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Il semblerait, selon Madame Lagarde, que les
Grecs soient un peuple de fraudeurs faisant preuve d’un manque flagrant
de citoyenneté.
Bien entendu, les commentateurs se sont
empressés de remarquer que la Grèce étant un pays
démocratique depuis peu, le rôle de l’Etat était
encore faible et l’habitude de payer des impôts peu
établie, comme s’il y avait une corrélation entre
démocratie et acceptation de l’impôt.
Mais regardons-y de plus près. Selon deux personnes haut
placées au ministère des Finances Grec, d’après Reuters, les
Grecs refuseraient désormais
de payer leurs impôts en euros dans l’anticipation de pouvoir les
payer bientôt en drachmes dévaluées. Et comme ils n’ont pas de
gouvernement, ils souhaitent attendre avant de payer lesdits impôts de
savoir si les élections du 17 Juin prochain verront l’émergence,
ou non, d’un nouveau gouvernement.
Et dans cette attente les recettes de l’Etat
ont chuté de 10% en Mai.
Hors d’Athènes et de Thessalonique, les revenus fiscaux
ont baissé entre 15 et 30%.
Le schéma est classique, même s’il
est dramatique. Tout d’abord une fuite des capitaux qui a déjà
eu lieu, puis une panique bancaire silencieuse qui se manifeste par un
retrait massif de liquidités, et maintenant le refus de payer des
impôts à un gouvernement qu’ils n’ont pas, dans une
monnaie qu’ils n’auront peut-être plus dans peu de temps.
En réalité, les Grecs se
préparent à un retour à la Drachme, et ils essayent,
tout à fait raisonnablement et logiquement, de se protéger le
mieux qu’ils peuvent de leur prochaine et brutale perte de pouvoir d’achat.
Ce faisant, bien évidemment, ils accélèrent
le processus de retour de sortie de l’Euro et de retour à la
Drachme.
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