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« Le
sentiment de confiance dans la monnaie légale émise par l’Etat est tellement
implanté chez les citoyens de tous les pays qu’ils pensent
fermement qu’un jour, la monnaie devra retrouver au moins une part de
sa valeur passée. Dans leur esprit, il apparait que la valeur est
inhérente à la monnaie en tant que telle et ils
n’appréhendent pas du tout le fait que la véritable
richesse, représentée par cette monnaie, a bien
été dissipée une fois pour toutes ».
Ce sentiment
est soutenu par les diverses régulations légales que les
gouvernements mettent en place pour tenter de contrôler les prix
internes et pour conserver un certain pouvoir d’achat pour leur monnaie
à cours forcé. Ainsi, la force de loi préserve une
mesure de pouvoir d’achat immédiat sur certains biens et la
force du sentiment et de l’usage maintiennent, en particulier chez les
paysans, une volonté de conserver du papier, de fait véritablement sans valeur.
Cependant, si un gouvernement s’abstient de produire des
régulations et permet aux choses de suivre leur cours, les biens
essentiels atteignent bientôt un niveau de prix extrêmement
élevé, le manque de valeur de la monnaie devient apparent et
l’escroquerie du public ne peut plus être
masquée ».
John Maynard Keynes, Economic Consequences
of the Peace, NY, 1920, p. 239-40 [Les
conséquences économiques de la paix]
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