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Dans son livre « Démocratie, le dieu qui a failli » (Democracy
Le processus naturel de civilisation naît du fait que nous repoussons notre consommation dans le temps, que nous épargnons et que nous accumulons du capital. L’inverse conduit à une préférence temporelle plus forte.
Selon Hoppe, une catastrophe naturelle ou une violence quelconque n’ont que des conséquences « temporaires et non systématiques » sur la préférence temporelle.
Les victimes d’une agression possèdent le droit naturel et légitime de se défendre. Ainsi, nous nous protégeons contre des agressions ou vols potentiels de la même façon que nous accumulons des provisions afin de faire face à de futures catastrophes naturelles.
Cependant, si le gouvernement se trouve être l’agresseur, la victime n’est « plus légitimement habilitée à se défendre ». La démocratie légitimise toute agression gouvernementale.
Ce processus de dé-civilisation décrit par Hoppe se poursuit à un rythme régulier. Les gens peu éduqués continuent de vivre dans un pays de cocagne, persuadés que chaque nouveau dirigeant leur apportera quelque changement, et que leurs vies peuvent être déposées en toute sécurité entre les mains de ce gouvernement qu’ils pensent bon et attentionné. Mais la maladresse actuelle des gouvernements – à travers leurs sauvetages d’entreprise, leurs violations permanentes des droits naturels et notamment du droit de propriété et l’émission continue de monnaie fiduciaire – a poussé un grand nombre d’individus à se défendre et se préparer au pire.
La monnaie officielle (à cours forcé) du gouvernement américain – le dollar – est désormais remise en question. Alors que le moteur monétaire du système bancaire à réserves fractionnaires est surchargé de défauts de crédits et de faillites, la Réserve Fédérale a vu son bilan s’allonger plus que jamais auparavant. L’homme de l’année, Ben Bernanke, reste terrifié devant la déflation, et John Maynard Keynes redevient un héros. Le gâteau de l'inflation est au four, mais il n’a pas fini de cuire.
De plus, le gouvernement actuel ne semble pas très enclin à nous donner le droit de défendre nous-mêmes nos droits de propriété. Le président est persuadé que seuls les officiers de police devraient être en droit de posséder des armes à feu.
Alors que les gens ayant une préférence temporelle élevée, comme Shannan DeCesare, s’extasient d’avoir vendu pour 610 dollars de bijoux en or lors d’un rachat à domicile ; les gens ayant une préférence temporelle plus faible s’en vont acheter de l’or, de l’argent, du plomb et des fusils.
DeCesare a pris part à un rachat à domicile, ou « Gold Party », ce que Wall Street Journal décrit comme un exemple de nouvelle vente à domicile type Tupperware. Ces réunions privées plaisent à une foule de gens désireux de recevoir du liquide en échange de leurs objets de valeur afin de maintenir leur train de vie. Ces personnes en quête de liquidités se retrouvent, selon le WSJ, avec 65 à 75% de ce que vaut leur or auprès d’une raffinerie.
Les ventes à domicile offrent une atmosphère agréable à la vente du métal jaune. « Entrer dans une bijouterie muni d’un petit sac d’or peut être quelque chose de vraiment difficile pour un grand nombre de personnes » affirme Lisa Rosenthal, propriétaire de Party Gold, lors d’un entretien avec WSJ. La société de madame Rosenthal emploie des spécialistes chargés d’organiser plus de 1000 ventes par mois. Mais pourquoi les gens vendent-ils leur or pour 65 à 75% de sa valeur ?
Dans son livre More Than You Know: Finding Financial Wisdom in Unconventional Places (Plus que vous n’en savez : Trouver des sagesses financières en des lieux insolites), J. Mauboussin écrit « Tout le savoir dont j'ai besoin, je l’ai acquis lors d’une vente Tupperware ». Les gens achètent des Tupperwares parce qu’ils se sentent obligés de rendre la pareille à l’hôte(sse) qui reçoit afin de lui permettre de recevoir les cadeaux gratuits préalablement prévus par ce genre de vente. Comme Mauboussin l’explique, l’ingrédient le plus important d’une bonne formule Tupperware, c’est la tendance à dire oui aux personnes que l’on aime.
Pour ce qui est des rachats d’or, les participants ne font pas uniquement le déplacement : ils boivent du vin, mangent des petits fours, et finissent par s’intéresser aux prix bas offerts pour leurs bijoux ou pour ceux de leur grand-mère décédée, et ce particulièrement si ceux qui reçoivent sont des amis du voisinage. Et ils échangent joyeusement un métal qui a su faire ses preuves durant des milliers d’années contre de la monnaie imprimée par le gouvernement et en constante dépréciation.
Mais alors que les vendeurs d’or sont trop timides pour se rendre à la bijouterie, les acheteurs d’or se dirigent vers là où il y a de l’or à vendre. La demande en armes est telle que le salon des armes de Las Vegas a fait instaurer un droit d’entrée de 14 dollars par personne en plus d’une place de parking facturée 3 dollars. Malgré cela, le parking était plein et les ventes incroyables.
La demande de places sur le stand de tir de Salt Lake City au lendemain de Noël était telle qu’il fallait attendre 15 à 20 minutes pour accéder à un stand. L’un des stands contactés était uniquement disponible après réservation et complet pour la journée.
La ruée vers les munitions, l’argent et l’or a ensuite débouché sur des pénuries et conduit à une hausse des prix dans les trois domaines en 2009. « Les munitions numéro 380 font désormais défaut depuis quatre mois, et je pense qu’il en est de même pour les 0,38 spéciales », rapportait Richard Taylor, directeur d’une armurerie à Denver, lors d’un entretien avec CNN tenu plus tôt cette année. « C’est tout simplement que la demande est énorme et que l’offre n’arrive plus à suivre ».
En novembre dernier, Bloomberg reportait la suspension des ventes de la majorité des pièces American Eagle, pièces de métaux précieux, ainsi que d’or ou d’argent. Les ventes ayant augmenté de 88% les dix premiers mois, il a été décrété que les ventes ne reprendraient qu’une fois l’offre suffisante pour pouvoir répondre à la demande.
Ainsi, certains Américains se débarrassent de leurs trésors familiaux tout en acclamant les sauvetages d’entreprises menés par l’Etat, l’émission de monnaie et le contrôle des armes ; alors que d’autres amassent des métaux précieux, des armes, et tout ce qui est nécessaire à leur protection, qu'il s’agisse de leur protection personnelle ou de celle de leur épargne.
Il est extrêmement aisé de distinguer lequel, parmi ces deux groupes, est le plus civilisé.
Doug French
Mises.org