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Cours Or & Argent en

PAC: chronique d’un désastre annoncé (partie 3)

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Publié le 22 août 2012
829 mots - Temps de lecture : 2 - 3 minutes
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SUIVRE : Crise Europe Taxe
Rubrique : Or et Argent

 

 

 

 

Pour clore cette série en beauté, nous évoquerons aujourd’hui la dernière pièce du puzzle de la gabegie européenne : les quotas de production agricole. Et puisque le lait fait toujours l’actualité, nous parlerons plus particulièrement des quotas laitiers.


Nous avions donc laissé la Politique Agricole Commune (PAC) au début de l’année 1984, lorsque la Commission décide de vendre à bas prix du beurre de Noël, histoire d’écouler ses montagnes de beurre invendu.


Plus de la même chose


Au cours des années 70, la production laitière avait achevé de se découpler totalement de la réalité du marché. Alors que la consommation de lait baissait partout en Europe, la production, elle, augmentait à un rythme régulier : 1,5% par an dans la première moitié de la décennie, 2,5% par an ensuite.


Logique : le raisonnement économique de base prévoit qu’un producteur continuera à produire jusqu’à ce que son coût marginal de production (le coût de production d’une unité supplémentaire de lait) soit égal à son prix de vente, car c’est à ce moment qu’il maximisera son bénéfice. Comme le prix d’intervention (voir notre chronique précédente) est supérieur au prix du marché, il en résulte une surproduction. Celle-ci est en outre aggravée par les progrès technologiques du secteur agricole, qui permettent de baisser le coût de production (et donc le coût marginal du lait). Encore une fois, à ce stade, la sagesse recommanderait de mettre un terme à cette politique de prix garanti, et de laisser les forces du marché « faire le nettoyage », forçant les fermes les moins efficaces à arrêter leurs activités ou à se réorienter vers d’autres secteurs.


Pour les plus acharnés partisans de l’État Providence, il aurait même été possible de distribuer des aides aux fermiers afin de financer leur reconversion. Mais politique et sagesse font rarement bon ménage.


Sicco Mansholt, à la fin des années 60, propose une première forme d’intervention correctrice. Bien sûr, il ne s’agit pas d’un retour à l’économie de marché. Au contraire, on va juste intervenir un peu plus pour en perturber encore le fonctionnement. Mansholt recommande simplement de maintenir les prix tout en incitant certains fermiers, à l’aide de subsides, à réduire leur cheptel ou à arrêter leurs activités. Mais même cela, c’est déjà trop. La mesure sera vidée de toute substance. Fin des années 70, première nouvelle tentative : la taxe de coresponsabilité. Cette dernière frappe les producteurs laitiers. Admirez au passage la subtilité de la chose : au lieu de diminuer les prix d’intervention, la Commission préfère taxer les producteurs pour récupérer une partie de l’argent qu’elle leur distribue à cause des prix d’intervention.


Vivent les quotas !

Au début des années 80, la situation devient intenable. L’augmentation de la production laitière atteint 3,5%. La PAC coûte de plus en plus cher, les surplus s’accumulent et les gouvernements s’inquiètent. Mais pas question de détricoter la PAC. La Commission rajoute une nouvelle couche de bureaucratie en introduisant des « quotas ». Chaque exploitant (ou chaque laiterie) se voit allouer une quantité de référence à produire avec pour consigne de ne pas la dépasser. Chaque dépassement donne lieu au paiement d’un prélèvement supplémentaire de 100% du prix indicatif du lait. Petit à petit, le régime est renforcé. Les achats d’excédents par la Commission, par exemple, seront peu à peu limités. Enfin, relativisons : en 1988, il reste quand même entre 100 et 150 000 tonnes de beurre dans les stocks publics de la Communauté européenne.  C’est une quantité gigantesque : 10% de la production annuelle mondiale de beurre à la même époque !


En 1992, la première réforme sérieuse a lieu sous l’égide du Commissaire MacSharry. Pour la première fois, certains produits agricoles voient leur prix indicatif et leur prix d’intervention diminuer. Suit une énième réforme : la réforme Fisher. Les quotas laitiers ne disparaîtront finalement qu’en 2007. Depuis, les producteurs sont dans la tourmente. Une situation prévisible, puisque les réformes successives n’ont pas eu l’effet salvateur d’un retour à la logique de marché. Résultat : la surproduction est malgré tout restée la norme. Aujourd’hui, les agriculteurs, et notamment les producteurs de lait, qui ont été parmi les plus « protégés » du marché, se retrouvent  à devoir supporter les conséquences de décisions prises, il y a un demi-siècle.



Créatrice de problèmes depuis 1957


Outre la situation délicate des fermiers européens et un demi-siècle de ponction des contribuables, la PAC aura eu une kyrielle de conséquences négatives. Parmi celles-ci, la création d’une agriculture intensive forcenée qui aura sans doute contribué, pêle-mêle, à la crise de la vache folle, à la pollution des nappes phréatiques, et à la baisse constante de goût et de variétés que les chantres du bio, grands économistes devant l’Éternel, attribuent à la « logique de marché  ultralibérale ». La prochaine fois qu’un rebelle à la José Bové vous parle de malbouffe, rappelez-vous ces deux grandes vérités : les agriculteurs ont reçu des montagnes d’argent de nos impôts pour créer cette malbouffe dont ils se plaignent aujourd’hui amèrement.

 

 

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Frédéric Wauters est journaliste économique indépendant et professeur de sciences commerciales et de communication à la Haute Ecole Galilée à Bruxelles. Entrepreneur (www.ex-abrupto.be), il est également essayiste et vient de publier, avec son confrère Ludovic Delory, d'un ouvrage intitulé "Retraites Plombées: comment l'Etat vole votre avenir" (plus de détails sur www.retraites-plombees.be).
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Les bons résultats sont là.
Combien reste-il d'agriculteurs vivant que de leur travail agricole?
Combien ont mis fin à leurs jours?
La Pac a créer le recours à la monoculture entraînant un saccage des terres agricoles .
Serons nous capable de nourrir les français bien longtemps?
Que d'argent gaspillé!!!!
Où nous conduisent nos financiers et , leurs boys ,nos gouvernants?
Un désastre pour nos enfants
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jefff310 - 22/08/2012 à 22:57 GMT
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