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La crise du capitalisme, un manque de capitalisme? - partie I
Publié le 01 août 2012
1417 mots - Temps de lecture : 3 - 5 minutes
 
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 ‘L’économie Américaine bénéficie à une portion de plus en plus restreinte de la société, et la politique internationale des Etats-Unis a échoué à rétablir l’équilibre du pays par le biais de solutions honnêtes et transparentes. Aux Etats-Unis, de plus de plus de millionnaires, de PDG, ainsi que bon nombres de mes collègues universitaires ont perdu tout sens de responsabilité sociale. Ils poursuivent leur course à la richesse et au pouvoir, sans se soucier des autres ».


-Jeffrey Sachs, The Price of Civilization: Reawakening American Virtue and Prosperity.

 

 

Adam Smith, comme vous le savez certainement, était un grand passionné du capitalisme. Il a écrit un très bon livre traitant de la philosophie morale, et a également occupé pendant quelques temps le poste de professeur de morale.


L’une des idées principales de Smith, que nous tendons aujourd’hui à oublier, est que le capitalisme est supposé être un système canalisant les instincts humains de base afin de les rediriger vers l’activité sociétale. Depuis la nuit des temps, la population humaine a toujours été concernée par son propre développement – par le biais de la richesse et du pouvoir, comme l’explique Jeffrey Sachs. Pensez à Gengis Khan. Ou à Napoléon, parti conquérir les richesses de la Russie. Ou encore aux chefs mafieux de votre ville.


Dans ce contexte de course à la richesse, le commun des mortels ne jouit pas d’un sens assez développé de responsabilité sociale pour pouvoir développer une société capable de fonctionner hors du système capitaliste – à part peut-être pour ce qui concerne les société composées de moins d’une soixantaine de membres. S’il est une chose que nous avons apprise de la vie en société, depuis les colonies de pèlerins jusqu’aux communautés d’artistes et de hippies, en passant par la grande Chine communiste, c’est qu’elles finissent toujours par faire chou blanc. Nous ne sommes simplement pas assez avancés en matière spirituelle pour pouvoir fonctionner en tant que groupe. Nous ne l’avons jamais été, et ne le serons certainement pas avant la fin du prochain millénaire.


Smith a su apercevoir que le capitalisme véhicule l’individualisme – en d’autres termes, c’est un système de propriété privée et de lois communes – de manière à en faire profiter le reste de la société. Ceux qui aujourd’hui visent à l’accumulation de richesse et de pouvoir, plutôt que d’utiliser le viol, le pillage, et l’esclavage, comme ce fut le cas tout au long de l’Histoire, doivent apporter un bien ou service utile au reste de la société de manière à en tirer profit. Cependant, la compétition n’a jamais permis à ces profits d’être très élevés. Les profits enregistrés par les sociétés s’élèvent en moyenne à 8,3% de leurs revenus, soit à bien moins que ce que la plupart des gens s’imaginent. Ils représentent un pourcentage plus faible encore que la taxe sur les ventes.


Malgré l’aversion ambiante contre ‘les riches et les puissants’, la plupart des personnes ayant accédé à leur richesse et à leur pouvoir en apportant un bien ou service utile à l’ensemble de la société sont encore aujourd’hui respectées par les masses. Regardez l’affection qu’ont manifesté les gens après la mort de Steve Jobs. Steve Jobs était loin d’être un saint : il antidatait les actions de sa société (un moyen direct de voler ses actionnaires), et les conditions de travails des employés d’Apple à Foxconn ont entraîné plus d’un suicide. De nombreux musiciens se plaignent de la manière dont les traite iTunes. Il n’en est pas moins que, pour le cas d’Apple, le positif prend largement le dessus sur le négatif. Qu’en est-il d’Oprah Winfrey ? Ou encore d’Elizabeth Taylor, devenue milliardaire grâce à ses ventes de parfum ? Ou encore du présentateur télé Ty Warner, devenu multimilliardaire pour avoir vendu des jouets en peluche ? Aucune mauvaise parole n’a jamais été proférée contre eux.

L’idée d’encourager les comportements sociaux productifs a contrario des comportements dangereux pour la société se traduit par l’établissement de nombreuses lois. Par exemple, nous avons découvert que la poursuite personnelle de profit avait souvent des retombées négatives sur l’environnement. Nous avons donc mis en place des lois permettant de réguler la pollution. Les choses ont peu à peu changé de perspective. Il est toujours possible pour les gens de faire des profits, mais ils doivent le faire de manière qui ne soit pas destructrice pour l’environnement. De nombreuses lois ont été établies afin de renforcer la sécurité du travail, le travail des enfants, et ainsi de suite, afin d’empêcher tout comportement néfaste à la société et de canaliser toute forme d’activité vers le développement social.

 

Les Etats-Unis n’étaient pas uniquement une expérience démocratique, mais également une expérience capitaliste, telle que la définissait Adam Smith, dont le célèbre ouvrage ‘La Richesse des Nations’ fut publié en 1776, la même année que fut signée la déclaration d’indépendance de l’Amérique.


Le ‘capitalisme’ comporte des éléments relatifs au ‘marché libre’ ou à la politique de ‘laisser-faire’. Ces termes englobent des idées complexes et sophistiquées qui prendraient des heures à être expliquées dans le détail. Ils ne signifient pas que les choses doivent évoluer de leur plein gré. Le capitalisme est un système de règles visant à produire des bénéfices, et ce même si ses participants eux-mêmes ne tirent aucun intérêt de la société dans son ensemble.


De nombreuses personnes ont autrefois pu apercevoir et comprendre les principes vertueux du capitalisme. De nombreux chefs d’entreprise ont respecté les règles qu’il impose, parce qu’ils ont compris qu’elles étaient bénéfiques à tous. Ils n’ont pas concentré leurs efforts dans le but de détruire ce qui avait fait de l’Amérique une nation riche et prospère.

Il n’en est pas moins que quelqu’un doit être chargé de l’établissement des lois. Techniquement, ce quelqu’un est le Congrès – n’étant plus aujourd’hui un groupe connu pour sa mauvaise compréhension de la responsabilité sociale et des principes capitalistes. Théoriquement, les idéaux du Congrès devraient être générés par le processus électoral. Les électeurs sont sensés voter ceux pour qui prennent les valeurs de la société à cœur. Mais c’est un là système qui peut être corrompu et qui, à l’heure actuelle, a clairement cessé de fonctionné.

 

Le fondement même de la société Américaine n’est pas entièrement démocratique, et ne comporte pas de système de référendum direct comme la Suisse par exemple, où les électeurs peuvent voter une loi par le biais d’élections directes. Les américains ne risquent pas de se souvenir d’avoir jamais voté pour ou contre une guerre.  Pas plus que leur Congrès, d’ailleurs. Les hommes politiques font des promesses, puis retournent leur veste. C’est la même chose chaque année, et rien ne change jamais.


Dans notre société actuelle, des bénéfices fantastiques ont été accumulés par des personnes n’ayant rien apporté à la société, et dont les actions ont été particulièrement destructrices. Ceci a tout d’abord été observé au sein du système financier, qui a reçu des centaines de milliards de dollars de la part des contribuables (connus sous l’euphémisme de  ‘plans de sauvetage’) malgré le fait qu’il soit le responsable direct des difficultés économiques d’aujourd’hui. Durant les années 1990, la crise des caisses d’épargnes aux Etats Unis aboutit à mettre plus de 2.000 directeurs de banque en prison.  Les comportements néfastes à la société étaient à l’époque encore sévèrement punis. Aujourd’hui, la crise est bien plus importante, et les responsables, plutôt que d’en payer les frais, reçoivent des bonus extravagants.

 

Même le directeur de MF Global, Jon Corzine, qui a violé la loi en toute connaissance de cause, n’est toujours pas derrière les barreaux. Lorsque la maison de courtage Refco s’effondra en 2005, son directeur, Phillip Bennett fut poursuivi pour des chefs d’inculpation similaires. En 2008, Bennet fut condamné à 16 ans de prison. Refco devint plus tard le cœur de MF Global.


MF Global fut organisée selon le sous-chapitre III du chapitre 7 de la loi sur la banqueroute, faisant référence aux maisons de courtage opérant sur le marché des capitaux, plutôt que selon le sous-chapitre IV du chapitre 7, applicable aux maisons de courtages chargées des contrats à terme, et ce malgré le fait que MF Global faisait partie de cette dernière catégorie. Pourquoi ? Parce que cela bénéficie à certaines banques too-big-to-fail ayant les moyens de payer pour obtenir ce genre de faveur. Les lois n’existent plus, les choses ne se font plus aujourd’hui que par le biais de détournement.


C’est une leçon qui est maintenant connue de tout le monde financier : vous pouvez violer la loi, ou encore voler, le tout sans jamais être puni.

 

A suivre.

Nathan Lewis

 

 

 

 

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dites ELS nos zelus zeles ils ont qu a faire une seule loi :obligation d appliquer la loi! et le tour est joué! apres y a plus qu a supprimer les loges(pas a roland garros) comme ça les magistrats y pourront plus aider les copains du club! le soucis c est qu ils en sont !et comme disait MONSIEUR BRASSENS :les copains d abord! eh les copains attendez moi...!
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"Selon que vous serez puissant ou miserable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir".

Rien ne changera jamais sous le soleil.
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