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Ce texte est un « article presslib’ »
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Un
ami, un professionnel de l’information m’écrit :
Paul,
Mon
daemon, celui qui m’avait suggéré de
t’écrire avant la semaine sanglante des bourses,
précédant les mesures d’urgences du G7 et de
l’Europe, me titille à nouveau.
Il
me dit que ça va craquer sans tarder, Paul, et à une
échelle qui dépasse nos imaginations.
Cette
crise est - encore - une chance, dans la mesure, comme je te le disais
l’autre jour, où elle anticipe d’autre
tensions plus sévères. Mais si elle dérape, les diables
vont sortir de leur boîte.
Il
est encore fécond…
Cet
avertissement, devenu formule creuse, à force de ressassement convenu,
s’adresse à nous aujourd’hui. Nous en sommes à un
cheveu.
Il
ne m’écrit pas par hasard : nous sommes en général
sur la même longueur d’ondes, il sait que nous partageons les
mêmes sentiments au même moment.
En
deux jours, la bourse de New York a perdu 10,36 % de sa valeur. L’action de
Citigroup a perdu elle 43,66 %. Citigroup : « Too
big to fall, To big to fail ». Ah oui ! beaucoup trop grosse pour qu’on la laisse
tomber ! Mais qu’est-ce que vous proposez ? L’administration
Bush, elle, jette l’éponge, et la nouvelle administration,
c’est pour l’année prochaine : après les
fêtes - si l’on peut dire ! Ne parlons pas des constructeurs
automobiles General Motors, Ford et Chrysler dont le plan de sauvetage
languit et a été remis au mois prochain par les
démocrates qui demandent à leurs patrons ce qu’ils
feraient de l’argent si on le leur donnait : chat échaudé
craint l’eau froide, depuis qu’on a pu constater comment Mr. Paulson s’est soudain retrouvé à
court d’idées après avoir sauvé non pas les
banques mais les banquiers.
A
propos de mon récent passage à France Culture vous avez eu la
gentillesse de me comparer à celui qui explique aux passagers de
première classe virevoltant dans la salle de bal que si, si, le bateau
coule. En fait j’aurais dû me joindre au chœur et confirmer
qu’effectivement tout s’arrange. Qu’on rie un peu !
Paul Jorion
pauljorion.com
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» est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que
le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un
« journaliste presslib’ » qui vit
exclusivement de ses droits d’auteurs
et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il
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vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.
Paul Jorion, sociologue et anthropologue, a travaillé
durant les dix dernières années dans le milieu bancaire
américain en tant que spécialiste de la formation des prix. Il
a publié récemment L’implosion. La finance contre l’économie (Fayard :
2008 )et Vers la crise du capitalisme américain ? (La
Découverte : 2007).
Les vues présentées par Paul Jorion sont les
siennes et peuvent évoluer sans qu’il soit nécessaire de
faire une mise à jour.
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