assisté à une telle situation par le passé, du moins pas en de telles proportions. Durant la Grande Dépression, les prix n’ont cessé de chuter. Il y eu une légère inflation au milieu des années 1950, mais cette dernière ne fut pas assez soutenue pour s’avérer alarmante.

Vinrent ensuite les années 1973-74, durant lesquelles le taux de chômage était de plus en plus élevé, de l’ordre de 4 à 6% - oui, ce chiffre était dès lors considéré comme trop important. Dans le même temps, le taux d’inflation s’affichait à deux chiffres. Etait alors née la récession inflationniste. Cet animal étrange n’était jamais sensé exister, selon le modèle Keynésien tel qu’on l’apercevait de ce temps.

Dans un essai publié dans sa collection Economic Controversies, Murray Rothbard écrit :

Ce curieux phénomène d’une inflation faisant son apparition en période de récession n’aurait jamais du se produire selon l’idéologie Keynésienne. Les économistes ont toujours cru que l’économie pouvait se trouver soit en phase de dépression, ou de récession, marquée par un taux de chômage élevé, soit en phase de boom marquée par une augmentation significative des prix. Durant cette phase de boom, le gouvernement Keynésien était supposé diminuer l’excès de pouvoir d’achat en augmentant les taxes. Dans le cas contraire, dans une phase de récession, il était supposé augmenter ses dépenses et son déficit dans le but d’injecter de la monnaie dans l’économie. Mais dans le cas d’une économie frappée par un fort taux de chômage dans le même temps qu’une inflation, qu’était-il supposé mettre en œuvre ? Comment pouvait-il stimuler l’économie tout en la freinant ?

La réaction la plus appropriés aurait bien sûr été que le gouvernement et ses hommes politiques ne fassent rien. La panique a cependant finit par s’installer, et chaque théorie farfelue connue de l’homme s’est vue donner une chance d’être mise en place pour le salut de l’économie. Mais il y avait un problème. Les hommes politiques ne savent pas admettre leurs erreurs, quelles qu’elles soient. La politique monétaire n’est pas à blâmer, mais plutôt la cupidité des hommes d’affaires, la voracité des consommateurs, la panique de la population – autrement dit, tout le monde mis à part le gouvernement lui-même.

Alors que l’idéologie Keynésienne a sans conteste été prouvée indigne de fiabilité, qui, au sein du gouvernement, devait porter la responsabilité de cet échec ? Personne. Les problèmes n’ont bien sûr fait que s’empirer, jusqu’à ce que la récession inflationniste devienne la norme aux Etats-Unis jusqu’à la fin des années 1970, jusqu’à ce que Ronald Reagan fasse son apparition au gouvernement.

La campagne de Reagan était toute entière fondée sur un refus du Keynésianisme. Il parlait même de remettre en place l’étalon or. Il promettait une diminution des taxes. Ces promesses n’ont jamais vu le jour, mais il a semblé pendant quelques temps que le gouvernement prenait conscience de son incapacité à se tenir face aux vents des marchés. Tout le crédit revient à cette époque à Paul Vocker. En tant que directeur de la Fed, il a mis en œuvre une réelle réduction de la masse monétaire afin de sortir le pays de la crise. Prenez-le comme une sorte d’anti-Greenspan ou d’anti-Bernanke.

Le Greenspanisme-Bernankisme règne de nos jours, ce qui nous devons le dire est une réelle tragédie. La Fed, la Trésorerie, le président, les régulateurs et le Congrès ont tout tenté afin de stimuler, stabiliser et contrer les forces du marché. Bien sûr, ils ont perdu la bataille. Le taux de chômage est toujours outrageusement élevé, et l’inflation est encore une fois en hausse. Cependant, il existe aujourd’hui un problème encore plus sérieux. Dans sa course à la stimulation de l’économie, la Fed a créé d’incroyables quantités de fausse monnaie désormais entassée dans les coffres de ses meilleures amies les banques. Et ces fausses réserves sont désormais sur le point d’inonder l’économie, causant sur leur passage de terribles vagues d’inflation.

Ceux qui blâment Obama pour cela devraient considérer le fait que tout autre politicien, excepté Ron Paul, aurait agit de la même manière. Les actions entreprises par Obama dans le but de redresser l’économie ont en réalité été mises en place sous l’administration George Bush. Le problème est bien sûr le fruit de l’homme de la Maison Blanche, mais pas uniquement. La source du problème est que (1) nous possédons un système monétaire et bancaire socialiste utilisé par les élites dans le but de s’enrichir à nos dépends, et que (2) ces élites, adeptes du Keynésianisme, continuent de prétendre que le gouvernement a le pouvoir de contrer les forces du marché. Voici là les vraies raisons pour lesquelles notre histoire dangereuse et pathétique ne cesse de se répéter. Dans l’économie de marché, il existe une tendance sur le long-terme à réparer ses erreurs en les remplaçant par d’autres actions permettant de les corriger. Au sein du gouvernement, il existe une fâcheuse tendance à réitérer ses erreurs encore et encore sans se soucier des retombées qu’elles peuvent avoir. L’idéologie Keynésienne est, après tout, comme le dit Joseph Salerno, ‘l’économie du pouvoir’. Cela nous amène au problème principal : l’entité monopolistique qui règne sur et dévaste la société pour son bénéfice propre.

 

 

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