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Cours Or & Argent en

Sénèque et le stoïcisme

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Publié le 04 août 2014
625 mots - Temps de lecture : 1 - 2 minutes
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Rubrique : Or et Argent

 

 

 

 

Parmi les auteurs antiques de qualité, l’un est trop peu cité : Sénèque, digne représentant du stoïcisme. Le stoïcisme, pour rappel, fait du bonheur la fin ultime de l’existence humaine.

 

Mais il n’était pas que philosophe : il était aussi le percepteur du cruel empereur romain, Néron. Grâce à cette charge, il amassa une fortune considérable au point de succomber dans une curieuse contradiction, lui qui condamna à de si nombreuses reprises la richesse.

 

Son honnêteté reprit toutefois le dessus. Il rendit à Néron ses cadeaux, sombrant dans la pauvreté. Il devint si peu inféodé à ce dernier – qu’il considérera désormais comme un criminel – qu’il fut contraint au suicide en 65 après avoir quitté sa charge quelques années plus tôt.

 

Cette mort fut d’autant plus forcée que les idées de Sénèque en la matière étaient assez tranchées : Sénèque était contre le suicide, non pas parce qu’il faisait l’apologie de la vie mais parce qu’il estimait que l’être humain se devait de ne pas hâter sa mort pour ses proches. Son cas personnel était d’ailleurs très révélateur : sa santé était si fragile qu’il avait souvent pensé à ôter sa propre vie. Mais son sens des responsabilités l’en empêcha.

 

Sénèque n’eut de cesse de condamner ce « dégoût de la vie » si présent dans l’Antiquité – y compris chez de grands empereurs et rois – même si, paradoxalement, il saluait simultanément le suicide comme le dernier acte de l’homme libre. Ainsi, contrairement à Platon et, surtout, Aristote, Sénèque estimait que l’homme est en droit de choisir le moment de sa mort. Il existe donc une forme de contradiction, parfois déroutante, chez Sénèque sur ce thème.

 

Pourtant, Sénèque était probablement monothéiste et avait sans doute timidement permis l’ouverture des Romains au christianisme, même s’il est important de rappeler que le Dieu de Sénèque – non généreux – est antithétique au Dieu chrétien. En outre, Sénèque, comme plusieurs autres auteurs romains, voyait la religion juive d’un mauvais œil : pour lui, elle n’était que superstition, même s’il condamnait fermement le sort subi par les juifs – notamment ceux d’Antioche – sous l’Empire romain. Mais, surtout, il convient de préciser que Sénèque n’avait pas un attrait immodéré pour les questions métaphysiques.

 

Outre son approche de la religion, c’est la vision sociétale de Sénèque qu’il conviendra d’aborder et notamment celle de l’esclavage. La quantité d’esclaves dans l’Empire romain était considérable. Il faut dire que ces derniers appartenaient souvent aux armées vaincues par Rome. Or, lorsqu’on connaît le nombre de succès militaires que cet empire a connus durant son existence, on doit alors moins s’étonner… De plus, l’esclavage faisait aussi partie de l’« héritage » qu’un parent « offrait » à son enfant.

 

Les droits de l’esclave étaient peu nombreux (même si on lui accordait tout de même un enterrement religieux), à l’inverse, bien évidemment, de ceux de son maître qui pouvait le tuer. En cas de nécessité, l’esclave pouvait même être incorporé dans l’armée.

 

Une telle situation révolta Sénèque qui appela à plus d’humanité au profit des esclaves. Mais le philosophe en profita aussi pour tacler gentiment les esclaves eux-mêmes par cette phrase mythique : « Quelques-uns sont tenus en servitude, un plus grand nombre y tiennent. ». Pour Sénèque, la distinction entre maîtres et esclaves n’a pas lieu d’être.

 

L’influence de Sénèque se fit sentir au point que l’empereur Claude recommanda aux maîtres de faire preuve de plus de douceur et, donc, de moins de violence à l’égard de leurs esclaves. La législation ne cessera de s’assouplir, l’empereur Hadrien allant même jusqu’à interdire lesdits maîtres de continuer à jouir d’un droit arbitraire de vie et de mort sur leurs esclaves.

 

Ainsi, même décédé, la patte de Sénèque continua à se faire sentir dans l’Empire romain.

 

 

 

 

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"Enfin, concernant le bonheur, la vision de Sénèque et des autres stoïciens demeure critiquable. Le bonheur est effectivement un sentiment que chacun espère atteindre de façon durable. Mais une quête continue du bonheur pourrait déboucher sur des déceptions énormes et ne plus faire apprécier certains plaisirs simples de la vie."

Les Stoïciens ne voyaient pas le bonheur de cette façon là ! Cette "quête" du bonheur telle que formulée ci-dessus insinue une attente. Or les Stoïciens n'étaient pas dans une telle ATTENTE. Le bonheur étant plutôt un état lié au degré de sagesse qui nous habite.

Les Stoïciens partaient du principe qu'il fallait accepter ce qui ne dépendait pas d'eux et agir au mieux dans les domaines/moments sur lesquels ils avaient une influence.

"Pour échapper aux pièges de la Fortune, il faut d'une part ne pas la laisser elle-même remplir notre temps; d'autre part nous rendre compte que LA TEMPORALITE LIBRE EST LE PRESENT puisque le passé et l'avenir ne dépendent pas de nous." in Sénèque, "La vie heureuse", GF Flammarion.

"En définissant le souverain BIEN comme la VERTU et elle seule, le stoïcisme met à la fois l'accent sur la RECTITUDE DE L'INTENTION plutôt que sur l'acte et sur LA LIBERTE INTERIEURE QUI PERMET DE S'EMANCIPER DES CONTRAINTES QUI NE DEPENDENT PAS DE LUI, bouleversements de la cité, revers de fortune, esclavage, maladies. Dans la démarche stoïcienne par rapport à la douleur, on retient surtout l'incitation à endurer, "supporte et abstiens toi" mais le précepte qui s'aide de toutes sortes de conseils pratiques, comme de se préparer à l'avance à l'idée de maux futurs, repose sur une conviction fondamentale que la douleur n'est pas un mal." in "Histoire de la douleur", de Roselyne Rey, Editions de La découverte/poche.

Pour ceux que ça intéresse, comme Gree Solitaire, je conseille aussi les lectures suivantes :

Sénèque, "Lettres à Lucilius", Editions Pocket
Epictète, "De la liberté", Editions Folio (2 euros !)

Ce qui est "magique" avec Sénèque, c'est que bien que ses écrits aient environ 2000 ans, le fond du fonctionnement des relations humaines est identique à l'actuel, seule la forme change...
« Quelques-uns sont tenus en servitude, un plus grand nombre y tiennent. ». Disait donc Sénèque à propos des esclaves...
20 siècles plus tard, quand on voit les résultats des présidentielles ou des législatives, on se rend compte que cette phrase est toujours d'actualité.
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Bravo ! excellent rappel ...

Je vais de ce pas, me trouver une bonne édition .....

Août est parfait pour cette lecture ...
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"Enfin, concernant le bonheur, la vision de Sénèque et des autres stoïciens demeure critiquable. Le bonheur est effectivement un sentiment que chacun espère atteindre de façon durable. Mais une quête continue du bonheur pourrait déboucher sur des décepti  Lire la suite
Phoenix1 - 05/08/2014 à 11:19 GMT
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