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Quand le marché des dérivés déraille

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Publié le 29 mai 2013
719 mots - Temps de lecture : 1 - 2 minutes
( 7 votes, 5/5 ) , 4 commentaires
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Rubrique : Or et Argent

 

 

 

 

Nous avons expliqué en quoi consistait le marché des dérivés et dans quelles conditions, il pouvait fonctionner sans impact sur l’économie réelle et, au contraire, absorber l’instabilité qui y règne. Malheureusement, le marché des dérivés aujourd’hui ne repose pas uniquement sur des actifs en circulation ou sur des capitaux monétaires réellement disponibles et c’est là que les choses peuvent s’envenimer.


Selon les chiffres de la Bank of International Settlements (BIS) , l’International Swaps and Derivatives Association (ISDA) et le Depository Trust & Clearing Corporation (DTCC) ), le marché des dérivés atteindrait un volume de presque $ 700 000 milliards en comptant le total des valeurs notionnelles des contrats (dont $ 640 000 milliards pour les marchés de gré à gré et le reste au sein des marchés organisés). Sachant que le notionnel n’est que rarement transféré, le volume net des transactions sur les marché des dérivés tourne plutôt autour $ 35 000 milliards, soit de 5% de ce montant. Cela représente quand même près de la moitié du PIB mondial, évalué à $ 71 000 milliards.


À titre de comparaison, si on additionne les bases monétaires de tous les pays du monde, on atteint la somme de $ 8 000 milliards de dollars à peine. Il est donc évident que le volume net des transactions enregistrées sur les marchés de dérivés ne peut s’expliquer par les seuls stocks monétaires mondiaux.


Par contre, si on se base sur l’hypothèse que le monde dans son ensemble maintient  une proportion entre base monétaire et M3 (l’agrégat monétaire le plus large incluant les crédits, dépôts, et notes créés par les banques) proche de celles de la FED et de la BCE, on peut supposer que l’offre monétaire mondiale connue se trouve autour de $ 70 000 milliards. Ceci peut alors expliquer en grande partie le volume du marché de dérivés.


Néanmoins, l’expansion du crédit bancaire implique que les marchés de dérivés ne fonctionnent plus comme un moyen de contenir les pertes liées  à la volatilité des marchés. En effet, à partir du moment où les opérations de dérivés sont largement financées par du crédit bancaire, le lien entre les marchés de dérivés et l’économie réelle ne se limite plus au contrôle de la volatilité des marchés des sous-jacents. Les pertes sur les marchés de dérivés peuvent alors toucher les bilans des banques ayant procédé à une création de crédit pour financer les acteurs sur les marchés de dérivés. Les banques ainsi affectées voient leur bilan se détériorer et mettent en danger leur solvabilité et celle de  leurs clients déposants qui pourraient perdre leurs capitaux.


Or, il faut souligner que l’usage de l’effet de levier sur les marchés de dérivés n’est pas seulement le fait des spéculateurs. Les producteurs, dont les bilans sont boostés par du crédit, cherchent aussi à se protéger de la volatilité que ce crédit abondant crée en opérant sur les marchés des  dérivés. En outre, il est intéressant de remarquer que des dérivés, comme les futures et les forwards, les CFD, les caps et les floors, rendent l’investissement financier très accessible et facile à l’épargnant lambda. Plus besoin de comprendre la complexité de l’intermédiation financière, des marchés monétaires et obligataires. Les contrats de hedge (couverture) sont des investissements à la portée de tous qui se multiplient donc quand le crédit est abondant. En gros, tout le monde s’y met.


Dans ce contexte, la plupart des contrats de dérivés sont alors créés pour couvrir les parties contre la forte volatilité créée par les manipulations des taux et les variations de la base monétaire des banques centrales. De ce fait, au lieu de canaliser la volatilité, ils  deviennent eux-mêmes un vecteur de volatilité. L’exemple le plus évident est celui de la crise des subprimes.


En conclusion, la spéculation n’est jamais un problème en soi. Au contraire, elle joue le rôle social de fournir le marché en liquidités et d’assurer la fluidité des transactions sur l’ensemble des marchés.


La spéculation financière ne devient un problème que lorsque cette activité est financée par un crédit expansionniste sans une couverture réelle en termes de réserves monétaires, mais surtout en termes d’actifs réels, c’est-à-dire, en termes de capacité productive. En l’absence d’un ancrage réel, la spéculation financière devient un vecteur de volatilité (parmi d’autres) et au lieu d’harmoniser les marchés, elle peut susciter une instabilité généralisée.


 

 

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Gabriel A. Giménez-Roche est professeur et responsable du département économie du Groupe ESC Troyes et maître de conférences à Sciences Po Paris. Son domaine de recherche est l'analyse économique de l'entrepreneuriat et son contexte socio-institutionnel. Il est également chercheur associé de l’Institut économique Molinari.
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Avec d'un coté un PIB mondial de l'ordre de 71 000 milliards de dollars et de l'autre coté de dérivés se chiffrant à un total de 700 000 milliards de dollars on se situe dans un rapport de 1 à 10 (à peu de chose près)!Cela ne vous dit rien?Ne retrouvons-nous pas le "fameux" ratio des réserves fractionnaires?

Il ne peut y avoir d'autre issue que le "Haircut" géant!La seule incertitude concerne le moment ou il va avoir lieu!

Tout fric soustrait de la "garde" des banksters va échaper au "Haircut".Mais il faut agir avant les autres:seuls les premiers pourront être servis."King" Eric Cantona avait raison en 2008:si quelques millions d'épargants retiraient leur billes,le système pèterait!

Salut cordial à tous.
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Le marché des dérivés $ 700 000 milliards contre le PIB mondial, évalué à $ 71 000 milliards, mais tout va bien brave gens ou veille (on lorgne) sur vos épargnes bancaires.
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Quand ca va petter , faudra se planquer.
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Ce sera la fin du système .
Il restera ses salades et ses Louis .
Je ferai un prix aux membres du forum.
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Dernier commentaire publié pour cet article
Avec d'un coté un PIB mondial de l'ordre de 71 000 milliards de dollars et de l'autre coté de dérivés se chiffrant à un total de 700 000 milliards de dollars on se situe dans un rapport de 1 à 10 (à peu de chose près)!Cela ne vous dit rien?Ne retrouvons-  Lire la suite
goldy - 28/05/2013 à 10:34 GMT
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