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Faut-il un nouveau Plan Marshall ?
Publié le 10 mai 2012
522 mots - Temps de lecture : 1 - 2 minutes
 
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Mots clés associés :   Argent | Dette | Dette Publique | Europe | Union Européenne |

 

 

 

 

La Commission européenne préparerait un plan d'investissements de deux cent milliards d'euros d'investissements publics et privés pour « réactiver la croissance en Europe », selon le journal espagnol El País. Il s’agirait d’investir deux cent milliards d'euros en infrastructures, énergies renouvelables et technologies de pointe.

 

L’article détaille les deux voies possibles de financement, tandis que la Commission européenne dément timidement les chiffres avancés par le quotidien espagnol.

 

La première voie impliquerait l'injection, de la part des pays membres, de dix milliards d'euros au capital de la Banque européenne d'investissement (BEI). L’état des comptes publics indique que ce financement passerait évidemment par la création monétaire.

 

L'autre solution de financement serait celle d’un montage financier qui s'appuierait sur la BEI et le Mécanisme européen de stabilité financière (MESF). Il s'agirait d'utiliser les douze milliards d'euros encore non utilisés du MESF comme garantie pour lancer des projets d'infrastructures publics-privés, et attirer ainsi des fonds privés qui viendraient renflouer la BEI. Le montage s'appuierait sur des obligations garanties par l'Union européenne qui in fine peut créer des milliards de liquidité si nécessaire…

 

Dans tous les cas, il faut avoir une chose en tête : si un certain nombre de pays européens ont bénéficié du Plan Marshall au sortir de la deuxième guerre mondiale, c’était pour reconstruire une Europe détruite par la guerre. Détruite au sens strict.

 

La situation de l’Union européenne est aujourd’hui tout à fait différente. Quelle guerre a dévasté l’Europe depuis cinquante ans ? Quels bombardements justifient un plan de reconstruction d’urgence ? La crise violente qui secoue les pays de l’Union est justement le résultat d’une sorte de « perfusion Marshall », qui alimente artificiellement l’économie depuis bientôt quarante ans, et plus clairement encore depuis la création de l’Euro. Et quelle que soit l’ingéniosité des solutions de financement imaginées, ce plan de sauvetage alourdira inéluctablement la dette publique, et aggravera la crise au lieu de la combattre.

 

Compter sur les fonds privés devant la sécheresse des comptes publics ou sur la création monétaire, c’est une fois de plus retarder le problème en reportant sur l’avenir la dépense mobilisée aujourd’hui pour financer le Plan. Dépense à laquelle il faudra bien sûr ajouter les taux d’intérêts auxquels cet argent sera prêté.

 

Et quand viendra l’heure de rembourser, devant des caisses toujours désespérément vides, il faudra inventer un nouveau dispositif et trouver des montages de garantie. Dans la tourmente, il y aura sans doute un économiste inspiré pour proposer d’injecter massivement de l’argent dans l’économie afin de relancer la machine avec tous les risques inflationnistes que cela représente.

 

Comment comprendre que les échecs à répétition de tous les plans de relance n’ébranlent jamais les croyances des économistes keynésiens et des dirigeants politiques qu’ils conseillent ? Comment observer sans épuisement nos États attendre que les mêmes causes produisent soudainement des effets différents ?

 

Devant cette troublante obstination, nous répétons inlassablement :

Non, les excès du crédit ne seront pas épongés par plus de crédit ; non, s’endetter ce n’est pas s’enrichir ; non, quand on crée de l’argent, on ne crée pas de richesse ; et non, ce n’est pas en dépensant plus que l’on dépensera moins.

 

 

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Renaud Dozoul

Renaud DOZOUL, 34 ans, est architecte de formation. Il crée une agence à Paris en 2004 après avoir exercé pendant deux ans à Mexico. Il se consacre désormais à la recherche économique à l’Institut Economique Molinari, et à l’écriture. Il publie notamment en 2011 « 10 bonnes raisons de restaurer la Monarchie » aux éditions Muller et travaille actuellement sur un ouvrage consacré aux fondements de la liberté en occident.
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Le plan Marshall avait pour but de solvabiliser la demande européenne pour lui permettre d'acheter massivement des produits made in America.

Un nouveau plan Marshall ? Est ce à dire un plan pour solvabiliser la demande des pays pauvres de l'Europe ? N'est ce pas ce à quoi a abouti l'Euro ? Avec les résultats que nous voyons ?
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Avec une petite différence toutefois. Le plan Marschall a été conçu à une époque où la référence monétaire était encore l'or, même si depuis Bretton Woods, tout neuf à l'époque, c'était à travers le dollar.

Un plan Marschall aujourd'hui signifierait 200 milliards de dettes en plus sans possibilité de remboursement.

Autant donner directement 500 euros à chaque habitant de l'Union, puisque c'est lui qui in ultima, à travers ses impots ou l'inflation, paiera l'addition.
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