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Dernière ligne droite avant
l’élection présidentielle. Les candidats,
déclarés ou non, rivalisent de propositions censées nous
sortir de la crise.
Mais aucun n’ose aller à l’encontre
des idées étatistes. Petit décryptage hebdomadaire de la
langue de bois et de la mauvaise foi habituelle de nos politiciens.
• Le suspens est fini. Nicolas Sarkozy sera bien le candidat
de l’UMP à la prochaine élection présidentielle. L’acte
de candidature n’a pas été formulé directement
mais Nicolas Sarkozy a affirmé ne pas vouloir se dérober
à son «rendez-vous avec les Français». Alors pourquoi
ne pas lever officiellement le voile ? Question de stratégie. En
restant le plus longtemps possible dans le rôle du président, il
marque son territoire : celui de l’expérience de
l’homme en place. Rien de bien nouveau. Mitterrand et Chirac avaient
opté pour la même attitude, respectivement en 1988 et 2002. Mais
les deux anciens présidents avaient bénéficié de
la cohabitation pour user leur principal adversaire qui était
également leur premier ministre. Sarkozy n’a pas ce luxe. Il
devra défendre son bilan. Pas évident, même s’il
n’hésitera pas à se cacher derrière la crise pour
expliquer les déficits monumentaux du pays et la
croissance anémique, celle-là même qu’il
voulait, fraîchement élu, aller
chercher avec les dents.
La rafale de
réformettes annoncées dimanche a un
but : crédibiliser l’image d’un président qui
agit face aux incertitudes de l’époque. Certes. Mais comment
expliquera-t-il que ces réformes, annoncées comme importantes,
n’aient pas été engagées plus
tôt dans le quinquennat ? Et comment expliquera-t-il
qu’aucune de celles entreprises depuis 2007 n’ait
réellement abouti ? Ce sera difficile. D’autant que Nicolas
Sarkozy n’est pas apparu bon pédagogue et ses
références incessantes à l’Allemagne ne plaisent
pas forcément aux Français, qui se sentent culturellement bien
loin des Germaniques.
Le
président ne devrait pas l’oublier : les Français
l’ont élu parce qu’ils souhaitaient une rupture profonde
avec la France « rad-soc » immobile des
années Chirac. Pas pour une série de réformettes
uniquement destinées à occuper l’espace
médiatique. Cinq ans plus tard, l’ogre étatique est
toujours aussi gourmand. L’annonce, très prévisible de la
hausse de la TVA, n’a pas été accompagnée
d’une baisse drastique de l’État. On est loin de ce que
doit être une vraie rigueur, où les efforts concernent toutes
les couches de la Nation. Pour l’instant, le contribuable est bien
seul...
En mars 2007,
Nicolas Sarkozy avait osé se définir
comme libéral. Dimanche, au moins, il a eu
l’honnêteté d’affirmer, clairement et par deux fois,
le contraire.
Ainsi va le
politicien, au gré de ce qu’il pense être les courants
porteurs de voix.
• Huit chaînes de
télévision ont diffusé simultanément
l’intervention de Nicolas Sarkozy. Le téléspectateur qui
voulait y échapper avait droit sur la TNT au Grand Bazar et à
C’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il
faut fermer sa gueule. Amusante
coïncidence.
•
François Hollande est un homme intelligent qui a bien
préparé sa campagne. Mais son programme peinera à
résister à la réalité. La crise de l’euro
atteindra son point culminant à la fin du mois mars, quand la
Grèce devra faire face à une nouvelle
échéance. Alors que la crise risque de s’intensifier en
Europe, suffira-t-il de continuer à promettre la création
d’euros-bonds ? La vraie question de cette campagne est : la
France est-elle structurellement prête à retrouver rapidement sa
compétitivité économique dans une Europe qui sera
profondément modifiée par la crise ? Le fait
qu’aucun candidat ne l’évoque ne signifie pas
forcément que la réponse est positive.
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