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Les Produits Dérivés : La pyramide de l’ombre I

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Publié le 20 octobre 2009
2014 mots - Temps de lecture : 5 - 8 minutes
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Rubrique : Editoriaux




Résumé

 

 

Le marché des produits dérivés n’est pas le produit d’un développement naturel, comme le suggèrent faussement les économistes conventionnels qui le dépeignent comme un produit du système immunitaire du marché, combattant les risques de concentration.


En fait, il devrait plutôt être considéré comme une mesure défensive de la part des managers du dollar pour perpétuer leur pouvoir d’émettre des promesses intenables. Ils espèrent, en créant une demande infinie de Bons du Trésor, pouvoir prévenir une augmentation des taux d’intérêts et, par implication, celle des prix. Cependant, ces managers du dollar jouent avec le feu. Les taux d’intérêts peuvent continuer à chuter et entrainer les prix avec eux. Cela crée une déflation et une dépression qui se répandent aux Etats-Unis et partout dans le monde.

 

La Pyramide d’Exter

 


John Exter, le « gnome » de six pieds de haut de la Réserve Fédérale de New York et ancien gardien de l’or enregistré et enfermé dans le coffre-forteresse de la rue de la Liberté à Manhattan est surtout connu pour son modèle d’offre de la monnaie représenté par une pyramide inversée. Exter appartient à une école de pensée qui enseigne que l’expérimentation actuelle de monnaie non-convertible est plus susceptible de conduire à une catastrophe déflationniste qu’à une catastrophe inflationniste.


La pyramide inversée se balance délicatement sur une base en or pur. Ses étages supérieurs sont formés de monnaies de plus en plus prolifiques telles que les créances de la Banque Fédérale, les Bons du Trésor, les comptes d’épargne et autres créances bancaires. Les étages sont notés en fonction de leur degré de sécurité, en allant du plus sûr, donc l’or, au moins sûr au sommet, les dollars électroniques.





Alors qu’elle semble placide, statique et monolithique, la pyramide revient à la vie de temps en temps quand une crise monétaire ou bancaire apparait dans le monde. Il y a alors une grande commotion et une grande agitation manifestées par une chute brutale des actifs vers des étages plus stables et moins labiles dans une recherche vers plus de sécurité de la part de détenteurs de titres, -comme cela a été le cas de plus en plus fréquemment au vingtième siècle, et en particulier au court de son dernier quart, après que le gouvernement des Etats-Unis a dénoncé unilatéralement son obligation de convertibilité envers les gouvernements étrangers en 1971.


La pyramide est déflationniste car, bien qu’ayant un taux de croissance à deux chiffres, elle menace de s’écrouler sur ses niveaux inférieurs en raison de crises monétaires répétées.


 

La révolution des produits dérivés

 

La pyramide d’Exter jette une ombre immense qui progresse à une vitesse encore plus grande que la pyramide elle-même, telle que l’on peut imaginer l’ombre de n’importe quelle pyramide grandir à la lumière du coucher de soleil.


Ne vous y trompez pas, le soleil se couche sur des dollars non-convertibles en or. L’ombre n’est que celle du marché des produits dérivés et son sommet est fait de bons du Trésor obligataires du gouvernement américain, suivis de couches de produits dérivés du taux d’intérêt dont la qualité dépend de leur distance au sommet. De manière plus détaillée, on peut appeler son sommet le premier étage, c’est celui des bons du Trésor, le second celui des contrats de futures basées sur le rachat des bonds ci-dessus. Le troisième étage est celui des futures basées sur le rachat d’obligations appartenant au second étage. Et etc. Le Nième niveau est constitué de contrats basés sur le rachat d’obligations du niveau N-1. On voit donc bien que les bons du Trésors peuvent liquider toutes les créances. Ainsi on construit une pyramide de créances que l’on autorise à croître sans aucune limite et pouvant atteindre n’importe quelle taille, tant que N croit, sur une offre limitée de bons du Trésor.

 

Ainsi que Floyd Norris l’écrivit dans le New York Times du 26 Octobre 2007 (voir l’article intitulé  « Qui va prendre du poids au niveau financier ? »),  « le transfert du risque était supposé être la grande avancée apportée au monde par les ingénieurs financiers qui ont développé un certain nombre de produits produits dérivés exotiques permettant de réduire le risque en le saucissonnant de diverses manières. Les risques ont été transférés dans une nature sauvage de futures : options, swaps, swaptions et moyens d’investissements spécialisés, obligations nanties par crédits, conduits d’intérêts variables, et qui sait quels autres instruments encore. »

 

 

Corner sur les vendeurs à découvert

 

Mais la Révolution des produits dérivés possède aussi une autre face. Le marché des produits dérivés liés au taux d’intérêts n’est pas très différent d’un marché fictif de futures sur le maïs qui permet une vente sans stock et illimitée de la prochaine récolte quelle que soit sa taille. Bien sûr, il y a des conséquences et un risque, le corner sur les vendeurs à découvert,  – l’exemple classique du jeu des chaises musicales.


Tous les joueurs sont heureux de jouer jusqu’au moment où la musique s’arrête.


L’origine et la croissance de la pyramide d’ombre représente le grand mystère de la finance du 21ième siècle. Ses couches sont tout aussi sujettes au dérapage que les couches de la pyramide d’Exter en temps de crise, en pire. Ceux qui possèdent une position longue essaient de l’échanger pour une autre dans des étages inférieurs, plus proches des « choses tangibles », les bons du Trésor.


L’ennui est que ces étages inférieurs ne peuvent pas satisfaire la demande potentielle simultanément. Mais alors pourquoi cette pyramide d’ombre croît-elle à la vitesse exponentielle de 40% par an ? A ce rythme, elle double tous les 2 ans et représente actuellement des dettes de l’ordre de 750 000 milliards de dollars, une somme qui vous trotte à l’esprit.


Pour comparaison, le PIB des USA ne représente que 14 000 milliards de dollars et le PIB du monde entier un peu plus de 60 000 milliards seulement. Quelle peut être alors la signification de la taille inouïe et du taux de croissance de la pyramide ?

 

Réacteur nucléaire de produits dérivés

 

Il a été suggéré que moins de 10 personnes dans le monde comprennent véritablement la pyramide d’ombre et sa dynamique. On suggère aussi que 750 000 milliards de dollars ne seraient qu’une valeur « notionnelle ».  Ne vous laissez pas berner par la sémantique. Chacun des dollars des trois quats d’un million de milliards de dollars  est une véritable dette. L’emprunteur ne peut pas se soustraire à son obligation de remboursement, pas  plus qu’un émetteur d’obligation ne le peut, sauf par cessation de paiement. La pyramide d’ombre est une cachette idéale pour de mauvais crédits. L’or n’existe pas en quantités suffisantes pour liquider la pyramide d’Exter, de même, il n’y a pas suffisamment de bons du Trésor pour liquider leur ombre.


Pourquoi est-ce que les managers d’une monnaie non-convertible permettent la prolifération de dettes qui excèdent grandement les moyens de remboursements ? Comment une construction si malsaine peut-elle naître, continuer à prospérer, s’accélérer et menacer le monde entier par une avalanche de cessations de paiements ? La question est taboue par ordre du gouvernement, que les économistes pusillanimes ne sont que trop inquiets d’observer. Mais la science monétaire a une réponse. L’Université de l’Etalon-or est fière de violer le tabou.

 


La futilité du contrôle des prix


Le dollar non-convertible n’est pas un standard monétaire stable. Comme toutes les monnaies non-convertibles de l’histoire, le dollar fait face à des ruées périodiques qui se terminent de façon ultime par une perte totale de sa valeur. Le pouvoir d’achat du dollar est miné par les augmentations incessantes des prix. Tant que l’augmentation moyenne des prix peut être contenue, les gens ne se préoccupent pas trop de la dévaluation de leur monnaie. Ils sont bernés, car on leur dit que ce qui monte finira par redescendre. Le problème se résume donc à savoir si le gouvernement peut contenir l’augmentation des prix disons, aux alentours de  3% par an.


Limiter les prix administrativement par un contrôle des prix n’est pas une alternative viable. Des marchés noirs feraient leur apparition et les gens considèreraient les prix du marché noir comme les prix « réels » au détriment de ceux du marché contrôlé dont l’approvisionnement serait, soit restreint soit de qualité inférieure.


Le gouvernement doit recourir à d’autres méthodes plus sophistiquées.  Alors, il tente de prendre contrôle des prix en prenant avantage d’un soi-disant « lien » (le paradoxe de Gibson), entre les prix et les taux d’intérêt, phénomène bien observé mais mal compris. Aucun des deux paramètres n’est vraiment libre de se mouvoir indépendamment de l’autre en particulier, l’un ne peut pas s’enfuir et laisser le second perdu loin derrière, sauf le temps d’un chassé croisé.


La tâche que le gouvernement doit mener à bien est malgré tout dissuasive. Dans un scénario inflationniste, il n’est pas suffisant de contrôler les taux d’intérêts à court terme. Pourtant, c’est la seule chose que la banque centrale a les moyens de faire : elle est assez démunie pour agir sur les taux à long terme. Alors, le gouvernement a recours à un trucage: il essaie d’enrôler les spéculateurs d’obligations pour l’aider à maintenir les taux d’intérêts bas en les laissant enchérir sur les  prix des bons du Trésor.

 

Rendre la spéculation sur les obligations sans risque


Mais comment le gouvernement parvient-il à persuader les spéculateurs d’obligations, peut-être les plus fins financiers, à enchérir? Eh bien, c’est justement cela le truc. Le gouvernement doit rendre la spéculation à la hausse sur les obligations sans risque. C'est beaucoup demander. Comment déclencher l’impulsion de départ ?


Voici comment. Les spéculateurs sont encouragés à emmagasiner de larges stocks de bonds du Trésor et à « couvrir » leur position sur le marché des futures. Voici la partie intéressante. En effet, une couverture simple ne suffit pas. Les couvertures doivent être couvertes aussi.


En fait, le gouvernement légalise les ventes illimitées à terme de bons du Trésor sans couverture et crée ainsi une demande illimitée de ceux-ci. Les demandes en bons du Trésor sont censées tirer les  taux d’intérêt à long terme à la baisse. Pour éviter le danger d’une baisse des taux d’intérêts se répercutant sur les prix, la banque centrale se tient prête à arroser le déclin des prix avec de la liquidité. L’incendiaire se déguise en pompier.


En l’absence d’une vente illimitée sans couverture, la valeur des obligations libellées en dollars devrait être dévastée bien avant le dollar lui-même. Mais comme la récente crise des subprimes l’a démontré, ce n’est pas ce qui arrive. Il y a un effet de ricochet à peine tangible sur le marché obligataire même après l’ébranlement de la valeur du dollar. La couverture des obligations fonctionne. La valeur des obligations peut être isolée des vicissitudes du dollar grâce à la structure stratifiée de la pyramide de l’ombre.


 



A suivre…



Antal E. Fekete

Professor, Intermountain Institute of Science and Applied Mathematics, Missoula, MT 59806, U.S.A.

Université de l’étalon or


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Antal E. Fekete est contributeur à 24hGold.com. Les vues présentées sont les siennes et peuvent évoluer sans qu’il soit nécessaire de faire une mise à jour.   Les articles présentés ne constituent en rien une invitation à réaliser un quelconque investissement.  L’auteur, 24hGold ainsi que toutes parties qui leur seraient directement ou indirectement liées peuvent, ou non, et à tout instant, investir ou vendre dans tous les actifs présentés dans ces colonnes. Tous droits réservés.




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