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La réunion de crise
tenue mardi dernier à la demande de monsieur Sarkozy et madame Merkel n’est pas parvenue à apporter quelque
solution que ce soit au problème de la dette en Europe. En revanche,
si les deux chefs d’Etat européens ont su prouver de quelque
chose, c’est bien de leur parfaite impotence. Ils se sont
avérés avoir travaillé sur quatre idées nouvelles
– d’entre lesquelles aucune n’aurait légitimement
tenu une chance d’entrer en vigueur -, ayant préalablement
abandonné l’idée d’euro-obligations avancée
par monsieur Sarkozy après que la chancelière Allemande ait
fermement refusé de prendre part à une telle chose. Cette mascarade
avait très certainement plus à voir avec les élections
présidentielles françaises attendues l’an prochain
qu’avec quoi que ce soit d’autre. Il semblerait en effet que
monsieur Sarkozy ait récemment vu chuter ses chances de
réélection. Madame Merkel pourrait bientôt
regretter avoir été entraînée dans tout cela.
Aucune réponse n’a été
apportée quant à la crise de la dette en Europe, qui
s’étend désormais au-delà de la Grèce, du
Portugal, de l’Italie, de l’Irlande et de l’Espagne, ayant
également contaminé la Belgique et la France. Selon les
rapports de la CIA, les seuls pays européens à ne pas avoir
connu de déficit budgétaire cette année ont
été la Finlande et Malte. Tous les autres pays enregistrent un
déficit total s’élevant à 760 milliards de
dollars. L’Allemagne, sur laquelle beaucoup semblent se reposer, porte
la responsabilité de 120 milliards de dollars sur le déficit
total, et possède un ratio dette/PIB de 80%. Les pays étant les
plus solvables sont l’Estonie, le Luxembourg, la Slovénie et la
Slovaquie, mais gardons en mémoire que trois d’entre eux
n’ont pas pu accumuler de trop importantes dettes, ayant
été coincés derrière le rideau de fer
jusqu’il y a peu de temps.
La réalité, c’est que les
états membres de la zone Euro sont sur le point de connaître une
crise politique. Les politiciens refusent de mentionner leur
insolvabilité ainsi que de diminuer les dépenses de leurs
gouvernements. Une alternative possible serait que la banque centrale
européenne commence à imprimer de la monnaie pour couvrir les
déficits budgétaires, mais cette solution a jusqu’alors
été laissée de côté. La BCE ne veut pas que
la crise politique devienne une crise européenne. Il est une chose
d’anticiper une crise en annonçant une telle mesure, il en est
une autre de répondre de tels actes. Ayant une mainmise sur la masse
monétaire, la BCE pourrait désormais difficilement retourner sa
veste, même si sa constitution le lui accorde. Il semblerait que les
politiciens aient à trouver leurs propres solutions.
Le Grand Projet Européen ne sera
bientôt plus que poussière, et nous assistons à un
ralentissement de l’élan politique. C’est ce même
élan politique, né d’un réel désir de la
part des électeurs, qui avait permis à ce projet de voir le
jour et qui s’évapore désormais. La raison même de
la création de l’Union Européenne, soit le désir
de paix et le maintien du commerce entre les pays qui la composent,
n’est aujourd’hui plus significative.
L’établissement politique est désormais hautement
vulnérable aux attaque de ses contestataires, et nombreux sont ceux
qui le savent.
Il est la nature même d’un
système politique de s’effondrer à la seconde où
un idéal politique semble manquer de crédibilité et de
principes fondamentaux. L’ironie de tout cela, c’est que
l’unique réelle fondation sous ce château de sable
européen soit l’Euro lui-même. Il n’est que peu
d’analystes qui semblent capables de discerner cela. Beaucoup sont ceux
qui ne considèrent l’Euro que comme une monnaie
vulnérable et responsable du bourbier économique en Europe. Mais
comme la situation économique se détériore, la BCE, qui
sera bientôt regardée comme étant le dernier avant-poste
de la stabilité, n’aura bientôt plus assez de marge de
manœuvre monétaire pour pouvoir opérer correctement. Pour
cette raison, l’Euro est en mesure de se renforcer quelque peu, et ce
malgré les problèmes de dettes qui pèsent sur le
continent.
Angela Merkel se trouve
actuellement en une posture politique délicate, tentant de tourner
légèrement le dos au Projet Européen pour se concentrer
sur l’avenir de son pays. Au contraire, Nicolas Sarkozy reste
très attaché au rôle de la France comme pilier de ce
projet. Nous verrons bien ce qu’il en ressortira l’an prochain
lors des présidentielles.
Alasdair
McLeod
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