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Polémique sur les gaz de schistes

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Publié le 19 avril 2011
3406 mots - Temps de lecture : 8 - 13 minutes
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SUIVRE : Gaz Naturel
Rubrique : Editoriaux

 

 

 

Sous la pression médiatique de quelques figures écologistes en vue, le gouvernement s'apprête à soutenir une loi proposée par un député UMP, Christian Jacob, qui vise à prohiber toute exploration et exploitation de gaz de schistes en France par utilisation des techniques de fracturation hydraulique. Dès le mois de février, Nathalie Kosciusko Morizet avait fait prononcer un moratoire sur les forages. Le projet de loi sera discuté par l'assemblée le 10 mai 2011.

Naturellement, José Bové et quelques autres représentants de la mouvance éco-régressiste se félicitent de ces reculades, évidemment qualifiées d' "avancées". Les gaz de schistes, voilà le nouvel ennemi que certains ont décidé d'abattre. Une véritable campagne visant à effrayer les populations sur "les dangers du gaz de schiste" a été lancée par diverses associations écologistes, opération de communication dont le point d'orgue est un film documentaire appelé "Gasland", dont nous reparlerons. Résultat, après quelques manifestations de colère d'activistes anti-schistes et de riverains des gisements, le gouvernement se réfugie derrière le principe de précaution et baisse sa culotte devant les revendications prohibitionnistes.

Un préjudice de plusieurs centaines de milliards

Ainsi sont prises les décisions en République Pétocharde de France. Les réserves de gaz de schistes sous notre sol sont pour l'instant estimées "prudemment", faute d'exploration complémentaires, à 2400 milliards de m3 de gaz naturel extractibles selon les technologies connues, autour de Montpellier. D'autres réserves non encore chiffrées mais possiblement considérables seraient enfermées dans le sous-sol du bassin parisien. Par analogie avec des gisements de taille inférieure, tel que celui découvert à Tamar en Israel (et que les entreprises de l'état Hébreu vont exploiter, elles), on peut estimer très prudemment la valeur plancher du gisement de Montpellier-Montélimar à 400 milliards de dollars. En fait, la valeur estimée est beaucoup plus élevée aux cours actuels (800 milliards), mais comme on découvre de ces gaz un peu partout, le cours devrait tendre à baisser à monnaie constante. Mais cela reste une somme tout à fait considérable.

Puisque l'état Français s'arroge la propriété du sous-sol dès qu'une ressource exploitable s'y trouve, interdire l'exploitation de ce gaz revient à stériliser un patrimoine de 400 milliards au bas mot. C'est un peu comme si le gouvernement décidait de fermer autoritairement environ 2 millions de logements pour en empêcher toute exploitation commerciale, ou de prononcer la fermeture administrative de toutes les entreprises artisanales du pays : une spoliation pure et simple, et un atterrant gaspillage d'opportunités.

Selon la DGEMP (Direction Générale de l'Energie et des Matières Premières), la France a importé 44 Milliards de mètres cubes en 2006, devrait en importer 66 en 2020, et 78 en 2030. Les réserves estimées pour le seul bassin du Roussillon représentent donc une grosse quarantaine d'années d'importations.

Certes, le texte de loi n'interdira pas formellement l'exploitation, mais il prohibe l'usage de la seule technologie aujourd'hui capable d'extraire ces gaz, à savoir, je cite : "l’exploration et l’exploitation des mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux non conventionnels, par des forages verticaux comme par des forages horizontaux suivis de fracturation hydraulique de la roche, sont interdites sur le territoire national." - Par conséquent, l'exploitation de ces richesses est subordonnée à une rupture technologique dont on ne sait absolument pas si elle a une chance de se produire demain ou dans 20 ans. Il ne faut donc pas s'y tromper, en l'état actuel, l'adoption de cette loi constituerait un arrêt de mort de la filière des gaz de schistes en France, puisqu'aucun exploitant sur notre sol n'aurait les moyens de financer la R&D nécessaire à l'éclosion de nouvelles technologies d'exploration.

Quelles sont les raisons qui motivent une telle stérilisation de richesses de la part de nos politiciens ?

Vous vous en doutez : c'est la crainte de conséquences environnementales néfastes qui pousse nos édiles à appliquer le principe de précaution. Ces craintes sont-elles fondées ?

La fracturation hydraulique des roches profonde : coupable ?

Le présumé problème provient de la technologie employée, la fracturation hydraulique des roches profondes, indispensable pour séparer le gaz emprisonné dans des micropores de schistes, de sa roche "hôtesse" et le faire remonter à la surface. Il faut noter que cette technique, constamment perfectionnée depuis les années 40, est utilisée couramment depuis 40 ans dans le domaine de l'extraction pétrolière, dans certains types de gisements, sans que personne ne s'en émeuve.

Cette technologie utilise de l'eau, du sable, et des adjuvants chimiques (environ 0.5% de la solution), dont la plupart ont de nombreux usages grand public, comme la gomme de Guar, que l'on trouve dans... les crèmes glacées. Mais je ne puis être certain que toutes les substances indiquées soient totalement sans risque dans les conditions d'emploi considérées.

La crainte agitée par les adversaires de l'exploitation des gaz de schistes est que tant le gaz que les adjuvants chimiques remontent par capillarité des couches profondes vers les nappes aquifères plus élevées, plutôt que par le tuyau de forage qui est, lui, sécurisé. En outre, la fracturation des roches utiliserait d'immenses quantités d'eau, et la création des puits gaspillerait des ressources fossiles importantes.

Naturellement, écologistes et industriels se rendent coup pour coup, les premiers accusant les seconds de sacrifier la nature pour du profit à court terme, les seconds traitant les premiers de menteurs défendant un agenda politique anti-capitaliste. Je schématise, bien sûr.

Ainsi, le documentaire "GasLand", produit par un certain Josh Fox, a été nominé aux oscars, et montre une vision apocalyptique de notre monde lorsque les roches fracturées auront libéré de véritables poisons vers nos nappes phréatiques, condamnant des générations entières à boire une eau durablement polluée.

Ce à quoi une association américaine des producteurs d'hydrocarbures, l'EID, (qui comprend surtout des PME, pas des "too big to fail") répond par une traditionnelle séance de "debunking", c'est à dire de recensement de tous les mensonges ou omissions contenus dans le documentaire, sources à l'appui. Et il semblerait qu'effectivement, Josh Fox n'ait pas grand-chose à envier à Michael Moore ou Al Gore, dès qu'il s'agit de déformer la réalité.

Naturellement, les écologistes affirment qu'ils ont eux-mêmes "démystifié la démystification", et le match continue par blogs interposés. Alors qui croire ?

Quand le débat rationnel cède la place aux attaques ad hominem

Naturellement, le réfutation de l'EID par les écologistes n'attaque pas uniquement le message mais aussi le messager : la réfutation de GasLand, selon eux, provient d'une organisation professionnelle de pétroliers et gaziers, donc ces gens là sont intéressés donc il ne faut pas les écouter.

Cet argument, fréquemment utilisé, est pernicieux. En effet, ce sont justement chez ces professionnels que l'on trouve la plus forte concentration d'ingénieurs et de chercheurs compétents sur les techniques de fracturation de roches. Leur faire en toute occasion un procès d'intention pour "biais d'intéressement", afin de pouvoir refuser la prise en compte de leurs arguments sans contre-argumenter, relève donc d'une forme de terrorisme intellectuel visant à empêcher tout débat sur des bases saines et à éliminer de la discussion un des rares points de vue réellement scientifiquement informé.

Voici un exemple emblématique de ce terrorisme : Un géologue de l'état de New York, Langhorne "Taury" Smith, professeur de géologie de haut niveau aux multiples publications et distinctions, a osé déclarer à la presse qu'après trois années d'études approfondies, il concluait que les dangers imputés à la fracturation hydraulique des roches étaient très exagérés. Pour ces propos, il se voit sanctionné par le département de l'éducation de l'état de New York, et interdit de déclarations à la presse par son employeur suite à une campagne de dénigrement de diverses organisations écologistes.

Ce monsieur Taury Smith est il un suppôt d'Exxon Mobil ? Non. Smith se définit lui même comme un "gauchiste très inquieté par le changement climatique", et estime que la fracturation des roches doit être fortement encadrée par le département de la conservation de l'environnement, parce que "ni les industriels, ni les organisations écologistes, ne peuvent être objectives". Pas vraiment le portrait type du lobbyste à la solde d'Halliburton... Et que dit il, ce monsieur ? Extraits d'un article du Times Union :

"(T. Smith) a examiné la science de la fracturation des schistes pendant 3 ans et n'a pas trouvé de cas dans lesquels le processus a engendré une contamination des nappes, (contrairement aux) affirmations des groupes opposés à la fracturation. Les problèmes de contamination relevés près de forages n'ont pas été causés par les forages eux mêmes mais par des incidents comme il s'en produit souvent"

"(les opposants) font comme si les pires scénarios des pires incidents allaient devenir la norme"

"(la fracturation) est un sujet porteur pour les organisations écologistes pour lever des fonds".

"La consommation d'eau d'un complexe d'exploration est 2 à 3 fois moins élevée que la quantité d'eau qui sert à arroser les terrains de golf"

Parmi les arguments des opposants à la libre expression du Pr. Smith, on retrouve une fois encore en bonne place le fait qu'il ait été engagé comme consultant occasionnel pour des compagnies pétrolières : eh oui, les pétroliers, lorsqu'ils cherchent des gens compétents, ne s'adressent pas aux débutants endoctrinés généralement recrutés par les organisations écologistes mais à des gens expérimentés, de haut niveau qui s'intéressent d'abord aux faits et à la science, et ensuite à la politique.

Sinon, les critiques envers Smith relèvent essentiellement de l'émotionnel et manquent cruellement d'arguments de fond. Le comble du ridicule est atteint par une certaine Stéphanie Low, manager musicale de profession, et activiste au sein du groupe "anti fracturation" du Sierra Club, une des plus puissantes ONG vertes des USA, qui a déclaré à propos de T. Smith, que "travaillant pour l'industrie gazière, il lui est difficile de se rendre compte que la plupart de ses constats ne sont pas supportés par les faits. Peut-être ne lit il pas le New York Times ?".

C'est à pleurer : pour ces gens là, un géologue professionnel devrait apprendre son métier dans un organe de presse généraliste naturellement orienté à gauche, et faire fi de tout ce que ses travaux de recherche lui ont apporté... Pathétique.

En face, M. Hobbs, le président de l'American Geological Institute, fédération forte de 120 000 membres, excusez du peu, a défendu Taury Smith, condamnant une "diffamation" (le terme employé, "character assassination", est nettement plus fort que sa traduction automatique) de la part de ses nouveaux adversaires géologues, en estimant que le département de l'éducation de New York devrait être fier de compter un homme de la valeur dans ses rangs, qualifiant son savoir et son travail de "extraordinaire", et louant son objectivité et son a-politisme.

Comme le conclut le Times Union, qui a couvert l'affaire, "une politique publique basée sur une bonne information ne naîtra pas en réduisant au silence les opinions divergentes"...

Bref, on retrouve dans cette affaire le même type de comportement hargneux ad hominem des organisations éco-régressistes vis à vis des "dissidents" qu'en matière de changement climatique. Le traitement infligé à Taury Smith ne diffère guère de celui qu'a dû subir Richard Lindzen, un éminent climatologue aux multiples palmes académiques qui a claqué la porte du GIEC, considérant que cette organisation n'avait plus rien de scientifique.

Voilà le type de procédés auxquels les gens qui n'adhèreront pas à la doxa intégriste verte doivent s'attendre à être confrontés*...

Mais à choisir entre des scientifiques confirmés qui tiennent un discours raisonnable et équilibré, et des activistes prompts à se lancer à la chasse à l'homme dès que l'argumentation rationnelle et scientifique contredit leurs outrances, le bon sens commande d'être plus méfiant vis à vis des seconds que des premiers !

Quels sont les risques ?

Cela veut-il dire les forages ne comportent aucun risque ? Non, le risque zéro n'existe pas. Ainsi, dans un cas célèbre repris par Gas Land, celui de Dimmock, en Pennsylvanie, une nappe phréatique a été contaminée par des gaz s'échappant d'un puits dont le scellement extérieur de ciment avait été très mal fait. La technique d'hydrofracturation n'est pas en cause ici, cela aurait pu se produire dans n'importe quel puits de gisement traditionnel. La compagnie responsable du dommage a été condamnée à payer deux fois la valeur de leur maison aux propriétaires lésés, soit 4 millions de dollars au total.

De même, dans certains puits, la réglementation (exprimée en termes de moyens et non de résultats... Toujours le même problème) permettait aux foreurs de limiter la profondeur de la protection en ciment du tuyau de forage peu en dessous des aquifères. Il est évident que certaines compagnies pourraient privilégier le rendement à court terme et se retrancher derrière une réglementation mal faite pour échapper à leurs obligations environnementales. D'où la nécessité que les réglementations se focalisent sur les résultats, et que certaines compagnies ne puissent exciper de leur bonne entente avec les régulateurs pour échapper à d'éventuelles poursuites en cas de manquements. Ces craintes là, compte tenu de certaines dérives oligarchiques de nos sociétés, sont légitimes. Mais elles sont un problème institutionnel, pas un problème technique lié à la fracturation des schistes proprement dite.

Il faut savoir que les couches de gaz de schistes sont situées plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de mètres en dessous des aquifères, et qu'une partie des couches situées au-dessus des poches de gaz sont généralement imperméables, sans quoi la poche de gaz n'aurait pu se former. Il est donc infiniment peu probable que des contaminations puissent se produire par remontée capillaire des gaz ou des produits de fracturation.

Et dans tous les cas, ces contaminations, déjà rares, ne seront pas la norme. Les technologies progressent, et rien n'interdit aux services de contrôle environnemental de surveiller la qualité des nappes proches des puits et de fermer d'urgence un puits si le moindre risque de contamination apparait.

Les compagnies qui extraient le gaz d'un puits auront à coeur de ne pas avoir à payer trop souvent 4 millions de dommages à des riverains, car la rentabilité du puits concerné se trouvera alors réduite à néant. Il est donc probable que des incidents tels que ceux de Dimmock provoquent une amélioration des processus de sécurisation des forages, et rien n'interdit, là encore, des services compétents d'exercer un contrôle.

D'une façon générale, les USA exploitent les gaz de schistes depuis plusieurs années, et les rares incidents qui se sont produits n'ont pas provoqué de catastrophe sanitaire ou écologique, et ont donné lieu, comme il se doit, à des réparations assorties de dommages.

Interdire l'exploitation des gaz de schistes, une hérésie économique

L'interdiction d'exploitation que projettent les députés français, dans ces conditions, apparait comme une sur-réaction fondée sur la peur et non sur la science, qui aboutirait, si la loi était votée, et elle devrait l'être, à stériliser dans notre sol une richesse immense, richesse qui nous permettrait, en outre, de nous affranchir d'importations de certains pays avec lesquels se trouver en situation de dépendance énergétique n'est pas réellement confortable.

Barricader l'accès à 400 milliards de richesses par peur d'incidents rares dont les coûts se chiffreraient, s'ils se produisaient, au pire, en millions, voilà bien la preuve de la faillite intellectuelle et morale de nos élites. Le raisonnement est aussi stupide que si le gouvernement prétendait nous interdire de prendre une automobile parce qu'il y a 4000 morts par an sur les routes. Continuons à importer le gaz sous le contrôle de MM. Poutine et consorts, puisque dépendre de ce régime primesautier et très à cheval sur les droits de l'homme pour notre approvisionnement énergétique est sans doute bien moins risqué que l'usage des dernières technologies de fracturation en cours de développement, si j'ai bien compris...

Les promoteurs politiques de l'interdiction, les éco-activistes de la régression, agissent une fois de plus de façon criminelle en la matière, utilisant tour à tour mensonge, déformations, et intimidations si nécessaires pour tenter de faire taire les opinions de bon sens.

La propriété, solution de bon sens

Ceci dit, la législation minière française et l'organisation sociale de notre pays donnent un sérieux coup de main à ces malfaisants, pour leur permettre de recruter des légions d'opposants à bon compte.

En effet, comme le souligne Max Falque, aux USA, les propriétaires du sol sont aussi propriétaires du sous-sol, et les propriétaires fonciers bénéficient donc, par la perception de loyers, des produits financiers de l'extraction des richesses du sous-sol, laquelle est souvent opérée par des petites entreprises, des "wildcatters", et pas uniquement par des géants côtés en bourse. Par conséquent, les propriétaires sont en position de force pour imposer des résultats environnementaux respectueux des aquifères aux Wildcatters. En cas de dégâts comme à Dimmock, la justice peut facilement évaluer les torts et imposer, en outre de la juste réparation, des dommages punitifs. Enfin, tout porte à croire que l'impact paysager des puits sera fortement diminué dans les années à venir, parce que la préservation paysagère est devenue une revendication puissante des propriétaires de terrains pour autoriser les wildcatters à opérer.

En France, rien de tout cela. L'état donne des permis d'exploiter, de préférence à des grandes entreprises amies, car la bureaucratie française n'est guère avenante vis à vis des petits intervenants du secteur. Ces grandes entreprises feront tout, en cas de problème, pour jouer sur leurs connexions avec l'état pour s'exonérer de leurs fautes, et cela, les riverains ne le savent que trop bien. L'état touche directement les royalties d'exploitation, et la réforme de la taxe professionnelle, certes fort souhaitable, n'en a pas moins comme effet collatéral de couper tout lien entre une implantation industrielle et le budget de la collectivité voisine. Or, dieu sait que les perspectives offertes par les recettes d'une centrale nucléaire ont beaucoup fait pour aplanir les oppositions parfois violentes des activistes les plus virulents.

Les propriétaires voisins des forages de gaz de schistes en subiront tous les inconvénients, réels (vue sur les derricks, activité bruyante) ou supputés (risques phréatiques), sans aucun avantage : pourquoi accepteraient-ils que ces forages aient lieu à côté de chez eux ?

Il va de soit que rendre la propriété du sous-sol aux propriétaires du sol, et laisser aux associations de propriétaires fonciers le soin de gérer les relations contractuelles et conflictuelles le cas échéant avec les exploitants gaziers, et redonner confiance dans l'impartialité d'une justice dont nombre de français doutent, parfois à juste titre, en coupant les liens entre grands groupes et état, améliorerait considérablement l'acceptabilité des forages de gaz de schistes, et serait de nature à en accélérer grandement la fiabilisation complète.

Dans ce domaine comme dans bien d'autres, la primauté du droit de propriété sur les jeux politiques est plus que jamais une nécessité.

Que faire à court terme ?

A court terme, un tel changement paradigmatique du droit du sol ne se produira pas en France. Or, c'est le 10 mai que des décisions importantes et lourdes de conséquence doivent être examinées.

Les pouvoirs publics ne doivent pas céder à la manipulation des activistes. Des forages exploratoires visant à estimer la taille précise des gisements et à évaluer la composition et l'épaisseur des couches séparant les schistes gaziers des aquifères, et leur imperméabilité, doivent pouvoir être conduits dès à présent.

Quant à l'exploitation, qui ne commencera pas dès demain, pourquoi ne pas demander à l'académie des sciences de conduire un travail de synthèse de 6 mois visant à faire un état des lieux objectif de l'état de la technologie, et à établir un cahier de recommandations visant à réduire au maximum les risques environnementaux imputés aux techniques de fracturation hydraulique ? Ces recommandations, issues d'un organe à la légitimité scientifique peu contestable et à la composition suffisamment diverse pour que son indépendance soit garantie, viseraient à la fois les caractéristiques minimales du substratum révélées par le forage exploratoire pour autoriser l'exploitation, ainsi que les spécifications en matière de protection des tuyaux de forage et de composition chimique des solutions de fracturation.

Les éventuelles taxes minières auxquelles les exploitants ne manqueraient pas d'être assujettis (on est en France, tout de même) devraient être perçues par les communes concernées, ce qui recréerait un lien entre l'exploitation du gaz et le bassin de vie concerné.

Enfin, il conviendrait de rappeler, quand bien même cela ne devrait pas être nécessaire si notre construction juridique avait bien vieilli, que même si un forage respecte des normes législatives, cela n'exonère en rien les foreurs d'assumer les coûts des réparations éventuelles aux riverains si un préjudice environnemental venait à se matérialiser.

Voilà qui serait plus constructif que l'application pavlovienne de l'insoutenable principe de couardise, pardon, de précaution, que l'on prétend nous imposer le 10 mai prochain, au mépris de toute forme de bon sens.


Vincent Bénard

 

 

  Article originellement publié sur abcbourse.com

 

 

 

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Vincent Bénard, ingénieur et auteur, est Président de l’institut Hayek (Bruxelles, www.fahayek.org) et Senior Fellow de Turgot (Paris, www.turgot.org).
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En réponse à une motion, le Conseil d’Etat a décidé d’interdire l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste. Cette interdiction devrait être inscrite dans le projet de révision de la loi sur les mines, actuellement à l’étude dans le cadre du projet Géothermie 2020.

Le gouvernement a pris cette décision afin de protéger les ressources en eau du canton qui pourraient être polluées. L’extraction du gaz de schiste utilise en effet la très controversée technique de la fracturation hydraulique, qui consiste à injecter dans le sous-sol de l’eau à très forte pression et des produits chimiques. Cette crainte semble d’ailleurs étayée par une récente étude universitaire aux Etats-Unis, qui a révélé une contamination des nappes d’eau à proximité de sites d’exploitation du gaz de schiste.

En septembre dernier, le Conseil d’Etat avait déjà écrit au préfet de la région Rhône-Alpes pour lui faire part de sa préoccupation après que la France a accordé en 2009 un permis de recherches d’hydrocarbures à trois sociétés pétrolières, qui s’étend sur tout le Pays de Gex, ainsi que sur la partie frontalière de la Haute-Savoie jusqu’aux environs de Cruseilles. Le Conseil d’Etat demandait au préfet de l’informer de toute demande visant à réaliser un forage exploratoire pour le gaz de schiste dans la région. Il voulait également être tenu au courant des mesures prises pour protéger les eaux transfrontalières.

Par ailleurs, le Conseil d’Etat a modifié le règlement d’application de la loi sur les mines en y ajoutant un chapitre sur la géothermie profonde. Cela permettra aux Services Industriels de Genève (SIG) d’aller de l’avant dans leur programme de prospection, prévu dans le cadre du projet Géothermie 2020. La campagne de prospection pourrait démarrer encore cette année. Son coût est estimé à 100 millions de francs.

Le gouvernement précise que la technique utilisée pour la géothermie n’a rien à voir avec celle liée au gaz de schiste. Il s’agit en effet seulement de réaliser des forages pour atteindre des nappes d’eau chaude existantes. Toutefois, si celles-ci devaient se révéler difficilement accessibles, il pourrait être envisagé dans un second temps d’avoir recours à la fracturation hydraulique (mais sans produits chimiques) afin de créer artificiellement des cavités.

(TDG)


Des chercheurs de l'Université Duke, en Caroline du Nord, ont analysé des échantillons d'eau provenant de 141 puits privés alimentant des maisons réparties dans le bassin de gaz de schiste particulièrement riche de Marcellus, dans le nord-est de la Pennsylvanie et le sud de l'Etat de New York.

Les concentrations en méthane étaient en moyenne six fois supérieures et celles en éthane 23 fois plus grandes dans l'eau potable des maisons se trouvant à moins d'un kilomètre des sites de forage que dans celles situées au-delà de cette distance.

Les teneurs en méthane dépassaient largement dans la plupart de ces puits les 10 milligrammes par litre d'eau - niveau considéré comme le maximum acceptable par les autorités sanitaires américaines. Du propane a aussi été détecté dans dix échantillons d'eau de ces puits provenant tous d'habitations se trouvant à moins d'un kilomètre des sites d'extraction.

«Les résultats sur le méthane, l'éthane et le propane ainsi que de nouvelles indications de traces d'isotopes d'hydrocarbone et d'hélium nous conduisent à penser que les forages de gaz de schiste ont affecté les sources d'eau potable des habitations» les plus proches, souligne Robert Jackson, professeur de sciences environnementales à l'Université Duke et principal auteur de ces travaux parus dans les Comptes rendus de l'Académie américaine des sciences (PNAS) datés du 24 au 28 juin.

Données irréfutables

Les données sur la contamination de ces puits avec de l'éthane et du propane «sont nouvelles et difficiles à réfuter», insiste-t-il. «Il n'y a aucune source biologique d'éthane et de propane dans la région et le bassin de gaz de schiste de Marcellus est riche en ces deux gaz...», note le chercheur.

Ces scientifiques ont examiné tous les facteurs qui pourraient expliquer cette contamination, dont la topographie et les caractéristiques géologiques.

«Nos recherches montrent que la distance des sites de forage, aussi bien que les variations dans la géologie locale et régionale, sont des facteurs majeurs pour déterminer le risque possible de contamination des eaux souterraines qui devraient être pris en compte avant de forer», résume Avner Vengosh, professeur de géochimie et de qualité de l'eau, coauteur de ces travaux.

Précédentes indications de contamination

Des études précédentes menées également par des chercheurs de l'Université Duke avaient déjà révélé des indications de contamination au méthane de l'eau de puits situés près des sites de forage dans le nord-est de la Pennsylvanie.

Une troisième étude, effectuée par des scientifiques de l'Institut américain de géophysique (USGC), n'a en revanche trouvé aucun indice de contamination des sources d'eau potable provoquée par la production de gaz de schiste en Arkansas.

Aucune de toutes ces recherches n'a, de plus, été en mesure de détecter de contamination par les fluides - un mélange d'eau et de produits chimiques - qui sont injectés à de fortes pressions pour fracturer les roches et libérer les gaz de schiste.

Les gaz et le pétrole de schiste connaissent un véritable boom en Amérique du Nord qui bouscule la donne énergétique dans le monde en donnant accès à d'importantes réserves d'hydrocarbures bon marché aux pays occidentaux jusqu'alors inexploitées.

L'Amérique du Nord dispose d'un siècle d'approvisionnement en gaz, tandis que pour le monde ces réserves sont estimées à 250 ans. La France ne permet pas l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste sur son territoire en raison des inquiétudes environnementales, mais de nombreux industriels poussent dans ce sens pour réduire la dépendance énergétique du pays.
ats

"En tant que président, en tant que père et en tant qu'Américain, je suis ici pour vous dire que nous devons agir", a dit le président Obama ce mardi. "Les Américains, partout dans le pays, payent déjà le prix de l'inaction", a-t-il déclaré en dévoilant une stratégie nationale pour lutter contre les gaz à effet de serre.
Les feux de lenfer ?
Bein oui et comme ca ils sont aimés dans le monde entier.
Une énorme zone morte se forme dans le Golfe du Mexique

Une zone recouvrant l'équivalent de la moitié de la surface de la Suisse et où ne subsiste aucune vie a été repérée dans le Golfe du Mexique. Elle est due aux engrais de l'agriculture américaine qui se déversent dans la mer.
Je crois que vous ne comprenez pas le véritable enjeu M Bénard. Ou plus exactement, que vos commanditaire de cet article ne le comprennent pas. Les gens n'ont toujours pas oublié deepwater. Encore plus aux US où les gens continuent de crever. Les gens en ont marre de voire les gouvernements faire des guerres "au nom de la démocratie" pour faire main basse sur la distribution et l'exploitation de pétrole à l'étranger. Les gens en ont marre du déni de démocratie et du silence imposé par les militaires dans le but de produire du plutonium. A chaque étape c'est de pire en pire, sur leur vie, leurs opinions, leur environnement. Les gens sont à fleur de peau.
Personnellement il aurait fallu me mettre un couteau sous la gorge pour écrire votre article, c'est un suicide internet...
habitant en ardeche trés proche de futurs forages pour le gaz de schistes j'ai suivi avec attention votre article.je comprends tout a fais votre point de vue sur le manque a gagner.Mais pas trés d'accord quand vous dites qu'introduire des produits chimiques a hauteur de 0,5pourcent est"négligeable".mais au total 0,5pourcent de millions de m3 d'eau envoyer chaque semaine cela ne devients plus négligeable(ex:0.5pourcent de 1millions de m3 reviens a envoyer 5000m3 de produits chimiques....).Mais a mon avis les produits chimiques ne sont que "secondaires" dans toute cette histoire.je m'explique étant natif de la région et voyant chaque année des restrictions d'eau depuis environ une dizaine d'année(l'année derniére 6 mois de restriction d'eau) je ne comprends pas que ce sujet ne sois pas plus considérer.Est il rationnel d'exploiter ces gisements juste pour l'argent et quelques actionnaires au détriment de la santé de populations entieres
1/connaissant le manque d'eau qu'on va avoir dans les prochaines années
2/que ces populations ont déjà des manques d'eau à l'heure actuelle
3/la possible pollution des nappes phréatiques
4/le risque sismique due à l'injection d'eau(sujet trés peu discuté pourtant le mois dernier les usa ont suspendus des forages en arkansas a cause de multiples séismes autour des forages).
POUR FINIR QUAND EST CE QUE NOS POLITICIENS METTRONT LES MOYENS EN OEUVRE POUR UNE ENERGIE LIBRE;AU JOUR D'AUJOURD'HUI QUELQUES GENERATEURS AUTONOME ONT DEJA ETAIENT FABRIQUES .UN AMI EN A UN CHEZ LUI PRODUIT 2KW/H SANS RIEN(de plus puissant existe déjà).LE PROBLEME C'EST QUE NOS POLITIQUES PREFERE FAIRE DE L'ARGENT SUR LE DOS DU PEUPLE ET LES DETRUIRE QUE DE REGLER LE PROBLEME ENERGETIQUE.IMAGINEZ LE MANQUE A GAGNER POUR LES ETATS SANS GAZ PETROLE ....LE PORTEFEUILLE DE QUELQUES ACTIONNAIRES ET ETATS EST PLUS IMPORTANT AUX YEUX DES ETATS QUE LA VIE DE POPULATION OU QUE LA DESTRUCTION DE NOTRE TERRE
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Pour « sauver la planète », l’industrie tue les campagnes. Reporterre
13 nov.blitzel
Article impeccable. Un 11 novembre dans les labours Quand j'entends cela, cela nous rappelle, "aux oreilles de nos ancêtres dans les tranc...
Pour « sauver la planète », l’industrie tue les campagnes. Reporterre
08 nov.Patrick W3
Tout ce que vous notez est trop vrai.!!!....trop sombre, et le véritable drame est que la machine ne s'arrêtera pas, quelque soient les actions men...
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