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Pour lutter contre l'actuel réchauffement climatique
généralement imputé aux émissions de gaz à
effet de serre d'origine humaine, il semble admis qu'il faille limiter ces
émissions de gaz via le protocole de Kyoto ou taxer le dioxyde de
carbone (CO2). En fait, la mise en oeuvre du concept très en vogue de
développement durable, sur lequel se fondent ces politiques publiques,
recouvre des solutions fort usées : celles de la
réglementation, de la taxation et de l'interdiction. Bien qu'acquises
pour le plus grand nombre, il faut pourtant se demander si de telles mesures
ne risquent pas de s'avérer pires que les maux qu'elles cherchent
à résoudre.
Depuis de nombreuses années, les politiques publiques,
françaises et européennes, consacrent la voie
réglementaire et proposent toujours d'aller plus loin. La
définition floue du développement durable a inspiré une
kyrielle de protocoles, décrets, directives qui tous consacrent la
solution réglementaire. Au Conseil Européen des 8 et 9 mars
2007, les leaders européens ont affirmé que l'Union
Européenne devait intensifier ses efforts en matière de
réduction des émissions, à savoir les réduire de
20% d'ici 2020 par rapport à leur niveau de 1990. C'est dans ce cadre qu'aura lieu le Grenelle de l'environnement de septembre prochain.
Pourtant, réglementer les émissions ou taxer le CO2, c'est
pénaliser notre principale source d'énergie, le pétrole.
Celui-ci est tout simplement la clef de voûte de nos
sociétés industrialisées, moyen indispensable de nous
transporter d'un endroit à un autre via les voitures, les avions, les
bateaux. Vouloir taxer l'énergie ou limiter nos émissions,
c'est nous condamner à devoir lui substituer des énergies moins
efficaces et plus coûteuses et nuire à nos capacités de
trouver les énergies de demain, peut-être encore inconnues
à ce jour.
Cela signifie-t-il que nous sommes condamnés à rester
impuissants face à un éventuel changement climatique ? Pas
nécessairement. Il faut en effet réaliser qu'il faut de
l'énergie pour se protéger des aléas climatiques, froids
ou chauds, et qu'un individu qui peut en déployer beaucoup est
sûrement mieux protégé qu'un individu qui n'a que peu
d'outils, de capital, de ressources pour s'adapter. Il est évident que
nous pouvons aussi nous adapter face à un climat plus chaud ou
à une augmentation du niveau des océans. Ce n'est donc
certainement pas une bonne idée que de vouloir la renchérir
davantage à coup de décrets et de taxes.
Même si on admet que tous les actes individuels ne peuvent pas
être acceptés, il n'en reste pas moins que tous les
contrôles ne sont pas bons à prendre. Les
réglementations, les interdictions, les taxes font fi de la
responsabilité individuelle et de la très forte contrainte
qu'elle fait peser sur les agissements des uns et des autres.
Rappelons qu'un système qui consacre la responsabilité
individuelle par une définition stricte des droits de
propriété, laisse éclore l'initiative individuelle et le
dynamisme entrepreneurial. Les propriétaires d'une ressource sont incités
à agir de façon avisée, pour ne pas compromettre la
valeur de leur bien. Cependant, une stricte définition des droits ne
comprend pas que des avantages pour ce propriétaire qui est tenu
responsable de tous les inconvénients que l'utilisation de la ressource
pourrait avoir sur la propriété d'autrui.
Le risque qu'il y a à vouloir trop favoriser la voie du contrôle
bureaucratique, c'est d'asphyxier les bonnes volontés et
déresponsabiliser les individus et ainsi se priver des multiples
progrès qu'ils auraient sinon prudemment mis à la disposition
de leurs congénères. D'une certaine façon, on peut se
réjouir que les solutions réglementaires qui fleurissent avec
le défi du changement climatique soient une nouvelle mode car si elles
avaient sévies, il y a plusieurs décennies, nous ne
bénéficierions sans doute pas de toutes les innovations
disponibles aujourd'hui.
L'homme n'est ni un pollueur ni un irresponsable par nature ! Si on le
contraint à respecter la propriété d'autrui, il est
aussi un formidable créateur de ressource. La responsabilité
individuelle n'a pas son pareil pour favoriser l'innovation prudente, le
progrès choisi, la technologie avisée. Sophistiquée,
elle n'empêche pas la création mais incite à la prudence
au risque de se voir gravement et lourdement puni. Ce phénomène
est visible au sein des entreprises qui investissent des millions dans leur
image de marque et veillent scrupuleusement à leur réputation.
Enfin, taxer le CO2 ou limiter les émissions suppose pour que cela
soit efficace, qu'il soit bel et bien responsable du réchauffement
climatique. La question vaut la peine d'être soulevée même
si on entend en permanence qu'il y a consensus sur le rôle de l'homme
dans le réchauffement. Celui-ci, du fait de l'industrialisation, a
fortement augmenté les teneurs en CO2 de l'atmosphère au cours
du siècle dernier si bien que le climat aurait augmenté de
0,6°C. C'est la thèse la plus répandue et il est devenu
difficile de la remettre en question, au risque de se voir accusé
parfois de négationniste.
Ces accusations ne peuvent cependant pas cacher que le consensus sur les
causes du changement climatique n'existe pas et que de nombreux
spécialistes affirment que le rôle de l'homme ne peut être
que mineur dans ce changement, qu'il existe d'autres causes plus plausibles
et que les modèles sont loin d'être fiables.
En effet, selon un certain nombre de scientifiques dont le Canadien Ian
Clark, les Danois Eigil Friis-Christensen et Henrik Svensmark, c'est avant
tout le soleil qui jouerait un rôle prédominant dans les
évolutions climatiques du fait de sa plus ou moins forte
activité et du rôle des rayons cosmiques.
Le consensus n'existe pas non plus sur les conséquences et sur
l'ampleur du changement. En effet, Richard Lindzen professeur de science atmosphérique
au Massachusetts Institute of Technology (MIT) n'a de cesse de rappeler que
les modèles amplifient sans justification l'effet des émissions
de CO2. Pour le scientifique, le CO2 est un gaz à effet de serre peu
important par rapport aux nuages et à la vapeur d'eau que les
modèles ne savent pas modéliser correctement. Paul Reiter de
l'institut Pasteur affirme de son côté qu'il n'y pas à
craindre d'être envahi par les maladies tropicales du fait du réchauffement.
A propos de la crainte de voir le niveau des mers monter de façon
alarmante, l'expert en climatologie Patrick Michaels rappelle que la fonte
des glaces ne s'accompagne pas automatiquement par une montée
vertigineuse des eaux. En ce qui concerne la disparition des ours polaires,
Dr. Mitchell Taylor, biologiste spécialisé dans les ours
polaires, rappelle que sur les 13 populations d'ours qui peuplent le Canada,
11 sont stables ou augmentent en nombre.
Ainsi, la science du climat est loin d'être scellée. Les choses
ne sont jamais aussi simples et évidentes que veulent nous le faire
croire Al Gore ou Sir Nicholas Stern et lutter contre les émissions de
CO2 pourrait n'être qu'un coup d'épée dans l'eau, qui
coûtera très cher, si elles ne sont pas la cause majeure du
changement climatique.
Les solutions réglementaires - sacralisées par le gouvernement
français et par les institutions européennes - ne sont donc pas
nécessairement les meilleures solutions pour relever les défis
environnementaux, en particulier celui du changement climatique et assurer un
développement durable. Alors que les objectifs sont loin d'être
atteints, l'accentuation des mesures réglementaires pourrait n'avoir
aucune influence sur le changement climatique, mais pénalise notre
principale source d'énergie et nos capacités futures de trouver
de nouvelles sources d'énergie et de mieux nous adapter aux
changements climatiques.
Cécile
Philippe
Institut Economique
Molinari
Cécile
Philippe est le directeur de l’Institut Economique Molinari, un
organisme de recherche et d'éducation visant à entreprendre et
à stimuler l'approche économique dans l'analyse des politiques
publiques. Il a été baptisé du nom de Gustave de
Molinari, économiste et journaliste franco-belge qui a oeuvré
toute sa vie à promouvoir cette approche.
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