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Cours Or & Argent en

Sortie, espoir et changement

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Publié le 08 février 2017
1476 mots - Temps de lecture : 3 - 5 minutes
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Rubrique : Editoriaux

  

Ce n’était juste qu’une farce.

N’importe qui dans ce pays qui soit encore sain d’esprit sait désormais que les huit années de présidence de Barack Obama ont été marquées par une continuité remarquable – des conditions responsables du désespoir de nombreux Américains. Maintenant que son mandat est derrière nous, que retenir du 44e président sortant des Etats-Unis ?

Il a su présider avec une bienséance imperturbable, ce qui me pousse à me demander s’il ne faisait pas que jouer un rôle. Dès le départ, il s’est offert en otage aux marionnettistes les plus sinistres du Deep State : Robert Rubin, Larry Summers et Tim Geithner sur le plan monétaire, et le parti néoconservateur de la guerre qui infeste DC pour ce qui est des affaires étrangères. Je suis convaincu que les chefs de ces gangs ont cuisiné Obama dès son élection en 2008 et lui ont dit de s’adapter au programme, sinon…

De quel programme s’agit-il ? Sur le plan monétaire, il consiste à maintenir les banques et leur guirlande de dépendants de la finance de l’ombre, de l’immobilier et des assurances à flot, quel qu’en soit le prix. En d’autre terme, il s’agit de la continuité de la politique de refinancement de Bush 2.0, consistant notamment en un stimulus d’un trillion de dollar, le sauvetage des fabricants automobiles du pays, et le transfert subreptice de plusieurs millions de dollars depuis la Réserve fédérale vers les banques européennes ayant des obligations de contrepartie envers des banques américaines.

En avril 2009, les nouveaux membres de la SEC nommés par Obama, sous l’influence des lobbyistes bancaires, ont forcé le Comité des normes comptables et financières à suspendre leur très cruciale Règle 157, qui demandait aux sociétés publiques de déclarer leurs actifs en fonction des procédures standard d’évaluation à valeur de marché. Après quoi des sociétés comme les Too-Big-To-Fail ont pu se contenter de déclarer n’importe quoi. Ce qui a ouvert la porte aux fraudes comptables qui ont permis au secteur financier de se prétendre en bonne santé au cours des huit années qui ont suivi. L’effet net de leur charlatanerie criminelle a été un élargissement du secteur financier, qui est aussi devenu plus fragile, et plus susceptible encore de s’effondrer.

Une autre caractéristique de la vie monétaire sous la présidence d’Obama a été que personne n’a payé de sa personne pour inconduite financière. Un fait qui a établi la philosophie de base de la finance à l’ère d’Obama : tout peut arriver, et rien n’a d’importance. Les régulateurs ont choisi de ne rien voir, jusqu’à ce qu’ils se trouvent obligés d’agir face à des comportements scandaleux, après quoi ils ont simplement passé des accords qui ont permis aux directeurs des banques de sauver leur peau et à leurs sociétés de verser des amendes qui ne s’élevaient qu’au simple coût de la conduite de leurs affaires. C’est ce qui s’est passé, maintes et maintes fois. Et la tête d’affiche de cette « politique » - ou devrais-je dire de ce racket – a été Jon Corzine, directeur de la société de courtage MF Global, qui a pillé les comptes « distincts » de ses clients à hauteur d’un milliard de dollars à l’automne de 2014. Corzine n’a jamais été traduit en justice, et demeure en fuite à ce jour.

Un autre signe de son échec en matière monétaire a été la réponse apportée par Obama à la décision de la Cour suprême quant à l’affaire Citizen United, selon laquelle l’ « identité individuelle » légale des corporations leur donne le droit de « prononcer librement leurs opinions » en versant autant d’argent qu’elles le souhaitent à des candidats aux élections présidentielles. Les grosses entreprises n’avaient alors plus à se contenter de louer des membres du Congrès et des Sénateurs, elles étaient en mesure de les acheter directement avec des liasses de billets.

La Cour suprême a rendu ce jugement, mais Obama aurait pu s’y opposer. L’ancien professeur de droit devenu politicien aurait pu formuler une réponse sous la forme d’une proposition de loi au travers du Congrès, alors contrôlé par son parti démocrate, ou même par voie d’amendement constitutionnel, qui aurait redéfini l’identité individuelle des corporations. Il devrait être évident que les corporations, contrairement aux citoyens de chair et d’os, n’ont ni devoirs, ni obligations, ni responsabilités envers l’intérêt public, et ne sont chargées que de répondre à leurs actionnaires et à leur directoire. Comment cela leur confère-t-il le droit de prononcer leurs opinions qui leur a été accordé par la cour ? Et pourquoi Obama et ses alliés du législatif ont-ils passé l’éponge sur cet affront à la Constitution ? Comment se fait-il que personne, dans la presse ou les instituts universitaires, ne se soit penché sur l’affaire ? Grâce à tous ces gens, nous avons autorisé le moyen principal à l’établissement d’un Deep State fasciste : le mariage officiel de l’argent des corporations et de la politique. Tout peut arriver, et rien n’a d’importance.

En matière d’affaires étrangères, il est nécessaire de mentionner la campagne aberrante d’Obama contre la Fédération russe. Après la chute de l’Union soviétique, les Etats-Unis ont promis de ne pas élargir l’OTAN si la Russie leur remettait les armements nucléaires qui menaçaient de tomber entre des mains questionnables lors du désordre qui a suivi l’effondrement. La Russie a accepté. Et qu’ont fait les Etats-Unis ? Ils ont élargi l’OTAN pour y inclure une majorité des anciens pays de l’Europe de l’est (à l’exception des restes de la Yougoslavie). Puis, sous la présidence d’Obama, l’OTAN a commencé à s’adonner à des jeux de guerre sur la frontière russe. Pour quelle raison ? La notion imaginaire selon laquelle la Russie souhaiterait « reconquérir » ces nations – comme si elle avait besoin d’adopter une série de dépendants qui, seulement très peu de temps auparavant, avaient causé la banqueroute de l’Etat soviétique. Toute analyse raisonnable qualifierait ces jeux de guerre d’agression de la part de l’Occident.

Il y a ensuite eu le coup commandité par le Département d’Etat américain contre le gouvernement élu d’Ukraine, qui a supplanté le président Viktor Ianoukovitch. Pourquoi ? Parce que son gouvernement voulait se joindre à l’Union douanière eurasienne de la Russie plutôt que s’allier à l’Union européenne. Les Etats-Unis ne l’ont pas apprécié, et ont décidé de s’y opposer en renversant le gouvernement ukrainien. Dans le cadre des violences qui ont suivi, la Russie a repris la Crimée – qui avait été offerte à l’ancienne république socialiste soviétique d’Ukraine (une province de la Russie soviétique) lors d’une nuit très arrosée par le dirigeant soviétique d’origine ukrainienne, Nikita Khrouchtchev. A quoi les Etats-Unis s’attendaient-ils ? La péninsule de Crimée a appartenu à la Russie pendant plus d’années que les Etats-Unis ont été un pays. C’est là que se trouve sa seule base navale en eaux profonde. Un référendum a été organisé, et les habitants de la Crimée ont voté en grande majorité en faveur d’un rattachement à la Russie. Alors le président Obama a décidé de punir la Russie de sanctions économiques.   

Et puis il y a eu la Syrie, champ d’affrontements entre les différentes branches de l’Islam, leurs sponsors (Iran et Arabie Saoudite) et leurs intermédiaires (le Hezbollah et autres armés djihadistes salafistes). La « solution » américaine a été de sponsoriser la chute du gouvernement syrien légitime de Bashar al-Assad. Les Etats-Unis ont continué de fonder leurs relations internationales sur la création d’Etats faillis – après leur expérience en Irak, en Somalie, en Lybie et en Ukraine. Le président Obama a complètement raté sa tentative d’intervention initiale, et a décidé d’envoyer armes et financements aux groupes djihadistes salafistes opposés à Assad, dans l’idée qu’ils n’étaient seulement que des « modérés ». La Russie a quant-à-elle décidé de soutenir le président Assad, étant elle-même persuadée que le Proche-Orient n’avait pas besoin d’un autre Etat en déliquescence. Pour ça, les Etats-Unis l’ont fustigée.  

L’attitude ridicule des Etats-Unis envers la Russie a permis le développement des relations les plus dangereuses entre les deux Etats depuis l’apogée de la guerre froide, et a culminé avec la campagne tout aussi ridicule de cet automne, qui a cherché à blâmer la Russie pour la défaite d’Hillary Clinton.

Je n’ai voté ni pour Hillary ni pour Donald Trump (j’ai voté David Stockman). Je ne suis pas heureux de voir Donald Trump devenir président. Mais j’en ai aussi assez de M. Obama. Il a fait preuve d’une bonne contenance. Il semble sympathique et intelligent. Mais finalement, il n’est rien de plus qu’un laquais des sombres forces de l’opération de racket bureaucratique du Deep State aux Etats-Unis. Washington est véritablement un marais qui doit être drainé. Barack Obama ne comptait pas parmi son infestation d’alligators. Il était une sorte d’oiseau à l’élégant plumage qui chantait tous les matins au lever du soleil pour les reptiles qui s’agitaient dans la boue. Et le voilà qui s’envole.

* * *

 

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James Howard Kunstler est un journaliste qui a travaillé pour de nombreux journaux, dont Rolling Stones Magazine. Dans son dernier livre, The Long Emergency, il décrit les changements auxquels la société américaine devra faire face au cours du 21° siècle. Il envisage un futur prochain fait de crises sociales à répétition, la fin de la Surburbia et du modèle économique associé et une guerre mondiale pour les ressources en énergie. Il prédit la déconstruction des empires européens et américains et pense que, lorsque les convulsions seront terminées, le monde reviendra à un modèle décentralisé et local.
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Toujours excellents les billet de J H Kunstler. Toujours à lire avec intérêt, de même d'ailleurs que les billets de Ron Paul.
Cela permet à nous, européens d'avoir une vision critique de ce qui se passe de l'autre côté de l'Atlantique.
En attendant une dynamique (mondiale?) est en route et ça ne va pas brasser que de l'air....
Excellente analyse Monsieur Kunstler..!!
Et bien sûr tout ceci explique ce qui maintenant arrive.
Valait-t'il mieux pour les USA avoir un élégant Laquais, qu'aujourd'hui un Guerrier en guerre contre le Deep State...chacun peut donner sa réponse, mais la terre tremble en ce moment , et c'est normal.
L'amorce du retournement des peuples contre la Mondialisation fait partie de la Conscience Universelle. Il faut juste l'accepter.
Evaluer :   2  0Note :   2
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Je préfère m'en réjouir.
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Toujours excellents les billet de J H Kunstler. Toujours à lire avec intérêt, de même d'ailleurs que les billets de Ron Paul. Cela permet à nous, européens d'avoir une vision critique de ce qui se passe de l'autre côté de l'Atlantique. En attendant une  Lire la suite
merisier - 10/02/2017 à 10:33 GMT
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