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L’Italie sur le chemin difficile des réformes, 1ère partie

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Publié le 11 mars 2015
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Après l’Espagne et l’Irlande, c’est à l’Italie que l’Institut de l’Entreprise consacre sa dernière note de benchmark[1].

 

Contrairement aux deux autres pays déjà étudiés, l’Italie était dans une situation économique peu favorable bien avant l’arrivée de la crise de 2008. C’est « le pays de la zone euro qui a connu la croissance du PIB par habitant la plus faible entre 1997 et 2007. »

 

Pour Charles Trottmann – l’auteur de l’étude – la situation italienne trouve son origine dans plusieurs facteurs, notamment « un faible investissement dans l’éducation et l’innovation » ou une démographie défavorable.

 

Cependant, trois raisons principales expliquent la dégradation de l’économie transalpine bien avant l’arrivée de la crise.

 

Premièrement, les rigidités du marché du travail. Elles sont telles que le taux d’emploi italien en 2007 (58,7 %) « était le plus faible de la zone euro après celui de Malte. » La péninsule connaissait également « une forte conflictualité des relations de travail », une fiscalité sur le travail particulièrement élevée (« 46,4 % en 2007, soit 10 points au-dessus de la moyenne de l’OCDE »), et des modalités peu optimales de fixation des salaires au niveau des branches plutôt qu’au niveau des entreprises.

 

Deuxièmement, une dette publique élevée, « fruit d’une gestion des finances publiques laxiste au cours des années 1980 et de la première moitié des années 1990, avec des déficits publics constamment supérieurs à 10 % de 1981 à 1993. » Il convient cependant de noter que, depuis le milieu des années 1990, l’Italie dégageait des excédents primaires – c’est-à-dire avant le paiement du service de la dette – de  manière constante. Ce qui n’était pas le cas de la France, par exemple.

Par ailleurs, contrairement à l’Espagne ou l’Irlande, l’Italie n’a pas connu, avant la crise, d’accroissement excessif de la dette privée.

 

Troisièmement, le poids important des dépenses publiques. Elles représentaient 47,6 % du PIB en 2007, plaçant l’Italie au-dessus de la moyenne européenne (45,8 %). La dépense publique italienne était principalement due au « poids important des ‘services généraux’ », reflet de la « faible efficience de l’administration italienne », et à celui des dépenses de retraite.

 

L’Italie est touchée singulièrement par la crise de 2008. En effet, contrairement à l’Espagne ou l’Irlande, elle « n’a été que peu affectée par l’éclatement de la bulle immobilière et financière ». Par ailleurs, les prix de l’immobilier sont restés pratiquement stables entre 2007 et 2009 (- 5 %) alors qu’ils baissaient fortement en Irlande (- 30 %) et en Espagne (- 16 %). Quant au système bancaire italien, il a traversé « la première phase de la crise, liée aux subprimes, sans connaître de faillite de grande ampleur. »

 

L’Italie a, en revanche, connu, dès le début de la crise, un ralentissement de son activité économique. « La production industrielle a diminué de 19,2 % entre 2008 et 2009. Parmi les grands pays de la zone euro, l’Italie est ainsi, après l’Espagne, celui qui a connu la chute la plus rapide et la plus durable de sa production industrielle au cours de la crise. »

 

En mai 2011, les agences de notation mettent le pays sous surveillance. En effet, la faible activité économique de l’Italie perdure et inquiète ; et les soubresauts de la vie politique italienne ne sont pas là pour rassurer. C’est ainsi que les taux à dix ans augmentent fortement au cours de l’année 2011 (7 % en janvier 2012). Tout cela entraîne une perte de confiance des investisseurs. Les capitaux quittent le territoire italien (70 milliards d’euros en 2011, 25 en 2012). Les banques, très exposées à la dette souveraine, connaissent à leur tour des difficultés. Difficultés accentuées par l’augmentation des créances irrécouvrables. À leur tour, les banques baissent le volume des prêts aux entreprises et augmentent les taux d’intérêt.

 

Conséquences de tout cela :

-       une contraction du PIB de près de 9 % depuis 2008, contre 1,7 % pour l’ensemble de la zone euro ;

-       une hausse du chômage qui est passé de 6,7% en 2008 à 12,2 % en 2013, et même 13,4 % en novembre 2014 (49,3 % pour les jeunes) ;

-       une baisse du revenu disponible des ménages : - 8 % entre 2007 et 2012 (contre, par exemple, - 3 % en Espagne) ;

-       une augmentation des dépenses publiques : de 47,6 % du PIB en 2007 à 50,6 % en 2012 ;

-       une aggravation du déficit public, qui est passé de 1,6 % du PIB en 2007 à 5,4 % en 2009, pour se stabiliser à 3 % en 2012 et 2013. Une augmentation toutefois modérée au regard d’autres pays, tels l’Espagne ou le Royaume-Uni ;

-       un accroissement de la dette publique, qui a atteint 135 % du PIB en 2014 pour devenir la plus élevée de la zone euro après la dette grecque.

 

À suivre

 

 



[1] Charles Trottmann, Italie : le chemin escarpé des réformes, Institut de l’Entreprise, Les Notes de benchmark, février 2015.

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