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Sur le lien entre inflation et chômage

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Frank Shostak
Extrait des Archives : publié le 21 décembre 2016
1033 mots - Temps de lecture : 2 - 4 minutes
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Rubrique : Fondamental

 

Aux Etats-Unis, le déclin du taux de chômage jusqu’à 4,6% au mois de novembre, depuis 4,9% le mois précédent et 5% au mois de novembre de l’année dernière, a poussé quelques commentateurs à suggérer que nous ayons presque atteint ce qu’ils appellent le niveau naturel, qui selon beaucoup se situe aux alentours de 4,5%.

Beaucoup pensent qu’une fois que le taux de chômage passe en-dessous de ce taux dit optimal – aussi appelé taux de chômage à inflation stationnaire (TCIS) – ce dernier enclenche une spirale inflationniste.

Cette accélération du taux d’inflation prend place au travers de hausses de la demande en biens et services. Elle accroît également la demande des travailleurs, et fait pression sur les salaires, ce qui renforce davantage la croissance du taux d’inflation.

De ce point de vue, il sera difficile pour le président Trump de donner vie à son projet de réduction des taxes et de financement par le gouvernement de projets d’amélioration des routes et des ponts sans risquer une forte hausse du taux d’inflation.

Notez qu’au mois d’octobre, la croissance annuelle de l’indice des prix à la consommation était de 1,6%, contre 0,2% en octobre de l’année dernière.

La Réserve fédérale aurait donc peut-être à adopter une position plus agressive vis-à-vis des taux d’intérêt, afin de contrer toute accélération possible du taux d’inflation.

Le TCIS est une mesure arbitraire, dérivée de corrélations statistiques entre l’évolution de l’IPC et du taux de chômage. Ce qui importe pour le TCIS est que la théorie fonctionne, c’est-à-dire qu’un déclin du taux de chômage en-dessous du TCIS génère une accélération du taux d’inflation.

Utiliser des corrélations statistiques comme base d’une théorie signifie que tout peut être justifié. Imaginons par exemple qu’une forte corrélation ait été observée entre les revenus de M. Jones et le taux de croissance de l’IPC. Plus le taux de croissance des revenus de M. Jones augmente, plus l’IPC augmente.

Nous pouvons en conclure qu’afin de garder le contrôle sur le taux d’inflation, la banque centrale doit observer et contrôler le taux de croissance des revenus de M. Jones. Cet exemple n’est pas plus absurde que la théorie du TCIS.

L’objectif d’une théorie est de présenter des faits de la réalité sous une forme simplifiée. Une théorie doit provenir de la réalité, et non d’une idée arbitraire basée sur des corrélations statistiques.

Contrairement à la conscience populaire, la croissance de l’activité économique ne génère pas une hausse des prix des biens et services et une surchauffe économique autrement appelée inflation. Quel que soit le taux de chômage, tant que chaque hausse des dépenses est soutenue par la production, il ne peut y avoir aucune « surchauffe ».

Une surchauffe se produit si les dépenses augmentent dans être soutenues par la production, une situation qui se présente lorsque la masse monétaire augmente. Une fois que la masse monétaire augmente, elle génère un échange de rien du tout contre quelque chose, ou une consommation sans production préalable.

En règle générale, une hausse de la masse monétaire est suivie d’une hausse des prix des biens et services. Les prix signifient la quantité de monnaie que les individus dépensent pour obtenir des biens et services. Lorsque de la monnaie est créée, elle intègre les marchés non pas immédiatement, mais par étapes. Ce qui explique le décalage entre l’évolution de la masse monétaire et l’évolution des prix.

Si la masse monétaire d’une économie augmente alors que la quantité de biens demeure inchangée, plus de monnaie doit être dépensée pour obtenir les mêmes biens (les prix grimpent). A l’inverse, si la masse monétaire demeure inchangée, il n’est pas possible de dépenser plus pour se procurer les mêmes biens et services, c’est pourquoi aucune hausse générale des prix n’est possible. De la même manière, au sein d’une économie en expansion où la quantité de biens disponibles augmente mais où la masse monétaire est inchangée, les prix baissent.

La limitation des dépenses gouvernementales et de la création monétaire est source de création de capital

Si le président Trump mettait fin à la création monétaire à partir de rien et réduisait les dépenses de l’Etat, le secteur privé créateur du capital aurait entre ses mains davantage de capital réel, ce qui renforcerait le processus de création de capital.

Un renforcement du processus de création de capital permettrait une hausse de production de biens et services, c’est-à-dire un renforcement de la croissance économique. En conséquence, le taux de croissance du prix des biens et services déclinerait, de la même manière que le taux de chômage.

Au sein d’une économie non-altérée dont le gouvernement n’est que peu impliqué dans les activités économiques et où il n’existe pas de création monétaire à partir de rien, les ressources peuvent être utilisées de manière efficace. Dans un tel environnement, personne n’aurait besoin du TCIS. Cet environnement serait en effet source d’une expansion du capital réel, d’un faible taux de chômage et d’un déclin du taux d’inflation.

Notez également qu’au sein d’une économie de marché fonctionnant correctement, toute forme de chômage ne peut être que de nature volontaire. Les individus sont rémunérés dépendamment de leur contribution à la production de capital. Ceux qui chercheraient à obtenir un salaire supérieur à leur contribution à la création de capital ne trouveraient simplement pas d’emploi.

En revanche, les chances que Donald Trump embrasse une politique de gouvernement limité incapable de création monétaire à partir de rien sont probablement nulles.

Une croissance des dépenses gouvernementales sape la création de capital

C’est pourquoi je suis d’avis qu’une expansion agressive des dépenses gouvernementales a toutes les chances de venir saper davantage le processus de création de capital et de nous mener vers toujours plus de difficultés économiques.

Si le processus de création de capital est capable d’absorber les abus liés à l’expansion du gouvernement et aux politiques de création monétaire de la banque centrale, alors les politiques de Donald Trump et de la Fed sembleront fructueuses.

Cette illusion se trouvera brisée une fois que le capital réel commencera à décliner. L’économie plongera alors dans une profonde crise économique.

Les politiques laxistes de la Réserve fédérale et du gouvernement ne feront qu’aggraver la situation. Le gouvernement n’est pas une entité créatrice de capital – il ne peut qu’en consommer.

 

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