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Les taux d’intérêt négatifs vont-ils générer un évènement systémique ?

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Publié le 03 mai 2016
810 mots - Temps de lecture : 2 - 3 minutes
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Les banquiers centraux se nourrissent-ils d’illusions ?

Ce weekend, Benoît Cœuré, membre du directoire de la BCE, a fait danser sa plume pour défendre les politiques de la BCE face aux arguments selon lesquels les taux d’intérêt négatifs nuiraient aux épargnants.

Le premier paragraphe révèle assez clairement à quel point la BCE est désorientée quant à l’efficacité de ses politiques.

La BCE est-elle têtue parce qu’elle adhère à ses politiques monétaires malgré les critiques ? Non. Nous nous efforçons d’effectuer la tâche qui nous a été confiée. Les traités de l’Union européenne ont donné à la BCE un mandat assez étroit de stabilité des prix. En 2003, le conseil de direction de la BCE a expliqué que l’inflation, en zone euro, devrait demeurer inférieure, mais proche de, 2% sur le moyen terme.

Si c’est là le mandat donné à la BCE, elle devrait repenser ses politiques actuelles. Comme nous l’avons noté ce weekend, ses quatre programmes de taux d’intérêt négatifs et ses programmes d’assouplissement quantitatif de plus de 600 milliards d’euros ne sont même pas parvenus à établir une inflation de 0%.

Les programmes d’assouplissement quantitatif et de taux d’intérêt négatifs ont vu le jour en 2013, après la crise bancaire en Union européenne. En observant le graphique ci-dessus, pouvez-vous percevoir une hausse significative de l’inflation suite à la mise en place de ces politiques ?

Le mouvement le plus important enregistré depuis un creux jusqu’à un sommet du marché s’est produit entre janvier 2015 et mai 2015, alors que l’inflation passait de -0,6% à 0,3%, soit une hausse de 0,9%. Il a été enregistré après l’annonce par la BCE de son premier programme historique d’assouplissement quantitatif.

La mise en place d’un programme d’assouplissement quantitatif d’un trillion d’euros, qui des années durant a été considéré être un programme nucléaire pour l’Union européenne, a produit une hausse de 0,9% du taux d’inflation, qui a duré en tout et pour tout cinq mois.

C’est là le plus grand succès de l’Union européenne, malgré l’adoption de certaines des politiques monétaires les plus extraordinaires de l’Histoire… Une hausse de l’inflation de moins d’1%. Qui a duré moins de la moitié d’une année.

Depuis lors, la BCE a mis en place quatre programmes de taux d’intérêt négatifs, qui ont certainement eu des conséquences négatives sur les épargnants. En termes simples, alors même que la BCE poursuit ses rêves monétaires en se basant sur des hypothèses (des modèles économiques selon lesquels l’inflation devrait grimper parce que les taux d’intérêt sont négatifs), elle ignore les réalités économiques.

Quelles sont ces réalités ?

Les taux d’intérêt négatifs ne sont pas inflationnistes. Au contraire, ils sont fortement déflationnistes.

Comme M. Couere le note lui-même, « les gens ne sont pas que des épargnants ». Le problème avec cette déclaration, c’est que bien qu’il reconnaisse le fait que les gens soient plus que des unités économiques, il ne parvient pas à comprendre que les gens réagissent psychologiquement aux politiques de la BCE.

Les taux d’intérêt négatifs sont aussi bien une taxe sur les revenus en intérêts futurs que sur le capital actuel. Ils devraient nous faire peut à tous, parce qu’ils sont une garantie de perte d’argent.

La psychologie humaine de base révèle que les gens ont plus peur de perdre ce qu’ils ont déjà que de gagner quelque chose qu’ils ne possèdent pas. Les taux négatifs garantissent cette dernière option.

Les chances que quelqu’un qui ait fait l’expérience de taux négatifs croit que la solution est d’accumuler des actifs à risque (qui représentent des chances plus grandes encore de perte de capital) sont de moins d’1%.

C’était particulièrement vrai en 2014, alors qu’une majorité des actions européennes ont atteint un plafond suite à l’adoption de taux négatifs par la BCE.

Les actions européennes ne sont pas un pari sans risque après la mise en place de taux négatifs. Et pourquoi un épargnant quelconque souhaiterait-il acheter des obligations souveraines sont les rendements sont négatifs ? Si vos dépôts souffrent déjà des taux négatifs, acheter des obligations souveraines qui vont font verser des intérêts de fait absolument rien si ce n’est augmenter votre volatilité.

Qui pourrait souhaiter se retrouver dans une telle situation ?

Finalement, la BCE, comme toutes les autres banques centrales, ne se soucie que d’une chose : la bulle sur les obligations.

Et parce que la dette de l’Union européenne représente 90% de son PIB, elle est elle-même en banqueroute. Quatre épisodes de taux négatifs et un trillion d’euros d’assouplissements quantitatif n’y feront rien.

Tout cela devrait éventuellement nous mener à une répétition de 2008. Parce que la BCE a échoué à générer une inflation significative, et parce que la plupart des nations de l’Union européenne ont vu leur ratio dette : PIB grimper depuis 2012, nous n’en sommes plus très loin.

La prochaine crise nous attend au tournant. Et elle donnera à 2012 des airs de plaisanterie.  

 

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