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La culture
égalitariste ne produit pas des ravages uniquement dans la
sphère économique. La nature humaine est elle-même
touchée par ce tropisme idéologique moderne. Un fait
récent aux États-Unis – censément patrie du
conservatisme – illustre bien ce propos.
Un jeune
garçon de 7 ans, Bobby
Montoya, avait un comportement qu’on pourrait qualifier de « fille
manquée ». Il aime tout ce qui a trait au sexe
féminin, comme les poupées, et sa mère, Felisha Archuleta estima que,
puisque son fils était plus heureux ainsi, il valait mieux ne pas entraver
sa liberté en la matière.
Felisha Archuleta
souhaita même inscrire Bobby comme membre des Girl Scouts. Très
logiquement, un leader de ce mouvement de jeunesse y opposa un refus au motif
que, bien que Bobby avait une attitude
féminine, il n’en demeurait pas moins un garçon. Ce refus
dévasta ce dernier. Les Girl Scouts revirent alors leur position mais
uniquement après que Felsiha Archuleta fit des déclarations au site 9News.
Cette affaire,
aussi isolée et singulière puisse-t-elle paraître,
reflète un travers contemporain : le règne de
l’indifférenciation sexuelle.
En effet, l’égalité
homme/femme est devenue un principe fondamental des sociétés
occidentales modernes. Il est vrai que, jusqu’à peu, les femmes
étaient, de façon inacceptable, privées de certains
droits uniquement dévolus à l’homme. Mais le problème
est que cette quête d’égalité est allée
beaucoup trop loin. Le cas de la parité hommes/femmes en politique
est, en ce sens, très révélatrice de certaines
dérives en la matière. Nous courons ainsi le risque d’une
indifférenciation sexuelle presque totale. C’est la
conséquence inéluctable de la culture égalitariste.
Cette indifférenciation, ainsi que le soulignent certains psychanalystes,
peut troubler les enfants et avoir ensuite un impact sur la manière
d’appréhender leur sexualité, fût-ce de
façon inconsciente. L’égalité de droit est
légitime mais, en revanche, il est extrêmement dangereux
d’assimiler complètement l’homme et la femme. Par exemple,
dans un couple, chacun a des fonctions différentes et apporte un
héritage et un savoir variés aux enfants.
L’indifférenciation
conduit à une confusion regrettable. Et cela risque de ne pas s’arranger
depuis que les
nouveaux manuels de SVT (Science et Vie de la Terre), dans les lycées,
font place nette aux « gender studies » américaines, à savoir
le domaine d’étude selon lequel l’identité sexuelle
n’est pas réductible au sexe biologique, mais dépend
aussi d’une construction sociale. Le but n’est, bien sûr,
pas de nier le facteur social qui est prédominant en
l’espèce. Mais il est extrêmement dangereux de se hasarder
à détacher identité sexuelle et sexe biologique.
Malheureusement,
la progression de ce type de théories participe à la
révolte de l’être humain contre la nature. Révolte
qui ne peut que conduire au chaos, ainsi que le résumait si bien
(à défaut de partager notre avis) Albert Camus dans L’Homme révolté :
« Se révolter contre la nature revient à se
révolter contre soi-même. (…) La seule révolte
cohérente est alors le suicide. » (p. 36).
L’égo de l’homme a atteint un tel stade qu’il veut
agir sur la Création elle-même en la modifiant.
Sous la
pression médiatique et, surtout, du fait d’une
interprétation par trop extensive de l’égalité
homme/femme, il est devenu intolérable de discriminer, fût-ce
dans des établissements ou associations non-mixtes. En cela, la
« jurisprudence » Montoya est inquiétante,
d’autant qu’en l’espèce, il n’est pas
sûr du tout qu’elle serve les intérêts du jeune
homme.
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