Fermer X Les cookies sont necessaires au bon fonctionnement de 24hGold.com. En poursuivant votre navigation sur notre site, vous acceptez leur utilisation.
Pour en savoir plus sur les cookies...
AnglaisFrancais
Cours Or & Argent en

Subjectivisme en sciences sociales versus positivisme

IMG Auteur
Extrait des Archives : publié le 18 juin 2012
971 mots - Temps de lecture : 2 - 3 minutes
( 13 votes, 3,1/5 )
Imprimer l'article
  Article Commentaires Commenter Notation Tous les Articles  
0
envoyer
0
commenter
Notre Newsletter...
Rubrique : Fondamental

 

 

 

 

Peut-on réduire l'univers à une mécanique simple, facilement décodable ? Et peut-on appliquer cette méthode à la société de façon à prédire les faits sociaux et à les organiser scientifiquement ? Tel est le défi lancé par la science moderne à partir du XVIIe siècle, défi relevé par Auguste Comte et Saint Simon dans le domaine des sciences sociales au XIXe siècle. Pourtant des penseurs ont contesté cette vision simplificatrice d’une science universelle, capable de s’appliquer à tout objet, y compris à l’homme. Ainsi, pour Max Weber, « moins que jamais la science authentique, qu'il s'agisse de la physique ou de la sociologie, nous donne de l'univers, cosmique ou humain, une image achevée, dans laquelle on pourrait lire notre destin ou notre devoir. » (Max Weber, Le savant et le politique. Préface de R. Aron).


Le positivisme


Auguste Comte est le fondateur du positivisme, philosophie qui admet pour seule démarche rigoureuse la méthode expérimentale. En effet, sa loi des trois états relègue l’état théologique et l’état métaphysique aux âges de l’enfance et de l’adolescence de la pensée. Les croyances en Dieu ou en l’âme lui apparaissent comme des fictions de l’imagination. L’état positif est l’état de l’esprit qui a renoncé à ces fictions pour s’attacher aux lois de la nature, c’est l’âge adulte de la pensée, l’âge de la science moderne. La science doit renoncer à la question du « pourquoi » (recherche du sens et de l'absolu) pour se concentrer sur le « comment » afin de décrire les lois de la nature, dans le but d'être utile à la société. Chez Auguste Comte, le positivisme est aussi la conviction que la démarche expérimentale peut s’étendre à l’ensemble des questions que soulève l’esprit humain. Aussi Comte envisageait-il l’extension de la méthode positive à la totalité des disciplines y compris à l’étude de l’ordre social qu’il fut le premier à appeler « sociologie ». C’est pourquoi Raymond Aron a écrit : « on peut appeler positivistes les sociologues qui croient à l’unité fondamentale de la méthode scientifique. »


Mais la complexité sociale et économique, la subjectivité et la liberté humaine sont-elles réductibles à des lois rationnelles ? La réalité de l'action humaine intentionnelle, n’échappe-t-elle pas au déterminisme strict et aux tentatives de prédiction quantitatives ?


La méthode en sciences sociales 


Durkeim est un positiviste. Pour lui, la tâche du sociologue est d’expliquer comment les « structures sociales » influent sur les comportements individuels selon le principe d’un strict déterminisme. Si les phénomènes sociaux sont soumis à des lois naturelles, il faut « traiter les faits sociaux comme des choses ». D’où le projet de Durkheim d’une « physique des mœurs et du droit ».


Toutefois, contre cette réduction des sciences sociales aux sciences de la nature, est né dans le monde germanique un courant critique : la démarche « compréhensive » ou le « subjectivisme » en sciences sociales.


Ainsi, la sociologie de Max Weber est « une science qui se propose de comprendre par interprétation l’activité sociale ». Le but du sociologue est la compréhension du sens subjectif visé par les agents. Weber entend par « activité » un comportement humain auquel l’agent communique un sens subjectif. Donc, l’agir est la clé de la dynamique sociale. Contrairement à Durkheim, Weber n’envisage pas de traiter les faits sociaux comme des choses, indépendamment de leurs auteurs, de leur subjectivité, de leurs motivations et de leurs intérêts.


Cette méthode se retrouve dans les travaux de l’école Autrichienne d’économie, à la suite de Carl Menger et de Ludwig von Mises. Selon eux, ce sont les conceptions individuelles, les opinions que les gens se sont formées d'eux-mêmes et des choses, qui constituent les vrais éléments de la structure sociale.


Le subjectivisme en économie


 Dans Scientisme et sciences sociales (chapitre 3, Plon, 1953), Friedrich A. Hayek a bien expliqué la différence entre l'optique des sciences de la nature et celle des sciences sociales. Il propose d'appeler la première « objective » et l'autre « subjective », non pas parce que le savant ferait intervenir ses propres opinions ou son imagination mais parce que son objet, les « faits » sociaux, est constitué par des opinions. En effet, les « faits » sociaux ne sont pas des « choses » que l’on pourrait définir de façon matérielle mais des actions humaines qui ne peuvent se comprendre qu’à la lumière des croyances de l’acteur. « Pour ce qui est de l’action humaine, écrit Hayek, les choses sont ce que les gens qui agissent pensent qu’elles sont ». Les individus qui composent la société sont guidés dans leurs actions par une classification des choses et des événements établie selon un système de sensations et de conceptualisations qui a une structure commune et que nous connaissons parce que nous sommes, nous aussi, des hommes. Le subjectivisme en sciences sociales est donc un réalisme épistémologique. Il prend en compte les phénomènes mentaux comme les sciences de la nature prennent en compte les phénomènes matériels.


Ce caractère essentiellement subjectif des données de l’action humaine, qui est commun à toutes les sciences sociales, a été développé beaucoup plus clairement par la théorie économique. Ainsi en économie, les prix ne traduisent pas ce que sont les choses en elles-mêmes, mais les choses telles que perçues par les gens, en fonction de la valeur que les gens leur attribuent. C’est le subjectivisme qui a permis à Carl Menger de démontrer que la valeur est entièrement subjective. C’est lui qui a permis à Mises et à Hayek de proposer une théorie de la formation des prix fondée sur les préférences subjectives de l’ensemble des acteurs. « Il n’y a probablement aucune exagération à dire que chaque progrès important de la théorie économique pendant les cent dernières années a été un pas de plus dans l’application cohérente du subjectivisme », affirme Hayek dans Scientisme et sciences sociales.


 

 

<< Article précedent
Evaluer : Note moyenne :3,1 (13 votes)
>> Article suivant
Damien Theillier est professeur de philosophie. Il est l’auteur de Culture générale (Editions Pearson, 2009), d'un cours de philosophie en ligne (http://cours-de-philosophie.fr), il préside l’Institut Coppet (www.institutcoppet.org).
Publication de commentaires terminée
Dernier commentaire publié pour cet article
Soyez le premier à donner votre avis
Ajouter votre commentaire
Top articles
Derniers Commentaires
L’explosion de la fortune des plus riches en France grâce au Casino
05:43silvera
@Pschitt Je ne suis pas sure de comprendre ce que vous voulez dire. Dans un contexte où les bourses sont boostées par les injections d...
L’explosion de la fortune des plus riches en France grâce au Casino
20 aoûtPschitt1
Bonjour Fortuna, "La richesse n'est pas un jeu à somme nulle". C'est parfois vrai, mais souvent faux ! Sur les marchés financier...
Charlottesville et l’agonie d’Internet
22 aoûtsilvera2
Excellent article de monsieur 16, nuancé et qui tranche avec tout ce qu’on peut lire sur internet et dans les médias en général.
Comment se comporte l’argent quand le ratio or/argent se renverse
21 aoûtSaphir1
Mais comme l'euro est repartit pour augmenter, on atteindra tout juste le niveau de 2012, 50$/30€ l'once, pas terrible.
Une pétition pour l’annulation des billets à l’effigie de George Wa...
21 aoûthoum2
pour etre mal barrés c est sur !! Un plan de la NASA pour empêcher le supervolcano de Yellowstone d'être en éruption, pourrait en fait le faire...
Une pétition pour l’annulation des billets à l’effigie de George Wa...
21 aoûtDorothée2
on dirait bien que partout en Occident, tous les systèmes d'agitation et de propagande de l'internationale socialo-marxiste mondialiste, violente, ...
Il est déjà temps de penser à ses vieux jours !
21 aoûtglanduron4
Parfaitement d'accord avec vous, Dorothée (comme d'habitude...). Le meilleur moyen de cesser de cotiser auprès d'organismes gloutons, dont...
Il est déjà temps de penser à ses vieux jours !
21 aoûtDorothée4
la première mesure serait de refuser et de cesser de cotiser aux spoliatrices et ruineuses caisses de retraite monopolistiques étatiques et ( soit-...
Articles les plus commentésFavorisPlus...
Flux d'Actualités
TOUS
OR
ARGENT
PGM & DIAMANTS
PÉTROLE & GAZ
AUTRES MÉTAUX