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Huile de palme : à feu et à sang
Publié le 21 septembre 2012
818 mots - Temps de lecture : 2 - 3 minutes
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L’audition ces jours-ci des producteurs ivoiriens réunis au sein de l'Association Ivoirienne des Producteurs de Palmiers à Huile (AIPP) par le Tribunal de commerce de Paris pourrait peut-être permettre de lancer un débat au sujet d’une huile aujourd’hui accusée de tous les maux.

 

Ces producteurs se révoltent, en effet, contre une publicité des Magasins U qui nuit à l’image de l’huile végétale et donc à leur emploi. Les principaux producteurs de palmiers à huile se trouvent dans les pays en développement, Afrique mais aussi et surtout en Asie du Sud-est et en Amérique du Sud.

 

Or, depuis un certain nombre d’années, l’huile de palme subit le dénigrement systématique de divers Organisations non gouvernementales (ONG) comme Greenpeace, Les Amis de la Terre, etc. Certaines de leurs campagnes ont eu un tel retentissement auprès de l’opinion publique qu’elles ont conduit à infléchir la politique d’entreprises comme Nestlé ou de chaînes de distribution comme Carrefour, Casino ou encore les Magasins U.

 

Ces décisions radicales ont été prises dans le feu de l’action et de l’émotion et en l’absence d’un réel débat en la matière. Car une analyse plus approfondie du cas de l’huile de palme indique qu’elle est loin d’être ce dont on l’accuse.

 

En effet, sans être la panacée absolue (aucune huile végétale ne l’est), elle présente des avantages qu’il est risqué de négliger si l’objectif est réellement d’obtenir des améliorations aussi bien sur les plans sanitaires, environnementaux ou économiques.

 

Sur le plan nutritionnel, il faut rappeler que deux types d’acides gras sont sous le feu des projecteurs. Les acides gras saturés et les acides gras trans. Ces derniers sont liés à des maladies cardiaques, à l’augmentation du mauvais cholestérol et la baisse du bon. Or, ce type d’acides gras apparait lors du processus d’hydrogénation partielle qui transforme les huiles liquides en huiles solides. L’huile de palme à cette particularité d’être semi-solide à température ambiante et ne contient donc pas d’acides gras trans.

 

Elle contient aussi des acides gras saturés qui sont liés à une augmentation du mauvais cholestérol. C’est vrai mais il faut souligner, par ailleurs que la teneur en acides gras saturés offre une meilleure stabilité à l’oxydation, un plus grand moelleux, une saveur plus agréable, et une meilleure maniabilité.

 

Elle présente également une teneur élevée en antioxydants, carotènes (vitamine A) et vitamine E. Cela la rend idéale pour frire les aliments, allonger la conservation des aliments et augmenter la valeur nutritionnelle et sanitaire des aliments, en particulier dans les pays en développement.

 

Ces avantages signifient qu’il faut soupeser les avantages et les inconvénients des divers huiles et non imposer un décret en la matière.

 

Ensuite, l’huile  de palme n’est pas cet aliment « pollueur » qu’on décrie tant. En effet, si les superficies sur lesquelles le palmier à huile est cultivé ont, en effet, augmenté, il faut néanmoins mettre les choses en perspective.

 

En Malaisie, par exemple, la surface cultivée a été multipliée par 5 depuis 1975 et atteignait 5 millions d’hectares en 2011. Sur ces nouvelles surfaces, 1,39 millions d’hectares résultent de la conversion d’autres productions arboricoles comme le caoutchouc, le cacao ou la noix de coco.

 

D’autre part, la production sur ces surfaces a, elle, été multipliée par 16. Ceci est entièrement dû à la très forte productivité du palmier qui selon le rapport Oil world de 2007 produit en moyenne 3,72 tonnes par hectare quand le colza en produit 0,67 et le soja 0,40 tonnes. Cette productivité supérieure a ainsi permis d’économiser des terres en Malaisie et dans les autres pays producteurs.

 

Un analyste s’est d’ailleurs projeté en 2050 et selon son scénario moyen (une population de 9,2 milliards et une consommation d’huile végétale qui progresse au rythme actuel), il faudrait consacrer pour satisfaire à ce surcroît de demande 12 à 19 millions d’hectares à la production d’huile de palme ou 95 millions d’hectares à la production de soja.

 

Enfin, le palmier à huile nécessite moins d’engrais, de pesticides ou de carburant par unité produite que le colza ou le soja. Il fournit ainsi trois fois plus d’huile par unité d’intrant.

 

Par conséquent, l’huile de palme est un moyen efficace de répondre à une demande en hausse. Elle est aussi un moyen économique car comparativement aux autres huiles, elle reste très accessible. Pourquoi ? Parce qu’elle est produite dans des pays où les conditions agricoles sont favorables et les coûts de production faibles. Le prix de l’huile de palme brute est ainsi inférieur de 10 à 30 % à ceux de l’huile de soja et de l’huile de colza.

 

Pour conclure, il convient donc de réexaminer le cas de l’huile de palme en reconnaissant qu’elle présente des atouts. Plutôt que de mener des campagnes agressives contre elle, il conviendrait sans doute de tenter d’améliorer la gouvernance des pays producteurs et s’assurer qu’elle se fait dans le respect des droits de propriété des natifs et petits agriculteurs.  

 

Hiroko Shimuzu et Cécile Philippe, Institut économique Molinari

 

 

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Ne serait ce que d'avoir participé a un think tank américain entraine de facto des "liens" à des lobbies pro- huile de palme. Dommage pour Cécile Philippe mais son exposé ne tient la route dans aucun domaine. Jamy Lire la suite
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Cécile Philippe

Cécile Philippe est docteur ès sciences économiques de l'Université Paris-IX Dauphine et d'un Desup en gestion des entreprises dans les pays en développement. C'est au sein d'un think tank américain qu'elle a terminé sa thèse portant sur les théories de l'information et l'émergence d'un marché de l'information sur Internet. De retour en Europe, elle a crée en 2003 l'Institut économique Molinari, dont elle assure depuis la direction. Auteur d'un grand nombre d'articles publiés dans des journaux aussi bien francophones qu'anglophones, elle a publié en 2007 son premier livre aux Éditions JC Lattès intitulé "C'est trop tard pour la terre". Le livre s'intéresse aux questions d'environnement et cherche à mettre fin à un certain nombre de mythes, en particulier celui qui consiste à croire que réglementation et taxation vont de pair avec amélioration de l'environnement. Elle est intervenue à maintes reprises à la radio (BFM, RFI, etc.) et à la télévision (France 3, LCI, etc.) sur des questions de politiques publiques.
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Ne serait ce que d'avoir participé a un think tank américain entraine de facto des "liens" à des lobbies pro- huile de palme. Dommage pour Cécile Philippe mais son exposé ne tient la route dans aucun domaine.
Jamy
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Je croyais que cette huile était mauvaise une fois hydrogénée ? mais rien dans l'article à ce sujet... alors de quoi parle t'on au juste la dedans ?
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Personnellement je n'achète rien qui comporte cette huile, sans avoir attendu une pub de cette grande surface, certains risquent de perde leur emploi ?

Et alors, c'est eux qui vont payer mon hospitalisation le jour où je serais malade ?

Cette huile est trop grasse, et les industriels ne baissent même pas leurs prix malgré qu'ils l'utilisent en remplacement les autres huiles.

Ras le bol de leur saloperie dans notre nourriture, tout ça parce que ça coute pas cher à produire, en tant que consommateur je me sent doublement arnaqué.

http://www.danger-sante.org/huile-de-palme-sante/


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J'en ai assez d'avoir ce sentiment de me faire constamment manipuler...
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Si t'es marié, c'est normal.
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@rogermartin : caporal chef ne manipule pas, il commande... :)
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Je comprends. On ne peut vraiment pas faire confiance à l'information, surtout celle qui concerne la santé et la nutrition.

Il y aura toujours des intérêts derrière les "études" qui prétendent savoir ce qui est bon pour nous. Pareil pour les céréales, les glucides, la viande, le lait…
L'agriculture subventionnée et protégée est en surproduction et les lobbies agricoles, avec la complicité des ministères nous sortent des études qui nous incitent à consommer cette surprod.

Les campagnes disant que le lait est bon pour la santé, imposer le lait à l'école n'avaient pas d'autre motivations…

Lorsque la vérité scientifique dépend des liens qu'on a avec le pouvoir, on appelle cela de l'obscurantisme.
Au final, on reste le juge suprême de la vérité.
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oui, et je crois que ce n'est malheureusement pas pret de s'arreter...
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