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Pourquoi la monnaie saine est un droit humain fondamental

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Extrait des Archives : publié le 06 décembre 2012
3899 mots - Temps de lecture : 9 - 15 minutes
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Discours donné lors du Comité pour la recherche monétaire et l’éducation,

20 octobre 2011


Avant de me pencher sur les conséquences des politiques macro-économiques actuelles, j’aimerais vous introduire à ma philosophie. Je supporte le retour d’une monnaie saine pour deux bonnes raisons :


La première est qu’être libre de choisir d’investir sans risquer de voir son épargne dévaluée par l’inflation monétaire est un droit humain fondamental. Ce ne sont pas les riches qui sont les plus affectés par l’inflation. Au contraire, ils en bénéficient. Les pauvres et très pauvres en souffrent. L’inflation monétaire est néfaste à la société, c’est pourquoi le droit d’accès à une monnaie saine doit être respecté. Si le gouvernement s’auto-attribue le monopole de la monnaie, alors, il se doit de respecter les droits de propriété qui lui sont inhérents.


La deuxième est qu’il est un droit fondamental pour les personnes d’être propriétaires de leur propre monnaie plutôt que de la voir possédée par les banques. Lorsque les banques nous prennent notre monnaie et l’utilisent afin d’étendre le crédit, alors elles la dévaluent. Cela représente un abus des droits de propriété privée. Si qui que ce soit d’autre se mettait à faire la même chose, il serait poursuivi pour fraude. Les banques devraient être les gardiennes de notre monnaie et ne devraient pas l’inscrire sur leurs bilans comme leur appartenant.


Si nous nous étions contentés de suivre ces deux règles de base, nous en bénéficierions énormément. J’ai inscrit ci-dessous une liste de ces différents éléments. Nous y reviendrons en détail un peu plus loin.


Avec une monnaie saine, les gouvernements ne peuvent pas imprimer de la monnaie pour financer leurs dépenses, ce qui rend le coût réel du gouvernement apparent aux yeux des électeurs. De ce fait, en démocratie, les électeurs élisent de petits gouvernements, et les hommes politiques dépensiers ne sont simplement pas élus. Pour qu’une démocratie puisse fonctionner, elle a besoin d’une monnaie saine.


Avec une monnaie saine, les gouvernements ne peuvent pas déclarer une guerre sans que son coût soit immédiatement connu des contribuables. Elle est donc un facteur de paix et encourage l’électorat à accepter les bénéfices du marché libre et des relations commerciales pacifiques.


Avec une monnaie saine, l’épargne est protégée. Les prix tendent à diminuer graduellement à mesure que les moyens de production évoluent et que l’économie progresse. Le pouvoir d’achat de l’épargne augmente donc au fil du temps. Le pouvoir d’achat de l’épargne d’un pensionné augmente, ce qui lui permet de se procurer les soins médicaux dont il a besoin et de transmettre un héritage à sa famille après sa mort. Son épargne s’adapte à ses besoins, ce qui n’est pas le cas dans nos économies névrosées par l’inflation. Avec une monnaie saine, les retraités sont capables de s’occuper d’eux-mêmes et ne sont plus un fardeau pour l’Etat.


Avec une monnaie saine, il n’y a pas de cycles économiques. Les cycles économiques que nous connaissons sont la conséquence de l’expansion de la monnaie et du crédit par les banques. Ils sont le résultat de l’idée fausse que l’expansion monétaire entraîne la croissance. Cette idée est tout à fait erronée : l’expansion monétaire distord l’économie en favorisant un petit nombre aux dépends du plus grand nombre.


Cette liste ne présente que certains des bénéfices de la monnaie saine. Ces bénéfices représentent tout ce dont nous rêvons aujourd’hui. Tant que nous n’aurons pas de monnaie saine, nous ne pourrons éviter les crises. Aujourd’hui, nous en sommes arrivés à un point où la réponse à tous nos problèmes semble être l’expansion monétaire plutôt que la production de biens et de services.


La conséquence sur le long terme de l’inflation monétaire est que les électeurs finissent par croire que leur gouvernement aura toujours les moyens de leur fournir ce dont ils ont besoin. Ils votent donc tout naturellement en faveur d’un gouvernement toujours plus large. Ils ne remettent pas en question la provenance de la monnaie du gouvernement. Ils croient également que la liberté de chacun à dépenser sa monnaie comme il l’entend enrichit les plus faibles, alors que la réalité est tout à fait différente. Les gens sont désormais terrifiés par l’idée de marché libre. Pour cette raison, le gouvernement régule une majeure partie du secteur privé. Entre dépenses gouvernementales et régulations, le secteur privé est aujourd’hui dominé par l’intervention du gouvernement. Une moindre mesure de capitalisme est autorisée au sein des économies socialistes. Cela n’empêche pas nos maux d’être blâmés sur l’unique part de notre économie qui soit encore en état de marche.


Le contrôle le plus efficace des ambitions politiques est la monnaie saine. Mais nous n’en avons pas. Ainsi, nos gouvernements abusent de leur pouvoir de monopole sur nos devises pour financer leurs ambitions. La monnaie fiduciaire rend possible le règne des hommes politiques ambitieux. La première guerre mondiale a été rendue possible par des économistes Allemands, influencés et dirigés par George Knapp, le Keynes de son temps. Il a trouvé un moyen de financer la guerre sans augmenter les taxes. Au cours des quatre années qui ont suivi 1913, le Reichstag a imprimé de la monnaie afin de financer 85% de ses dépenses de guerre. Bien entendu, à la fin de la guerre, rien ne s’est passé comme prévu, et la devise du pays s’est effondrée complètement en 1923.


Effondrez une devise, et vous effondrez l’épargne. Aujourd’hui, l’épargne est constamment dévaluée par l’expansion de la monnaie et du crédit. Seul un fou prêterait sa monnaie en échange d’un intérêt. Les épargnants sont désormais forcés de spéculer pour pouvoir se protéger. En conséquence, il existe aujourd’hui une importante quantité de capital libre. Ce capital libre est utilisé par les ingénieurs financiers de Wall Street et de City of London afin d’obtenir des retours spéculatifs toujours plus importants. Il est devenu la réserve des emprunteurs dépensiers, tout particulièrement des gouvernements, qui n’ont aucune intention de le rembourser un jour.


Les dommages causés par la monnaie fiduciaire sur l’économie sont très importants. L’économie n’est plus représentée que par les cycles du crédit, qui sont le résultat des politiques monétaires des banques centrales. Il est très simple de comprendre pourquoi l’expansion de la monnaie et du crédit entraîne des cycles de croissance et de récession – ce qui est tout le contraire de ce qu’elle est sensée faire.


Prenons comme exemple des entreprises fonctionnant grâce à une monnaie saine. Une entreprise développant un nouveau produit ou améliorant un produit existant doit investir ses propres fonds, ou trouver quelqu’un capable de lui prêter de la monnaie. Dans chacun des deux cas, de la monnaie est retirée de la circulation et réallouée au domaine de l’épargne, puis à celui de l’investissement. Parce que cette monnaie n’est pas consommée, la force de travail et les matériaux nécessaires au nouveau projet deviennent disponibles à l’entreprise. Il y a donc transfert de ressources depuis la consommation vers l’épargne, puis de l’épargne vers l’investissement, puis de l’investissement vers la création de biens. Une balance est maintenue au sein de l’économie et aucun cycle économique ne se forme. C’est un processus non-cyclique, influencé uniquement par les besoins des gens. Ainsi, l’activité de l’entreprise est stable.


Regardons maintenant ce qu’il se passe lorsque l’investissement est financé par de la monnaie nouvellement créée plutôt que par l’épargne. Pour commencer, la banque centrale réduit les taux d’intérêts. Un crédit peu cher rend l’investissement attirant, et pousse les entreprises à emprunter. Beaucoup de chefs d’entreprises sont encouragés par le même crédit peu cher et décident de créer le même produit, en même temps.


Les entreprises commencent donc à investir simultanément. Pire encore, la monnaie peu chère encourage également la consommation, dans la mesure où elle rend l’épargne moins intéressante.


Un chef d’entreprise a donc à payer ses employés plus cher, puisque l’épargne diminue, dans le même temps qu’il entre en compétition avec les autres entreprises qui ont tiré avantage d’un crédit peu cher. Il doit également payer ses matériaux de base plus cher, pour les mêmes raisons. La combinaison de l’industrie et des consommateurs qui répondent au financement peu cher laisse paraître un semblant de croissance économique sur le court terme. Mais à mesure que l’offre diminue pour des raisons de pénurie de matériaux, les prix augmentent. Du fait de l’augmentation de la masse monétaire au sein de l’économie, le pouvoir d’achat de la devise chute, entraînant une seconde vague d’inflation des prix.


A la vitesse à laquelle les prix augmentent, les taux d’intérêts grimpent également depuis leurs niveaux maintenus artificiellement bas. Les plans de nos chefs d’entreprises tombent à l’eau. Leurs calculs de coût de main d’œuvre et de matériel s’avèrent absolument faux ; et parce que les taux d’intérêts ont augmenté, leurs calculs de retours sur investissement s’avèrent également bien trop optimistes. Pour rendre la situation encore plus délicate, l’économie finit par se détériorer, les forçant à réaliser que leurs prévisions de vente étaient également trop optimistes.


Tous les entrepreneurs qui ont profité du crédit peu cher se retrouvent sur le même bateau.


La fausse monnaie a créé des cycles économiques qui n’existaient pas auparavant. Il ne s’agit donc pas uniquement d’une question de mauvais timing de la part des banques centrales, malgré ce que de nombreuses personnes peuvent penser.


Afin de tenter de résoudre les problèmes qu’elle a causés, la banque centrale diminue une nouvelle fois les taux d’intérêts. Ce qu’elle craint plus que tout est une diminution du PIB. Elle n’est donc pas en mesure de laisser les distorsions et les mauvais investissements de la première vague de stimulation monétaire se dérouler comme ils le devraient.


Au cours de la phase de stimulation monétaire suivante, le chef d’entreprise se montre plus prudent. Il accroît fortement ses marges dans son calcul d’investissement. L’économie est donc plus lente à répondre à cette nouvelle vague de diminution des taux d’intérêts. La banque centrale doit cette fois-ci se montrer plus agressive et créer encore plus de monnaie afin que ses opérations puissent porter leurs fruits.


Ces expansions de crédit deviennent de plus en plus déstabilisantes au fur et à mesure que de nouveaux cycles apparaissent..


Le chef d'entreprise finit par ouvrir les yeux, oublier ses sentiments patriotiques et délocaliser son entreprise dans un pays où certains des facteurs de production qui lui sont nécessaires sont disponibles. Il doit se projeter sur 10, 15, voire 20 ans. Il ne peut pas se permettre de subir des cycles économiques destructeurs de trois ou quatre ans. Il est bien moins coûteux pour lui de construire une entreprise en pleine jungle et de former des natifs. C’est la monnaie peu chère qui l’a poussé à délocaliser, plus que tout autre facteur. Après un certain nombre de ces cycles, l’économie des pays dans lesquels l’épargne diminue, comme les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, devient de plus en plus dépendante de la consommation et de moins en moins dépendante de la production de biens et services.


Puis, afin d’encourager une croissance du PIB, les consommateurs sont encouragés à emprunter pour dépenser et à abandonner complètement l’épargne. Au cours de chaque cycle économique, l’épargne diminue et la dette augmente jusqu’à devenir insurmontable. C’est à ce niveau que nous sommes parvenus en 2008. Cette année a marqué la fin de l’expérience Keynésienne d’après-guerre.


Bien comprendre notre condition économique actuelle grâce à l’exemple de la monnaie saine nous offre une perspective nouvelle. Il est désormais plus facile pour nous de comprendre ce qu’il se passe dans le brouillard qu’a formé la monnaie fiduciaire. Nous pouvons ainsi mieux aborder les problèmes posés par les statistiques. C’est ici, au niveau statistique, que le système se trompe lui-même, dans le même temps qu’il trompe le reste d’entre nous.


L’abus de statistiques telles que le PIB est le plus important leurre de tous. L’ensemble des politiques économiques ont pour objectif la croissance du PIB. Nous nous devons de nous demander ce qu’il représente réellement. Le PIB ne représente pas une production monétaire, mais une valeur monétaire, ce qui est fondamentalement différent. Il nous offre des informations quant aux valeurs relatives des biens et services qui constituent notre économie.


Il est important de bien garder à l’esprit cette distinction. Afin d’y voir plus clair, utilisons une nouvelle fois l’exemple de la monnaie saine. Imaginons une économie fonctionnant grâce à l’or et l’argent, et sans expansion de crédit. Pour ne pas compliquer les choses davantage, imaginons que la balance commerciale de l’économie que nous étudions soit équilibrée, et qu’il n’y ait aucun flux net de capital vers ou depuis un autre pays. Ainsi, à la fin de l’année, il y a exactement la même quantité de monnaie, ou d’or, en circulation qu’il n’y en avait au début de l’année.


Qu'est-ce que cela signifie pour le PIB ? Tout simplement qu’il ne change pas, contrairement à l’activité économique réelle. Les quantités de monnaie épargnées par les gens ne font aucune différence, dans la mesure où l’épargne est redirigée vers la production de biens à la consommation. La part représentée par le secteur privé ou par le gouvernement ne fait aucune différence. Si vous possédez un million d’onces en début d’année, vous en aurez toujours un million à la fin de l’année. La seule différence, c’est ce que ce million d’onces permet d’acheter. La différence entre le début et la fin de l’année est donc une combinaison du facteur de prix et de la manière dont l’or disponible est distribué.


En pratique, le perfectionnisme fait partie intégrante de la nature humaine. Après un certain temps, sur un marché libre, la valeur de la monnaie saine augmente. Ceci a été prouvé par l’expérience Anglaise, ayant adopté l’étalon or en 1821 avant de l’abandonner peu de temps avant la première guerre mondiale. A cette époque, la Grande-Bretagne libérait son économie et diminuait ses taxes et ses régulations commerciales. Elle devint alors la nation la plus puissante du monde. Le pouvoir d’achat du souverain d’or augmenta significativement au cours de ces quelques 90 années.


Si nous observons la manière dont évolue l’économie dans un système basé sur une monnaie saine, nous pouvons voir que le marché libre bénéficie aux consommateurs, aux épargnants et aux entreprises. Toute tentative de mesurer ces changements grâce au PIB est simplement absurde. Ainsi, tout changement en termes de PIB représente une modification de la quantité de monnaie en circulation au sein d’une économie, et non un changement du niveau de production.


Pour de nombreuses personnes, cela peut paraître assez surprenant. Nous sommes tellement habitués à penser que le PIB représente l’état de l’économie que les politiques économiques ne sont plus concentrées que sur son augmentation, et le confondent avec l’économie elle-même. Cela justifie la théorie macroéconomique dominante, dans la mesure où aucune différence n’est faite entre le bon et le mauvais déploiement des ressources économiques. C’est pourquoi, selon une majorité d’économistes, les mauvais investissements du gouvernement ne valent pas moins que l’utilisation productive des ressources économiques par le secteur privé. Ainsi, les Keynésiens et les monétaristes sont persuadés que l’expansion de la masse monétaire les mènera vers la reprise.


Si vous comprenez cette erreur, alors vous comprenez pourquoi le taux de chômage aux Etats-Unis a atteint des niveaux dignes d’une dépression, alors que selon les statistiques du PIB, le pays soit seulement récemment arrivé à l’orée d’une récession économique. Comprenez ceci et vous comprendrez également pourquoi le gouvernement s’acharne à injecter toujours plus de monnaie dans l’économie plutôt que de faire face à ses problèmes réels. Comprenez ce que représente une confusion de l’économie avec sa comptabilité et vous comprendrez les erreurs de politique économique auxquelles nous pouvons nous attendre.


Nous pouvons remarquer que les gouvernements ne font absolument rien de bon. Ils ne comprennent pas la différence entre les marchés libres et l'intervention gouvernementale. Ils ne connaissent pas le coût réel d’une diminution de la production du secteur privé et d’une augmentation du financement du secteur public. Les activités des banques centrales ont encouragé l’apparition de cycles croissance/récession qui ont entraîné une accumulation de dette par les secteurs privé et public à tel point qu’ils ne sont plus aujourd’hui capables de la rembourser. Leurs activités ont également découragé l’épargne, qui représente la principale qualité requise pour toute forme de reprise économique sur le long terme.


C’est pourquoi nous traversons aujourd’hui une crise. Les gouvernements tentent, tous en même temps, d’emprunter des quantités de monnaie toujours plus importantes. Quant à ceux qui s’imaginent que l’épargne est élevée à l’échelle globale : sachez qu’elle est principalement concentrée entre les mains des travailleurs Chinois et Indiens, qui sont bien plus enclins à acheter de l’or et de l’argent que les obligations de nos gouvernements.


Les gouvernements ouvrent aujourd’hui les yeux sur le fait que l’idée de reprise économique se dissipe de plus en plus, emportant avec elle leurs espérances de recettes fiscales. La trappe de la dette s’est refermée sur eux. Certains pays, tels que les membres de la zone Euro, qui ne sont pas en mesure d’imprimer de la monnaie ou de s’autofinancer, sont les premières victimes de ce déséquilibre entre besoins de financements du gouvernements et capital disponible. D’autres pays, tels que les Etats-Unis et l’Angleterre, capables d’imprimer de la monnaie, utilisent ce pouvoir afin de remettre à plus tard leurs problèmes financiers et de maintenir les coûts de leurs emprunts à des niveaux très bas. Il ne leur reste cependant pas bien longtemps avant que le voile soit levé sur leurs manigances.


L’inflation des prix finira par mettre fin aux rendements sur obligations maintenus artificiellement bas : ça a toujours été le cas dans le passé, et ce n’est pas différent aujourd’hui. Les prix indiqués en devises papier augmentent partout. Les prix des matières premières reflètent également l’augmentation de la masse monétaire et du crédit. Les prix des biens essentiels, comme l’énergie et la nourriture, ont également fortement augmenté. Trop de gens pensent encore que le risque réel est celui d’une déflation, et non d’une inflation. Il ne fait aucun doute que c’est ce que pense la Fed, dans la mesure où elle a prévu de maintenir les taux d’intérêts proches de zéro jusqu’à mi-2013. Elle tombera bientôt des nues, et voici pourquoi :


Elle est sur le point d’apprendre la différence entre monnaie saine et monnaie fiduciaire. Une monnaie réelle ne peut être imprimée par les banques centrales. La monnaie fiduciaire représente la promesse gratuite d’un gouvernement dont la banque centrale nous assure qu’il s’agit bien de monnaie. La différence entre ces deux monnaies est importante. En cas de dépression, le pouvoir d’achat d’une monnaie saine, mesurée en fonction de la valeur des biens, augmente. La monnaie fiduciaire, quant à elle, perd de son pouvoir d’achat en temps de dépression, du fait des impressions monétaires du gouvernement. Ceci représente la dynamique qui a poussé le prix de l’or à la hausse au cours de cette dernière décennie.


L’inflation croissante dont j’ai parlé plus haut s’exprime en monnaie fiduciaire. Elle augmente dans la mesure où, une fois la trappe de la dette refermée, le seul moyen de payer ses factures est d’emprunter ou d’augmenter la quantité de monnaie en circulation. En temps de dépression, les recettes fiscales s’effondrent, dans le même temps que les dépenses de sécurité sociale augmentent. Afin de retarder le coup de grâce, les gouvernements des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne ont besoin de quantités de monnaie plus importantes encore que ce que nous pouvons nous imaginer.


Ce que ceux qui s’inquiètent d’une éventuelle dépression ont manqué à observer, c’est que nous sommes depuis longtemps entrés en phase de dépression. La cause en est la confusion du PIB avec la production réelle de biens et services. Produisez assez de fausse monnaie, et votre PIB aura fière allure. Ce qui aura moins fière allure, en revanche, sera votre taux de chômage. Il ne fait aucun doute que George Knapp – vous vous souvenez de lui ? le successeur Allemand de Keynes ? – aurait été heureux des performances du PIB de l’Allemagne entre 1920 et 1923. De toutes les manières, le PIB n’avait alors pas encore été inventé.


Aujourd’hui, nous commençons péniblement à prendre conscience de tous ces problèmes. Ce qui est le plus évident aux yeux de tous, c’est l’état des banques. Dans le même temps qu’il serait idiot de mettre complètement de côté un risque systémique, il y a deux choses que nous devons garder à l’esprit. En premier lieu, les banques centrales sont désormais conscientes de ce risque, ce qui fait une grande différence avec l’époque où Lehman Brothers et Bear Sterns s’effondraient. Tous les scénarios que nous craignons aujourd’hui ont sûrement déjà été anticipés. Les banques elles-mêmes sont conscientes de l’existence du risque de contrepartie. Deuxièmement, l’évolution des banques centrales au fil des années leur a offert un contrôle phénoménal sur le système bancaire. Il n’est pas correct de s’imaginer pouvoir comparer la situation économique d’aujourd’hui avec celle de 1931. En Europe, la BCE ne dispose de fonds illimités que lorsque cela lui est nécessaire. En Grèce, cela fait 18 mois qu’une panique bancaire a débuté, et nous n’avons jusqu’à présent pas assisté à un effondrement systémique. Tout ce que doit faire la BCE, c’est s’assurer que la monnaie fiduciaire soit disponible en des quantités suffisantes.


D'ici à quelques mois, nous serons en l’an 2012. Nos inquiétudes d’aujourd’hui diminueront certainement lorsqu’assez de monnaie leur aura été jetée à la figure. Selon moi, les deux principaux problèmes auxquels nous aurons à faire face l’an prochain seront la hausse du taux d’inflation – ou si vous préférez, une quantité de monnaie trop importante par rapport aux biens et services disponibles -, et la hausse des taux d’intérêts. Je ne pense pas que la Fed puisse maintenir ses taux d’intérêts à des niveaux très bas jusqu’en 2013, et je pense qu’elle en portera le blâme sur une stagflation qu’elle n’aurait pas vu arriver.


Pour finir, il est nécessaire de bien comprendre que lorsque le temps sera venu de trouver des solutions permettant de résoudre nos problèmes actuels, nous aurons d’abord dû traverser une crise avant que les choses ne commencent à s’arranger. C’est la triste réalité politique. Entretemps, il est nécessaire de répandre ce message, d’expliquer pourquoi la macroéconomie a tout faux, et pourquoi la solution à nos maux est un retour vers une monnaie saine.


Dans cet article, je me suis uniquement concentré sur deux aspects du problème: les effets déstabilisants des cycles économiques et les mauvaises interprétations des statistiques du PIB qui ne devrait, quoi qu’il en soit, pas être utilisé. Mais les choses vont bien plus loin. J’ai abordé le rôle de l’épargne, sans pour autant parler de la manière dont sa destruction par l’inflation monétaire mène à la banqueroute des gouvernements. Je ne me suis pas non plus étendu sur les déséquilibres de balance commerciale, qui ne sont que les effets d’une monnaie fiduciaire. Je n’ai pas expliqué comment nous ferions pour nourrir nos retraités et nos pauvres, devenus dépendants des pensions du gouvernement.


Même si vous n’avez pas suivi mon analyse, je vous prierais d’accepter le fait qu’une monnaie saine garantit la création d’une économie au sein de laquelle tous les individus sont égaux. Elle permet aux gens d’épargner pour leur retraite et de ne pas devenir des fardeaux pour l’Etat. Elle pousse les sociétés démocratiques à élire de plus petits gouvernements. Elle encourage les relations commerciales pacifiques et décourage la guerre. Elle est le seul chemin qui puisse nous mener vers la prospérité. Pour le salut de notre futur, il est nécessaire que nous comprenions tous bien cela.


Merci.


 

 


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Une monnaie saine 5devise) est non seulement un droit mais surtout un devoir absolu. Bien des États ont failli dans ce domaine pour ne pas dire tous sans exception et ces trahisons vis à vis des citoyens montrent à quels points les gouvernements ont été, sont et seront toujours veules, lâches et corrompus.
en temps normal j'abonde avec les analyses d'Alasdair, mais là il y a bcp de choses qu'il n'a pas bien compris je pense.
- Une "monnaie saine" c'est un pléonasme. La monnaie fiduciaire doit porter son vrai nom : une devise. Les mots ont une importance capitale sur notre capacité à réfléchir. En acceptant le terme de monnaie pour les devises actuelles (et pourquoi pas "argent" tant qu'on y est ?), on accepte et fait le jeu des menteurs/illusionnistes qui mènent les populations par le bout du nez depuis tout ce temps.
- L'utilisation de monnaie métallique est impossible dans un système de gouvernance basé sur l'élection. Un élu voudra toujours être ré-élu et par conséquence trichera dans ce but, ce qui est la porte grande ouverte à un mensonge envers le peuple, basé sur la dette et donc sur une devise. Une monnaie métallique n'a strictement *AUCUNE* chance de tenir dans le temps face à une aristocratie (qui est bien le terme pour notre mode de gouvernance), l'histoire l'a prouvé suffisamment souvent. Et inversement, l'instauration d'une devise à la place d'une monnaie sape les bases de tout autre système de gouvernance plus honnête, entrainant le dérive vers l'élection/aristocratie.
- les statistiques (dont le taux de chomage, le PIB, ...) sont minutieusement choisies et calculées afin d'entretenir le mensonge. C'est uniquement dans ce but là qu'elles sont brandies en justification, sinon elles n'auraient pas droit au chapitre. Elles entretiennent une vision déformée de la réalité, et permettent aux esprits confus d'accepter les argumentations bancales des menteurs patentés (que sont les militaires, les politiques, les puissants ...). Essayer de raisonner en les prenant en référence ne sert à rien, si ce n'est d'entretenir la confusion et de perdre de l'énergie à palabrer.
- bien d'autres points plus mineurs.

La vraie conclusion c'est que si on veut que la masse arrête d'être l'objet d'un esclavagisme moderne, il faut lutter contre tout système qui introduit/renforce ("enforce" en anglais) par conception ("by design") le MENSONGE.

Note : après reste la question psycho-métaphysique : le peuple veut-il vraiment sortir d'une relation maître-esclave ou cherche-t-il volontairement à devenir esclave ? Mais une question profonde, lourde de réflexions sur nos conditionnements/schémas de pensée, dont la recherche de réponse peut rendre mal à l'aise.

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je sais pas si j'aurai le temps de traduire ce commentaire en glish pour le lui faire parvenir. il est temps que certains commencent à sortir des illusions/formatages qu'on leur a inculqué depuis tout petit.
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Le bankster revendique le droit à la liberté de trafiquer, et pas seulement la monnaie !
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Magnifique article qui remet les choses en place et en perspectives.

Une bien saine explication actuellement indispensable au milieu de tant de confusion sciemment propagée par tant d'individus à la solde des ploutocrates.
Merci Alasdair Macleod.
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le devoir précède le droit.
Cet article montre bien qu'il n'y a jamais eu (et probablement qu'il n'y aura jamais) de gouvernement honnête.
Je songe aux articles "petite histoire de la monnaie" de ce même site.
Evaluer :   2  2Note :   0
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Un gouvernement pourrait être assez honnête s´il s´occupait de politique et s´interdisait de s´occuper du fric des autres et de leur économie(s).
Evaluer :   5  2Note :   3
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Je pense que les gouvernements sont engagés sur des pentes savonneuses dont ils ne pourront plus remonter
c'est donc aux individus de devoir faire le menage en commencant simplement par eux memes et leurs propres finances.
la monnaie papier est juste un intermediaire servant aux echanges commerciaux et on ne doit pas lui attribuer plus d'importance
et surtout pas la considerer comme perenne, c'est une etape tres temporaire entre le travail, le gain, le profit et l'acquisition de biens.
Pratiquement on ne devrait pas garder plus de cash que necessaire pour couvrir les depenses courantes, tout l'excedentaire meme modeste
doit etre transformé en epargne de sauvegarde pour s'assurer qu'il survivra a l'inflation et aux devaluations volontaires ou non.
Si l'on est en fonds on acquiert de l'or, si on est a un niveau tres modeste on peut se contenter d'argent,
mais dans tous les cas on ne gardera pas de liasses de billets qui ne valent plus rien en moins d'une decennie.
On priviligiera les pieces qui se vendent ou s'echangent tres facilement et discretement, au contraire des lingots, delicats voire dangereux a negocier,
sans perdre de vue que le jour ou tout s'effondrera plus personne ne vous reclamera de certificats d'acquisition ou de cession.
my two (golden) cents...

POL
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Une monnaie saine 5devise) est non seulement un droit mais surtout un devoir absolu. Bien des États ont failli dans ce domaine pour ne pas dire tous sans exception et ces trahisons vis à vis des citoyens montrent à quels points les gouvernements ont été,  Lire la suite
zelectron - 07/12/2013 à 01:35 GMT
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