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Ne pas confondre barrières à l’entrée et avantages comparatifs

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Publié le 22 juillet 2013
1017 mots - Temps de lecture : 2 - 4 minutes
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Rubrique : Editoriaux

 

 

 

 

Parmi les gens que je rencontre, qu’il s’agisse de dirigeants, d’entrepreneurs, ou de régulateurs, je constate toujours cette difficulté à comprendre la différence entre barrières à l’entrée et avantages comparatifs. D’ailleurs, la différence fut aussi obscure pour moi pendant longtemps. Il m’apparaissait comme évident que les barrières à l’entrée sur un marché étaient globalement mauvaises, pour les producteurs comme pour les consommateurs. Les premiers, protégés, auraient tendance à se reposer sur leurs lauriers et perdraient en compétitivité. Leur produit deviendrait relativement cher et la qualité de celui-ci se détériorerait du fait d’un manque de concurrence. Les consommateurs seraient de ce fait perdants. Si on faisait tomber les barrières, le producteur devenait rapidement victime de son inefficience et risquait de disparaître en même temps que sa protection. Cette vision des choses n’était pourtant que partielle et j’allais découvrir que toutes les barrières à l’entrée ne sont pas mauvaises.


Quand un producteur se fait évincer par un autre sur un marché ouvert, c’est que son concurrent dispose d’un avantage comparatif qu’on appelle plutôt avantage concurrentiel. Autrement dit, un producteur est plus efficient qu’un autre car il produit un bien qui offre le bon prix pour le bon niveau de qualité. Les combinaisons sont évidemment très vastes. Le producteur peut, par exemple, produire à qualité égale, un produit moins cher. C’est typique sur le marché des produits d’entretien ou sur celui des denrées alimentaires de base (e.g. farine, beurre, etc.). Il peut aussi produire un bien moins cher et de meilleure qualité, ce qui arrive souvent sur le marché des vêtements et de l’électronique. Parfois, il peut arriver qu’il produise un bien beaucoup moins cher et de qualité inférieure. Cela peut suffire à lui donner un avantage concurrentiel. Le marché de l’électronique est là encore un bon exemple.


En fait, les avantages concurrentiels vont dépendre de la nature des préférences des consommateurs et de la façon dont les producteurs organisent et déploient leurs ressources pour diminuer leurs coûts, en fonction de la demande et de la concurrence.


Qu’on soit salarié, entrepreneur, ou rentier, on a tendance à se spécialiser là où nos coûts de production sont les plus bas. Ceci ne veut pas dire pour autant que ce choix vise à obtenir un avantage absolu.


Il est évidemment possible de produire un très grand nombre de choses en plus grande quantité et moins cher. Or, comme la demande n’est pas aussi intense pour chacune de ces choses et que les ressources ne sont pas toutes aussi faciles à obtenir,  chacun d’entre nous a intérêt à se spécialiser plutôt que d’essayer de tout faire. L’idée est de trouver les moyens de produire plus et à moindre frais ce que d’autres souhaitent obtenir mais ne peuvent produire en aussi grande quantité et à des coûts aussi bas. C’est ainsi qu’il est possible d’obtenir davantage de biens en échange de notre production que si on avait sacrifié cet avantage productif en essayant de tout faire.


Le principe des avantages comparatifs permet de comprendre la spécialisation des tâches. Ce n’est pas qu’un producteur ne puisse pas produire toutes sortes de biens avec ses ressources, c’est seulement qu’il découvre qu’il a intérêt à se spécialiser pour bénéficier d’un avantage par rapport à ses concurrents.  Son avantage repose sur sa capacité à faire converger sa structure de coûts avec ses estimations des préférences des consommateurs. Ce faisant, il va être amené à prendre une position sur le marché vers le haut, le moyen, ou le bas de gamme. Il pourra aussi décider de se positionner sur une niche.


Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’un avantage comparatif indique la capacité d’un producteur à fournir aisément un bien à son public. Ceci se traduit par des profits supérieurs à ceux des concurrents, mais ce sont justement ces profits qui lui permettent d’augmenter sa production, de baisser encore plus ses prix, ou d’améliorer son offre grâce à la recherche et au développement de nouvelles idées.


Or, cet avantage comparatif est souvent assimilé à une barrière à l’entrée, à une façon de tenir les concurrents à l’écart. Il est évident que cet avantage met des concurrents en difficulté mais il serait dangereux de confondre  un avantage fondé sur une stratégie qui améliore un produit, baisse son prix, et permet une offre plus abondante et diversifiée et un privilège qui interdit purement et simplement l’entrée sur un marché.


Il ne faut donc pas confondre les deux types de barrière à l’entrée. Celle qui interdit et limite la concurrence sur un marché de sorte qu’un producteur ne ressente pas le besoin d’investir et d’améliorer son offre est évidement source d’inefficience. C’est le cas des monopoles publics ou privés protégés par une licence d’État, un privilège. Dans ces cas, l’entreprise peut bloquer l’accès à son marché à tout concurrent potentiel non parce qu’elle est plus compétitive, mais parce qu’elle détient un privilège.


Évidemment, un avantage comparatif permet aussi de bloquer l’entrée d’un concurrent. Qu’elle réalise des économies d’échelle, bénéficie d’une technologie assurant une qualité supérieure de son produit face aux concurrents ou  qu’elle ait été pionnière et bénéficie d’une réputation difficile à imiter, le résultat est toujours que les concurrents restent incapables de faire mieux.


La différence entre la barrière à l’entrée fondée sur un avantage concurrentiel et la barrière fondée sur un privilège est cependant fondamentale. La première décrit une barrière qui résulte de la capacité d’une entreprise à mieux satisfaire ses clients en termes de prix et de quantité. La deuxième fait subir un préjudice aux consommateurs du fait qu’elle empêchera les prix de baisser et la qualité d’augmenter. L’entreprise privilégiée n’a aucun effort productif à faire pour empêcher l’entrée de ses concurrents. Son effort est purement juridique et politique.


Ceux qui assimilent les avantages concurrentiels à des barrières à l’entrée passibles d’une intervention des pouvoirs publics, sont de fait à la recherche d’un privilège. Celui qui accuse une entreprise efficiente de jouir d’un « privilège » grâce à sa compétitivité, demande, au nom de la concurrence, un accès garanti au marché sans avoir fait les efforts nécessaires auprès des consommateurs.


A suivre : le problème du monopole « naturel »


 

 

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Gabriel A. Giménez-Roche est professeur et responsable du département économie du Groupe ESC Troyes et maître de conférences à Sciences Po Paris. Son domaine de recherche est l'analyse économique de l'entrepreneuriat et son contexte socio-institutionnel. Il est également chercheur associé de l’Institut économique Molinari.
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