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La plupart des
économistes croient que la croissance d'un pays ou d'une région
est mesurable par le produit intérieur brut. Le PIB est censé
indiquer la valeur des services et des biens de consommation pour une
période donnée. Selon eux, plus vous consommez biens et
services, plus vous contribuez à la croissance. Cette façon de
voir est tellement tordue qu'il m'est difficile de comprendre comment elle
peut être aussi répandue. Ci-après, je vais indiquer les
principales lacunes du concept de PIB tout en soulignant les
conséquences néfastes de son utilisation.
Personne ne s'enrichit
à dépenser son argent
Si ce sous-titre vous
apparaît évident, alors pourquoi écouter les
économistes lorsqu'ils disent qu'une augmentation de la consommation
signifie une croissance économique? Le PIB peut être
divisé en deux parties principales, soit les dépenses que vous
effectuez par vous-mêmes et les dépenses qui sont
effectuées pour vous. Dans ce dernier cas, je ne fais pas allusion
à votre mari ou votre femme, mais à votre gouvernement.
Celui-ci prétend savoir mieux que vous comment dépenser votre
argent. Et plus il le dépense, plus il tente de vous faire croire que
vous vous enrichissez!
Cet indice est trompeur pour plusieurs raisons. Dans le meilleur des cas, il
indique que les individus et les gouvernements dépensent beaucoup
d'argent dans le but de consommer. Or, il est peut-être vrai qu'une
grande capacité à consommer signale une richesse relative, mais
lorsque, d'une part, la consommation est plus grande que la production et
d'autre part, que l'argent épargné perd de son pouvoir d'achat,
il en résulte moins de richesse à venir, donc croissance de la
pauvreté. Malgré cela, pour les économistes de l'État,
une augmentation du PIB indique une croissance de la richesse. Autrement dit,
le PIB peut croître en même temps que la pauvreté.
Dites-moi comment, à construire des musées de l'humour, de
Grandes bibliothèques et des stades en tout genre, peut-on
prétendre s'enrichir? Jamais ces projets ne sont rentabilisés
et pis encore, l'intention n'y est même pas. Donc, de quel droit
politiciens et économistes peuvent-ils parler d'«
investissement »? On investit son argent dans un projet
lorsqu'on croit qu'on recevra davantage dans l'avenir.
Les politiciens et groupes de pression, qui demandent à vivre de
l'argent des autres, donnent une définition plus large de
l'investissement, à tel point que ce concept en vient à
désigner le contraire de ce qu'il signifiait à l'origine. Ils
invoquent toutes les justifications du monde pour dire qu'il s'agit d'un
investissement. Par exemple, lorsque le gouvernement finance la construction
de musées ou achète de nouveaux livres pour fournir les
bibliothèques publiques, ils parlent d'investissement dans la culture;
lorsqu'il a à réparer les conduites d'eau souterraine, ils
invoquent encore l'investissement, etc. Or, tout investissement
gouvernemental est nécessairement une dépense de consommation,
car il s'agit de biens et services choisis par d'autres que celui qui paye.
Ce ne veut pas dire que la culture ou les conduites d'eau sont sans
importance, mais plutôt que cela n'a pas la même importance pour
tout le monde.
Un gouvernement ne peut prétendre investir pour tout le monde,
à moins d'être dictateur. Seul l'investissement volontaire
contribue à l'enrichissement d'une société et seul
l'investissement volontaire peut être qualifié de la sorte, car
seul il est juste.
L'ignorance tue
Les politiciens utilisent comme prétexte que ce n'est
pas tout le monde qui a la capacité de prévoir son avenir, donc
qu'il leur revient d'investir pour nous. Autrement dit, ils disent que la
population dans son ensemble est stupide et qu'avec leur aide elle le devient
moins. Leur aide est évidemment imposée, car ils savent ce qui
est bon pour nous. La social-démocratie n'est rien d'autre que la
dictature du bien et en tant que telle, elle a une fin inévitable. Si
le communisme soviétique a pris 70 ans pour s'écrouler, combien
de temps durera la social-démocratie? Le double? Le triple? On a
déjà 80 ans de fait, alors je prédis tout au plus encore
130 ans à cette imposture.
Une autre façon de hausser le PIB est d'engager des
fonctionnaires, ce dont ne se privent pas les politiciens. Prenez, par
exemple, les résidents de Murdochville qui, à force de crier,
ont obtenu des politiciens des postes de fonctionnaires plutôt que
d'avoir à quitter et fermer leur ville. Cela n'enrichit personne sauf
eux. Il est clair que se sont les payeurs de taxes qui leur rendent service
et non le contraire. La générosité
sociale-démocrate est l'équivalent de la loi de la jungle,
c'est-à-dire crier et voler pour obtenir. C'est tellement plus facile
avec l'argent des autres. Qui pourrait s'en offusquer puisqu'elle augmente le
PIB et diminue le taux de chômage? Remarquez que ces données
économiques sont considérées invariablement comme
étant de bonnes nouvelles par les médias populaires.
L'ignorance tue.
Le PIB n'est d'aucune utilité, car il additionne des biens qui ne
peuvent l'être. Des pommes et des oranges ne s'additionnent pas.
Puisqu'il n'y a pas de dénominateur commun entre les biens, on ne peut
prétendre obtenir une moyenne. On apprend dès la
première année d'école que pour établir une
moyenne, il doit y avoir un dénominateur commun, qui est inexistant
avec les biens qui composent le PIB (voir LE PIB: UN CONCEPT
ÉCONOMIQUE INUTILE ET NÉFASTE, le QL, no 104). Encore une
fois, on ne peut conclure à une augmentation de la richesse lorsque
les individus et les gouvernements dépensent. Tout ce qu'on peut dire,
c'est qu'un pays ayant les moyens de beaucoup dépenser est un pays
relativement riche.
Cet indice ne sert que les gouvernements et les sociaux-démocrates.
Lorsque ceux-ci considèrent que le PIB est trop bas, ils tentent
d'encourager l'investissement par des manipulations monétaires. Ce
faisant, tout ce qu'ils produisent est une déstabilisation pouvant
conduire à la faillite chez les producteurs, une redistribution des
richesses et un appauvrissement généralisé. Le comble de
l'absurde, c'est qu'ils considèrent qu'un PIB trop élevé
entraîne une augmentation des prix et par conséquent un
appauvrissement. Autrement dit, ils considèrent un PIB
élevé comme étant à la fois un indice de richesse
et de pauvreté. Ce que l'on doit retenir, c'est que le gouvernement ou
bien ignore ce qu'est la croissance économique ou bien il ne veut pas
le savoir. Chose certaine, c'est que l'utilisation du PIB par le gouvernement
est une justification à ses interventions en tout genre, qui ne sont
nullement dans notre intérêt.
La véritable croissance
La croissance économique ne peut être le
résultat d'un calcul d'agrégats, car elle signifie
l'augmentation du choix des biens et services, matériels ou non.
Ainsi, une croissance économique ou une augmentation de la richesse
est inséparable d'une augmentation des libertés. Il y aura
d'autant plus de biens de consommation que les producteurs, seuls
créateurs de richesse, ne seront pas entravés par les
manipulations des gouvernements. Moins d'État, plus de liberté
et plus de liberté, plus de richesses. Faites vos choix et ne vous en
tenez pas qu'à des mots!
André Dorais
André
Dorais a étudié en philosophie et en finance et vit à
Montréal.
Les vues présentées par l’auteur sont
les siennes et peuvent évoluer sans qu’il soit nécessaire
de faire une mise à jour.
Les articles présentés ne constituent en rien une
invitation à réaliser un quelconque investissement. L’auteur, 24hGold ainsi que
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