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En étudiant les
conséquences de l'expansion de crédit, nous avons
supposé que le montant total des moyens fiduciaires additionnels
entrait dans le système de marché par le marché des
prêts en tant qu'avances aux entreprises. Tout ce qui a
été formulé concernant les effets de l'expansion de
crédit se rapporte à cette condition.
Il y a toutefois des cas où les
méthodes juridiques et techniques en vue d'une expansion de
crédit sont mises en œuvre dans une procédure
catallactiquement tout à fait différente de l'expansion de
crédits authentique. Des considérations de convenance politique
et institutionnelle rendent parfois indiqué pour un gouvernement de se
servir des facilités de la banque comme substitut de l'émission
directe de monnaie gouvernementale factice. Le Trésor emprunte
à la banque, et la banque fournit les fonds nécessaires en
émettant des billets de banque ou en créditant le gouvernement
d'un compte de dépôt. Juridiquement, la banque devient le créancier
du Trésor. En fait, toute l'opération équivaut à
de l'inflation sous forme de monnaie factice. Les moyens fiduciaires
additionnels entrent sur le marché en passant par le Trésor,
qui règle les divers postes de dépense de l'État. C'est
cette demande supplémentaire du gouvernement qui incite les affaires
à étendre leurs activités. L'émission de ces
sommes de monnaie nouvellement créées de rien n'influe pas
directement sur le taux brut d'intérêt du marché, quel
que soit le taux d'intérêt que l'État paie à la
banque. Elles affectent le marché des prêts et le taux brut
d'intérêt, mis à part l'apparition d'une prime de prix
positive, seulement si une partie de ces sommes atteint le marché des
prêts à un moment où leurs effets sur les prix des biens
et services n'ont pas encore été épuisés.
Telle a été par exemple
la situation aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale. A
côté de la politique de crédit expansionniste que
l'Administration avait déjà adoptée avant que la guerre
n'éclate, le gouvernement emprunta massivement aux banques
commerciales. C'était techniquement de l'expansion de crédit ;
dans son essence, c'était un substitut à l'émission de
billets au dos vert. Des techniques encore plus compliquées ont
été employées dans d'autres pays. Ainsi, par exemple, le
Reich allemand du temps de la Première Guerre mondiale vendait des
Bons au public. La Reichsbank finançait ces achats en prêtant la
majeure partie des fonds aux acheteurs, puis en acceptant ces mêmes
bons en nantissement. En dehors de la fraction que l'acheteur payait sur ses
propres fonds, le rôle que la banque et le public jouaient dans
l'entière transaction était de pure forme. Virtuellement, les
billets de banque supplémentaires étaient du papier-monnaie
inconvertible.
Il est important de prendre garde
à ces faits, afin de ne pas confondre les conséquences de
l'expansion de crédit proprement dite avec celles de l'inflation en
monnaie gouvernementale factice.
Ludwig Von Mises
In L’Action Humaine, Chapitre 20
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