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Une après-midi au cinéma

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Publié le 24 janvier 2013
880 mots - Temps de lecture : 2 - 3 minutes
( 7 votes, 4,3/5 ) , 2 commentaires
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SUIVRE : Etats-unis Pakistan
Rubrique : Editoriaux

 

 

 

 

Il est vrai que je ne vais plus très souvent au cinéma, tout simplement parce que celui qui se trouve être le plus proche de chez moi – et qui appartient à une société du nom de Regal qui gère l’endroit comme s’il s’agissait d’un entrepôt libre-service – ressemble à une décharge aux sièges éventrés et aux employés boutonneux qui oublient d’éteindre la lumière quand le film commence. Mais le weekend dernier, la météo était particulièrement misérable et puisque cette saison est celle des Oscars, je me suis décidé à traîner ma carcasse pour aller voir Django Unchained et Zero Dark Thirty, dans cet ordre.


Il y a quelques années de cela, j’admirais Tarantino pour Pulp Fiction, ses tons rococo et son utilisation de bandes dessinées. L’incroyable quantité de scènes gores m’a laissé bouche bée, mais je me suis laissé charmer par l’audace – notamment lorsque Quentin lui-même joue le rôle d’un personnage et répète aux deux tueurs à gage qui se baladent avec un cadavre qu’il ‘n’y a pas écrit décharge à nègre crevé’ – qui n’a sans aucun doute été ajoutée au dialogue que pour caresser les esprits les plus moralisateurs dans le sens contraire du poil.


Django Unchained est très différent : peut-être est-il le plus incohérent des films à jamais avoir été produits. Mais dans un sens, il représente avec excellence la culture dont il s’inspire. Pour ceux qui ne le sauraient pas, ce film raconte l’histoire d’un esclave du nom de Django (‘le D est silencieux’, comme le précise Jamie Foxx) qui s’échappe d’une caravane d’esclaves grâce à un chasseur de prime Allemand du nom de Schultz qui se fait passer pour un dentiste itinérant. Ensemble, ils s’en prennent aux blancs qui participent au commerce des esclaves pour 1) toucher des primes, 2) sauver la femme captive de Django, Broomhilda, et 3) le plaisir du sang et de la vengeance.


Si vous prévoyez d’aller voir le film, ce que vous remarquerez tout de suite est que le producteur n’a aucune notion de l’histoire et de la géographie des Etats-Unis. A un moment vous êtes au milieu du désert de Sonoa, et l’instant d’après, vous vous retrouvez dans les Rocheuses du Montana. Il est clair que Tarantino prend un malin plaisir à créer des mondes inspirés de pastiches de l’histoire cinématographique. Ses idées ne sont tirées que de films et de succès du petit écran, pas du monde réel. Pour ce qui concerne son dernier film, Tarantino tire son inspiration de films plus anciens dont les producteurs ne connaissaient rien de la vie du milieu du XIXe siècle. Mais la différence, c’est que ces producteurs de vieux films avaient peut-être vraiment l’intention de représenter les Etats-Unis de cette époque. Tarantino se complait quant à lui dans l’idée d’être on ne peut plus à côté de la plaque. Les détails ne comptent pas, tant que la fantaisie conquiert la partie du cerveau qui n’est pas capable d’analyse critique.


Ce que je trouve le plus intéressant est que l’univers imaginaire de Tarantino reflète parfaitement ce qu’il se passe aujourd’hui dans notre nation, particulièrement pour ce qui touche l’inanité autoréférentielle de notre culture et l’absence totale d’authenticité de notre société. Ce qui me dérange, c’est que Tarantino semble avoir utilisé ce film pour jeter de l’huile sur le feu de la guerre entre les races, un peu comme un incendiaire qui jouerait avec des allumettes et de l’essence dans une maison abandonnée. La nuit dernière, Tarantino remportait le Golden Globe pour le meilleur scénario de film.


Zero Dark Thirty raconte quant à lui l’histoire d’une branche de la CIA basée au Pakistan et ses efforts laborieux à traquer Oussama Ben Laden, responsable des attaques du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis et d’autres abominations du même genre. Il relate notamment les prouesses d’une femme tout au long de cette étrange guerre qu’est celle contre le terrorisme, qui a étudié des enregistrements téléphoniques dix années durant avant de localiser le messager qui a conduit les agents de la CIA jusqu’à la cachette d’Oussama Ben Laden à Abottabad, et où les Navy Seals l’ont finalement envoyé vers la reconnaissance éternelle et une multitude de jeunes filles pures.


Le film, produit par Kathryn Bigalow, rapporte l'histoire très propre d’une vérité bien plus sanglante de notre Histoire. La controverse autour de ce film concerne notamment les longues scènes ‘d’interrogations’ imposées par les agents Américains aux captifs Djihadistes dans des endroits plutôt sombres. Selon certains, le film manquerait grandement de position morale au regard de ces brutales activités. Qu’est-ce qui est vrai et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Le film dit simplement que les choses se sont passées ainsi. Certains politiciens s’en sont plaints. Une chose est claire, ce film vous laissera avec un arrière-goût désagréable de l’époque dans laquelle nous vivons. J’ai particulièrement admiré – et c’est la première fois qu’un film me donne ce sentiment – l’absence de néo-triomphalisme généralement représenté par l’utilisation exagérée d’ordinateurs.


Le contraste entre ces deux films est particulièrement frappant : Tarantino le populiste dévoile une Amérique loin de toute réalité, qu’elle soit culturelle, historique ou émotionnelle ; et Bigalow l’assidue présente avec sérieux ce dont sont capables des adultes emportés dans un monde qui terrifie tout autant qu’il déçoit. Kathryn Bigalow, elle, n’a pas remporté de prix.

 

 

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James Howard Kunstler est un journaliste qui a travaillé pour de nombreux journaux, dont Rolling Stones Magazine. Dans son dernier livre, The Long Emergency, il décrit les changements auxquels la société américaine devra faire face au cours du 21° siècle. Il envisage un futur prochain fait de crises sociales à répétition, la fin de la Surburbia et du modèle économique associé et une guerre mondiale pour les ressources en énergie. Il prédit la déconstruction des empires européens et américains et pense que, lorsque les convulsions seront terminées, le monde reviendra à un modèle décentralisé et local.
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Sauf qu'on imagine mal Ben Laden, ayant lui meme déclaré qu'il n'était pas l'auteur des attentats du 11 Septembre (car seuls les USA tuent des femmes et des enfants innocents), malade des reins et dialisés, déclarés officiellement mort par sa famille il y a quasi une décennie, survivre 10 ans à une "traque impitoyable".

Bref, les deux films sont de la même veine : on ne demande pas à des films de divertissement ou de propagande d'être exacts
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Notons juste que Tarantino n'est pas novateur dans son genre...
Si on retourne en arrière, on voit que Sergio Leone faisait la même chose dans "Il était une fois dans l'ouest" (collage post-moderniste bourré de références à d'autres oeuvres et où les personnages se déplacent de 100 km en 10 minutes), c'étaient les années 60.
Et si on retourne encore plus loin en arrière, on tombe sur Shakespeare qui se moque allègrement de la géographie ou de l'histoire (Hamlet, Titus Andronicus).
Cela fait juste partie du processus créatif : on floute la vérité historico-géographique afin de se concentrer sur la narration, les émotions, le drame.

Et comme le dit l'auteur de cet article, ce qui cloche dans notre monde est que la presse se met à faire du Tarantino... flou, dramatique, stylé et gore à souhait, mais sans aucune vérité factuelle.

Suffit de voir le gros titre du journal belge "Le Soir" aujourd'hui : "Perfide Cameron". Et voilà, le gros titre en une n'est qu'un jugement de valeur subjectif au service des eurocrates/technocrates qui tentent de faire croire que toute personne voulant prendre ses distances avec l'Union Européenne n'est qu'un vil fieffé néo-hitlérien.
Le système ne se cache même plus...


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Sauf qu'on imagine mal Ben Laden, ayant lui meme déclaré qu'il n'était pas l'auteur des attentats du 11 Septembre (car seuls les USA tuent des femmes et des enfants innocents), malade des reins et dialisés, déclarés officiellement mort par sa famille il  Lire la suite
mouloud Z. - 25/01/2013 à 02:35 GMT
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