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Oubliez les taxes : et si l’Estonie tirait plus de revenus de la vente de services ?

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Publié le 04 octobre 2017
1034 mots - Temps de lecture : 2 - 4 minutes
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Rubrique : Editoriaux

Il existe aujourd’hui plus de 60 milliards de dollars de bitcoins en circulation. Une telle somme suffirait à couvrir les dépenses actuelles du gouvernement estonien pendant 60 ans.

60 milliards de dollars, c’est plus de deux fois le PIB de l’Estonie.

Que se passerait-il si l’Estonie émettait une devise tout autant couronnée de succès ? Il n’est pas exagéré de penser que la première crypto-devise émise par un gouvernement pourrait s’en sortir aussi bien, sinon mieux, que bitcoin. Elle devrait évidemment être structurée correctement et utiliser blockchain ainsi qu’une technologie sécurisée. Mais la légitimité que lui confèrerait son pays ou son gouvernement serait immense.

Au vu des sommes d’argent que l’Estonie pourrait tirer d’une ICO (initial coin offering), elle n’aurait même plus besoin de lever de taxes. Le pays pourrait devenir un bastion de richesses sans précédent, et tous les investisseurs et entreprises du monde chercheraient à s’installer dans sa juridiction à taux d’imposition nul.

L’idée du lancement d’une devise digitale basée sur le programme estonien d’e-résidence a déjà été avancée.

Mais elle n’en est qu’à ses débuts, et est loin d’être une proposition gouvernementale, comme certains voudraient nous le faire croire. La confusion vient du fait que le directeur du programme estonien d’e-résidence, Kaspar Korjus, ait publié un article qui discute de la possibilité du lancement d’une devise digitale garantie par le gouvernement.

Un tel programme permettrait à l’Estonie d’investir dans les nouvelles technologies pour le secteur public, depuis les contrats intelligents jusqu’à l’intelligence artificielle, et de rendre le système techniquement adaptable afin qu’il puisse bénéficier aux individus tout autour du monde. L’Estonie pourrait ainsi devenir le premier pays à montrer comment l’ère digitale peut être mise au service des sociétés du futur.

Pour ce qui est de l’e-résidence en revanche, les opportunités de plus long terme pourraient être bien plus importantes, et aller bien au-delà de ce que nous percevons aujourd’hui.

Au fil du temps, les estcoins pourraient devenir acceptés par les services publics et privés, et fonctionner en tant que devise partout dans le monde.

J’aurais tendance à appeler leurs services en ligne actuels un « programme beta ». Ils cherchent encore à déterminer qui pourrait en vouloir, et pourquoi.

Une e-résidence estonienne coûte aujourd’hui 50 dollars. Elle permet aux e-résidents estoniens et étrangers d’ouvrir une entreprise en ligne en Estonie. Il s’agit donc, pour faire court, d’un ensemble d’outils en ligne destiné à ceux qui cherchent à faire des affaires sur le plan international. Le programme demeure limité, mais la liste de produits continue de croître. Il est possible de signer des documents en ligne grâce à une carte d’identité spéciale, et d’ouvrir des comptes bancaires. Avec 50 dollars, vous obtenez donc une identification en ligne légitime.

Visiblement emporté par le potentiel de ce programme, Kaspar Korjus voudrait le voir se développer davantage. Il existe une longue liste de services que les gouvernements pourraient offrir pour établir un précédent. Mais pourraient-ils vendre des services en ligne plutôt que de lever des taxes ?

Un précédent a été établi

Le gouvernement estonien offre des produits à ses citoyens et aux étrangers, dont l’achat n’est pas obligatoire. Si le pays décidait d’émettre une devise digitale, la petite nation d’1,3 million de résidents pourrait devenir bien plus riche qu’elle ne l’est aujourd’hui.

Imaginez ce qui se passerait si l’Estonie décidait de vendre sa citoyenneté, ses passeports, et permettait aux étrangers d’accéder à des comptes bancaires en-dehors de la juridiction de leur pays. Il y aurait un marché énorme pour un tel produit, proposé par un gouvernement légitime.

A l’heure actuelle, les e-résidents estoniens ne sont pas vraiment des résidents estoniens. Mais la situation pourrait changer. Si vous aviez la possibilité de ne plus payer de taxes, pourquoi ne voudriez-vous pas devenir un résident estonien ? Le pays pourrait même demander un prix assez élevé pour un tel produit, puisqu’il permettrait aux gens d’éviter de payer de très grosses sommes d’impôts.

N’importe quel pays a la possibilité de devenir un fournisseur volontaire de services plutôt qu’un monopole contraignant. Et d’un point de vue de profits, une telle solution serait bien plus logique.

Tirez un fil et tout se défait

Supposons que le modèle fonctionne, et que les revenus volontaires dépassent les revenus forcés (les taxes). Pourquoi un gouvernement ne déciderait-il pas de fournir tous ses services sur une base volontaire ?

Une fois que les autres pays prendraient conscience de ce potentiel, ils lanceraient leurs propres programmes d’e-résidence. Ceux qui enregistreraient le taux de sortie le plus élevé seraient dans l’obligation de modifier leurs politiques sans quoi ils risqueraient un exode en masse.

Les consommateurs pourraient enfin choisir leur gouvernement. Ils seraient en mesure de contrôler leurs options. Les juridictions seraient en compétition pour leur allégeance.

Le programme actuel d’e-résidence estonienne n’impose pas aux individus de se déplacer physiquement. Imaginez pouvoir appartenir à une juridiction spécifique sans vous déplacer. Les gouvernements deviendraient des fournisseurs de services globaux. Leur protection, leur assurance, leur filet de sécurité seraient rendus disponibles au travers d’un portail en ligne. Leurs e-services seraient accessibles partout.

Les gouvernements pourraient devenir les agences volontaires de consommateurs individuels. Tout serait déterminé par les produits et services que les individus souhaiteraient obtenir d’eux. Vous cherchez à vous protéger contre des lois et règlementations injustes ? Vous voulez assurer votre retraite et votre chômage ? Vous voulez qu’une équipe d’intervention tactique vienne vous sauver si vous êtes kidnappé ?

Une objection majeure naîtrait si ces services, notamment légaux, étaient proposés à certains et non à d’autres. Mais quelle est la situation aujourd’hui, à commencer par le système de mise en liberté provisoire accessible uniquement à ceux qui peuvent payer ? Ajoutez-y les avocats qui gagnent le plus de dossiers et les négociations derrière portes closes qui permettent à certains de s’en sortir mieux que d’autres.

L’aspect le plus intéressant de cette compétition entre les gouvernements est le fait qu’ils puissent faire face à des sorties. Il serait impossible de conserver un système judiciaire corrompu si les gens pouvaient simplement aller faire affaires ailleurs.

Voici à quoi pourrait ressembler une ère de gouvernements digitaux. Elle pourrait s’avérer bien plus efficace que le vote. Vous n’arrivez pas à satisfaire vos résidents ? Dîtes au-revoir à vos revenus.

 

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