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Sur le chemin des réformes : Introduction

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Publié le 20 novembre 2013
961 mots - Temps de lecture : 2 - 3 minutes
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Rubrique : Editoriaux

 

 

 

 

La situation socio-économique actuelle de la France est en train d’atteindre un point critique. Face à la crise financière et à un monde qui change, le gouvernement ne voit d’autre solution que le renforcement d’un modèle basé sur l’imposition et l’interventionnisme. Or, ce modèle a pratiquement atteint son paroxysme, au point que toutes les factions politiques de droite comme de gauche montrent leur désaccord explicite. Même les membres du parti socialiste et ceux du gouvernement ont du mal à cacher les dissensions internes face à la débâcle de la politique actuellement en place.


Plus surprenantes sont les preuves de l’attachement historique du peuple français à la propriété privée et à la liberté d’entreprendre. Le temps des vraies réformes et non des simulacres réformistes, est sans doute enfin arrivé.


Néanmoins, celui qui pense qu’un ensemble de réformes profondes et complexes pourrait être immédiatement mis en place se trompe énormément. Car si les Français convergent vers un refus de la fiscalité et de l’interventionnisme, ils ne convergent pas encore visiblement sur la question des dépenses publiques à l’origine de cette fiscalité et de l’interventionnisme en général. La population n’a pas encore fait le lien entre les deux choses. Même les plus radicaux qui souhaitent la répudiation pure et simple de la dette publique oublient souvent qu’il ne sert à rien de la répudier si les circonstances de son avènement restent présentes. Il ne suffit pas de répudier la dette, il faut répudier les déficits de tout type dès le départ.


Autre facteur susceptible d’empêcher un mouvement réformiste  est le fait que la crise sociale n’a probablement pas encore  atteint son point critique. Par conséquent, tout projet de réforme de grande ampleur sera confronté au blocage imposé par des groupes d’intérêt minoritaires, assez puissants pour montrer leur « détresse » et faire appel au sentimentalisme du peuple. En effet, tant que la majorité de la population ne se trouve pas menacée elle-même par la crise, elle restera émue par le chagrin des groupes bénéficiaires des rentes publiques affectés par les réformes.


Ce point doit attirer notre attention sur cette dichotomie liberté-sécurité. Aujourd’hui, le désir de réformes concerne essentiellement la liberté fiscale, la liberté d’entreprendre, la liberté de travailler. Cependant, recouvrer ces libertés suppose forcément de restreindre la liberté de ceux qui profitent justement du manque de liberté de la majorité de la population et bénéficient d’une rente. Car ce qui limite les libertés de travailler, d’entreprendre et de bénéficier des fruits de son travail sont évidemment le poids de l’État, ses dépenses, son train de vie.


Ceux qui auraient tendance à se focaliser sur les fonctionnaires se tromperaient de cible. Car s’il est vrai que le nombre des fonctionnaires est un aspect frappant de la lourdeur étatique, il est dépendant d’autres éléments plus importants.


D’un côté, nous avons des élus qui cumulent les postes et les responsabilités. Le problème n’est pas tant le cumul en soi, mais les structures administratives mises en place dans le seul but de le justifier. Ces structures tendent à employer le fonctionnariat à des tâches dont l’utilité sociale reste ambigüe. En effet, des postes et des dépenses sont créés dans le seul but de justifier une administration et ses mandats.  Rien d’étonnant à ce que le poids des administrations territoriales représente ainsi une bonne partie de la lourdeur étatique actuelle puisqu’elles servent justement à justifier ces cumuls.


De l’autre, nous avons les entreprises et les associations qui n’existent qu’en vertu de la demande étatique pour leurs produits. Il s’agit là d’organisations qui ne participent pas vraiment au jeu du marché car elles n’offrent rien au grand public. Leur seul demandeur est l’État. Ceux qui pensent que leur intégration dans le marché est assuré par l’utilisation des ressources présentes dans le marché se trompent. En fait, ces ressources sont détournées d’un usage plus socialement utile. Elles auraient pu rester disponibles aux organisations et individus qui produisent pour d’autres organisations et individus en dehors de l’État.


Soulignons aussi que les fonctionnaires compétents et potentiellement efficients auraient tout à gagner d’une réforme de l’État. Les réformes obligeraient ce dernier à gagner en efficacité et à faire usage des capacités aujourd’hui gaspillées dans une bureaucratie qui n’a aucune raison d’être. Malheureusement, ces fonctionnaires compétents sont souvent amalgamés aux incompétents. Pire, les compétents eux-mêmes ne voient pas qu’il n’y a aucune fatalité à ce que leur destin soit le même que celui de personnes qui s’autorisent à rester incompétentes.


La population quant à elle a tendance à amplifier les risques de ceux qui profitent de la restriction de ses libertés. Pourtant, la perte de leur sécurité étatique n’implique pas la perte totale de sécurité. Aujourd’hui, ils se trouvent assignés à des tâches qui souvent ne leur permettent pas d’exprimer leur réelle  compétence. Dans un monde où les capitaux des riches et des pauvres seraient plus abondamment disponibles, où les entreprises pourraient se former et s’épanouir plus facilement, et où les travailleurs pourraient offrir leurs services sans crainte d’un manque des postes, leur sécurité serait toujours assurée.


C’est seulement quand la population arrêtera de penser que leur liberté est dépendante de la perte de sécurité des autres qu’elle sera prête aux réformes. C’est seulement quand les citoyens se rendront compte que leur propre sécurité est en jeu par manque de liberté, que les réformes seront enfin les bienvenues.


D’où la question du timing des réformes. Le timing des réformes dépendra des circonstances. Si l’idéal est bel et bien de réformer globalement et immédiatement, un tel projet implique que la situation se soit tellement dégradée que la population ne voit d’autre solution au maintien de sa sécurité que celui des réformes. Nous ne sommes pas encore là. Par conséquent, les réformes devront être graduelles et ordonnées, sauf à accepter un délitement social plus profond.


À suivre


 

 

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Gabriel A. Giménez-Roche est professeur et responsable du département économie du Groupe ESC Troyes et maître de conférences à Sciences Po Paris. Son domaine de recherche est l'analyse économique de l'entrepreneuriat et son contexte socio-institutionnel. Il est également chercheur associé de l’Institut économique Molinari.
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