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Le nouveau plan de renflouement
Grec voté hier a été annoncé comme un
succès.
Il ne permet qu’une seule
chose : aider les politiques (n’oublions pas
que nous sommes dans une année électorale pour de nombreux
pays) à gagner du temps avant un défaut total de la
Grèce, sauver encore quelques temps le projet
technocrate « Européen » et prévenir (pour le
moment) toute sortie d’autres pays de la zone Euro.
Mais le véritable danger
que représente un défaut de la Grèce est le
déclenchement des CDS (Credit
défaut swap), ces fameux « paris » permettant de
s’assurer contre le défaut de remboursement d’un Etat sur
sa dette.
La taille du
marché des CDS est estimée à 32 Trilliards
de dollars. 95% de l’exposition des banques à ce marché
des dérivés de crédit est détenue par 5 banques :
JP Morgan Chase, Citigroup, Bank of America, HSBC
et Goldman Sachs.
Le
marché des dérivés de crédit n’est pas
régulé, il n’y a pas d’obligation pour les vendeurs
de CDS de détenir en réserve le montant nécessaire au
paiement de ces contrats en cas de déclenchement.
Ces CDS ont été
émis majoritairement par des banques américaines qui ne
pourront faire face au paiement de ces « paris ».
Ce danger est accentué par
un effet de levier tel, on parle de 40 sur ce marché des
« dérivés » de crédit, qu’un simple
défaut de la Grèce pourrait donc avoir des conséquences
catastrophiques et faire imploser un système financier mondial
interconnecté.
Les CDS sur la Grèce représentent une bombe
à retardement financière.
Jusqu’à maintenant
l’organisme de régulation du marché des
dérivés de crédit (qui décide si les CDS doivent
être payés), la International Swaps and Derivatives
Association (ISDA) a qualifié le
défaut Grec de « volontaire », garantissant
l’explosion en vol de MF Global qui avait massivement souscrit à
ces CDS Grecs et s’attendait logiquement à toucher les
bénéfices de ces paris lorsque la Grèce a annoncé
un défaut sur sa dette de l’ordre de 50%. L'ISDA en a
décidé autrement...
Ce tour de magie de l’ISDA,
semble révéler que les grandes banques US vendeuses de CDS ne
sont pas prêtes à faire face à un paiement de ces
assurances.
L’organisme de
régulation des CDS est majoritairement contrôlé par les
grandes banques internationales, ce qui peut certainement expliquer pourquoi
le défaut Grec a été qualifié de «
volontaire » jusqu'à maintenant.
Les choses risquent de se
compliquer pour les institutions financières si les élections
d’avril en Grèce amènent au pouvoir un parti
politique décidant d’un défaut total sur la dette, car les CDS
seront dus…Que va décider l'ISDA ?
Nous serons fixés en Mars,
si le gouvernement Grec actuel décidait d’un défaut total
devant le chaos social généré par l’application
des mesures d’austérité, ou en Avril après les
élections en Grèce.
La Grèce est un pays
relativement petit dans l’économie mondiale, mais l’effet
de levier dans le secteur financier est tel que sa faillite peut avoir des
conséquences systémiques.
La situation en Grèce
n’a pas d’issue, on ne soigne pas un malade en lui
administrant des doses énormes de morphine (augmentation de la dette)
tout en lui demandant de faire un régime radical à base de
cailloux (mesures d’austérités).
Elle est prise dans un
étau, entre l’obligation de rembourser une dette colossale
et l’incapacité de la rembourser car aucune croissance ne
peut s’amorcer dans un contexte d’application de mesures d’austérité aussi radicales, donc
aucune rentrée fiscale ne permet le remboursement de la dette.
La Grèce fera
défaut mais personne ne peut anticiper l’ampleur de
la catastrophe financière en chaîne qu’engendrera le
déclenchement des CDS : faillites bancaires ?
Nationalisations ? Nouveaux plans de renflouement (dette
supplémentaire, monétisation) ? certainement
La Grèce doit pour
s’en sortir suivre
l’exemple de l’Argentine d’il y a quelques
années, en faisant défaut sur sa dette, mais avec les
conséquences que je viens d’expliquer quant à
l’explosion du marché des dérivés de
crédit.
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