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Cours Or & Argent en

Les produits dérivés chinois de Kublai Khan

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Extrait des Archives : publié le 03 avril 2013
1082 mots - Temps de lecture : 2 - 4 minutes
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Rubrique : Histoire de l'or




La civilisation chinoise fut la toute première civilisation à mettre en place un système de monnaie papier, aux alentours de 140 avant Jésus Christ. Les circonstances de la disparition de cette première monnaie restent cependant inconnues à ce jour.

Dès le début du XIe siècle, des pièces de fer entrèrent en circulation, bien que leur diffusion trop importante obligea rapidement le gouvernement à créer de grosses coupures sous la forme de monnaie papier. Cela se produisit en premier lieu dans la province de Szechuan, à l’initiative d’une banque privée. Les billets papiers ainsi imprimés étaient rachetables après trois ans. Une quinzaine d’autres banques imitèrent ce système, augmentant considérablement la quantité de billets de banque, jusqu’à ce que les réserves de ces banques ne suffisent plus à couvrir la masse monétaire en circulation. Fin 1032, toutes les banques ayant imprimé ces billets avaient fait faillite.

Une monnaie papier fut ensuite émise par le gouvernement chinois dès 1131 dans le but de financer les dépenses militaires. La quantité de billets en circulation augmenta encore une fois trop rapidement, et ils finirent par ne plus être échangeables contre du métal. Ces billets entrèrent en circulation au sein des institutions de l’Etat, et les gouvernements provinciaux commencèrent également à imprimer en leur propre nom dès la fin du XIIe siècle.

En 1215, le puissant Genghis Khan envahit une grande partie de la Chine. Son emprise sur le pays ne fut pas immédiate, dans la mesure où il était trop occupé à envahir le reste de l’Asie et à terroriser l’Europe de l’Est, mais devint totale lorsque son petit-fils Kublai devint empereur de Chine. Fut alors frappée une première monnaie mongole, qui perdit très rapidement de sa valeur.

S’ensuivit la création d’une deuxième monnaie mongole en 1264, également non-échangeable contre de l’or, qui circula jusqu’en 1290. Elle fut ainsi décrite par Marco Polo dans son carnet de voyage :

« L’atelier de frappe de l’Empereur se situe dans une ville nommée Cambaluc, et la manière dont la monnaie y est créée est telle que l’on pourrait justement l’associer à quelque alchimie de la perfection. Elle est produite grâce à l’écorce d’un certain type d’arbre, le mûrier, duquel les feuilles sont données en nourriture aux vers à soie. Ces arbres sont présents en un si grand nombre qu’on peut en voir dans toutes les régions de l’empire. Ce à partir de quoi la monnaie est créée, c’est cette pellicule blanche que l’on trouve entre le tronc et l’écorce du mûrier, travaillée de telle manière qu’elle finit par ressembler à une feuille de papier noir. Après préparation, ces feuilles de papier noir sont coupées selon différents formats.

Tous ces morceaux de papiers sont créés avec autant de solennellité et d’autorité que s’il s’agissait de créer des pièces d’or ou d’argent. Des officiels du gouvernement y apposent leur nom et leur sceau. Ensuite, un officier nommé par Khan y appose son sceau vermillon, rendant ainsi la monnaie authentique. Toute personne tentant de reproduire cette monnaie se verrait puni de la peine de mort. La création de cette monnaie étant gratuite pour les Khan, la quantité dont il en existe en circulation pourrait aisément égaler toutes les richesses du monde.

De plus, tous les marchands venus d’Inde, apportant avec eux or et argent, perles et pierres précieuses, se virent interdits de vendre leurs biens à quiconque si ce n’est à l’Empereur. Ce dernier a sous son contrôle douze experts lui permettant de mener cette opération à bien, douze hommes d’expérience, rémunérant les marchands grâce à une certaine quantité de ces morceaux de papier. Ces derniers acceptent cette monnaie papier sans hésitation aucune, puisque personne d’autre ne saurait les payer autant et en une seule fois, ce sans délai. Avec cette monnaie papier, ils peuvent acheter tout ce dont ils ont besoin à travers l’Empire. » Marco Polo – Récits de Voyage

Ce système fut dans un premier temps très prospère.

« Ce fut une des périodes les plus brillantes de l’histoire de la Chine. Kublai Khan, après avoir ajouté à son empire les provinces de Burma, de la Cochin-Chine et du Tonquin, se lança dans une série de réformes civiles, plaçant ce pays qu’il avait conquis à l’apogée de sa civilisation, de son pouvoir et de son progrès. La paix s’installa peu à peu au sein de son empire. Les droits de propriété étaient grandement respectés, la justice équitablement rendue, et la monnaie grandement protégée contre la contrefaçon. L’industrie était stimulée, tout monopole interdit. Ce fût à cette époque que fût construit le canal Impérial, long de 2000 kilomètres ». Del Mar

L’inflation prit place en 1287. La deuxième monnaie mongole ne cessa de perdre de la valeur jusqu’en 1310, lorsqu’une troisième monnaie fut instaurée pour remplacer la précédente. Cette troisième monnaie ne fit cependant qu’empirer les choses.

« La population et les échanges commerciaux étaient en pleine expansion, mais les émissions trop importantes de monnaie papier finirent par entraîner une crise économique. Tous les effets bénéfiques d’une devise autorisée à s’étendre dans le même temps que la population et les échanges étaient désormais devenus les effets dévastateurs d’une devise émise en quantités excessives. Ces effets ne furent pas lents à apparaître. Une augmentation trop rapide et excessive de la masse monétaire entraîna un renversement de l’ordre sociétal. Les familles les plus riches de l’empire se trouvèrent ruinées, voyant s’installer de nouveaux hommes à la tête des affaires publiques, et le pays devint le théâtre de querelles et de confusions ».  Del Mar

Lors de la dernière phase de la dynastie mongole, vers 1350, des efforts conséquents furent mis en œuvre dans l’espoir d’améliorer la gestion de la devise, mais la situation était devenue désespérée, le papier monnaie ayant été imprimé par toutes les institutions gouvernementales, à l’échelle privée, provinciale ou centrale.

A la chute de l’empire mongol détruit par la crise, la dynastie naissante des Ming imprima encore plus de papier monnaie, déclarant solennellement « Ce papier se doit d’être utilisé comme s’il s’agissait de monnaie de cuivre ». Cette déclaration ne reçut aucune confiance de la part du public. La devise s’échangeait en premier lieu à hauteur de 17 :13 contre du cuivre. Il ne se passa pas longtemps avant que le ratio tombe à 300 :1.

Il fut dit que le cuivre et l’or furent lentement réintroduits dans la circulation. Mais si cela fut réellement le cas, cela se produisit de manière non officielle, puisqu’aucun de ces deux métaux n’était monétisé en Chine à cette époque.



Paul Tustain



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