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Taux d’intérêt des dettes souveraines : une baisse illusoire

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Publié le 04 juillet 2012
738 mots - Temps de lecture : 1 - 2 minutes
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Rubrique : Or et Argent

 

 

 

 

La récente détente des taux d’emprunt des  États comme la France ou l’Allemagne est interprétée par certains analystes comme une marque de confiance des investisseurs et un témoignage de regain de solidité de de l’économie de ces pays.


Cette opinion est pourtant erronée. Les taux d’intérêt sont des prix, fruit d’une offre et d’une demande. Ils sont largement influencés par la politique de la banque centrale qui gère la zone monétaire concernée, les prix étant d’autant plus faussés que l’interventionnisme est important. Or la période récente a été marquée par une création monétaire massive de la part des banques centrales (le bilan de la Banque centrale européenne (BCE) représente désormais environ un tiers du PIB de la zone euro), ce qui pousse artificiellement les taux d’intérêt à la baisse. L’interprétation de l’évolution du niveau des taux d’intérêts en devient donc assez hasardeuse.


Une fois évacuée la problématique de la création monétaire, qui d’ailleurs n’est pas l’apanage de la banque centrale et provient aussi des banques commerciales, quels autres paramètres influencent les taux d’intérêt ?


On peut considérer que ce taux d’intérêt est la somme de trois composantes. La première est la préférence temporelle, c’est-à-dire le choix de renoncer à consommer son capital aujourd’hui pour l’épargner sur une durée contractuelle et obtenir une rémunération en échange. Sans quoi le prêteur n’a aucun avantage à l’opération : il peut tout aussi bien thésauriser son capital.


La seconde composante est l’inflation, ou plus exactement l’anticipation de l’inflation future. L’investisseur souhaite ainsi se couvrir contre la perte du pouvoir d’achat de la monnaie (augmentation de la masse monétaire). L’investisseur demandera un taux d’intérêt d’autant plus élevé qu’il anticipe une forte dégradation de celui-ci. Par exemple la masse monétaire (M3) de la zone euro a augmenté de 120% depuis la création de l’euro (janvier 1999) et il aurait fallu un rendement annuel de 6,2% sur son capital pour compenser l’inflation.


Enfin, la dernière composante est la perception par l’investisseur du risque de crédit représenté par l’emprunteur. Les deux premières composantes étant considérées comme relativement stables dans le temps, il s’ensuit que les variations de taux d’intérêt sont principalement interprétées comme une conséquence de l’évolution des avis des investisseurs sur la solidité de l’emprunteur. Ainsi, une baisse des taux est interprétée comme la résultante d’une prime de risque moins élevée.


Si l’on s’intéresse aux dettes souveraines des 12 fondateurs de la zone euro (la Grèce n’a en fait rejoint les 11 autres pays qu’en 2001 au lieu de 1999, faute de remplir les critères de Maastricht…), on obtient les conditions suivantes pour l’emprunt à 10 ans :




Sources : Eurostat, Reuters et Bloomberg


Exemple de lecture pour la France : le taux d’emprunt à 10 ans de la France s’élève à 2,75% en mai 2012 contre 3,08% en mai 2010, soit une baisse de 0,33%.


On voit qu’en mai 2010 un groupe de 7 États bénéficiait de conditions d’emprunt relativement favorables par rapport aux autres, communément dénommés les PIIGS (Portugal, Ireland, Italy, Greece et Spain). Sur ces deux dernières années (et surtout ces six derniers mois), alors que la situation économique s’est considérablement dégradée, les conditions d’emprunt se sont donc améliorées de manière très significative pour six d’entre eux, seule la Belgique ayant vu ses conditions d’emprunt se détériorer.


C’est ce qu’on appelle en finance le  phénomène dit de flight to quality : en période de forte incertitude les investisseurs se réfugient vers les actifs considérés plus sûrs. Mais l’univers des actifs éligibles n’est pas illimité, et le caractère risqué ne s’entend pas dans l’absolu, mais par rapport aux autres signatures. Le risque souverain du groupe de pays en question est donc moins mauvais que celui des autres mais la question de savoir s’il est bon, reste entier.


Or, il existe un autre outil permettant une mesure isolée du risque de défaut : les Credit Default Swap (CDS). Ces instruments sont en effet utilisés pour se couvrir contre le risque de défaut de crédit d’un prêteur (entreprise ou État). Le fonctionnement est de type assuranciel : en échange du paiement d’une prime par X à Y, Y s’engage à verser la partie du capital non recouvrée à X. Les primes de CDS permettent donc d'estimer les probabilités de défaut anticipées par les marchés.


Voici les niveaux des CDS 10 ans sur les mêmes États que précédemment :




Et la conclusion est sans appel : le risque de défaut s’est accru pour l’ensemble des États.

 

 

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Après un diplôme de Statisticien et d’Actuaire à l’Institut de Statistique de l’Université Pierre et Marie Curie (Université Paris VI), il a d’abord exercé la fonction d’économiste, avant de se tourner vers l’actuariat et l’ingénierie financière. Il travaille actuellement dans la direction financière d’une grande banque française.
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les taux d'intérêts de certains baissent parce que nombreux sont ceux prêts à leur faire confiance. Et pourquoi leur faire confiance à eux? Ben parce que les autres sont trop mauvais.

Voilà où nos dirigeants, la BCE,...en sont arrivés.
Et quand ils déversent des liquidités, ça n'est pas pour verser des primes aux populations, c'est juste pour "rassurer les marchés", renflouer les banques....et tant pis si ces flots d'euros font monter les prix.

Le Libor est un indicateur de la confiance que les banques s'accordent entre elles. Ce qui est génial, c'est de voir la courbe du Libor depuis 2007. Suite à la 1e convulsion de crise de 2008, le Libor s'est retrouvé à ras des paquerettes et ne s'est jamais relevé. Donc les banques se font énormément confiance entre elles depuis ce temps là ? Non, bien sur. Elles se serrent juste un peu les coudes pour ne pas toutes tomber en même temps, et aussi pouvoir continuer à magouiller et enrichir leurs traders et dirigeants.

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Bonsoir La Caye,

"Elles se serrent juste un peu les coudes"
Je vous trouve très indulgent, et même flatteur avec ces banques,
Les joueurs ne serrent pas les coudes au casino, c'est des "requins" qui s'arrachent la moindre miette,
Et voici pourquoi:
Les banques s'échangent les intérêts des dettes contractées à différents taux.

Un Français a contracté un crédit en euros chez la banque A, à taux variable basé sur le Libor en euro (Disons Libor + 2%).

La banque B a prêté à un Anglais, l'équivalent de votre crédit, en Livre Sterling, mais avec taux fixe (disons 3%).

Le Libor monte au dessus de 1,2%. La banque B est intéressée et aimerait avoir des créances à taux variable.
La banque A pense le Libor va baisser, alors elle propose à la Banque B d'échanger les intérêts de leurs créances pendant une période donnée dans le cadre d'un contrat.
C'est le principe du SWAP.

Barclays manipulait le Libor, d'après les news, pour tirer profit avec ce type de contrat interbancaire.

ça s'applique à beaucoup de produits autre que les prêts des particuliers, et les banques s'échangent entre elles des "œufs pourris".
C'est peut être pour cette raison que les banques américaines on fermé la vanne aux banques européennes et que la BCE a du leur accorder les 1000 Md, mais comme elles ne veulent pas prendre de risque et qu'elles ne sont pas nettes, on se demande depuis où est passé cette somme ? qu'attendent elles pour l'utiliser sous forme de crédit !
Le jour où elles ouvriront les robinets du crédit, bonjour l'inflation.

L'intégralité de la courbe des taux est tenue par les interventions des banques centrales et leurs banques affiliées. Le Libor est une farce grotesque comme il vient d'etre démontré.

Dans cette optique, analyser les taux sur les dettes souveraines en rapport avec la confiance des investisseurs n'a pas le moindre sens.

Il n'y a plus de marchés, il n'y a plus que des interventions.
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Notre système économique ressemble de plus en plus à celui de l'URSS. Il finira comme lui
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Bonjour Flytox,

Vladimir Bukovsky, dissident russe, ne dit pas autre chose et son analyse est très pertinente : http://www.youtube.com/watch?v=js40QG3UEE8&feature=related

Et j'en profite pour préciser ici à ceux qui auront regardé cette interview que c'est aussi pour cela que la liberté d'expression est un bien inestimable et non monnayable pour lequel il faut absolument se battre. ;-)

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... qu' il n' y ait "plus de marchés" c' est une évidence...

au point que les expressions couramment employées dans les média économiques officiels du genre : "telle intervention de la B.C.E. a rassuré les "marchés"... confine depuis longtemps au grotesque...

qu' est-ce qui fait le marché ??.... en France, pays d' orthodoxie communiste, cela fait belle lurette qu' il n' existe pour ainsi dire plus de marché spéculatif privé ( ... a par quelques irrémédiables et irréductibles gogos à qui ils restent encore quelques plumes... qui aspirant à se retrouver complètement dénudés, persistent à boursicoter... )

le pseudo-marché capitaliste national français n' est plus que l' ectoplasme d' un vrai marché capitaliste...

pour s' en convaincre, il suffit simplement d' examiner la composition structurelle de ce qui fait ce marché : premier actionnaire : l' Etat, en deuxième lieu : des institutionnels publics et para-publics, des fonds de pensions, des hedges funds étrangers, etc... l' intégralité du marché obligataire est inaccessible aux particuliers, etc...

sérieusement, est-ce que vous avez dans votre entourage, encore beaucoup de connaissances masochistes ou anencéphales qui "jouent" encore en bourse ?...
avez-vous une idée de la part ridicule et infinitésimale qui reste au marché des particuliers... c' est dérisoire...
personnellement, il y a bien longtemps que je ne m' aventure plus dans ce système de spoliation organisée...
( globalement je n' ai jamais gagné un kopeck en boursicotant et la situation n' est sûrement pas prête de s' arranger )


ce soi-disant "marché" n' est plus qu' une vaste farce...



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Ajoutez y un élément supplémentaire.

Les interventions et l'importance des achats sur indexs et autres trades faits par des algos ont pour conséquence de correler directement entre elles les performances de toutes les actions : résultat des courses : inutile de faire de l'analyse fondamentale pour essayer de voir si tel ou tel titre est sous évalué ou sur évalué, et inutile de faire de l'analyse technique du fait des manipulations.

Résultat : un désintéret généralisé pour la bourse (avec les conséquences néfastes que cela a pour le financement de l'économie)

Second résultat, celui là bénéfique : les individuels se font moins plumer, il ne reste que les carnassiers, les banques, qui s'entre dévorent entre eux.
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Bonsoir La Caye, "Elles se serrent juste un peu les coudes" Je vous trouve très indulgent, et même flatteur avec ces banques, Les joueurs ne serrent pas les coudes au casino, c'est des "requins" qui s'arrachent la moindre miette, Et voici pourquoi: Les  Lire la suite
twinpeaks - 04/07/2012 à 20:55 GMT
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