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Les enjeux d’une intégration de la Turquie dans l’Union européenne
Publié le 11 mai 2012
536 mots - Temps de lecture : 1 - 2 minutes
 
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Mots clés associés :   Europe | Groupe | Turquie |

 

 

 

 

Depuis des années, la Turquie désespère d’intégrer l’Union européenne. Il faut dire que la première demande d’adhésion date tout de même de 1987. Le dossier traîne et des arguments parfois loufoques sont opposés à sa candidature : non-appartenance géographique de la Turquie à l’Europe, absence de débat démocratique sur l’entrée de ce pays, craintes en ce qui a trait au poids démographique de la Turquie, non-reconnaissance du génocide arménien… De la même façon, certains gouvernements occidentaux tentent subrepticement de saboter cette candidature et de laisser dépérir leurs relations avec cet État.

 

Soyons sérieux, les eurocrates craignent, avant toute chose, l’entrée de ce pays pour des raisons religieuses. Il serait moins hypocrite de le dire explicitement.

 

Il ne s’agit pas simplement d’affirmer que la Turquie doit intégrer impérativement l’Union européenne. Les arguments des opposants peuvent parfois se tenir. Les plus cyniques diront même que ce ne serait pas un cadeau à faire aux Turcs que de les laisser entrer dans la nébuleuse européenne, surtout en ce moment. D’autres encore soutiendront très légitimement que l’entrée de la Turquie ne doit pas s’accompagner de l’allocation de fonds de cohésion à son profit. Les pays occidentaux sont tous touchés durement par la crise et ont, en sus, dû « réparer » financièrement les erreurs du gouvernement grec, créant un sentiment anti-européen toujours plus renforcé.

 

Les modalités d’une éventuelle adhésion de la Turquie à l’Union européenne auront donc une importance fondamentale. On a, en effet, tendance à considérer que ladite adhésion éloignerait la Turquie du rejet de l’Occident et de la tentation islamiste. Certes mais le mariage doit être harmonieux et ses conditions doivent être saines et acceptables pour les citoyens de l’Union européenne.

 

Pourtant, aujourd’hui, malgré l’attitude ambigüe des membres de l’Union, les Turcs continuent d’afficher une certaine humilité, déclarant même que c’est à eux de faire le nécessaire pour arriver au niveau de l’acquis communautaire.

 

Le débat sur l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne pose des questions beaucoup plus générales sur l’avenir de cette dernière. Veut-on une Europe politique, fortement intégrée, ou une Europe cantonnée à une grande zone de libre-échange ? Il ne faudrait pas oublier qu’une union douanière avec la Turquie est entrée en vigueur en 1996 et que les libéraux, favorables à l’entrée de ce pays, doivent prendre ce fait en compte. De même, depuis le Traité d’Amsterdam, existe un mécanisme : celui des coopérations renforcées, qui permet à un groupe d’États membres d’approfondir leur coopération dans un domaine d’action particulier sans en être empêchés par les autres États.

 

Certains, machiavéliques, espéraient que les élargissements successifs affaiblissent la capacité de l’Union européenne à se transformer en « super-État ». Mais les eurocrates, jamais à court d’idées, ont alors inventé ce nouveau mécanisme leur permettant de se prémunir des aléas des élargissements et de créer ainsi, par la force des choses, une « Europe à deux vitesses ». Cela sera un moyen pour eux de passer outre le vote à la majorité qualifiée ou à l’unanimité dans certains domaines ciblés.

 

C’est bien la raison pour laquelle une entrée de la Turquie dans l’Union européenne n’aura pas forcément les résultats escomptés par les eurosceptiques. Et qu’a contrario, une telle adhésion risque d’être coûteuse pour les contribuables européens.

 

 

 

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la Turquie n' a strictement rien à voir, ni à faire dans l' Europe. la Turquie n' a jamais été et n' est pas européenne. ni historiquement, ni géographiquement, ni culturellement, ni économiquement, ni dans ses caractéristiques religieuses, culturelles e  Lire la suite
Frédéric P. - 11/05/2012 à 12:32 GMT
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Ronny Ktorza, diplômé de l'IEP d'Aix-en-Provence et d'HEC, est avocat depuis janvier 2011
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la Turquie n' a strictement rien à voir, ni à faire dans l' Europe.
la Turquie n' a jamais été et n' est pas européenne.
ni historiquement, ni géographiquement, ni culturellement, ni économiquement, ni dans ses caractéristiques religieuses, culturelles et sociétales,... la Turquie n' a quoi que ce soit à voir avec l' Europe et n' a absolument rien y à faire.
d' ailleurs une très grande majorité des européens n' en veulent absolument pas ( et puis après ce serait quoi ? l' Irak, la Jordanie... jusqu' où ira une telle Europe... jusqu' à Vladivostok ? ).
d' ailleurs l' Europe est déjà bien suffisamment en train de se désintégrer toute seule : on coule à pic et on est déjà bien assez submergés d' immigrés comme cela ; maintenant çà suffit !!
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Pardon d'être aussi cru: Votre analyse est digne de celle du choc des civilisations de Huntington.
Vous évincez tous les vrais arguments.

- élargir les frontières au-delà du Bosphore n'est pas une mince affaire, puisque ça posera la question des limites géographiques européennes in fine. A moins que le projet ne soit pas simplement continental, mais mondial. Dans ce dernier cas, l'UE n'est donc pas une réponse car d'autres institutions mieux organisées existent: OTAN, OMC, BRI...

- la question du poids démographique se pose en terme du nombre et non d'Islam. Les votes au sein du conseil européen sont pondérés par la population des pays. La Turquie se retrouverait mécaniquement très influente. N'est-ce pas une question politique fondamentale pour les pays fondateurs France et Allemagne qui ambitionnent de diriger l'Europe? Voila un qu'un 3e acteur avec une géopolitique autre, puisqu'en Asie mineure et non Europe centrale ou occidentale, va imposer une autre direction. Un facteur impondérable pour les deux puissances continentales qui préfèrent continuer avec les mêmes règles.

- Aussi les parlementaires européens turcs seraient aussi nombreux que les allemands. Ça change l'équilibre de pouvoir (remise en cause des alliances et changement du jeu politique) et la hiérarchisation des priorités.

- le facteur budgétaire est également puissant, puisque tout nouveau entrant va bénéficier des fonds structurels (régions et compétitivité) pour développer les régions et infrastructures. La question du financement se pose...surtout à l'heure de l'austérité.

Dans les dernières lignes vous semblez apporter un semblant de réponse. Mais épurons la de tout jugement moral. L'UE est un instrument géoéconomique, en devenir géopolitique, pour l'Etat ou le groupe d'Etats qui la dirige. Si l'élargissement ne correspond pas à l'intérêt de ce groupe...
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Que les Turcs aillent se faire voir chez les Grecs !
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