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Un début très petite main

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Publié le 24 mai 2012
829 mots - Temps de lecture : 2 - 3 minutes
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Rubrique : Editoriaux

 

 

 

 

La montagne accouche d’une souris. Au terme de discussions laborieuses, l’Union européenne a décidé de lancer un programme d’investissement de… 230 millions d’euros, soumis encore à l’accord des gouvernements. Acharnés, les débats ont opposé ceux qui voulaient que ce programme soit ponctuel à ceux qui prétendaient pouvoir répéter la démarche tous les ans. Il a donc été décidé que c’était un « projet pilote ».


Les project bonds sont nés et mal nés. En raison de leur montant dérisoire comme de leur financement, fruit de la réaffectation de crédits communautaires non utilisés pêchés ici et là. L’idée est de mobiliser jusqu’à 4,5 milliards d’euros, grâce à un effet levier, en levant des capitaux sur le marché, avec pour objectif de financer une demi-douzaine de projets d’infrastructures trans-européens. Après avoir raclé ses fonds de tiroir, la Commission propose de renforcer le capital de la Banque européenne d’investissement (BEI) de 10 milliards d’euros afin, selon le même schéma, de mobiliser des capitaux privés. L’ouverture que Pierre Moscovici, le ministre des finances français, pensait avoir décelée lors de sa rencontre d’hier avec Wolfgang Schäuble s’est donc confirmée, et de quelle manière…


Le renforcement de la BEI, la mobilisation des fonds structurels non utilisés et la création d’une taxe sur les transactions financières pourraient selon le ministre français permettre une avancée et donner un cadre au compromis recherché. Mais il est clair que l’on est loin du compte, et que si le « volet croissance » – dont l’adoption est une condition préalable des Français à la ratification du traité de discipline budgétaire – devait se résumer à si peu, ce serait une aimable plaisanterie. Même si était adoptée l’idée qui circule, d’une nouvelle méthode de calcul du déficit, duquel seraient soustraits les investissements structurels, ce qu’il est aventureux de croire.


Il va aussi falloir trouver mieux que les tentatives de recomposition de la droite grecque – avec pour objectif de ravir la première place et la prime de 50 sièges à Syriza – et les déclarations surréalistes (pardon André Breton) de Luis de Guindos (le ministre de l’économie espagnol) qui continue d’affirmer que l’Espagne n’a pas besoin d’aide pour sauver son secteur bancaire sinistré, ou bien de Mariano Rajoy (le chef du gouvernement) qui amuse la galerie. L’Institute of International Finance, qui sait scruter les bilans bancaires, vient à ce propos d’estimer que ce secteur est assis sur 128 à 260 milliards d’euros de pertes.


Si la nécessité d’un compromis franco-allemand est martelée, ses contours sont loin d’être dessinés. Dans la conjoncture actuelle, cette obligation de résultat ne peut se traduire par un accord a minima. Un nouveau tour de chauffe aura donc lieu lors du sommet informel de demain soir.


À Camp David, les dirigeants du G8 nous ont offert une image de supporters accomplis, quelle sera celle que nous retiendrons de leur dîner ? Prudent, Herman Van Rompuy a considéré qu’il n’allait pas permettre « de tirer des conclusions ou de prendre des décisions, mais de se préparer politiquement de la meilleure manière possible à des décisions ». S’adressant aux dirigeants européens avec l’intention de reporter le débat sur les euro-obligations une fois les efforts budgétaires accomplis, il leur écrit : « le temps est venu de mettre plus l’accent sur les mesures plus directement liées à l’encouragement de la croissance et de l’emploi, dans la foulée de notre sommet de janvier ».


Cela commence très petite main et le compte n’y est pas pour Mario Monti, qui vient de déclarer que « sans croissance, la discipline budgétaire est insoutenable ». « On ne peut pas se contenter d’attendre des réformes structurelles et la réduction des déficits pour générer de la croissance », avait-il déjà déclaré en plus incisif à Camp David. Selon l’OCDE, la crise dans la zone euro reste « la plus importante source de risques pour l’économie mondiale », prévoyant pour celle-ci un léger recul de -0,1% de l’activité économique cette année.


En dépit des suggestions appuyées de l’OCDE et du FMI, le gouvernement allemand a clairement maintenu son refus des euro-obligations. La BCE est désormais la dernière ligne de défense, tandis que les élections grecques s’approchent. La banque centrale joue les visionnaires et trace la perspective d’une Europe financièrement plus intégrée, mais la situation des banques espagnoles réclame sans plus tarder des mesures de soutien urgentes, qui impliqueraient de permettre au FESF de les financer directement.


Les dirigeants en sont à « faire bouger les lignes », tandis que la dynamique de la crise les brise.



Billet rédigé par François Leclerc


Son livre, Les CHRONIQUES DE LA GRANDE PERDITION vient de paraître.


Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.


 

 

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Paul Jorion, sociologue et anthropologue, a travaillé durant les dix dernières années dans le milieu bancaire américain en tant que spécialiste de la formation des prix. Il a publié récemment L’implosion. La finance contre l’économie (Fayard : 2008 )et Vers la crise du capitalisme américain ? (La Découverte : 2007).
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Très pertinent. Dès lors pourquoi autant de mensonges de la part du candidat F Hollande ? Pour relancer la croissance il méconnait les facteurs principaux conduisant à celle-ci. Même que dans ses 60 propositions, l’augmentation des impôts des entreprises pour 17,8 Mrds et des particuliers pour11,3 Mrds sera contre-productive.
Les fonds structurels mobilisables sont de 82 Mrds, la BEI peut mobiliser 60 Mrds après une augmentation de capital de 10 Mrds (financés par des états européens endettés, sollicités aussi par le FMI pour environ 200 Mrds et par le MES pour environ 500 Mrds) et la taxe sur les transactions financières qui pourraient rapporter 50 Mrds en année pleine, mais serait prélevée sur l’épargne disponible donc soustraite de l’investissement. Soit un total de 192 Mrds rapportés au PIB de 9 300 Mrds la zone euro, soit 2,06% et à celui de l’UE27 de 16 000 Mrds soit 1,20 %. Il s’agit là d’investissements potentiels et n’ont pas de croissance. Je ne suis pas certain que l’ampleur des moyens soit à la hauteur des espoirs que fait naître F. Hollande.
Ainsi en France en 2011, la FBCF totale a été de 2,9% du PIB pour une croissance de 1,70%
http://www.insee.fr/fr/themes/info-rapide.asp?id=26&date=20120215


Pour les euros-obligations, il s’agit d’augmenter la masse de monnaie scripturale qui permettra donc d’augmenter les moyens d’échanger des biens en quantité équivalente à celle avant l’augmentation de la quantité de monnaie, la seule conséquence possible est l’inflation-prix (sans l’augmentation des salaires)
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Très pertinent. Dès lors pourquoi autant de mensonges de la part du candidat F Hollande ? Pour relancer la croissance il méconnait les facteurs principaux conduisant à celle-ci. Même que dans ses 60 propositions, l’augmentation des impôts des entreprises  Lire la suite
CLAUDE F. - 25/05/2012 à 16:46 GMT
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