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Cours Or & Argent en

Qu’est-ce que le ‘prix au comptant’ de l’or et de l’argent

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Extrait des Archives : publié le 13 novembre 2012
2029 mots - Temps de lecture : 5 - 8 minutes
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Rubrique : Université de l'or

 

 

 

 

Ceci est une reprise partielle d’un article que j’ai écrit il y a deux ans. En effet, des questions concernant le prix comptant de l’or et de l’argent et leur prix sur le marché à terme ont à nouveau été soulevées récemment.

Demandez à un trader expérimenté ou encore à un économiste qui a reçu le Prix Nobel ce qu’est le prix comptant de l’or ou de l’argent, d’où il provient et qui le fixe, et ils vous répondront tous qu’il représente l’état des transactions sur le marché physique, ou le prix marché des quantités de métal actuellement disponibles à la livraison.

Voici une réponse typique des 'experts' en ce domaine:

‘C’est pourquoi le prix comptant de New York est différent de celui du fixing de Londres. Le prix comptant change régulièrement, tout comme celui des actions, et reflète le prix des quantités de métal disponibles à la livraison par rapport à la demande’.

 

Vraiment ?

Malgré ce que vous pouvez penser ou ce que vous pouvez avoir entendu auparavant, c’est tout à fait faux.

Il n’existe aux Etats-Unis aucun marché suffisamment efficace et centralisé pour permettre l’établissement d’un prix comptant pour le métal physique. Quels sont les numéros de téléphone de ces régulateurs de marché, où sont publiés leur prix et relevés de transactions ? Qui collecte ces informations et comment sont-elles régulées ? Qui achète ou vend AUJOURD’HUI, avec livraison de métal physique comme objectif premier ?

Il existe dans le monde quelques marchés spécialisés dans la vente de métal physique, sur lesquels de réelles transactions prennent place. Le plus célèbre de tous est le London Bullion Market Association qui est une association fixant le prix de l’or deux fois par jour et dont les membres se représentent eux-mêmes sans l’intervention d’une autorité centrale.

Cependant, de nombreuses affirmations laissent à penser que le LBMA est devenu un marché papier, sur lequel une même barre d’or non-allouée peut être l’objet de nombreux contrats et sur lequel les quantités de métal échangées chaque jour excèdent les quantités physiques disponibles, un peu comme dans un système à réserve fractionnaire. Il est souvent dit que l’effet de levier y est de 100 :1.

La raison pour laquelle les transactions de métal physique sont aujourd’hui majoritairement concentrées à Londres m’a récemment été expliquée par un revendeur de lingots : ‘Il en est ainsi du fait de la confiscation de l’or dont ont été victimes les citoyens des Etats-Unis en 1933. Lorsque cette confiscation eut lieu, les échanges de métal physique aux Etats-Unis cessèrent complètement. Lorsque la possession d’or y redevint légale, le 31 décembre 1974, les transactions de métal physique s’étaient tant développées en dehors des Etats-Unis qu’il n’y avait pas de réel intérêt à ce qu’elles soient réinstaurées à grande échelle à l’intérieur des frontières du pays’.

Mais lorsque le fixing de Londres s’achève et que le jour ouvrable se déplace avec le soleil, le marché de New York ouvre ses portes et devient à son tour le mécanisme dominant de la fixation des prix. Quand et comment le prix y est-il fixé ? Où est la formation des cours ?

Je ne chercherai pas ici à répondre à ces questions mais il existe de nombreux éléments crédibles qui peuvent permettre de démontrer que les changements de prix déterminés par le guichet de l’or de New York représentent bien souvent des mouvements à la baisse par rapport à toutes les autres périodes de la journée et ce, au-delà de toute attente statistique. Cette situation est si évidente qu’elle est devenue célèbre auprès des traders chevronnés. Cela devrait représenter un signal d’alarme pour les régulateurs de marché. Aucun marché honnête ne pourrait laisser percevoir de telles anomalies sans qu’il n’y ait quelque chose qui cloche au sein même de sa structure.

Le marché physique est, aux Etats-Unis, extrêmement fragmenté entre de nombreux revendeurs qui, contrairement à Londres, ne discutent pas de la fixation des prix entre eux. Ils ont bien évidemment leurs ‘grossistes’, mais même ces grossistes sont plus nombreux que ce que vous pouvez vous imaginer.

Le prix comptant de l'or et de l'argent n'est rien de plus que le calcul de la valeur actuelle nette, basé sur le prix des contrats à termes du mois suivant.

Je n'ai pas été en mesure d'obtenir la formule spécifique utilisée par les fournisseurs de cotations tels que Kitco. Je n’essaie pas de dire qu’ils font mal les choses, je tente simplement de déterminer s’ils font effectivement les choses correctement.

Le prix comptant est calculé à partir du prix des contrats à terme, de la même manière que le ‘juste prix’ est dérivé d’un indice de prix tel que le SP, qui est essentiellement un calcul de VAN.

FORMULE PERMETTANT DE DETERMINER LE JUSTE PRIX


JP = C [1+(i-d)t/360]

JP= Juste prix des contrats à terme

C= indice des prix au comptant

i= taux d’intérêt (exprimé en tant que rendement du marché monétaire)

d= dividende (exprimé en tant que rendement du marché monétaire)

t= nombre de jours séparant le prix comptant actuel à la date d’échéance du contrat à terme.

 

Tout comme pour les calculs de valeur actuelle nette, nous utilisons le coût de la monnaie pour déterminer l’évolution réelle du prix entre la date d’échéance d’un contrat à terme et le moment présent. Pour le cas de l’or, il n’y a pas de dividende mais un cours à terme, et un calcul correct devrait inclure ce coût d’opportunité.

Etant donné que le coût de la monnaie, où taux d’intérêt à long terme est de zéro, la prime offerte par le contrat à terme par rapport au prix comptant est dérisoire. Dans la mesure où la manière de déterminer le prix comptant n’est pas rendue publique, je ne peux rien en dire de plus.

Ce qu’il est important de retenir est que le prix au comptant est ajusté au prix des contrats à terme à un mois par quelque forme de calcul. Plutôt que d’avoir un marché physique fixant le prix des métaux précieux, la quasi-totalité des transactions de métal physique déterminent un ‘prix au comptant’ dérivé d’un marché papier qui n’est pas basé sur les quantités de métal physique disponibles à la livraison.

De plus, les marchés à terme autorisent explicitement les transactions en liquide dans le cas où les quantités de métal désirées ne sont pas disponibles. En réalité, la grande majorité des transactions se fait sous la forme d’argent liquide et ne représentent rien de plus que des paris sur les produits dérivés et des couvertures commerciales liées à d’autres matières premières ou taux d’intérêts.

Je n’accuse quiconque d’entreprendre des opérations illégales ou incorrectes. J’essaie juste d’expliquer en quoi le manque d’un marché physique robuste rend ce système inefficace.

 

Il semble quelque peu ironique que le fournisseur de cotation le plus populaire fasse actuellement l’objet de poursuites concernant une tentative de fraude envers le gouvernement du Canada. Ses clients sont cependant forcés de garder confiance dans le prix qu’il fixe, dans la mesure où il n’existe aucun moyen de savoir comment ce dernier est calculé. Son cas a peut-être été clos, je n’en sais pas plus à ce sujet. Il n’en est pas moins que cette situation reste ironique.

Le prix comptant de l’or et de l’argent est sujet à de nombreuses manipulations. Il relève donc du devoir de la CFTC de prêter attention à toute activité de fixation des prix sur les marchés à terme, particulièrement aux contrats à terme à un mois qui influencent directement le prix auquel est menée la grande majorité des transactions de métal précieux aux Etats-Unis.

Je suis surpris qu’aucun entrepreneur n’ait encore eu l’idée de consolider le marché du métal physique en le rendant plus transparent et en en faisant un réel centre de fixation des prix plutôt que d’utiliser le marché des matières premières sur lequel les positions d’ampleur illimitée, les effets de levier, les règlements en liquide comme alternative aux pénuries, les réserves non-allouées et la loi du silence, sont autorisés.

Nous avons récemment pu assister à un scandale concernant un courtier de Wall Street qui a vendu du métal physique à l’un de ses clients, et lui a même fait payer des frais de stockage, sans jamais avoir lui-même possédé cet or. Sans parler de cette affaire concernant des courtiers parvenus à dérober l’or et l’argent de leurs clients sans le moindre effort et sans la moindre réaction de la part de la banque bullion susceptible d’avoir reçu ce métal.

Dans la mesure où le marché à terme fixe le prix national pour des transactions au détail qui n’ont en soi rien à voir avec le marché à terme, il est nécessaire d’imposer des régulations en termes de spéculation sur le court terme, d’établir des limitations en termes de position et d’effet de levier, et de mettre en place une comptabilité des quantités de métal disponibles à la livraison.

Les marchés de métaux précieux sont de très petite taille comparés au FOREX et aux marchés d’actifs financiers et sont, de ce fait, les plus vulnérables.

Plus le marché à terme sera efficace et honnête, plus les marchés physiques seront rigoureux.

Qu’en est-il donc de l’argument qui veut qu’une fixation inefficace des prix entraîne des pénuries artificielles que les transactions physiques finissent par contrebalancer ?

Les participants aux marchés à terme sont incapables de faire face à une mauvaise fixation des prix dans la mesure où cette dernière est établie sur le marché papier et que ce dernier ne permet pas d’arbitrage efficace. Les lois de ces marchés imposent des régulations en termes de livraison de métal physique, favorisant les échanges de monnaie papier et permettant aux positions à découvert d’être équivalentes à plusieurs fois les réserves de métal physique disponibles. La CFTC a ainsi démontré sa remarquable incapacité et l’on pourrait même dire non-volonté, à réguler les marchés, ce qui est un véritable scandale.

Un acheteur motivé possédant les quantités de monnaie nécessaires pourrait ouvertement s’accaparer ce marché, puisque tout ce qu’il aurait à faire serait d’acheter contre lui-même et d’entraîner un défaut à régler en liquide. Il tenterait donc ainsi de s’accaparer le marché ce qui devrait être sévèrement puni.

Vous vous demandez certainement pourquoi certaines personnes sont intéressées à s’engager sur un tel marché, en dehors de celles qui cherchent à obtenir livraison de leur métal pour des raisons industrielles. En réalité, seules très peu de personnes s’y engagent, excepté pour ce qui concerne l’achat de métal physique au détail.

D’un point de vue purement économique, si j’étais sur le point d’établir un mécanisme permettant à la fois la fixation des prix et la fraude, je ne pourrais pas imaginer mieux que celui qui existe aujourd’hui pour le dollar, si ce n’est que j’y ajouterais peut-être un système monopolistique opaque et indépendant, tel que celui permettant à la Fed et à ses banques de créer de la monnaie à partir de rien.

Les producteurs et acheteurs au détail sont à la merci de ceux qui contrôlent les marchés papiers, c’est-à-dire d’un petit nombre de banques bullion et de hedge funds. Cela ne nous dit cependant rien de l’influence des banques centrales sur les prix.

Une réforme est généralement très lente à voir le jour lorsqu’un tel statu quo naît de ce type d’arrangement financier. Les théories économiques indiquent que des sous-investissements et des pénuries en découleront, et que si la fixation artificielle des prix ne finissait pas par être abandonnée, ces pénuries pourraient déboucher sur un effondrement du marché voire même un défaut à grande échelle.

Nous avons pu observer une situation similaire lorsqu’Enron était responsable de la fixation des prix de l’énergie aux Etats-Unis. Ce qu’il se produira sur les marchés des métaux précieux n’en sera que plus perturbateur.

De jour en jour, un défaut devient de plus en plus évident, dans la mesure où les régulateurs refusent de promouvoir l’honnêteté et la justesse des prix. Lorsque vous voyez les banques bullion supplier le gouvernement de leur venir en aide, souvenez-vous que leurs problèmes ne sont en rien les résultats d’interventions divines mais d’un abus des marchés et du public dans un but purement personnel ne favorisant que très peu de personnes au détriment du plus grand nombre.

 

 

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