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Réflexions connexes à l’ouvrage de Jacques Rollet, Le libéralisme et ses ennemis : Hayek, Schmitt...

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Publié le 23 août 2012
878 mots - Temps de lecture : 2 - 3 minutes
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Rubrique : Editoriaux

 

 

 

 

Quelques réflexions connexes à l’ouvrage de Jacques Rollet, Le libéralisme et ses ennemis : Hayek, Schmitt, Badiou… et les autres




Il y a six mois, en pleine campagne présidentielle, Jacques Rollet a publié un ouvrage intitué Le libéralisme et ses ennemis : Hayek, Schmitt, Badiou… et les autres.


Ma première impression, à la lecture du titre du livre, était plutôt négative. J’en vins à me demander si Rollet avait perçu la différence idéologique manifeste entre Hayek, Schmitt et Badiou. Après tout, il n’aurait pas été le premier auteur à se fourvoyer sur la nature du libéralisme…


La présentation m’a heureusement rassuré : l’auteur regrette que le volet « économie » du libéralisme fasse l’objet d’un traitement à part. « Libéralisme économique » et « libéralisme politique » seraient presque antinomiques selon certains. Hélas, certains libéraux alimentent cette confusion : ainsi, Raymond Aron écrivait dans son Introduction à la philosophie politique : « La plus grande erreur des libéraux, me semble-t-il, est d’avoir cru que le libéralisme politique et le libéralisme économique allaient de pair ».


Heureusement, Milton Friedman mit les choses au clair : « L’histoire suggère uniquement que le capitalisme est une condition nécessaire à la liberté politique. ».


Philippe Raynaud, auteur plus « neutre », indiquait, lui aussi, dans son Dictionnaire de philosophie politique, que séparer les versants du libéralisme n’avait pas de sens, étant donné qu’ils participaient tous au même mouvement de pensée et à la même vision d’ensemble de l’ordre social.


Il est vrai qu’aux États-Unis, censément « patrie de la liberté », le terme « liberal » a été dévoyé et récupéré par les sociaux-démocrates, voire par certains socialistes. Un « ultra-liberal » est même un gauchiste outre-Atlantique…


Rollet va encore plus loin : selon lui, l’extrême gauche traditionnelle, qui tient le haut du pavé intellectuel, se méfie non seulement du libéralisme économique mais rejette également le libéralisme politique. En revanche, elle apprécie le « libéralisme culturel » (liberté de se comporter comme on le désire, refus de l’autorité traditionnelle des enseignants et des parents, droit au mariage pour les homosexuels…), sachant, à juste titre, que ce « libéralisme »-ci est le meilleur moyen pour saper l’ordre traditionnel.


Ensuite – et heureusement – l’auteur, Jacques Rollet, précise bien, au stade susvisé de sa présentation, que le « meilleur adversaire » de Hayek est bien le sulfureux juriste allemand, Carl Schmitt. Le Chapitre II est ainsi intitulé : Un ennemi du libéralisme : Carl Schmitt.


Ce dernier était un souverainiste revendiqué, digne descendant spirituel du jurisconsulte français, Jean Bodin, ainsi que de Thomas Hobbes. Il rejetait puissamment le parlementarisme qui ne pouvait aller de pair avec le souverainisme. Il était également opposé au régime démocratique en ce qu’il aboutit à une « fâcheuse » division des pouvoirs.


Il s’est ainsi rapproché intellectuellement de Walter Benjamin, lequel ira au-delà des thèses de Schmitt, écrivant qu’il y a une violence restant en dehors du droit. En clair, pour ce philosophe allemand, le droit ne prime pas toujours la force et il conviendrait même d’adopter une politique toujours plus autoritaire.


Ainsi, le décret nazi pour la protection du peuple et de l’État, qui suspendait toutes les libertés publiques de la République de Weimar, ne pouvait que le satisfaire.


Pour autant, le régime hitlérien ne favorisa pas son ascension intellectuelle, bien au contraire. Car s’il accueillit de manière bienveillante, certaines actions du Führer, telles que la Nuit des Longs Couteaux, le national-socialisme était, pour Schmitt, une idéologie médiocre. Hitler n’aurait été que le fruit de l’impuissance de la République de Weimar. Devant la faiblesse de ce régime-ci, les citoyens allemands auraient porté aux nues un homme aux principes diamétralement opposés.


Par ailleurs, ceux qui crurent déceler une inflexion progressive de ses thèses autoritaristes en eurent pour leurs frais : en 1949, au crépuscule de sa vie idéologique (et bien qu’il ne s’éteignit qu’en 1985), Schmitt écrit, dans une recension intitulée Maritime Weltpolitik : « La domination de l’espace aérien et la possession de moyens de destruction pourront à elles seules s’assurer la domination sur la terre et sur la mer ». Il souhaitait la présence d’États fortement armés et expansionnistes.


De plus, il a toujours indiqué qu’on ne pouvait faire valoir aucun droit face à la souveraineté, ce qui l’éloignait encore de la doctrine libérale.


En outre, cet auteur s’est également penché sur les liens entre libéralisme et démocratie. Il analysa ainsi les régimes bolchévique et fasciste, estimant qu’ils étaient antilibéraux mais pas nécessairement antidémocratiques. En clair, libéralisme et démocratie ne se confondent pas, loin s’en faut.


Cette thèse sera en partie reprise par un auteur aux idées opposées à celles de Schmitt : Ernst Nolte. Cet historien allemand estime que le régime fasciste emprunte aux démocraties certaines de leurs caractéristiques (union du peuple avec le gouvernement, idée de « volonté générale »). Il serait, en effet, naïf de croire que Mussolini, pour parvenir au pouvoir, ne s’est pas appuyé sur un important soutien populaire.


Plus tard, reprenant involontairement les thèses schmittiennes, les libéraux anarcho-capitalistes prendront leurs distances avec le système démocratique, jugeant cette expérience insatisfaisante. Il aurait été intéressant que Rollet y consacre un chapitre, tant des auteurs aux thèses diamétralement opposés ont pu être amenés à « pondre » des contributions similaires sur le système démocratique

 

 

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